LE SECTICIDE
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LA SCIENTOLOGIE EST-ELLE UNE RELIGION?

The only true scientology cross: avidadollar cross, by L. Ron Dollard

Par Stephen A. Kent, Professeur  au Département de Sociologie, Université d'Alberta, Canada - 1997
Traduction: Roger Gonnet 1998
J'ai longuement donné mon sentiment à propos de la religiosité prétendue de la secte scientologico-dianétique dans mon livre "Une secte armée pour la guerre".
Voici un document d'étude scientifique émanant d'un scientifique connu, spécialisé en sociologie. On lui doit entre autres un texte sur le lavage de cerveau en liaison avec la scientologie.
Le traducteur.
Vous préférez sauter aux conclusions de suite? ici.

30 Juin 1997
LA SCIENTOLOGIE EST-ELLE UNE RELIGION?
 

Il n'est que rarement arrivé - voire jamais - après la guerre mondiale, que les diplomates des super-puissances aient eu à s'embarrasser à déterminer la nature religieuse ou non d'un groupement multi-national. On peut donc dire que l'actuel débat entre Allemagne et Etats-Unis sur la nature supposée religieuse de la scientologie est une première dans l'histoire récente. On ne peut que se féliciter du fait que le gouvernement et le peuple allemand cherchent à obtenir d'autres informations  sur cette organisation, et je suis heureux d'avoir la possibilité de partager ici mes idées sur la question.

Je déclare d'emblée n'avoir eu aucun contact avec les autorités ou le gouvernement allemand lorsque j'ai préparé cette conférence. J'ai discuté une dizaine de minutes avec un Professeur allemand impliqué dans la discussion au sujet de cette organisation, mais nous n'avons qu'effleuré les questions liées à la scientologie. Le journal allemand "Kirchentag" me défraye pour le voyage et mes frais hoteliers à Leipzig, et le Berliner Dialog couvre mes frais, mais aucune note d'honoraires ou salaire. J'avais toute liberté pour écrire ce que je pensais sur le sujet des prétentions religieuses de la scientologie.

Ayant une formation en matière d'études religieuses, je crois que le débat sur la nature religieuse ou non de la scientologie est d'importance. Ce ne devrait néanmoins pas être l' aune unique à laquelle mesurer l'actuel débat germano-américain  quant aux prétentions religieuses scientologiques. Les questions de droits de l'homme sont intimement liées à cette affaire de religion. Certains pensent que la pratique religieuse est un droit de l'homme garanti, mais une observation même superficielle des évènements du monde actuel montre que bien des atrocités sont commises au nom de Dieu ou de la religion. Par conséquent, la croyance religieuse doit recevoir protection universelle, mais la pratique issue de cette croyance ne doit recevoir de protection qu'autant qu'elle ne commence pas à violer les droits humains de ses membres ou des non-membres. Partant de là, j'analyse le fait que si la scientologie contient une théologie et une cosmologie que certains membres interprètent comme religieuses, les actions et comportements de l'organisation posent de sérieux problèmes vis à vis des droits de l'homme. Sans vouloir reviser les déclarations d'officiels allemands sur la question, je conclus que le gouvernement allemand a de bonnes raisons d'enquèter sur la scientologie dans son pays. Il a aussi de bons motifs de s'inquiéter du bien-être des citoyens allemands se trouvant dans les locaux de scientologie aux Etats-Unis ou ailleurs. Je ne citerai que quelques uns des documents m'ayant mené à ces conclusions, certains étant accessibles sur nombre de sites Internet de la "Toile".

La scientologie est-elle une religion?

Pour nombre de mes collègues scientifiques en sciences sociales du monde entier, le débat présent entre USA et Allemagne tourne autour de la question de la religiosité de la scientologie. Nombre de mes collègues ont examiné quelques documents scientologues et peut-être participé à quelques présentations publiques scientologiques, pour conclure que la nature de la scientologie est religieuse. Brian R. Wilson, un estimable sociologue anglais des religions (b1926) a ainsi conclu "que la scientologie devait en effet être considérée comme une religion". (Wilson, 1990, 288). Il atteignit cette conclusion après comparaison de la scientologie avec les vingt caractéristiques qu'on trouve actuellement au sein de ce qu'il nomme les "religions connues". Il est significatif qu'il ait négligé ici de mentionner les précédentes informations historiques sur la Dianétique, qui se présentait comme "une téhrapie du mental, et la Scientologie, comme une Science": ces informations en main, Wilson insistait en disant "même si l'on peut manifestement démontrer que la scientologie a pris ce titre religieux pour se ranger légalement sous la bannière religieuse, cela ne dit rien du système de croyances lui-même, et c'est à lui que nous nous intéressons en particulier."  (Wilson, 1990, 282-283)
 

  • Il est indubitable que c'est pour cette raison que Wilson sera devenu le champion soutenant les prétentions religieuses de la scientologie - voir aussi Wilson nd. 35 - et l'organisation se réfère à lui comme "le plus grand sociologue au monde", étant donné qu'il concluait que la scientologie ouvrait la voie des religions du XXIe siècle, car elle offrait des solutions pratiques aux problèmes des gens au sein du monde réel" (Association Internationale des Scientologues,  1995, 10). La scientologie utilise aussi son opinion lorsqu'elle argue devant les tribunaux avoir le droit de garder ses niveaux supérieurs au secret. (Wilson, 1994, 11°.

En réalité, j'ai précisément fait l'argumentaire négligé par Wilson. Dans une étude du "Berliner Dialog" (Heft, 1-97) traduite en allemand, ainsi que dans une seconde étude que j'espère bientôt publier, je démontre que L. Ron Hubbard, fondateur de la scientologie, prétendait à l'appelation religieuse parce qu'il la considérait comme outil de marketing destiné à faire de l'argent et d'éviter les impôts (Kent, 1997b, 25ff; Miller, 1987, 199-203, 220) ainsi qu'un outil "permettant de réduire la probabilité d'intervention gouvernementale face aux allégations de pratique médicale sans licence" (Kent, 1996, 30). De plus, la scientologie nie sa réputation religisuese prétendue lorsqu'elle tente de pénétrer un pays pouvant réagir hostilement à son prosélytisme (par exemple, le Japon et la Grèce (- Kent, 1997a, 18-19). Il n'en reste pas moins que ces raisons historiques sous-jacentes aux prétentions religieuses scientologues et  sa sélectivité lors du prosélytisme ne diminuent pas la probabilité que des scientologues envisagent leur engagement comme religieux.

Vu sous un aspect scientifique social et probablement d'un point de vue légal, la vérité "objective" d'une idéologie ne détermine pas pour autant la nature religieuse d'un groupe. De simples croyances en des faits surnaturels peuvent suffire  à désigner une idéologie comme religieuse, même si les origines ou les doctrines de la croyance sont fortement suspectes. C'est ainsi qu'une des figures de proue de la sociologie des religions, Maxime Weber, se refuse à exclure les charlatans de ses considérations, ajoutant "qu'un autre genre d'escroc pouvait être représenté par Joseph Smith, fondateur des Mormons, qui peut fort bien avoir été un escroc sophistiqué", bien que cela ne puisse être strictement établi. (Weber, 1968, 242). Observant similairement d'un point de vue scientifique social, un système de croyances est religieux s'il contient des éléments supposés surnaturels, qu'ils soient exacts ou pas. Il est probable que l'escroquerie sophistiquée d'Hubbard, contrairement à celle de Joseph Smith, ait été dévoilée par nombre de critiques (par exemple, Atack, 1990; Kent, 1996; Miller, 1987) ayant démontré que la prétention religieuse avait été affaire de commodité; néanmoins, nombre de ses adeptes envisagent leurs existences dans le contexte des doctrines qu'il a développées.

