LE SECTICIDE
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LA TOURNEE DU CHATEAU CACHAIT AUTRE CHOSE

original anglais sur
<http://www.argus-btn.co.uk/archive/09/sussex/06.09.99/news4.html>

Nous vous contions vendredi dernier que les mérites du QG scientologique était vantés dans un tract pour touristes du Conseil de l'Ouest Sussex. L'église eût tôt fait de nier que ces visites gratuites servaient au recrutement de la religion controversée. David Edwards, sous les traits d'un visiteur, est allé se rendre compte.

La publicité dit qu'il s'agit de visiter un des plus beaux manoirs anglais.

Les visiteurs sont conviés à un tour de la demeure deux fois séculaire, dans son parc de 20 hectares, et d'embarquer pour une visite guidée d'une heure. La grande bâtisse de pierre grise, son jardin d'hiver, ses peintures murales et ses chènes devraient vraiment plaire aux touristes.

Mais elle ne vous raconte pas que cette virée à St Hill Manor vous mènera au coeur d'un exercice de relations publiques de l'église de scientologie.

Avant d'avoir achevé la tournée, j'avais appris ce que veut la scientologie, comment elle fonctionne; on m'avait même montré le bureau des inscriptions. J'étais arrivé à St Hill en touriste d'un jour, et y fus reçu par Nichola, qui me désigna deux autres visteurs dans les parages.

Première étape à la bibliothèque. Le manoir avait servi à un Maharadjah, mais les casiers ne regorgeaient d'aucune de ses collections.

Par contre, des centaines de titres de L. Ron Hubbard, l'auteur de science-fiction ayant fondé l'église vers les 1950. Certaines de ses oeuvres de gare s'étalaient sous des volumes exposant ce qu'est la scientologie.

Nous ayant rapidement montré l'endroit, Nichola se présenta comme scientologue et nous raconta comment la religion fonctionnait.

"Nous mettons l'accent sur l'aide de soi; la scientologie est une méthode permettant aux gens de parvenir à leurs buts, " nous dit-elle.

Nous vîmes ensuite une pièce dont les murs avaient été ornés par John Spencer Churchill, neveu de Winston.

Au cas où nous aurions oublié le message scientologique, autre étagère de livres hubbardiens dans un coin.

Puis visite du toit en terrasse, avec vue sur un grand cèdre proche ("C'était le favori de M. Hubbard", nous commenta Nicola), qui nous emmena à la chambre du maître.

Meublée de son lit à baldaquins, c'est le point d'orgue de la tournée pour les scientologues venus voir où vivait feu Hubbard.

Nichola nous raconta que souvent des adeptes américains s'arrètaient ici lors de leur retour vers l'aéroport de Gatwick.

Le Livre d'or démontrait les visites de Nouvelle-Zélande, Espagne et Danemark.

"Dans les années 60, c'est là que se trouvait le QG scientologue, mais c'est encore un des hauts-lieux de la scientologie", nous annonça-t'elle.

"C'est là qu'il écrivit ses oeuvres, fit ses recherches, amélora la dianétique - dans une organisation avancée comme St Hill, on trouve des membres de la Sea Org".

Ce néologisme anglais exprime qu'il s'agit de la hiérarchie de l'église, dont la Sea Org est le sommet.

Puis elle nous expliqua comment Hubbard avait passé huit années en Angleterre avant de partir vivre sur un bateau pour continuer ses recherches. Elle omit de nous dire qu'il fit l'objet d'un bannissement lui interdisant de revenir, vu les problèmes d'ordre public et les méthodes qu'il utilisait. Elle passa aussi sous silence ses ennuis avec les autorités, dont des affaires de détournement jusqu'en 1984, deux ans avant sa mort.

Puis elle nous conseilla des rafraîchissements en vente au chateau proche, où étudient les adeptes, nous recommandant de le visiter aussi: nous pourrions en savoir plus sur sa religion.

Le réfectoire était plein de membres en habit de style marin; une affiche conseillait de devenir membre de l'association internationale des scientologues. Un livre expliquait comment conseiller - "auditer" les gens. Cette pratique conduirait les gens -les thétans, disent-ils- à devenir "clairs".

Des illustrations montrent comment ce systéme étrange fonctionnerait, avec des scientologues expliquant comment répondre à des questions, et agir si on donne de mauvaises réponses.

En fin de visite, bureau de la réception: un jeune gars en chemise d'uniforme à épaulettes et cravate noire nous accueillit.

Il me mena dans l'un des couloirs, où donnaient des douzaines de salles de conseil.

Les gens se servent d'électromètres pour mesurer les traumatismes du passé, les adeptes tiennent des électrodes où passent les charges électriques; leur force est visible sur l'aiguille de l'électromètre, un bizarre appareil ovoïde .

Le tout est en vente à la réception, avec un livret explicatif des bienfaits du modèle Mark VII, en diverses couleurs, facturable à 3888 livres (environ 35000FF).

Puis visite des salles d'étude, où des douzaines de scientologues lisaient des ouvrages d'Hubbard.

Alexander nous expliqua alors qu'une partie des enseignements de l'église était pratique, et nous désigna une femme fabriquant des bonshommes en pâte à modeler colorée, comme aide à ses études.

Ailleurs, des membres de l'église assis discutaient leur foi ou se servaient de leurs électromètres. D'autres écoutaient des conférences d'Hubbard au magnétophone.

Puis le guide me mena à la bibliothèque, emplie des oeuvres hubbardiennes. Chacune offre son lot de conseils pour améliorer les relations ou mieux profiter de son travail.

Alex me dit être entré en Italie sept ans auparavant, comme maçon.

"Je cherchais quelque chose, parce que j'étais malheureux et que le yoga ne m'allait pas. Et c'est un livre d'Hubbard qui m'a intéressé."

Pour en finir, passage au bureau des inscriptions pour les nouvelles recrues. Il m'a alors regardé, espérant... pause interminable. Nous nous sommes quittés au réfectoire.


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