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 L'Eglise catholique admet qu'elle peut abriter des "dérives sectaires"


 

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      Par Martine NOUAILLE

      PARIS, 15 jan (AFP) - Pour la première fois, l'Eglise catholique a reconnu officiellement lundi qu'elle pouvait abriter des "dérives sectaires" et qu'il lui revenait de "faire le ménage" parmi les mouvements qui y succombent. Elle a cépendant précisé que toutes les accusations portées par les médias, les "réseaux anticléricaux" ou des familles contre tel ou tel mouvement reconnu par l'Eglise n'étaient pas fondées ou en tout cas ne relevaient pas nécessairement de la justice pénale.

      A quelques jours de l'examen par le Sénat de la proposition de loi renforçant le dispositif de lutte contre les sectes, le bulletin d'information de l'épiscopat a publié un texte de Mgr Jean Vernette, le prêtre en charge de ce dossier, sur "l'Eglise catholique et les sectes".

      Dans une première partie, Mgr Vernette, secrétaire du service national "pastorale, sectes et nouvelles croyances", y réitère l'opposition de l'Eglise catholique à la création d'un délit de manipulation mentale en estimant que les lois existantes permettent d'ores et déjà de lutter efficacement contre les dérives sectaires.

      Mais l'élément nouveau de ce document, c'est la deuxième partie: un "état des lieux" de la situation au sein de l'Eglise catholique, et une liste des "critères de discernement" à l'intention des fidèles et des responsables.

      Aucun mouvement n'est cité nommément, mais Mgr Vernette évoque notamment les "mouvements de Réveil en christianisme" (communautés nouvelles) dont le fonctionnement est parfois l'objet de plaintes ou d'inquiétudes de proches: coupure abusive avec les familles, autorité incontestée des responsables qui refusent en outre de partager le savoir, non-respect de la législation sociale ou fiscale...

      En cas de délit la justice doit être saisie, mais bien souvent les dérives constatées "ne relèvent pas du pénal". Ces mouvements "ne sont pas des groupes totalitaires trompeurs" mais "croient bien faire, au nom de Dieu".

      Quand une médiation est mise en place par les autorités ecclésiales, la situation évolue souvent favorablement, souligne Mgr Vernette. Interrogé par l'AFP, il a cité le cas de la "Fondation du monde nouveau", un mouvement du renouveau charismatique dénoncé par d'anciens adeptes au début des années 90 et qui a corrigé son mode de fonctionnement sous l'égide de l'évêque de Versailles Mgr Jean-Charles Thomas.

      Dans un autre cas plus ancien, l'intervention de l'évêque de Grenoble avait conduit à la dissolution de la communauté Sainte-Croix.

      Mgr Vernette souligne que le dossier relève d'une "certaine urgence", mais qu'il est "difficile" car il s'agit à la fois de "défendre les groupes catholiques accusés sans discernement" et "faire le ménage en cernant les dérives existantes".

      Il ajoute cependant que ces dérives ne sont pas propres à l'Eglise catholique, mais peuvent concerner "tout groupe, religieux ou non".

      (nou/mfo/mnv

      AFP 151542

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