La scientologie en tant que groupe multi-national à facettes multiples

Même en accordant à la scientologie l'existence d'éléments surnaturels dans ses cosmologie et  sotériologie (en dépit de l'historique suspect desdits éléments)ni les gouvernements ni la société en général ne devraient obligatoirement accorder le statut religieux à la scientologie pour qu'elle en reçoive les bénéfices sociaux. Plutôt que savoir si la scientologie est ou n'est pas religion, j'ai pensé qu'il était bien plus judicieux de l'envisager comme un groupe multi-national à facettes multiples, dont un unique élément est religieux. Tout aussi importantes et coïncidant avec les prétentions surnaturelles sont les aspirations politiques, l'opération d'affaires commerciales, les productions culturelles, la pratique pseudo-médicale, la pratique pseudo-psychiatrique, les services sociaux (certains de qualité douteuse) et les alternatives à la structure familiale. Il suffira de quelques exemples pour chaque domaine, mais il en existe d'innombrables, que ce soit au sein de la littérature scientologue ou dans le comportement social de ses membres. L'aspect le plus évident de l'affaire reste cependant l' usage de pouvoir totalitaire, que certains qualifieront de faciste, qu'elle exerce pour maintenir la cohésion dans l'organisation. Je présenterai certains des aspects de l'usage totalitaire du pouvoir, ce qui exposera bien que les bonnes raisons qu'avait le gouvernement allemand d'entreprendre les étapes choisies sont la seule façon de s'y prendre.

Politique: 

Les aspirations politiques ont pointé le nez à diverses époques durant les bientôt 50 années d'existence de la scientologie, l'organisation tentant de s'impliquer dans les structures politiques de Rhodésie (1966), du Maroc (1972) et dans la ville russe de Perm (où elle entraîna des officiels à l'idéologie de Management Hubbardienne). Les observateurs se demandent si l'entraînement scientologue d'officiels albanais n'a pas eu d'incidences dans l'effondrement du pays (Kent, 1997a, 17-18).

Affaires:

On voit parfois les liens entre aspirations politiques (Perm) et les programmes scientologiques destiné à entraîner des cadres d'entreprises, souvent dans des domaines liés à la santé. La Scientologie, par l'intermédiaire du WISE (World Institute of Scientology Enterprises) offre consultants et programmes de management d'entreprises. Une publication récente de WISE dira que "les membres de WISE forment un réseau de consultants très entraînés à la technologie de management d'Hubbard, pouvant fournir des programmes d'entraînement taillés sur mesure au besoins des entreprises". (WISE International, 1994b). Ces programmes ont pour cibles divers clients dans diverses entreprises; en Europe et ailleurs, l'une des plus connues est U-Man (voir WISE International, 1994a). Pour toutes ces zônes pratiques, la dimension scientologue devient alors séculaire, quoi qu'en dise la scientologie.

Culture:

La scientologie dispose d'une industrie complète ayant pour fonction la production et la dissémination des écrits d'Hubbard et des matériaux idéologiques, pour les membres ou pour les gens à l'extérieur. C'est la Société BRIDGE Publications, propriété de la scientologie, gérée par elle, et désormais exempte d'impôts, qui produit un volume uniquement dédié à l'oeuvre de Fiction chez Hubbard (Widder, 1994), où l'on parle de ses écrits , Westerns, romans d'aventure, contes policiers ou de mystère; fantastique, science-fiction, scénarios - entre autres. Il n'y est guère fait mention de ses écrits prétendûment religieux. L'acteur et Officier de Relations Publiques Scientologue Travolta travaille sur une version de l'oeuvre de science-fiction hubbardienne nommée "Terre: Champ de Bataille" (Anderson, 1980, 3; Eglise de scientologie Internationale, 1994), pendant qu'une équipe de producteurs hollywoodiens élabore une version filmée tirée de "Vers les Etoiles" (Reuters, 1997).

Comme le suggèrent bien ces productions cinématographiques, la scientologie est avide de projets disséminant son idéologie grâce à des moyens culturels de haute volée. L'un des aspects vitaux de cet effort de dissémination cultive la conversion et l'aide naturelle des stars, qui sont culturellement des célébrités. Démarré dès 1955, le "Projet Hubbard des Célébrités" avait pour cible ce qu'il appelait "les communicateurs primordiaux", espérant que ceux-ci mentionneraient la scientologie ici et là. (Hubbard, 1955). En 1992, il y avait 13 "Centre des Célébrités" répartis dans le monde. (Eglise de scientologie internationale, 1992, 353) dont le but consiste à user pleinement des "leaders d'opinion" et des scientologues pour pénétrer la société et utiliser  toute sorte de publics différents qui se serviraient de tous les aspects de la technologie de Hubbard. (Jentsch et Foster, 1977, 1). Cette activité de l'organisation destinée à faire que tout un chacun use de la soi-disant technologie d'Hubbard a d'énormes implications civiles dans des sujets comme l'organisation d'entreprises, les méthodes pour faire de l'argent ou mesurer la progression des affaires. Elle peut probablement aussi avoir des effets sur les systèmes croyances au surnaturel, mais on comprend que les critiques envisagent la participation des célébrités scientologue dans la dissémination des buts scientologues séculaires.

En plus de la publicité gratuite offerte à la scientologie, les célébrités donnent aussi des sommes importantes à l'organisation. Par exemple, si la star scientologue Chick Corea avait reçu une aide du Ministère de la Culture du Bade-Würtemberg pour se produire lors d'un spectacle sponsorisé par l'état, une partie des bénéfices aurait pu se retrouver dans la poche de l'association Internationale des Scientologues (IAS). Le but avoué de cette organisation consiste à "unir, faire progresser, supporter et protéger la religion scientologique en tous points du monde, afin de parvenir aux buts de la scientologie tels qu'Hubbard les a fixés." (IAS, 1995, dos de couverture). Dans l'un des magazines de l'IAS en 95, (église de scientologie, Internationale, 1995, 8; Administration de l'IAS, 1995, 49, voir 60), Chick Corea et Kirstie Alley ont payé 100000 $ chacun. En comparaison, la contribution de 2000 $ de Travolta peut paraitre minime (Celebrity Center, église de scientologie internationale, 1996, 8; voir IAS 1995, 60). Les allemands seront intéressés par le fait  que cette organisation a fourni des fonds à l'église de scientologie internationale pour promouvoir une série d'articles anti-allemands dans le New York Times et dans le Washington Post (ayant démarré sauf erreur le 15 Septembre 1994). L'usage de productions culturelles et de célébrités du domaine culturel sert donc à disséminer tous les aspects de la soi-disant technologie hubbardienne par le biais de relations publiques et semble-t'il, de stratégies financières.

Pseudo-médecine
 
Jetons un oeil dans l'une des pratiques pseudo-médicales de la scientologie - également liée ici au domaine des services sociaux, compte tenu de son efficacité douteuse - : Narconon. Ce programme annonce être en mesure d'expurger les résidus toxiques et les radiations nuisibles du corps. Une publication scientologique de 1996 raconte l'histoire d'un vétéran de la Guerre du Golfe souffrant du "syndrôme de la guerre du golfe", arrivé pour prendre ce "programme de désintoxication... se plaignant de désorientation, vertiges, pertes de mémoire, douleurs musculaires et articulaires". Il n'avait plus ces symptômes après le programme... TOUS les symptômes avaient COMPLETEMENT disparu..." (église de scientologie internationale, 1996, 68). Vous avez pu lire que récemment, ce programme avait été appliqué à des enfants de Techernobyl souffrant d'effets de radiations (Bev, 1997).

Quelle que soit la formule de l'église pour vanter ces résultats, il s'agit bel et bien d'offrir un service social du domaine médical; or, les experts sont extrèmement critiques du programme. En Oklahoma, un conseil spécialisé de professionnels du domaine mental a déclaré en 1991 que " nous avons des preuves crédibles qu'en substance, ce programme est inefficace et dangereux". (Conseil de Sante Mentale, 1991, cité dans  Lobsinger, 1991, 58).

