Les ennuis de l'investisseur escroc Slatkin et du coup, de la scientologie 


 http://www.siliconvalley.com/docs/news/depth/slatk091001.htm


SiliconValley, Reuters - 10 september 2001 - par PATRICK MAY

Mercury News

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Les ennuis juridiques du conseiller en investissment posent problème à la scientologie

SANTA BARBARA --

Ses biens ont été gelés, qu'il s'agisse d'oeuvres d'art de valeur, de ses actions en bourse, ou d'un sachet de cacahouètes. Reed Eliot Slatkin, co-fondateur d'Earthlink [3e fournisseur d'accès Internet US] et conseiller en investissements millionaire, demeure assis là, dans sa propriété, sous le regard glacial des autorités fédérales.

Les investisseurs soupçonnent Slatkin d'avoir mené une gigantesque escroquerie internationale à l'investissement, impliquant quelques 850 créditeurs pour 4,5 milliards de F (600 millions de dollars).

Mais ses ennuis soulèvent aussi des problèmes de relations publiques pour l'église de scientologie, sans cesse controversée depuis sa fondation en 1950. Les liens anciens de Slatkin avec l'église font se soulever les sourcils des critiques et des investisseurs. L'église a-t'elle profité de Slatkin? En-a-t'elle été victime, ou les deux à la fois?

Vers 1985, Slatkin a commencé à investir pour le compte des scientologues afin que ceux-ci puissent se consacrer au travail clérical plutôt qu'à leur patrimoine. Il expliqua à ses investisseurs qu'il placerait leur argent en actions, a dit la Commission des Echanges (Securities and Exchange Commission). Certains membres de l'église ont eu des profits, d'autres ont perdu leurs investissements.

Son pari le meilleur fut d'investir 75000 dollars dans Earthlink au début - ça lui a rapporté beaucoup. En 1999, Slatkin travaillait avec au moins 230 millions $ appartenant à des centaines d'investisseurs, y compris non-scientologues, rois du "dot.com" ou stars.

Mais au printemps, l'un des investisseurs non affiliés à l'église tenta de récupérer ses 15 millions de dollars, et les choses se gâtèrent. La Commission Sécurité (SEC) attaqua notre homme du monde en escroquerie, sous prétexte qu'il agissait en conseiller non inscrit légalement. Il demanda à être placé sous la protection de la faillite. Le Ministère de la Justice lança une enquète criminelle, et des agents fédéraux investirent les domiciles et bureaux de Slatkin et de ses associés.

Trois investisseurs non affiliés à l'église déposèrent plainte. Des documents du tribunal disaient que les sommes déposées par Slatkin se trouvaient dans des comptes suisses qu'on ne put localiser.

Bien qu'il n'y ait pas de preuves que Slatkin ait pris l'argent des investisseurs pour le donner directement à l'église, certains non-scientologues se demandent si leurs économies de toute une existence ne sont pas filées vers des scientologues qui faisaient eux, de l'argent, et, finalement, qu'elles aient abouti à l'église.

Le management de l'église essaie de s'écarter, insistant pour dire que Slatkin n'aurait pas été le fervent dévot qu'il disait.

Le porte-parole scientologue Aron Mason "ça n'a pas l'impact qu'on prétend sur l'église. Prétendre que l'église a un rôle reviendrait à dire que Michael Milken était un juif qui s'est servi de son église pour développer ses opérations financières et rouler des gens".

"Mais vous ne pouvez tenir l'église pour responsable des actions d'un membre individuel, dit Mason. "C'est outrageant. J'aimerais savoir où a passé l'argent, mais ce n'est certes pas dans l'église de scientologie."

LE COTE SOMBRE

Les critiques de l'église, dont nombre d'anciens membres disant qu'ils ont été empoisonnés des années durant pour avoir contesté les règles scientologiques, regardent cela d'un autre point de vue, plus sinistre certes. Nombre des investisseurs ayant passé leur argent à Slatkin étaient des scientologues de haute volée dans leur domaine. Les critiques disent que l'église doit avoir tiré un profit, ne serait-ce que des énormes contribuutions "charitables" des investisseurs.

Slatkin fut un gros donateur à l'église, ainsi que nombre de ceux ayant investi chez lui, explique Arnie Lerma, ex-scientologue et critique de longue date de la scientologie, installé à Washington D.C.

Les autorités tentent de déterminer si les affaires de Slatkin étaient le schème Ponzi courant - on paie les anciens investisseurs avec l'argent apporté par les nouveaux.

Si les enquèteurs peuvent démontrer que l'église a profité de cela, il se pourrait que la scientologie doive leur rendre. Il existe un précédent: un homme d 'affaires d'Arizona fut inculpé l'année passée d'avoir escroqué des investisseurs dans une opération similaire mais moindre que celle de Slatkin. Les autorités découvrirent qu'il avait versé 1,8 millions de dollars à la scientologie. (voir ici)

Larry Warfield, nommé par le tribunal de Phoenix, explique: on découvrit qu'il avait versé 50000, puis 200000 dollars etc, et l'église a rendu d'abord 1,3 million, et a promis les 150000 dollars restant sous 2 mois. Ils ont été tout à fait honorables.

