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Décès de Van Vogt, délicieux pionnier de la Science-Fiction

http://www.space.com/spaceimagined/books/van_vogt_000127.html (en anglais)


27 Janvier 2000

Alfred Elton Van Vogt, écrivain de science-fiction passé dans la légende, vient de mourir des complications d'une pneumonie à Los Angeles. Il avait 87 ans.

Dans une notice du site web des livres Tor, l'anthologiste Patrick Nielsen décrit Van Vogt comme une des figures de proue de l'age d'or de la science-fiction, que l'éditeur John Campbell (voir note) de Astounding Science-Fiction présida lors de la période des années 30 et au début des années 40.

Nielsen Hayden dit que Van Vogt fut "pratiquement le dernier de la génération des trouvailles faites par Campbell".

Selon les listes maintenues par ses fans, l'écrivain canadien était l'un des dix plus anciens auteurs de sci-fi encore en vie. Hayden: "C'est l'auteur de "A la poursuite des Slans", l'une des présentations définitives de la post-humanité, ainsi que des "Armureries d'Isher", "Les fabricants d'armes" et du "Monde des Ã" ou de ses suites, progrès courageux dans le monde indéfini de la SF, vu sous la forme d'un concept éclatant".

"Ses meilleures oeuvres, tour à tour éprouvantes ou oniriques, demeurent époustouflantes et justifient sa place parmi les géants du genre".

Fusion de l'opéra de l'espace avec la sémantique

Van Vogt était connu pour le volume de ses productions durant l'âge d'or de la sci-fi, ayant contribué de quelques 36 textes à Astounding, tandis qu'il vendait aussi des romans à Unknown. Les meilleurs de l'époque sont A la poursuite de Slan (1940) et les textes rassemblés dans les deux ouvrages Armureries d'Isher, publiés en premier lieu en 1940-43, et rassemblés en 1946 et 1951.

Van Vogt a souvent rassemblé des oeuvres disparates déjà publiées; on lui attribue d'ailleurs le mot "recueil" (fix-up en anglais, ndt).

La série du Monde des à reste pourtant le meilleur de ces premiers ouvrages, malgré le succès et la valeur des autres.

Ceal commence par le Monde des à (1945) puis Les joueurs du Ã, (1948) et La Fin du Ã: Van Vogt embrasse les limites vertigineuses de la sci-fi, redéfinissant radicalement l'humanité grâce au caractère de Gosseyn, protagoniste aux deux cerveaux, et pouvant utiliser autant de corps qu'il le désire.

Une couche de sémantique non-aristotélécienne complète la série, laissant les lecteurs enthousiastes et mobilisés. Le Monde des à est peut-être le livre de sci-fi le plus vendu en France.

Ces oeuvres bourrées de grâce métaphysique et de méditations sur la nature paradoxale de la conscience enflammeront ensuite des auteurs comme Philip K. Dick.

Le mouvement de l'intérieur

Van Vogt devint aussi avocat de la dianétique, méthode quasi psychanalytique inventée par L. Ron Hubbard, autre auteur de science-fiction: il crédite ce dernier de la rémission des symptomes de cancer pendant dix-neuf ans, chez la femme de E. Mayne Hull.


Tout comme John Campbell, Van Vogt n'apprécia guère la réorientation religieuse de la dianétique, devenue "scientologie".

Son affiliation à la dianétique fut une autre histoire: non seulement c'est lui qui ouvrit les premiers centres à Los Angeles, ville ou il passa ses dernières cinquante années, mais il resta président de l'association des auditeurs dianétique jusqu'à un âge honorable.

Hélas pour les fans de sci-fi, cet intérêt grandissant pour les profondeurs du mental l'éloigna de plus en plus de la science-fiction. Sa formidable productivité se réduisit à quelques histoires éparses, au cours des années 50; il ne revint en force qu'en 1970 avec Les Enfants de demain.

Van Vogt reçut en 1996 la haute récompense de "Grand-Maître" de la science-fiction, devenant le 15e auteur à recevoir ce titre; l'association de science-fiction de Nouvelle Angleterre lui remit le trophée Retro-Hugo pour le Monde des Non-A. Puisque les récompenses Hugo ne sont données que depuis 1953, ses fans auraient manqué l'occasion de l'honorer pour ses oeuvres de 1945.

La santé déclinante de Van Vogt le tint tout à fait silencieux au cours des dernières années. Son épouse Lydia reste seule.


Note du traducteur: c'est aussi Campbell qui attribuera à Hubbard la célèbre phrase qu'il a prononcée: "Pour devenir riche, le meilleur moyen consiste à fonder une religion"- voir aussi à cette URL, à propos d'un autre auteur sci-fi connu: Harla Ellison

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