Pseudo-psychiatrie

Autre aspect des prétentions pseudo-médicales: les allégations pseudo-psychiatriques. Cela vaut la peine d'étudier aussi la haine de la scientologie vis à vis de la psychiatrie, car certains documents scientologues montrent on ne peut plus nettement que le but social principal de la scientologie est de détruire la psychiatrie et de la remplacer par les techniques scientologiques.  Par exemple, on trouve dans un document confidentiel destiné aux services secrets scientologues (connus sous le nom de OSA, Office des Affaires Spéciales); (il n'est pas signé, mais il est certain que l'auteur en est Hubbard lui-même). Un chapitre intitulé "La Guerre", dont  le texte dit : "Notre Guerre a été forcée de se transformer en 'une conquète totale du domaine des soins mentaux mondiaux sous toutes leurs formes." La phrase suivante a d'importantes retombées sur le débat 'religion' : "Ce n'était pas le but originel. Le but était de 'mettre la planète au Clair' , les batailles subies ont indiqué que nous avions un ennemi qu'il fallait balayer, et cela signifie la guerre. (Hubbard, 1969, 5). La cible essentielle des efforts scientologiques consiste à "prendre le domaine de la santé mentale", donc, la psychiatrie. Et l'on trouve en effet plusieurs organisations scientologiques , dont le Comité de Défense des Droits de l'Homme (CCDH, CCHR), l'association Internationale des scientologues et le magazine Freedom -  'Ethique et Liberté' - très activement occupés à tenter de parvenir au but "d'éducation de la psychiatrie". (Weiland, 1990, 21).

L'un des aspects des efforts de la scientologie pour éradiquer la psychiatrie et la remplacer par ses techniques se rencontre dans un des cours-programmes (dénommé en fait une Procédure ou 'Rundown' chez eux), programme qui prétend leur enseigner à soigner les crises psychotiques advenant aux adeptes. Il s'agit de la "Procédure d'Introspection" supposée "manier véritablement les conditions 'insolubles' pouvant piéger une personne" - les crises de psychose. Et en finir à jamais avec les causes ayant amené les 'psychs' à se servir de 'pics à glace' et d'appareils à électrochocs." (Eglise de scientologie, Organisation de Services de FLAG, 1992, 2). Ce cours se baserait d'après Hubbard sur " ce qui pourrait être l'une des découvertes essentielles du vingtième siècle". La conséquence de cette prétendue percée? "CELA SIGNIFIE QUE LES RAISONS DE CONSERVER DES PSYCHIATRES ONT DISPARU". (Hubbard, 1974, 346). Cette "percée" auto-proclamée  suppose l'isolation de la personne souffrant de la crise psychotique, de ne pas lui parler, de lui donner certaines vitamines et minéraux, de déterminer l'incident ayant déclenché la crise, puis de lui administrer de longues et complexes séances du conseil scientologique, les 'auditions', ces séances étant ciblées sur l'incident qui aurait amené la crise (Hubbard, 1974, 353).

C'est ce cours qui gravite au coeur d'une controverse à propos de la mort de la scientologue Lisa Mc Pherson à Clearwater, Floride, le 5 Décembre 1995. Ayant eu un accident de voiture sans gravité, Mlle Mc Pherson eût un comportement étrange: elle se déshabilla dans la rue, le regard fixe, exhibant confusion et perte de mémoire, pleurant. En dépit de l'avis des médecins, elle demanda à quitter l'hopital pour se faire soigner par ses collègues scientologues qui l'emmenèrent à l'Hotel Fort Harrison de l'organisation. Dix-sept jours plus tard, les scientologues l'amenèrent au service d'urgences d'un hopital éloigné, où un médecin scientologue la déclara morte. L'enquète de la police continue sur le sujet, mais la succession Mc Pherson accuse la scientologie "d'avoir laissé Mc Pherson languir dans le coma, sans la nourrir ni lui donner à boire, alors qu'elle subissait l'isolation du programme de la Procédure d'Introspection". (Tobin, 1997, 12A). C'est dans ce contexte qu'un avocat scientologue admit: "la Procédure d'Introspection continue à faire partie des 'services de l'église' (Tobin, 1997, 12A). Les scientologues pratiquent donc indubitablement une pseudo-psychiatrie; le procès consécutif à cette affaire pourra donc établir à quel point ces pratiques peuvent présenter des conséquences potentiellement fatales.

Scientologie, alternative à la structure familiale ?

La scientologie est en fin de compte une alternative à la structure familiale, au moins en ce qui concerne ses membres les plus dévoués, rassemblés dans la structure connue sous le terme de "Sea Org" (organisation maritime). La scientologie décrit : "la Sea Org est une organisation confraternelle existant au sein de la structure des églises de scientologie. Elle est constituée de ses membres les plus dévoués qui s'engagent pour le service." (Eglise de scientologie de Californie, 1978, 205). (L'organisation n'indique pas que ces membres signent un contrat d'un milliard d'années). Plusieurs indices montrent que la scientologie a élaboré la Sea Org sur des bases détructrices des relations parentales, voire du bien-être des enfants. Conceptuellement, la Sea Org devient la nouvelle famille, souvent au détriment des époux et des enfants.

On trouve des preuves de dégâts provoqués par des parents à leurs enfants au sein de la Sea Org dans un article paru dans l'un des principaux quotidiens d'une ville de Floride où le QG scientologue de "Flag" est situé. Le St Petersburg Times a publié un long article en 1991, intitulé "Les enfants en Scientologie"; on y lit un extrait concernant une mère allemande et son fils:
 

  • Eva Kleinberg a déménagé d'Allemagne pour Clearwater avec son fils de 9 ans, Mark, en 1986. Elle y a rejoint un groupe de membres scientologues dénommé la "Sea Org".
  • On lui avait dit qu'elle aurait deux heures par jour pour s'occuper de sa famille. Mais son trajet pour aller au travail a réduit cela d'une heure. Travaillant douze heures par jour, elle ne pouvait même pas rester éveillée l'heure entière.
  • "Je m'arrangeais comme je pouvais avec mon fils, dit-elle; après le repas, je jouais un quart d'heure avec lui, puis je me reposais un quart d'heure, je dormais."
  • Quand Eva était au travail, Mark faisait le ménage dans le Motel, ou jouait avec des copains.
  • Un an plus tard, elle avait quitté l'église.
  • Quand on demande maintenant à Mark ce qu'il pense de la scientologie, il répond: "je ne crois pas que ce soit des gens bien; ils ne passent pas de temps avec leurs enfants, et c'est vraiment cher".
  • Le porte-parole scientologue Richard Haworth prétend que les staffs scientologues passent trois heures par jour avec leurs enfants, ajoutant que les parents non-scientologues en passent moins que ça." (Krueger, 1991, 12a)

Je crois plutôt le récit de Kleinberg que celui du porte-parole scientologue, car j'ai entendu ces mêmes reproches lors d'un entretien avec un ancien membre de la Sea Org en Décembre 1987. A Flag, en Floride, les petits restent toute la journée dans une crèche scientologue alors que leurs parents travaillent; les parents rentrent généralement vers 18h, passent une heure et demie avec les petits, les ramènent à la crèche pour les mettre au lit à 19h30, et retournent au travail en bus; ils en repartent vers 22h30 ou plus tard; le matin, ils habillent leurs petits à 7h30, déjeûnent avec eux et les emmènent à la crèche, pour prendre le bus à 7h50. L'informateur signalait  qu'il arrivait que des parents ne viennent pas voir leurs enfants deux ou trois jours d'affilée: ils avaient travaillé toute la nuit." (Entretien Kent avec Fern, 1987, 43-44).