Les deux parties admettent que l'église ne savait pas d'emblée la source de l'argent. [ndt: on peut ici faire observer que la secte, qui prétend à 100 % de réussite, et qui est dotée selon elle du meilleur système 'technique' de confession existant au monde, s'avère en réalité incapable de détecter les choses les plus énormes chez ses plus anciens collaborateurs]

Pour l'affaire Slatkin, si la scientologie doit rendre l'argent, Lerma explique: "c'est toujours ça que la secte n'aura plus pour nous poursuivre en justice grâce aux avocats qu'elle peut ainsi payer".

Mais on s'inquiète de division entre les scientologues et les non-scientologues, dans cette affaire Slatkin. Patrick Siefe, non scientologue et ex-associé à Slatkin: "Si Reed Slatkin a perdu l'argent des scientologues c'est intéressant. Mais si c'est seulement celui des non-scientologues, ça l'est encore plus."

Si tous les scientologues n'y ont pas gagné, certains ont bien profité; c'est le cas de l'avocat John Coale, du groupe des avocats qui ont gagné dans la bataille anti-fabricants de tabac, et de son épouse Greta Von Susteren, commentatrice de la CNN, qui ont avoué avoir fait de l'argent grâce aux investissements Slatkin.

Mais le Dr Larry Wheeler, scientologue dentiste à Tucson, se sent trahi.

"On pensait tous qu'il était le bon dieu. Personne n'arrive à y croire", dit Wheeler. L'église est victime aussi, puisque nombre des investisseurs étaient de gros donateurs, et que leur argent à disparu.

Slatkin, qui a refusé de répondre, avait expliqué qu'il faisait simplement un bon travail comme l'église le lui disait, en libérant du temps pour que les fidèles en aient davantage à consacrer au spirituel.

Mason : "C'est aussi un mystère pour nous, enquèteurs, on ne sait rien de la situation de Slatkin, en dehors de ce qu'on lit dans les médias.

Long passé dans l'église

La vie de Slatkin a été sculptée par la scientologie, depuis le moment où il a dû faire face au suicide de son père - alors qu'il avait 14 ans - jusqu'à ses études auprès du fondateur de l'église L. Ron Hubbard en Angleterre, et au club scientologue qu'il a fondé à l'Université du Michigan.

Il a expliqué à la SEC qu'il avait aidé à démarrer la Sea Org scientologue, la congrégation d'élite de la secte; Mason, porte parole de la scientologie, explique qu'il n'en savait rien, mais dit que Slatkin n'a jamais fait partie de cet ordre d'élite. Slatkin fut expulsé d'Angleterre en 1968, lorsque le gouvernement anglais bannit en partie la secte. Sa ferveur fut même le facteur déterminant de l'endroit où il passerait ses diplômes: Berkeley, autant pour son programme de langues orientales que pour sa bonne mission de scientologie. Il y trouva son épouse Mary Jo, également scientologue de longue date; et ils eurent deux enfants.

La scientologie, dit-il, fut la base de "presque tout ce qu'il a fait au cours de son existence" depuis 1963.

Les officiels scientologues admettent que Slatkin fut un ministre il y a des années et qu'il a pu être donateur, mais disent qu'il n'était pas actif récemment. Par contre, Slatkin a dit aux gens de la SEC toute sa progression dans la hiérarchie spirituelle de l'église - un truc que les adeptes appelent "monter sur le Pont" et son implication active du présent. Il a témoigné continuer ses pélerinages aux quartiers généraux spirituels de Clearwater, Floride. [ndt: toutefois, il faut savoir que la secte avait plusieurs mentions très récentes de Slatkin dans ses dernières parutions, et qu'elle s'est empressée de faire disparaître toute mention de lui]

En 1984, un collègue scientologue enseigna à Slatkin les bases de l'investissement. Il se retrouva bientôt à faire jouer les sommes confiées par des centaines de membres de l'église, d'après la déposition faite à la SEC. Travaillant dans un garage reconverti, il utilisait un programme sur mesure. Condition: il n'acceptait aucun "honoraire", car cela exigeait une licence de la SEC. Mais il encourangeait les investisseurs à lui faire des "cadeaux".

Il raconta à la SEC: "Ils utilisaient les profits pour, vous savez, donner des choses à l'église." Il ajouta "Je peux vous montrer les lettres de ceux qui disent "merci pour votre aide, j'ai grâce à elle pu donner X dollars à l'église".

Un investisseur explique avoir donné 300000 dollars de "cadeaux" à Slatkin. Terence Honikham explique que Slatkin encourageait les gens à lui donner 10 % des profits - ou au moins, 10 % des profits démontrés par les relevés annuels, désormais suspects.

Slatkin gagna beaucoup grâce à Eathlink, où sa mise monta jusqu'à 122 millions de dollars. Il était au conseil de surveillance de la société lorsqu'elle se lia à Mindspring enterprises l'an passé, mais s'en retira lorsque le scandale éclata. Un porte-parole d'Earthlink expliqua qu'alors que certains dirigeants de la société avaient des liens avec la scientologie, les fonds d'Earthlink n'étaient pas impliqués, et Reed Slatkin n'avait pas de prise sur les opérations courantes d'Earthlink.

