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Viols de religieuses par des prètres: le Vatican reconnaît 


 

Le Monde 22.03.01

Le Vatican reconnaît les nombreux abus sexuels de prêtres sur des religieuses



ACCUSÉ DE "conspiration du silence", le Vatican a reconnu, mardi 20 mars, la réalité d'abus sexuels et de viols commis par des prêtres, y compris sur des religieuses, et couverts par la hiérarchie catholique. Son porte-parole, Joaquin Navarro-Valls, a cherché à limiter l'ampleur du scandale, en affirmant qu'il était " restreint à une aire géographique limitée ". Pourtant, le rapport rédigé par Maura O'Donohue, médecin et religieuse américaine, à l'initiative de la congrégation vaticane pour les ordres religieux, cite pas moins de vingt-trois pays concernés. Si l'Afrique est le plus souvent citée, de tels cas d'abus sexuels sont signalés dans les cinq continents, et notamment au Brésil, en Colombie, aux Philippines, aux Etats-Unis et même en Irlande et en Italie.
Le rapport de Soeur Maura O'Donohue soulève le coeur. Il a été remis au Vatican en 1995, mais vient d'être révélé par un journal américain, le National Catholic Reporter, et par La Repubblica du 20 mars. Il cite le cas d'un prêtre qui a célébré la messe de requiem d'une religieuse qu'il avait contrainte à avorter et qui avait succombé à l'opération. D'autres témoignages sont rapportés de relations sexuelles forcées, de harcèlement sur des jeunes filles candidates à l'entrée dans un établissement catholique, de pressions sur des médecins pour permettre à de jeunes femmes, y compris des religieuses, de prendre la pilule et même d'avorter. Des cas sont signalés de communautés religieuses dont des soeurs se sont retrouvées enceintes au même moment.
Active dans des associations de prévention du sida, Maura O'Donohue accuse : " Des prêtres et des responsables de la hiérarchie catholique abusent de leur pouvoir et trahissent la confiance " de femmes, laïques ou religieuses, contraintes de céder à leurs avances. Elle proteste contre l'injustice qui consiste à chasser des religieuses enceintes de leur couvent, alors que le prêtre qui a eu avec elles une relation sexuelle reste en fonctions. Quand elles se plaignent, " elles ne sont pas entendues ", note le rapport. Une supérieure a même été relevée de ses fonctions par son évêque parce qu'elle avait signalé la grossesse simultanée de vingt-neuf de ses soeurs ! Deux raisons sont avancées. En Afrique, convient Maura O'Donohue, " il est impossible à une femme de dire non à un homme, spécialement à un ancien et à un prêtre ". Par ailleurs, les religieuses sont des partenaires " sûres " pour des prêtres qui craignent de contracter le virus du sida auprès de prostituées.
Une autre religieuse, Marie Mc Donald, supérieure des Missions de Notre-Dame d'Afrique, avait également remis un rapport au Vatican, en 1998, allant dans le même sens et regrettant " l'absence d'inspection et la conspiration du silence". Au cours du synode des évêques d'Océanie, qui s'était tenu à Rome en novembre 1998, Mg Geoffroy Robinson, évêque de Sydney, avait également affirmé que " les abus sexuels de la part des prêtres et des religieux sont devenus le principal obstacle à la prédication de l'Evangile en Océanie ". Au Vatican, on ne cherche plus à nier pareilles révélations. On insiste sur l'urgence de travailler à la solution des cas individuels et à la formation des futurs prêtres, tout en ajoutant qu'on ne doit pas oublier " la foi souvent héroique manifestée par la grande majorité des hommes et femmes des ordres religieux et du clergé ".
Henri Tincq

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