Le récit de Kleinberg sonne juste quand on le rapproche des certains documents internes  de la scientologie  publiés dans la "Zône de Commandement du Pacifique" (Los Angeles) dès les débuts 1989. Ces mémos sont centrés sur une "Directive de l'Executif" émise par l'Officier Commandant, qui "abolit l'heure consacrée le soir à la famille". Il citait deux motifs à cet abandon: "une recherche approfondie a révélé qu'aucun document de LRH - Hubbard - ne permettait que les membres de la Sae Org consacrent une heure par jour à leur famille et ajoutait qu'une telle interruption durant les heures de travail avait des conséquences sur la productivité." Il était donc demandé de faire une heure de plus chaque jour pour augmenter la production et "obtenir un jour libre tous les quinze jours". (Gouessan, 1989; Shapiro 1989)

Plusieurs parents ont protesté et leurs protestations en disent long: une personne demanda formellement "comment peut-on garder le contact avec ses enfants sans même passer une heure par jour avec eux? J'ai OBSERVE des staffs distraits parce qu'ils ne s'occupaient pas de leurs enfants; ce temps de distraction peut très bien servir à s'occuper d'eux." (Swartz, 1989). Une autre personne citait un extrait d'une conférence enregistrée d'Hubbard, où l'on entendait le fondateur de la scientologie se plaindre d'une chose qu'il avait pu voir (et qui a bel et bien existé dans la zône de commandement du Pacifique): "J'aimerais que quelqu'un me dise pourquoi nous sommes toujours contraints de FORCER les parents à voir leurs enfants qu'ils n'ont pas vus depuis des semaines?" (Hubbard, transcrit d'une bande de cours réf. CS & Pers. Comm, 22 Sept 73, jointe à Shapiro, 1989). Cette même personne admettait dans sa lettre de protestation que "depuis 19 ans qu'elle était dans la Sea Org au sein de la zône de commandement Pacifique, elle avait constaté que cette négligence de certains  parents avait provoqué plusieurs bouleversements importants, récits dans les médias et directives internes; les réactions indiquaient que le temps passé par les parents à s'occuper de leurs enfants était fortement diminué, voire annulé par des pressions exercées par l'organisation et  par la charge de travail imposée aux membres de la Sea Org.  Il semblerait que la scientologie devienne parfois pour ses membres  une espèce de d'alternative à la structure familiale (Voir Cartwright et Kent, 1992, 348, 349) car elle exige plus de temps et de dévotion que les enfants.

La nouvelle famille à laquelle les membres de la Sea Org vouent leurs existences paraît parfois placer les enfants dans des situations médicalement dangereuses. Cette famille virtuelle peut ne pas exercer ses responsabilités médicales. L'informateur que j'ai interviewé en 1978 s'est par exemple plaint "des conditions ignobles des crèches". Elle disait que dans une seule chambre, il y avait quelque chose comme seize gosses de moins d'un an , gardés tour à tour par trois filles qui passaient de temps en temps voir ces bébés". (Kent avec Fern, 1987, 48). Les enfants avaient donc des ennuis de santé (selon Fern) parce qu'il n'y avait pas de possibilité de les séparer en cas de maladie; les infections habituelles des enfants (otites, par ex.) s'étendaient très vite à tous les petits et duraient longtemps. Pour preuve, elle me montra les dossiers médicaux du petit pendant et après ce régime de crèche: son gosse avait passé dix-sept fois chez le médecin en huit mois de crèche scientologique , contre 4 visites au cours des vingt-neuf mois hors de la crèche (Entretein Kent avec Fern, 1987, 40-50).

Les chercheurs doivent se méfier en acceptant les récits d'une seule personne, mais j'en ai entendu de semblables à plusieurs reprises en provenance de l'autre côté du continent, à Los Angeles. La personne qui m'a informé avait visité le local des gosses (que la scientologie nomme l'Org des Cadets) fin 70 ou début 80, et y rencontra un enfant d'une personne qu'elle connaissait. Elle dit:
 

    "cette gosse était très, très malade; elle trempait dans sa couche pleine d'urine, elle était quasiment transparente, avec des tas de mouches et de moustiques sur elle, elle avait des quantités de mucus lui bouchant  carrément les yeux et les narines, et  moi, je me suis fait des reproches." (Entretien de Kent avec Pat, 1997, 34).
     

C'est après avoir vu cette négligence envers les enfants qu'elle a comploté son départ de l'organisation.

Le dernier exemple de mauvais traîtements à enfants provient d'un rapport expédié par l'officier commandant les locaux de l'organisation des Cadets fin Octobre 1989, au sujet de l'hygiène de trois enfants de 4, 8 et 10 ou 11 ans. Deux d'entre eux avaient des poux, parfois récurrents. Une des leurs gardiennes s'en occupait, "mais on l'expédiait souvent en mission", c'est à dire que l'organisation lui donnait d'autres tâches; le rapport continuait en disant "pendant qu'elle est en mission, c'est un autre staff qui s'occuppe d'eux puisqu'il est tout près; on ramenait le petit le matin, les deux autres rentrant seuls à l'org des cadets. Les enfants s'habillaient seuls, et nous ignorons qui entretenait leurs vètements" (Gabriele, 1989, 1). Nous nous devons d'interpréter prudemment les possibilités de négligence ou mise en danger envers enfants, aucun d'eux n'étant récent. il y a néanmoins assez d'indices que les officiels américains ou d'ailleurs pourraient examiner en relation avec le traîtement des enfants de la Sea Org.

En raison du fait qu'il semble que les enfants sont considérés comme des fardeaux par les dirigeants de la Sea Org, les chercheurs ne devront pas être étonnés d'apprendre qu'il existe des pressions de la Sea Org sur ses adeptes femmes afin qu'elles avortent ou abandonnent leurs enfants au système d'adoption. Mon informatrice de 1987 m'a dit que la Sea Org opérait à bord des bateaux vers 75, et que les filles savaient que les enfants étaient interdits à bord. On les poussait donc à se faire avorter. Elle m'a dit "sur le bateau, j'en connais des tas qui ont avorté, car elles ne voulaient pas aller à terre; ce n'est pas comme si on leur avait dit "tu dois avorter", c'était plutôt le fait des implications: 'si tu veux rester, tu avortes.' (Kent avec fern, 1989, 41-42). Des années après, j'ai rencontré les mêmes pressions décrites dans une déclaration en justice de Mary Tabayoyon, qui entra en scientologie en 1967, passa à la Sea Org en 71,  et y resta jusqu'en 1992. Elle déclare qu'en 1986, à la base scientologue d'Hemet, Californie, "on interdisait aux femmes d'avoir des enfants si elles voulaient rester à leur poste; ... et l'on  appliquait la technologie d'Hubbard pour les convaincre de se faire avorter afin de rester en poste". (Mary Tabayoyon, 1994, 2 - 62KOs) . La pression provenait en partie de ce que la scientologie nomme le "maniement éthique", qui consiste à pressurer les gens pour qu'ils se conforment aux règlements hubbardiens et aux directives de l'organisation. (Mary Tabayoyon, 1994, 4). Tabayoyon abandonna son enfant du fait "de mes obligations irréfléchies et de mon dévouement à la Sea Org".  Elle se fit avorter après avoir "appris à ne jamais faire passer ses désirs personnels avant l'accomplissement du but de la Sea Org". (même réf, 5).

Considérés ensemble, les entretiens, déclarations en justice, récits des médias et documents internes dévoilent des aspects troublants dans l'existence des membres scientologues les plus dévoués. Les obligations de la Sea Org surpassent généralement les obligations et responsabilités personnelles et familiales, le dévouement à la cause scientologique prenant souvent le pas sur les besoins des enfants. Ce sont les récits de ce que certains enfants ou adolescents ont dû endurer qui demeurent les plus troublants, ainsi que ce que subirent les adultes de la Sea Org:  contraintes de travaux forcés et  programmes de ré-endoctrinement. Alors que plusieurs programmes de ce genre ont vu le jour en scientologie au cours des décennies, l'un des plus violents toujours existant s'appelle le RPF, "Projet Force de Réhabilitation".