Des Scientologues très connus sont en lice dans le procès

Les ambiguïtés du scandale entourant Slatkin se constatent en raison de la présence de deux scientologues très connus lors du procès -- l'un après qu'il ait éclaté, l'autre lors des derniers jours durant lesquels Slatkin tentait de s'arranger avec les investisseurs pris de panique.

Jack Dirmann, scientologue de longue date ayant occupé des postes administratifs, a passé 10 jours en mars dans les bureaux et les ordinateurs de Slatkin.

Mason explique que Dirmann n'a pas travaillé pour le compte de l'église depuis 21 ans. "S'il était dans les bureaux de Slatkin, c'est de son propre chef", dit le porte parole de la secte.

Dirmann, contacté par e-mail, explique qu'il était dans la maison en tant qu'investisseur, et non en représentant de l'église. "J'avais investi chez lui et encouragé mon père qui a 85 ans et d'autres à faire de même", écrit-il. "Les assurances de Slatkin comme quoi tout allait bien commençaient à prendre mauvaise tournure".

Bennetta Slaughter, activiste scientologue de longue date et donatrice, commença à contacter des investisseurs après que l'affaire fut ébruitée, essayant d'organiser les créditeurs. "S'ils envoyaient 250 dollars chacun, elle engagerait un avocat", disait-elle.

Un investisseur de Santa Fe: "Bennetta m'appela brusquement. Elle ne dit pas qu'elle était de l'église, mais avait l'air très au courant et très convaincante."

Certains mettent sa motivation en doute

Kady O'Malley, journaliste freelance d'Ottawa qui travaille sur la secte, explique" Slaughter est la dernière volontaire ultime, travailleuse sans relâche de la Scientologie à Clearwater". L'engagement de Slaughter indiquerait que l'église "tente d'une façon ou d'une autre de contrôler ce qui se passe".

Slaughter nie travailler pour l'église. Dans une lettre adressée au Mercury News, elle dit agir en investisseur privé. Mais quelle que soit l'issue de l'affaire, une chose au moins est sûre: Slatkin deviendra un paria de la scientologie - qui signifia tant pour lui.

"C'est désormais devant les tribunaux", dit Mason. "Mais s'il a fait ce qu'on dit, il sera excommunié. On ne peut faire ça et rester scientologue".

[ndt: c'est absolument faux d'après les règles: en effet, la porte est supposée rester ouverte après expulsion. Le scénario le plus probable, au cas où Slatkin déciderait qu'il veut regagner la secte, serait le suivant:

- demande officielle de sa part

- goulag scientologue pendant des années à titre punitif, mais seulement une fois qu'il aurait non seulement rendu l'argent et dédommagé la secte, mais aussi, obtenu des articles de journaux disculpant tout à fait la secte criminelle]



On Wed, 26 Dec 2001 09:45:52 +0100, Tilman Hausherr <tilman@berlin.snafu.de>
wrote:

>Some good news:
>1) Reading that SEC filing, it doesn't look that this scientologist
>company is going anywhere. The company they have merged with,
>Intellicall http://www.intellicall.com/, does not even seem to exist, at
>least on the WWW.
>2) WWC does not operate the wireless network, it just resells accounts
>on Ricochet (of which I am not sure if it is operational - I got
>conflicting information on the WWW). No surprise to me there - most
>scientologists are anti-intellectual, anti-technology. Sky Dayton
>founded Earthlink after he wasn't able to set up his internet account
>after 60 hours, and thought something simple need to be made :)

Here's the deal on that. Metricom (the former owner of the Ricochet network)
went belly-up in a mind-bogglingly spectacular fashion, leaving dozens of
government agencies and companies (including AT & T Worldnet) holding the bag to
the tune of hundreds of millions of dollars. Then GT "Deac" Finn attempted to
buy out the Ricochet network part of this, but were outbid by Aerie Networks.

The plans Aerie Networks claims to have concerning Ricochet do not appear to
involve WWC in any way, shape or form. It appears that we only stumbled into
this developing story at about the time it was (and is) petering away into
nonexistence. This assumes that WWC doesn't find another product to sell.

Incidentally, even if they did, they would then be in direct competition with
Scientology wunderkind Sky Dayton with plans for a similar if not identical
wireless service called "Boingo." "Boingo" appears to have the same
characteristics (and drawbacks) as the original Ricochet network, including a
per-month fee (projected at around $75) that is likely to deter many potential
customers.

The wireless Internet service has been promising for years, but it has also left
a wake of financial catastrophes, one of the more striking being the Metricom
disaster.

Many people would be thrilled to have such a service, and indeed Ricochet's
customers were very happy. However, they are not very happy at all with WWC,
"Deac" Finn or his merry little band of mafiosi. WWC appears as if it will be a
thing of the past, "strategic partnerships" with INTnet or not.

ptsc

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