LE SECTICIDE
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Alain Vivien, président de la Mils, à la Réunion 

 


Société

Alain Vivien, le président de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes, avait rendez-vous hier à l’amphithéâtre de l’IUFM de Saint-Denis avec les élèves de 1re et 2e années. Au menu de cet entretien : les sectes. Qui sont-elles ? Comment les reconnaître ? Alain Vivien a donné quelques clés aux futurs instituteurs, “seul corps qui rencontrera tous les citoyens de notre République”.



Repères

Les décisions de la cellule de vigilance
La cellule de vigilance s’est réunie hier. Elle a évoqué l’éventualité de la création d’un Observatoire régional des sectes. Il regrouperait la Réunion et les autres îles de l’océan Indien de façon à étudier le phénomène dans sa globalité indiaocéanique. “C’est une idée intéressante qui mérite d’être réfléchie”, a indiqué Alain Vivien qui va rencontrer lors de son séjour les présidents des deux assemblées locales et l’Association des maires. La Mission a préparé un opuscule qui sortira bientôt. Il s’intitule “Le maire face aux sectes” et donnera des pistes aux premiers magistrats des communes afin qu’ils réagissent.

Comment réagir ?
Plusieurs organismes peuvent vous aider : la préfecture, le tribunal. N’hésitez pas non plus à contacter des associations. Elles sont deux à la Réunion : le Centre de documentation, d’éducation et d’action contre les manipulations mentales (Tél : 02 62 94 14 23) et l’ADFI (Association de défense de la famille et de l’individu. Tél : 02 62 28 52 73). Ces associations peuvent répondre à vos questions, vous orienteront et vous assisteront dans les procès.


6000 Réunionnais dans les sectes






“La liberté absolue n’est pas tolérable…”. C’est Alain Vivien qui parle. L’ancien ministre, député honoraire, et président de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes, était hier au tableau. Celui de l’amphithéâtre de l’IUFM de Saint-Denis dirigé par M. Pousse. Face à lui, des élèves de l’Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM). Alain Vivien a posé d’emblée les piliers de son argumentation : les notions de liberté et de laïcité, deux valeurs essentielles de la République.
Tout en insistant sur le respect de l’autre, il s’est ensuite attaché à la définition de la secte. “C’est un terme très ancien, synonyme de dissidence en matière religieuse. Ainsi, le christianisme a été considéré comme une secte car séparé du judaïsme. Ce terme de secte avait une connotation péjorative”. Alain Vivien admet que le terme est ambigu.
La Mission interministérielle de lutte contre les sectes qu’il préside utilise une définition propre à elle : “Une secte est un groupement ou une association déclarée, déclarant ou non leur objet religieux et dont le comportement porte atteinte aux droits de l’homme et à l’équilibre social”.
Une définition qui rejoint celle que la Belgique a inscrite dans sa loi du 2 juin 1998 : “On entend par organisation sectaire nuisible, tout groupement à vocation philosophique, ou se prétendant tel, qui, dans son organisation ou sa pratique, se livre à des activités illégales, dommageables, nuit aux individus ou à la société ou porte atteinte à la dignité humaine”.

Protéger les plus vulnérables

Face à la montée des sectes, l’Europe aussi s’est déclarée déterminée à lutter. En décembre 1998, par la voix de la Commission des libertés et des droits des citoyens du Parlement européen, elle a invité les états membres à prendre des mesures, dans le respect des principes de l’état de droit. Un appel pour combattre les atteintes aux droits des personnes provoquées par certaines sectes auxquelles devrait être refusé le statut d’organisation religieuse ou cultuelle qui leur assure des avantages fiscaux et une certaine protection juridique.
Six mois plus tard, le Conseil de l’Europe, fort de 41 états, avait également adopté une importante recommandation à propos des sectes. “Il faut veiller à ce que les activités de ces groupes, qu’ils soient à caractère religieux, ésotérique ou spirituel, s’avèrent en conformité avec les principes de nos sociétés démocratiques, et notamment avec les dispositions de l’article 9 de la Convention européenne des Droits de l’Homme, et restent également légaux. (…) L’assemblée attache une grande importance à la protection des plus vulnérables, et notamment des enfants d’adeptes de groupes à caractère religieux, ésotérique ou spirituel, en cas de mauvais traitements, absence de soins, endoctrinement par lavage de cerveau et non-scolarisation qui rend impossible tout contrôle de la part des services sociaux”.