Le Projet Force de Réhabilitation : Travaux forcés et ré-endoctrinement

Lorsque des membres de la Sea Org commettent ce que l'organisation considère être des "déviations graves" (du style grandes réactions spéciales à l'électromètre, performances insuffisantes sur poste, ou troubles dans le travail - y compris la critique d'officiels supérieurs,)  il y a de fortes chances pour qu'ils aboutissent sur le RPF. Le simple fait de discuter des règlements et techniques d'Hubbard en utilisant les concepts plutôt que les termes mêmes de l'auteur s'appelle 'tech verbale' , un acte qui peut être puni. (Hubbard, 1976, 546). Le RPF démarra en 1974, alors que l'organisation opérait encore en mer, mais il marche désormais en plusieurs points du monde. Les RPFs actuels opèrent à Hemet (Californie), au "Cèdres" à Los Angeles, dans les bâtiments de Clearwater - Floride, et aux QG anglais de la scientologie à East Grinstead, Sussex. Je ne peux confirmer l'existence de RPF près de Copehnague, Johannesburg ou Sydney, ou dans d'autres locaux scientologues américains.

Résumé en une phrase, le programme du RPF envoie les membres les plus dévoués de la scientologie dans des camps de travaux forcés et rééducation. Leur fonctionnement soulève de multiples questions sérieuses vis à vis des droits de l'homme, et le fait qu'ils perdurent démontre à quel point les nations qui les abritent négligent de les surveiller. C'est surtout les Etats-Unis et les autorités fédérales qui méritent d'être montrés du doigt, puisqu'il en existe au moins trois sur leur sol. Le Fisc américain (IRS) a de surcroît accordé l'exemption d'impôts à la scientologie en dépit des conditions illégales dans lesquelles les internés du RPF travaillent, étudient et vivent. Il existe  quantité d'informations accessibles dans des procès aux Etats-Unis depuis des décennies, et cette information est désormais facilement accessible sur l'Internet mondial.  Les officiels allemands connaissent son existence et il est plus que probable que la conscience qu'ils en avaient a joué un rôle primordial dans leur refus continuel face à l'organisation scientologique.

Se faire expédier au RPF est une expérience traumatique pour la plupart des gens.  Sur le plan de la procédure, les personnes sont supposées se faire entendre dans ce qu'ils appellent un "Comité d'Evidence" qui permet d'évaluer l'efficacité et l'attitude de la personne.  Un ancien membre décrit ceci comme un "procès scientologique" au cours duquel les membres du Comité (des collègues) agissent en tant que juges d'instruction, juges et jurés, le tout mèlé." (Atack, 1990, 306). Les comités obtiennent parfois  les preuves contre la personne grâce aux "vérifications de sécurité" (SEC CHECKS) - (voir entretien Kent avec Young, 1994, 49), vérifications que l'organisation présente comme "Processus d'intégrité" ou "audition de confessionnal"; il s'agit plutôt d'une sorte d'interrogatoire (Atack, 1990, 147). En fait, Hubbard écrivit en 1960 une lettre de règlements titrée "Interrogatoire" sur la manière d'utiliser l'électromètre comme outil d'interrogatoire plutôt qu'en tant que l'outil d'aide au conseil spirituel décrit à l'extérieur par l'organisation . (Hubbard, 1960).

Hubbard utilisa ses vérifications de sécurité sur ses adeptes depuis 1959, mais la plus célèbre de ces vérifications est probablement "la vérification de sécurité de Johannesburg", du 7 Avril 1961. Il s'agit de plus de cent questions dont l'essentiel a trait à une participation présente ou passée à une large variété d'actes criminels ou pervers incluant espionnage, kidnapping, meurtres, drogues, sexe, et communisme. (Atack, 1990, 147).  Les plus révélatrices sont pourtant celles qui demandent aux gens de parler de leurs idées sur Hubbard, sa femme Mary Sue; il s'agit en particulier de "As-tu jamais pensé du mal de L. Ron Hubbard?" "As-tu jamais pensé à critiquer Mary Sue Hubbard?".Non seulement les adeptes devaient révéler des actes réellement graves, mais ils se trouvent contraints à parler de leurs critiques sur Hubbard et sa femme. Un ancien membre, Robert Vaughn Young, a dit avoir été questionné ainsi pendant des heures, une quinzaine de jours d'affilée. (Entretien de Kent avec Young, 1994, 50).

Le "sec check" se présenta aussi sous une forme encore plus violente: le "gang bang sec check", processus qui tire son appelation du viol en réunion (gang bang est l'argot de ce concept de viol en groupe). Ces gang-bang sec-checks sont basés sur deux ou trois interrogatoires au cours desquels on pose très vite les questions en hurlant sur la victime, laquelle est reliée à l'électromètre. On trouve une rapide description de cette pratique dans un témougnage sous serment en justice, par l'ancienne membre Stacy Brooks Young. Elle déclara qu'après avoir protesté à plusieurs reprises contre les traîtements infligés aux staffs par l'actuel dirigeant de la scientologie Miscavige, celui-ci l'expédia au RPF en Septembre 1982 (Stacy Young, 1994, 8, 65), Miscavige ayant spécifiquement appris que Young avait réagi en disant que ses hurlements montraient sa brutalité et sa nature tyrannique.  (S. Young, 1994, 65). En réponse, Miscavige:

  • Ordonna que je subisse un "gang bang sec check": deux gros balaises m'enfermèrent dans une pièce et m'interrogèrent des heures durant; ils me hurlaient dessus, m'injuriaent, m'accusaient de crimes contre la scientologie, et me demandaient de confesser que j'étais un agent ennemi. (S.Young, 1994, 66)
  • Elle se retrouva très vite au "programme de course du RPF", durant lequel "elle dût courir autour d'un poteau orange pendant douze heures par jour." (même réf).

Quand les Comités d'Evidence trouve qu'un membre est coupable de 'crimes sérieux', il finit très souvent au RPF.  On n'envoie pas ces gens pour une période prédéfinie, mais jusqu'à ce qu'ils aient terminé un programme très dur de labeur physique, où leurs supérieurs  les abusent oralement, où ils sont isolés socialement, reçoivent d'intenses vérifications de sécurité et co-audition, et où ils étudient  les règles et techniques d'Hubbard.

Une série de règles du programme apparut en Janvier 1974, lorsqu'Hubbard vivait à bord d'un navire, et certaines versions ont pu quitter l'organisation. L'un de ces documents anciens révèle la nature totalitaire du programme; on y lit que "A/ un membre du RPF est un membre du RPF et rien d'autre, jusqu'à sa libération; (Walker et Webb, 1977, 3).  Une partie du programme consiste en travaux physiques très durs, par exemple construction de structures, nettoyage, rénovations, ordures, et déménagements. Ce genre de projets se fait dix heures par jour, car les membres sont supposés "dormir environ sept heures, étudier et auditer 5 heures, 1/2 heure par repas, 1/2 heure pour l'hygiène personnelle" (Walker et Webb, 1977, #4). Ils portent des bleus de travail , n'ont pas le droit de parler aux autres personnes hors du RPF, mangent et dorment dans des locaux séparés des autres membres de la Sea Org (même réf, 10). Ils sont obligés de courir, où qu'ils aillent, et sont souvent punis par des distances supplémentaires de course - généralement des tours du pont du bateau ou autour d'un piquet à terre, souvent en pleine chaleur (Pignotti, 1997, 18-19; Kent avec Pignotti, 1997, 22; S. Young, 1994, 66). Diverses restrictions sévères existent pour les visites des époux et des enfants. (Walker et Webb, 1977, 10).

Les récits d'anciens du RPF indiquent qu'il peut être excessivement dur, pénible, dégradant et abusif. On sait qu'il peut exister des variantes selon l'endroit où le RPF a lieu, mais le récit d'Hana Whitfield au sujet du RPF à l'Hotel Fort Harrison de Clearwater en Floride contient la plupart des éléments d'autres récits que j'ai lus.

