LE SECTICIDE
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POURQUOI LES CRITIQUES DE LA SECTE SCIENTOLOGIQUE SONT-ILS SI "DURS" ENVERS ELLE?

Par Roger Gonnet (c) 1997 (chapitre rajouté à 'Une Secte armée pour la guerre"

reproduction autorisée pour les buts non commerciaux)

"Pour votre bien" se révèle être un argument persuasif apte à obtenir de quelqu'un qu'il dise "oui" à sa propre destruction. ( Janet Frame, Visages dans l'eau, 1961)

On peut légitimement se demander pourquoi, face à la scientologie-dianétique, les critiques ne laissent passer aucun défaut, aucun faux-pas, aucun vice, aucune erreur humaine, aucun argument vaseux, aucun paradoxe ni mot pouvant démontrer que la secte n'est pas parfaite.

Pourquoi donc nous sentons-nous forcés à relever toute anomalie, tout décès ou suicide, et toute folie démontrée par un scientologue, que ce soit chez Hubbard le Gourou ou chez n'importe quel membre public ou staff de la secte?

Pourquoi les critiques sont-ils si attachés à souligner là-bas ce que l'on accepterait de n'importe quel autre groupe comme simple péccadille, ou vulgaire erreur de trajet, ou comme un vice "normal" chez d'autres, ou comme un déraillement temporaire?

Il existe certes plusieurs raisons à cet inhabituel comportement critique.

La première est vraisemblablement la plus importante.

Lorsque les chrétiens commencèrent à être réellement critiqués - au sein de leur propre groupe, par d'autres chrétiens, on vit apparaître deux méthodes de critiques issues d'une même cause; l'une, qu'on pourrait dire Luthérienne ou Franciscaine - cela importe peu, et la seconde, qu'on pourrait appeler Voltairienne.

Dans les deux cas, on soulignait l'hypocrisie d'un clergé et de ses laïcs, qui prétendaient imposer une vertu fantastique et parfaite à tous, alors même que ce clergé se comportait scandaleusement : les papes comme des princes avec leur cour, leur cohorte de valets, leurs jeux de pouvoir (n'ont-ils pas été plusieurs à se déclarer Pape simultanément?), leur train de vie impérial, et leurs gourgandines attitrées. Les Luthériens/Franciscains ramenèrent la vertu à un élément simplissime, refusant train de vie, luxure et orgies, et se consacrant aux pauvres. Les Voltairiens soulignèrent quant à eux les abus et pointèrent du doigt les différences entre discours et actions.

Pour les critiques de la secte, il en est de même; mais le phénomène est largement amplifié puisque la secte sciento-dianétique entend faire avaler sa sauce au monde entier, et qu'elle déclare froidement posséder et appliquer une technologie sans précédent, technique qui serait, selon elle, capable de transformer l'homme à un point jamais imaginable auparavant. Ce mythe déjà tant combattu lors de l'épisode nazi ou d'autres causes racistes n'a fait que renaître sous une autre forme; "Der Übermensch", le Surhomme, n'en est pas à ses débuts.

Mais les nazis eux-mêmes n'ont pas prétendu à la perfection humaine; ils se contentaient d'affirmer la supériorité raciale supposée de l'aryen, grâce à un discours trafiqué et un argumentaire pauvrissime.

Les Chrétiens, quant à eux, n'affirmaient rien de tel; s'ils se voyaient "peuple élu", ils 'nont pas à ma connaissance allégué que les leurs étaient parfaits hommes ou femmes; ils n'ont pas nié leurs péchés et ont même imaginé le moyen de s'en faire laver par la confession.

Qu'est-ce donc qui diffère les scientologues et les promesses de leur gourou de cet exemple chrétien ou de bien d'autres?

D'après les dires de leur fondateur Hubbard, le simple concept de "Clair" impliquait mentalement - que dis-je ? garantissait à l'être humain des aptitudes exceptionnelles, telles que "mémoire édeitique", "QI supérieur à 135", "capacité à être cause à volonté sur la matière, l'énergie, l'espace et le temps mentaux", "n'ayant pas de mental réactif - donc, d'aberrations - le clair est donc capable d'opérer à capacité mentale complète...".

Sur le plan physique, toutes les maladies sont supposées disparaître, car Hubbard affirme qu'elles sont de cause psychosomatique sans exception (cf la Dianétique).

Quant à l'OT 8, il serait encore très au-delà, puisqu'il est censé dominer la vie, obtanant carrément la "Puissance sur toutes les dynamiques" d'après Hubbard, la seule et exclusive référence de toute lla secte. Pas de saints chez eux pour prècher une quelconque bonne parole: on se sert du gourou jusqu'à plus soif pour faire ingurgiter au public crédule les merveilles sciento-dianétiques, mais on ne rajoute ni n'enlève rien, à quelques exceptions rarissimes actuellement tentées pr le nouveau dirigeant-gourou Miscavige.