Ne pas marginaliser les enfants

Dans son intervention à l’IUFM, Alain Vivien a indiqué aux futurs instituteurs comment détecter les phénomènes sectaires dans l’école. “Il y a des clignotants qui s’allument… D’abord, il y a des absences régulières, la non-participation à des concours certains jours, le refus d’actes d’éducation, de sociabilisation”. Les exemples ne manquent pas.
Dans un autre Dom, une institutrice a mis des enfants de Témoins de Jéhovah à l’écart parce ce que leurs parents ne permettaient pas qu’ils participent à un goûter d’anniversaire. Elle a ensuite organisé la petite fête tranquillement… “On ne peut pas tolérer cette marginalisation d’enfants”, indique Alain Vivien qui demande également de faire attention à la propagande sectaire dans l’école (distribution de tracts lors de conférences, etc.). Comment reconnaître une secte ? Pour la Mission interministérielle, la plupart des sectes ont des caractéristiques communes : elles pratiquent la déstabilisation mentale, portent atteinte à l’intégrité physique des adeptes, exploitent financièrement les adeptes, entraînent la rupture avec la famille et le milieu social, pratiquent le détournement des circuits économiques, mettent en place une structure pyramidale autoritaire, très hiérarchisée, opaque et cloisonnée. Elles placent les adeptes sous la domination d’un gourou, utilisent l’existence fréquente d’une instance sanctionnant le délit de désobéissance, contribuent à l’embrigadement des enfants, tentent d’infiltrer les institutions publiques et privées ainsi que les entreprises. En outre, elles ont un discours anti-social, exercent des activités répréhensibles et sont impliquées dans de nombreuses affaires judiciaires. Bref, elles troublent l’ordre public si l’on en croit la Mission interministérielle de lutte contre les sectes.
“On est là pour vous aider si vous avez besoin de savoir si tel ou tel groupe est dangereux ou non”, a insisté Alain Vivien.
A la Réunion, en plus des services de l’Etat, il existe des associations qui luttent contre les dérives sectaires. Ce sont le Centre contre les manipulations mentales (dont la déléguée régionale est Mme Mariamon) et l’Association de défense de la famille et de l’individu (ADFI). A ce jour, entre 5 000 et 6 000 personnes seraient dans des sectes à la Réunion dont la moitié sont” Les Témoins de Jéhovah “.

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Près de 6000 Réunionnais dans les sectes

Alain Vivien évalue donc à près de 6 000 le nombre d’adeptes de sectes à la Réunion. “Le chiffre reste flou”. C’est la deuxième fois en deux ans que le président de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes vient à la Réunion. La première fois c’était en 1999, à l’occasion de l’installation de la cellule de vigilance. Alain Vivien a recensé une trentaine de mouvements sectaires dans l’île. “Le sectarisme est présent, non pas d’une manière massive mais sous la forme de groupes peu nombreux. La moitié des effectifs sont des Témoins de Jéhovah. Pas pour leurs croyances mais pour leurs comportements dangereux. Ils refusent des transfusions sanguines aux enfants et persécutent ceux qui veulent quitter leur mouvement”. L’île compte également de nombreux adeptes de la Scientologie.
La cellule de vigilance s’est réunie hier à la préfecture en présence d’Alain Vivien. Cette structure mobilise l’ensemble des services de l’Etat dès lors que se présente un problème de sectarisme, en l’associant à l’autorité judiciaire et aux associations de lutte contre le sectarisme. “Il était nécessaire de bien impliquer tous les services”.

Juliane Valéama






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