    "Certains dormaient sur de minces matelas à même le sol cimenté. Certains avaient des couchettes de bois brut. Pas de place pour les habits, qu'on laissait dans des sacs à même le sol. Hommes et femmes disposaient de toilettes et salles d'eaux séparées, mais minuscules; les douches ne doivent pas durer plus de trente secondes: juste le temps d'entrer et sortir.  Pas de temps de récréation ni de bavardage. On se réveillait à 6h30 du matin ou plus tôt dans certains cas, on travaillait dur - constructions et autres nettoyages- jusqu'au soir; douche rapide et changer d'habits, il fallait nous auditer et nous "réhabiliter" jusque vers 22h30 ou plus tard, chaque soir. Pas de jour de repos, pas d'interruptions. Nous mangions dans le garage, parfois dans les réfectoires, mais APRES que les autres aient fini. On nous donnait les restes du staff. Parfois, par exemple à Noël, on nous laissait préparer nos repas parce qu'il ne restait pas assez de restes. (Whitfield, 1989, 7-8).

Il existe une description similaire mais plus passionnée du RPF au Fort Harrison, qu'une femme au pseudonyme de Néfertiti (1997) a fait; elle correspond aussi à dix autres récits d'autres anciens scientologues au RPF soit à Flag, soit à bord de deux bateaux scientologues, soit dans la zône de commandement Pacifique à Hemet et Happy Valley, en Californie.

Il est évident que la quantité de travil exigée des membres du RPF varie selon l'endroit et les circonstances, mais dans certains cas les conditions deviennent incroyablement atroces. "Pat" indique par exemple avoir dû travailler par périodes de trente heures d'affilée au RPF californien (entretien de Kent avec Pat, 1997, 25). Son "équipe de RPF" commençait à travailler le matin et passait toute la nuit, jusqu'au moment où les trente heures étaient atteintes, puis ils allaient dormir". (même réf. 1997, 25)

 La description la plus complète provient de la déclaration sous serment en justice concernant le RPF d'Hemet, Californie, de la part de l'ancien membre André Tabayoyon (1994). Les commentaires du Ministre de l'Intérieur Bavarois, le DR Gunther Beckstein, montrent qu'il connaissait cette déclaration. Tabayoyon indique avoir passé six ans au RPF en 21 au sein de l'organisation. (Tabayoyon, 1994, 7 et 8). Lorsqu'il se trouvait au RPF des Cèdres à Los Angeles, il dit" avoir dormi sur une des tables de la morgue". A Hemet, il fut envoyé "dormir dans le poulailler qui puait encore la fiente". (même réf. 1994 18 et entretien de Kent avec Youngn 1994, 20).

Tandis que tous les récits du RPF parlent de gardiens postés pour empècher les gens de filer, Tabayoyon indique que les gardes de Gilman Hot Springs (où vivaient et travaillaient le RPF) étaient armés (même réf; 25); en effet, c'est lui qui aida à construire le système de sécurité de l'endroit, y compris une cloture complète, des barrières ultra-coupantes, l'éclairage de nuit, les moniteurs électroniques , microphones cachés, senseurs au sol et hors sol, caméras cachées etc." Il entraîna de surcroît les gardes à user de la force, et d'armes dont il dit "qu'elles ont été payées par des sommes non comptabilisées de l'église" (même réf, 15, 16).

Cet ensemble - que l'on appelle parfois "GOLD" ou Hemet) est à moins de deux heures en voiture de Los Angeles et d'Hollywood ; plusieurs des bâtiments de cette propréiété sont apparamment réservés aux stars scientologues. Une partie du travail consacré à bâtir un appartement pour la star scientologue Tom Cruise provient du RPF (Tabayoyon, 1994, 53). Comme  dit Tabayoyon: "utiliser des membres du RPF pour rénover et reconstruire l'appartement exclusivement destiné à Tom Cruise à la base scientologique de Gold revient à utiliser du travail d'esclaves au bénéfice de Tom Cruise" (même réf, 53). Lors d'un incident, l'appartement de Cruise ayant été endommagé par une coulée de boue, "les prisonniers esclaves du RPF durent travailler presque nuit et jour pour réparer les dégâts".(même réf).

Il y a plus extrème que le RPF: c'est le RPF du RPF, institution que même les dictionnaires scientologues décrivent. D'après la définition, c'est un type qui avait trouvé "amusant" le RPF qu'Hubbard y a expédié le premier. (Hubbard, 1976, 451). Certains récits suggèrent toutefois que ceux qui ne font pas assez bien sur le RPF  finissent sur ce programme extréme.

Hubbard a succinctement décrit dix restrictions s'appliquant au RPF du RPF, par rapport au RPF:

  1. isolation des autres membres du RPF en ce qui concerne le travail, la nourriture, le repos, les rassemblements, et autres activités communes.
  2. pas de salaire
  3. pas d'entraînement (cours)
  4. pas d'audition
  5. ne peuvent travailler qu'aux "boites à boue" en salle des machines. Ne peuvent travailler avec les autres (les boites à boue sont les endroits où les boues sont triées des eaux d'écoulement)
  6. (Hubbard 1976, 341)
  7. Six heures de sommeil maximum.

André Tabayoyon y a passé dix-neuf jours et résume le programme en ces termes: "destiné à détruire complètement tout auto-déterminisme chez ceux qui ne veulent pas faire le RPF" (A. Tabayoyon, 1994, 9).

Les récits d'autres membres qui y sont passés ou d'internes du programme sont effrayants et renforcent le résumé de Tabayoyon. Monica Pignotti qui y passa 5 jours en 1975 dit ceci:

    "J'étais alors en complète dépression, je pleurais tout le temps et je suis sûre que dans mon état, j'aurais dû être hospitalisée; n'importe quel professionel de la santé mentale aurait vu immédiatement que j'étais très très déprimée. Mais ils m'ont expédiée au RPF du RPF, j'ai du descendre au trou pour nettoyer les boues et la saleté, de quatre heures du matin jusqu'au soir: j'avais alors le droit de manger un bout, et de redescendre là-bas nettoyer tout ça, puis repeindre, peindre, peindre... Le chef du RPF du RPF faisait écrire des essais aux prisonniers jusqu'à ce qu'ils disent ce que le groupe voulait leur entendre dire; c'est comme ça que j'ai carrément craqué; j'étais dans cet état de complète--- où on ne ressent plus rien du tout ensuite. Complètement anéantie, j'aurais fait n'importe quoi, sans me rebiffer, après cette expérience du RPF du RPF. J'ai arrèté de me rebiffer un bon moment. (Entretien de Kent avec Pignotti 1997, 26, voir Pignotti, 1989, 28-29). "
     

Nefertiti signale avoir rencontré une femme enchaînée dans les sous-sols du Fort Harrison "dans les trente ans, les chevilles enchaînées ensemble" (Néfertiti, 1997, 3). Et Dennis Erlich dit avoir été enfermé dans une cage grillagée avec un garde à la porte dans les sous-sols du même Hotel Fort Harrison (entretien de Kent avec Erlich, 1997, 8).

Il faut ajouter une chose encore sur le RPF et le RPF du RPF: les enfants. Il y a des preuves que même des enfants le subissent. Monica Pignotti rapporte par exemple avoir eu comme compagne au RPF une fillette de douze ans (entretien de Kent avec Pignotti, 1997, 30); un message sur le forum "alt.religion.scientology" de Steve Jebson dit  qu'il "a vu des enfants sur le RPF aussi bien que sur le RPF du RPF". (Jebson, 1997, 1).  On trouve aussi, dans un document assez mal photocopié de la zône de commandement Pacifique et daté d'environ 1989, une note parlant "de la nécessité de reprendre le RPF pour les enfants". (Cohee, nd).

Point n'est vraiment besoin de signaler que ces programmes sont du lavage de cerveau. La scientologie les fait tourner pour casser la volonté de ses membres les plus dévoués,  corriger leurs déviations, et les rebâtir avec une personnalité entièrement moulée aux besoins de l'organisation. Ceci démontre aussi la personnalité étrange d'Hubbard. Je suis tout à fait conscient du fait que plusieurs de mes collègues insistent pour que le terme controversé de lavage de cerveau soit restreint  aux seules situations impliquant mauvais traîtements phyisques et incarcération (Anthony, 1990, 304). Ces deux programmes, RPF et RPF du RPF, possèdent ces critères. Ils utilisent aussi les confessions forcées, la fatigue phyisque, l'endoctrinement intense par l'étude continue des préceptes du patron, l'humiliation et la terreur. Les personnes connaissant un peu l'historique de la scientologie ne seront donc pas surprises d'apprendre qu'Hubbard ait insisté sur le lavage de cerveau dès 1955, puisqu'il est certainement l'auteur d'un manuel de lavage de cerveau publié par la scientologie.

