LE SECTICIDE
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Peut-être de retour des frontières du désespoir?



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Richard Ford sortit du taxi et passa le portail d'entrée de Saint Hill Manor, quartier général de l'église de scientologie pour le Royaume Uni.

Il faisait chaud; il traversa l'espace avec son sac avec quelques vètements de rechange et où ne restait qu'un seul billet de 10 livres.

Richard avait été membre de la secte, qui l'avait expulsé. On lui demandait de revenir, aussi considérait-il ce jour comme une nouvelle opportunité de redémarrrer et de se prouver ses aptitudes.

Il prit le chemin en sens inverse quelques sept mois plus tard, brisé. Il avait passé ce temps à l'église de scientologie. Il n'avait plus rien à lui, était si malade qu'il en avait perdu ses cheveux, si déprimé qu'il envisageait le suicide.

Depuis qu'il a quitté la secte en 1995, il s'est lentement rebâti une vie, avec de nouveaux espoirs d'aider d'autres gens qui désireraient aussi quitter les griffes de la scientologie.

Richard agissait en 1993 comme tout représentant satisfait, même s'il n'avait guère de sens à son existence - lorsqu'on ami lui suggéra de renocntrer des membres de la secte.

Il raconte "Comme la plupart de ceux qui rejoignent des sectes, c''est simplement un ami qui me dit d'aller faire un saut au centre des scientologues à Londres."

"J'ai eu des résultats vraiment moches lors du test de personnalité - ce n'était pas du tout cuit, car je savais ce que je voulais. En échange du test, j'ai acheté un livre et on m'a donné une séance d'audition gratuite."

L'audition, c'est ce procédé où l'on met les scientologues dans un état voisin de la transe pour les soulager de leurs douleurs passées, en repassant et repassant les evènements traumatiques jusqu'à ce que la personne se sente de bonne humeur.

L'ex-scientologue Bonnie Wood, qui habite Sycamore Drive à St Hill, explique que l'audition est le début du "Pont vers la Liberté Totale", coûtant quelques 2 millions de F à traverser et quelques années de travail.

Richard Wood disait: "Je marchais sur les nuages, je me sentais fantastiquement bien, et je voulais faire connaître ça à d'autres".

Puis il a fait d'autres séances et s'est senti si bien qu'il a voulu entrer dans le personnel. Il ne lui a fallu que 24 heures pour être admis - et pour qu'il se retrouve cul par-dessus tête.

"Ils vous coupent de toute influence externe, vous explosent à coup d'audition, vous font alors signer le contrat."

Le terme utilisé pour la 'séparation', c'est 'déconnexion", dans la littérature scientologue. Cela signifie qu'on coupe les liens familiaux avec tous ceux qui critiquent la secte.

On avait dit à Richard qu'il se ferait dans les 2000 F par semaine en travaillant pour les scientologues londoniens. Mais des semaines d'affilée, il n'eut rien, ou seulement quelques livres.

"J'ai signé un contrat de cinq ans, c'était la pente savonneuse: on m'avait cité des documents démontrant que je gagnerai 2000 F par semaine, j'ai eu 32F la première semaine. Des mois durant, vous ne recevez carrément plus rien. Et pendant ce temps, vous perdez tout moyen de penser de façon critique."

"J'étais invité par le groupe londonien, ça a duré un peu moins d'un an. Mais pendant ce temps-là, ma santé se dégradait, puisque je ne mangeais pas assez et que je n'avais pas un radis.

" Il m'a fallu déménager à la cloche de bois plusieurs fois, puisque je ne payais pas mon loyer. Je bossais, mais je ne dormais pas assez; je faisais plus de 60 h par semaine, puis je continuais chez Mc Donald pour pouvoir manger, mais sans toucher rien d'autre.

Vers 1995, la branche anglaise de la scientologie eut une grosse crise en raison de la désaffection et du fait que trop peu finissaient leurs cours.

Richard dit: "On nous a déclaré en 'condition de danger', c'est à dire ce qui correspond à un groupe de scientologie dont les statitisques baissent très vite; c'est alors qu'une organisation supérieure assigne cette condition de danger, intevient dans les affaires et entame une purge du personnel.

"Un tas d'américains ont fouillé mes dossiers d'éthique, je les ai vus sur un bureau. C'était un peu moins épais qu'un annuaire de téléphone, et dieu sait ce que ça contenait. Tous les scientologues ont leur dossier d'éthique, même s'il ne s'agit que d'une réponse à une annonce parue...

On a dit à Richard de passer quatre mois hors de la secte. Pendant ce temps, il a ressenti un mélange de soulagement mitigé d'une impression d'échec d'avoir été mis dehors.

Dans cet état d'esprit vulnérable, il accepta début 1995 d'aller se constituer membre du personnel à East Grinstead, loin de Londres.

"J'y suis parti pour recevoir un entraînement à temps complet, un privilège rare.

Ce fut probablement l'une des pires périodes de mon existence, car la condition de danger signifiait d'autres punitions, y compris d'être envoyé au camp de réhabilitation - un goulag - mais on ne m'y a pas expédié.

"Il fallait travailler, on ne dormait pas assez. Il fallait y confesser sans cesse nos péchés. L'atmosphère était dingue, complètement autoritaire.

"J'aurais voulu que la police pénètre et nous libère. Je suis presque sûr que la plupart d'entre nous, même ceux qui nous hurlaient dessus, auraient poussé un fameux soupir de soulagement.

" Les cauchemars sont interdits, il faut s'arranger pour les refouler, ce qui provoque encore plus de pression et de conflit. J'ai fini par avoir des ulcères, mes cheveux qui tombaient, je devenais suicidaire: il fallait que je parte.

Mais quitter la secte n'est pas si facile. On l'a emmené voir un cadre supérieur qui l'a injurié en hurlant.

"Ils m'ont fait des vérifications de sécurité, m'ont filé des tas de vitamines qui m'ont donné des sensations bizarres; j'étais dans une sorte d'état second, pas vraiment halluciné, mais je ne voyais pas la différence entre les pensées et la réalité.

"Je suis devenu passif; je pensais que j'avais commis des péchés, qu'il fallait que je découvre quoi...

"Les scientologues vivent pour l'audition et j'étais audité gratuitement; j'ai parcouru des vies passées, passé par des états euphoriques; j'ai écrit des tas de confessions, on me prenait en vidéo tout le temps, puis on m'a permis de rentrer chez moi.

" J'ai alors décidé de me débrouiller tout seul; j'étais en sale état."

Désormais, Richard, 37 ans, est philosophe quand il parle du temps passé dans la secte. "Quand je suis parti, je n'avais plus rien. J'avais dans les 20000 F de dettes. Je me disais: "comment quelqu'un d'intelligent peut-il en arriver à agir aussi idiotement?"

"Pourquoi donc ai-je cru à tous ces trucs qui sont si contraires au bon sens? Je me le demande encore.

Richard a mis en place une ligne d'assistance nommée "Quitter la Scientologie", pour aider les autres qui en sont déjà partis ou qui pensent s'en aller. On peut l'appeler en toute confiance au - numéro anglais, pour les anglais, ndt - (44) 1375 384378.


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