Ceci résume brièvement, très brièvement, le message que les scientologues acceptent pour vrai: la sciento est quasi parfaite, et possède toutes les réponses à toutes les questions, toutes les techniques pour aboutir au but d'une planète et d'un univers scientologue, et de surcroît, elle affrime les appliquer en tout temps.

Or, force est de constater là aussi la différence entre la bloc du discours tenu - même par écrit - et les résultats réels dans l'univers visible. Si le scientologue se prétend par exemple capable d'amour, on s'aperçoit qu'il secrète la haine à haute dose, qu'il prépare et fait la guerre en permanence à tout ce qui n'est pas de son avis, qu'il attaque ses "ennemis" et ses amis dès qu'un désacoord pointe le nez, qu'il punit violemment (camps de concentrations, parfois des coups, injures etc) même les siens, même les plus fanatiques du groupe. La secte garde précieusement les meilleures moyens de chantage possible

contre ses propres amis ou contre ses adversaires; elle ira jusqu'à les fabriquer si elle ne peut faire mieux.

Si le scientologue dit vouloir sauver la planète, on constate que c'est à sa façon, et qu'aucune discussion n'est permise.

Si le scientologue veut "un monde sans démences, sans criminels et sans guerres", que fait-il alors de tous ces gens devenus psychotiques, ou suicidés, ou meurtriers, alors qu'ils étaient "Clairs" ou "OTs"; que pense-t'il des services "d'OSA", leur service secret engrangeant des tonnes de données pour peser contre les gouvernements, les banques, les ennemis ou les amis? Pourquoi s'arme-t'il et menace-t'il de mort ses ennemis? Pourquoi attaque-t'il les démocraties?

Rien de ce que dit ou annonce la secte n'est à prendre; le discours est si différent de l'action qu'en réaction, la critique sera plus acharnée à démonter la tromperie et la fraude, mot à mot, action après action, dérapage après dérapages. Nous acceptons - de mauvaise grâce - la corruption des politiques, leur langue de bois. On n'accepte pas aussi facilement les vices et les perversions des pères-la-vertu dont les rangs regorgent d'alcooliques, de mauvais parents, de pédophiles, violeurs, voleurs, traîtres, criminels , assassins ou menteurs invétérés.

Le critique n'accepte pas, en définitive, d'avoir pu croire à toutes ces belles choses avec son idéalisme et son enthousiasme presque infantiles, d'avoir été roulé, violenté, volé et détruit par cette chose en laquelle il avait tant placé d'espoir. Le critique n'admet pas qu'un tel écart existe entre la parole et les actes, il ne supporte pas non plus qu'aucune des réalités et promesses ne soit tenue; ni qu'aucun idéal resssemblant - même de très loin - à ce qui lui avait été promis ne se rencontre dans l'affaire scientologique.

Plus il aura été fanatisé à faire ce qu'on lui demandait alors, plus il cherchera l'erreur le jour où il ouvrira enfin les yeux sur la sinistre réalité scientolo-dianétique.

Et plus il verra clair dans le jeu de la secte, plus il y découvrira de ces anomalies, de ces flagrantes horreurs, de ces crimes et de ce sang versé, de ces vies brisées, de ces élans stoppés, de cette vie gâchée.

Qu'on n'aille pas supposer qu'il s'engagera alors sur la voie de la haine contre la haine: non; il démolira tranquillement tout ce qu'il rencontrera d'insupportable dans la secte, pierre à pierre, sans s'attaquer vraiment aux gens eux-mêmes. Il sait, pour y être passé, qu'on n'y est pas vraiment responsable de ses actes, qu'on s'y croit facilement invulnérable sans raison, infaillible sans preuves, et exempt de reproche en commettant le crime. Le critique saura donc discerner la mauvaise foi, les tricheries, les paroles frelatées : il les soulignera, comme faisant un pas de plus vers la destruction de l'ensemble scientologais, qui n'a déjà que trop vécu.

La deuxième raison vient à mon sens du dialogue de haine, de persécution, de séparation sociale engendré en scientologie-dianétique.

Si Hubbard déclare la guerre aux psychiatres dont il veut prendre le marché - sans avoir la science -, s'il se dit persécuté par les journalistes ou les gouvernements, la justice, pourquoi donc n'appliquerait-il pas un dialogue de non-violence et de tolérance, plutôt qu'encombrer la planète d'innombrables procès, escarmouches et mauvaises causes, ou actions de "Gibier de Potence" et autres déclarations de suppressifs"?

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