Lavage de cerveau
 
Le manuel que distribuait la scientologie portait le titre de "Lavage de Cerveau - une synthèse des manuels russes de psychopolitique" (Hubbard? 1955). C'est censé être une conférence de l'espion russe célèbre Lavrenti Beria; mais Morris Kominski a démontré qu'il s'agissait d'un faux (1970; Kominski). Comme il le dit, une bonne partie du manuel n'est qu'attaque vicieuse contre les sciences de la psychologie et de la psychiatrie ainsi que contre tout le mouvement légitime s'occupant de  santé mentale. (Kominski, 1970, 358). Les attaques du même type demeurent un des éléments centraux des activités civiles de la scientologie; l'un des anciens membres devenus critiques a très certainement raison lorsqu'il dit "que cet ouvrage est assurément l'oeuvre secrète de Hubbard en 1955, et il a tout à fait raison d'ajouter qu'Hubbard a incorporé ces méthodes dans l'organisation vers 1965 et ensuite. (Corydon, 1996, 107). On pense automatiquement au RPF, mais on sait qu'Hubbard ordonna que les membres du "GO" (services secrets de la secte, ndt) le lisent. (Anonyme, 1974).

Un des chapitres du manuel sur le lavage de cerveau sert remarquablement à comprendre les tactiques actuelles de la scientologie à l'encontre du gouvernement allemand. L'organisation s'en prend aux caractères nationaux du pays; elle tente continuellement de décrire (par exemple, dans son magazine Freedom, 1996?) les évènements actuels à la lumière de ceux des années 30; son effort pour discréditer l'actuel gouvernement allemand en le comparant au nazisme et en accusant  les églises allemandes de s'en prendre à la scientologie de peur de perdre leurs membres (Eglise de scientologie internationale, 1997, 101); tout cela resemble fort à ce qu'on trouve dans les tactiques conseillées par le manuel de lavage de cerveau.

Je vais faire une lecture des passages incriminés, en pratiquant des substitutions de mots similaires à celles qu'on trouve dans le rapport remis par Kevin Anderson au Gouvernement australien en 1965 (Anderson, 1965, 198-199). Ce faisant, Anderson démontrait de façon éclatante ce qu'il avait avancé: "une grande partie du manuel est presque une photocopie claire de la propagation de la scientologie (Anderson, 1965, 84)? Lorsque le manuel dit "psychopolitique" lisez "scientologique", je remplacerai aussi "membre du parti communiste" par "Membres de la Sea Org". Ces substitutions présentes à l'esprit, je vous cite maintenant des extraits du chapitre 8:  "Dégradation, Choc et Endurance".

    La diffamation est la meilleure arme des [scientologues] en général. On doit systématiquement obtenir la dégradation des chefs des nations, des institutions nationales, des pratiques nationales et des héros nationaux: c'est la fonction principale de la [Sea Org] en général, pas des [scientologues].
    .....
    Tous les officiels du gouvernement, étudiants, lecteurs, ceux qui s'occupent des loisirs doivent être endoctrinés par tous moyens possibles afin qu'ils acceptent complètement la croyance en ceci: les chefs naturels et ambitieux ne sont pas en correspondance avec l'environnement, et seul le recours aux  [scientologues]  opérants peut remédier à cet inajustement.

    En dégradant ainsi la croyance dans le statut de l'homme, il devient relativement facile - en utilisant la coopération des acteurs économiques du pays - de diviser les citoyens et de les faire douter de la sagesse de leur propre gouvernement, ce qui les conduira à demander activement leur propre mise en esclavage.

    .....
    Etant donné qu'il semble qu'au sein des nations étrangères l'église soit considérée comme la plus noble influence, chaque branche et activité de chacune des églises doit être discréditée d'une façon ou d'une autre... il ne resterait ainsi plus de foi en elles, et le pouvoir de celles-ci doit être universellement annulé.

    Le [scientologue] opérant, lors de son programme de dégradation, devrait à chaque instant mettre en doute toute famille profondément religieuse, et montrer du doigt la relation possible entre une quelconque névrose ou folie possible dans cette famille, et sa pratique religieuse. Les gens profondément religieux seraient ainsi graduellement déresponsabilisés de leur propre santé mentale, et de plus en plus relégués entre les mains des [scientologues] opérants.

    Grâce à cette perversion des institutions d'une nation, en interférant avec son économie jusqu'à obtenir un degré de privation et une dépression, il ne restera plus qu'à provoquer quelques chocs mineurs sur la population dans son ensemble, pour obtenir une obéissance aveugle ou une hystérie. (Hubbard, 1955, 43-44).

Il suffit donc de fort peu d'imagination pour discerner que le manuel de lavage de cerveau paraisse fournir un plan de bataille scientologue contre l'Allemagne.

Par exemple, grâce à d'innombrables publications comme le magazine Freedom (en France, Ethique et Liberté), les membres scientologues opérants de la Sea Org et d'autres scientologues produisent un barrage de matériel permettant de dénigrer la nation et ses chefs. Les scientologues allemands sont désormais en mesure d'étiqueter les leaders politiques comme "violant les Droits de l'Homme", en partie grâce à la critique exacerbée par le Ministère des Affaires Extérieures Américain face aux tentatives du pays pour faire plier l'organisation et faire boycotter des films tournés par des stars scientologues (Lippmann, 1997). Sur le front économique, les critiques anti-scientologues peuvent penser que les ennuis du marché immobilier Hambourgeois sont preuves des tentatives scientologues pour créer auprès des loueurs d'appartements ce que le manuel de lavage de cerveau nomme "privation et dépression".
Les scientologues semblent avoir acheté des propriétés à louer et les avoir  immédiatement transformés en coopératives.  [(??)] Peter Lendmann, président de la branche Hambourgeoise de l'association des agents immobiliers a dit au New York Time que ces scientologues utilisaient des "méthodes douteuses pour effrayer et forcer les loueurs à racheter à prix fort". (Whitney, 1994, A12).
Enfin, bien évidemment, la scientologie continue à taper sur le dos de la psychiatrie, cherchant à la lier à la fois au nazisme et aux efforts actuels du gouvernement allemand. Hubbard ou qui que ce soit ayant écrit ces instructions du manuel de lavage de cerveau serait sans doute fier de la réussite des relations publiques de ses successeurs, jusqu'ici.

En effet, si l'on considère cela sur le plan des relations publiques, la scientologie peut être en train de gagner la bataille, au moins en Amérique du Nord. Lorsque par exemple, la prestigieuse Revue des Livres -  New York a publié un article "Allemagne contre Scientologie", le journaliste allemand (écrivant pour le Süddeutsche Zeitung) impliqua nettement que les officiels allemands prenaient la scientologie comme tête de turc. Il semble que son argument tentait de faire passer l'idée que les attaques contre ce groupe n'étaient que panique morale, alors que d'autres questions de société, telles  le taux de chomage à deux chiffres, la générosité gouvernementale en déclin, les tensions au sein de l'union européenne et les problèmes d'identité nationale devraient être essentiels. (Joffe, 1997, 20). Cet argument démontre néanmoins une profonde et progressante inexcusable méconnaissance  des abus dangereux ou troublants qu'accumule routinièrement la scientologie envers ses membres.

Scientologie et probables violations des Droits de l'Homme

Les fondements de l'opposition allemande à déclarer la scientologie religieuse, ne serait-ce qu'afin de concéder ceci à nombre de ses adhérents, cela  n'a rien à faire avec ce que les gens croient ou non. Le rapport réel, c'est ce que sait le gouvernement allemand sur les actions scientologues.  C'est pourquoi cette présentation s'est amplement focalisée sur les assauts que fait subir la scientologie à ses propres membres les plus dévoués, pour ne pas mentionner le système idéologique scientologue. Les assauts  décrits ici sont ceux que le gouvernement allemand paraît connaître, si bien que le sachant, ils n'ont d'autre choix que de considérer la scientologie comme une menace pour un système démocratique.  Si les officiels accordent le statut religieux à  la scientologie, il y aura alors davantage encore de personnes s'impliquant encore plus, et devenant membres de la Sea Org; certains d'entre eux seront assujettis aux conditions et programmes brutaux ici décrits. Compte tenu de l'expérience unique dont disposent les allemands  en matière à la fois de National-Socialisme et de Communisme, il est impensable qu'ils aident une organisation totalitaire capable de jeter ses membres dans des camps de travaux forcés et de rééducation.

L'une des tragédies  de ce débat, c'est que les scientologues normaux se sentiront persécutés et menacés. Ces gens ne connaissent rien des conditions du RPF, et croient vraiment que la scientologie leur a profité. Il semble néanmoins que l'organisation à qui ils appartiennent commette de graves violations des Droits de l'Homme. je concluerai par conséquent cet exposé en mettant en lumière les zônes d'inquiétude soulevées, en me servant de la résolution des Nations Unies de 1948 intitulée "Note Internationale sur les Droits de l'Homme" (Nations Unies, 1996b) et de la "Convention Internationale sur les droits Economiques, Sociaux et Culturels" (Nations Unies, 1996a).

Tout d'abord, la procédure scientologique des Comités d'Evidence, les sec checks, gang-bang sec-checks et les deux programmes RPF violent absolument les articles 9 et 10 de la Note. L'article 9 protège les gens contre "les arrestations, détention ou exil arbitraires," alors que l'article 10 guarantit "une audition normale et publique par un tribunal indépendant pour la détermination des droits et obligations et de toute charge criminelle contre l'individu". (UN, 1996, 23)

Deuxièmement, les punitions de la scientologie envers ses membres pour le simple fait de discuter les mérites des enseignements d'Hubbard, tout autant que l'invasion des pensées des personnes grâce au sec-checks, violent sans aucun doute les articles 18 et 19 de la Note, articles ayant trait "à la liberté de pensée, de religion et de conscience, et à "la liberté d'exprimer son opinion, ainsi que la liberté d'expression". (UN, 1996, 25).

Troisièmement, les diverses pratiques et procédures scientologiques ici présentées peuvent violer l'article 17 de la note, qui énonce: "Nul ne sera sujet à des interférences arbitraires ou illégales de sa privauté, de sa famille, de sa correspondance, ni à des attaques de son honneur ou de sa réputation". (UN, 1996, 49).

Quarto, les conditions du RPF et du RPF du RPF violent certainement l'article 7 de la Convention, établissant le "droit de chacun à disposer de conditions de travail justes et favorables" (UN, 1996a, 38). L'article identifie spécifiquement les salaires convenables "a: une vie décente pour eux et leurs familles; ... des conditions de travail permettant santé et sécurité... repos, loisirs et une limitation raisonnable des horaires de travail, avec quelques congés payés périodiques" (UN, 1996a, 38).

Cinquièmement, et pour finir, les assauts psychologiques extrèmes et les confessions forcées endurées sur le RPF et le RPF du RPF violent manifestement l'article 12 de la Convention, qui reconnaît le "droit de chacun à pouvoir obtenir le plus haut degré possible de santé phyisque et mentale" (UN, 1996a, 18).

Ces points ainsi que d'autres existant probablement font partie de ces programmes pour lesquels la scientologie jouit d'une exemption d'impôts, et qu'elle fait fonctionner aux Etat-Unis. Gardant ces graves problèmes à l'esprit, la critique   des américains s'appuyant sur des questions de droit de l'homme face à l'opposition du gouvernement allemand n'est qu' arrogance diplomatique. En accordant l'exemption d'impôts à cette organisation , le gouvernement des USA coopère avec un groupe mettant souvent des personnes en danger pour leur santé mentale et peut-être physique.

Je ne veux pas que mon exposé d'aujourd'hui soit pris pour un blanc-seing de ma part face à la théorie ou à la rhétorique du gouvernement allemand, mais sur la bataille avec la scientologie, c'est le gouvernement qui se trouve du côté moral de la situation.

Stephen A.KENT


The Edmonton Examiner
July 10, 1998
P.2

Examiner issues apology to university professor

        In early June of 1998, the Edmonton Examiner inadvertently distributed
copies of the Freedom Journal to some Edmonton homes.  The Freedom Journal
is published by the Church of Scientology International and made certain
allegations concerning University of Alberta Professor Stephen A. Kent (PhD).

        The Edmonton Examiner is not aware of any basis for the printed
allegations and was wrong to distribute material which represented
Professor Kent in a derogatory manner.

        Further, the Edmonton Examiner apologizes to Professor Stephen A.
Kent for any embarrassment caused and sincerely regrets its role in
the distribution of this material.

[In addition to this letter, The Edmonton Examiner included the following
insert into the newspapers that had contained the Freedom journal insert a
few weeks before.]

A MESSAGE FROM DR. STEPHEN A. KENT, PhD

July 8, 1998

        In early June, The Church of Scientology International distributed a
Freedom journal insert in this paper that contained defamatory and libelous
statements about me and my research on new and alternative religions.  The
insert was especially critical of, but vague about, my presentations in
Germany last summer about Scientology itself.  From reading the libelous
article, no one could know that I was speaking about human rights issues to
German government officials and others who were investigating Scientology.
I am thankful to the Edmonton Examiner for the opportunity to set the
record straight.

        My statements about Scientology are well documented, and are based upon
interviews and extensive citations of the organization's own material.  The
fact that the Freedom article [was] written against me suggests the
accuracy of my scholarship.  Were I to make mistakes, however, then
Scientology could hold me accountable.  In contrast, no individual took
responsibility for being author of the piece against me, nor did the
publication identify any individual publisher or editor. I only can surmise
that no one associated with the publication has the integrity to stand
behind its contents.

        For readers who are bewildered about the debate between Scientology
and me, I suggest that they do their own research.  Logging on to "Operation
Clambake" on the World Wide Web at <http://www.xenu.net/> is the fastest
way to access what usually is thoughtful and insightful information.  Brace
yourself, because you will not believe what you read. I urge you to pay
particular attention to analyses of Scientology's Rehabilitation Project
Force (RPF) program, about which I have written and spoken extensively in
Germany and elsewhere.  Also read carefully about the tragic death of
Scientologist Lisa McPherson, which has even been the subject of a
television news program on CBS's Public Eye with Bryant Gumbel earlier this
year.  Later in the Summer or early in the Fall, both ABC's Turning Point
and Arts and Entertainment will present shows on the Scientology
organization.  As this media coverage indicates, increasing numbers of
people are realizing that Scientology deserves close and careful examination.

        This debate saddens me, since I know that many ordinary members believe
that Scientology has helped them and does good community work.  These
people, however, do not have access to the important information about the

actions of the group's upper level management, which trace back to the
founder himself.  I only wish that these members would realize that I, as
an outside scholar, can see and discuss issues that would have enormous
implications for their own lives.  Some of them should read or listen to
what I am trying to say.

Sincerely,
Stephen A. Kent (PhD)
Professor
Department of Sociology
University of Alberta

 
 

 
Sotériologie: (du grec sotherion, salut, de sôter, sauveur): science théologique traîtant du salut de l'humanité, de sa rédemption.
"Mettre la planète au Clair", au sens scientologique, consiste à produire suffisamment de clairs scientologues - un niveau élevé d'aptitudes inventé par Hubbard - afin de prendre les rènes dans leur ensemble.
psychs: pyschiatres et psychologues ont été renommés 'psychs' par Hubbard, qui en fait les ennemis principaux sous l'appelation 'psychlos' dans ses derniers romans de science-fiction...
 

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