LE SECTICIDE
L'ANTI - SCIENTOLOGIE antisectes.net

COMMENT DES MINORITES PSEUDO-RELIGIEUSES OU RELIGIEUSES ENTENDENT IMPOSER LEURS IDEES 

1: Une Intervention qui n'a rien de divin (The Guardian, 24/2/98)

2:Le Centre Américain pour la Loi et la Justice (Washington Times, fin Février)
UNE INTERVENTION QUI N'A RIEN DE DIVIN

The Guardian, 24 Février 1998

Les leaders religieux ont usé de leur influence  à la Chambre de Lords pour acquérir une excuse légale les autorisant à violer les droits de l'homme. Ceci n'a aucun sens et c'est dangereux, répond Geoffrey Robertson.

La Convention Européenne, dont l'amendement pour les Droits de l'Homme est en passe de prendre place parmi les lois britanniques, est basée sur quantité de précédents historiques.  L'implication des garanties de libertés religieuses et de conscience est parmi les plus importantes, ainsi que l'interdiction de l'esclavage, le sermon du Mont et les fondements éthiques du fondateur du Christianisme. Ceci fait apparaître quelque ironie dans les demandes étranges formulées par des églises anglaises désirant obtenir un privilège d'exemption par rapport à ces lois.

L'objectif de ces lois consiste avant tout à faire directement imposer les droits fondamentaux garantis par la Convention Européenne  au sein du Code anglais, plutôt que de forcer à passer par les complexités des Cours Européennes à Strasbourg.  Les droits ainsi garantis ne sont pas aussi fondamentaux que ceux contenus dans le droit élémentaire défini par les législateurs britanniques dès 1950 pour y inclure ce que toutes les nations civilisées étaient d'accord de considérer comme libertés civiles minimales. Ils servent à élargir les libertés religieuses et ne peuvent certes pas les rétrécir.

Pourtant, ce mois-ci, lors de la troisième lecture en Chambre de Lords, les évèques et les Tories ont battu le gouvernement en brèche par 168 votes contre 131, obtenant ainsi un amendement du texte autorisant les églises chrétiennes et "autres religions principales" à avoir une excuse légale pour violer les droits de l'homme. C'est avec l'aide de l'Archevèque de Canterbury, du Cardinal Basil Hulme, du Grand Rabbin - le Dr Jonathan Sacks, et de l'église Ecossaise qu'ils y ont réussi.  Ils en ont fait une barrière élevée face à toutes les violations des droits de l'homme - même tout à fait barbares - qui auraient lieu sous prétexte de "manifestation des croyances religieuses".

Il s'agit d'une attitude tout à fait déplorable de la part des églises: ceci minera les nouveaux fondements constitutionnels défendant les droits de l'homme et a déjà encouragé d'autres intérêts particuliers à rechercher des exemptions. (Des propriétaires de Presse semblent avoir réussi à exempter leurs organes des devoirs de cette convention sous prétexte de "respect de la privauté et de la vie de famille" - une autre des vertus chrétiennes perdues). Les églises paraissent coupables d'hypocrisie, puisqu'elles ne veulent pas pratiquer l'humanité qu'elles prèchent du haut de leurs chaires, bien qu'une relecture des débats des Lords suggérerait davantage qu'elles soient coupables de stupidité. Le texte sur les Droits de l'Homme ne peut en aucun cas faire de tort à la foi; son Article 9 protège expressément le culte et l'observation de sa religion, et pas une seule église, au cours des 48 années du passé de la Convention Européenne, n'a été confrontée à une décision opposée émanant de Strasbourg.

Nombreux sont ceux qui se plaindraient plutôt que la Convention prenne des rides, car on y trouve plutôt des privilèges indûs favorisant les religions. Les pires décisions de la Cour Européenne sont celles qui ont maintenu des décisions nationales de mise au ban de films ou pièces de théâtre sous des prétextes de blasphème, indiquant là une violation "légalisée" injustifiable de la liberté d'expression, violation que la protection des religions par la Convention a empèché de combattre.

Qu'avaient donc en tête le syndicat des évèques et des Tories pour s'opposer aux droits de l'Homme? Il demande un traîtement spécial pour faire fonctionner les écoles et les mariages comme il l'entend, même lorsque ces fonctions affectent le public en général (les droits de l'homme ne s'appliquant pas aux affaires internes entre l'église et ses adeptes). Le plus étrange dans ces débats fut de constater que nul ne pouvait imaginer une situation qeulconque où une église violerait la nouvelle loi; on n'imagine certes pas par exemple l'église d'Angleterre adoptant une nouvelle règle d'exclusion des noirs ou des juifs au sein de ses écoles.

Les craintes que l'église soit contrainte d'utiliser des professeurs athées dans ses établissements scolaires sont tout aussi infondées. La convention ne s'applique pas aux affaire d'embauche.

Le spectre qui hanta certains des orateurs chez les Lords était autre: allait-on contraindre des pasteurs à marier des couples gay - et ce, en dépit du fait que la Cour Européenne ait déjà garanti  que le droit de mariage ne s'applique qu'aux couples traditionnels constitués de personnes de sexe biologique opposé? Au cas bien improbable où un mariage entre homosexuels serait exigé devant un tribunal britannique, l'accessibilité à la cérémonie civile excluerait tout doute chez les membres du clergé à qui ces choses poseraient un cas de conscience.

La motivation dominante de ceux qui parlèrent pour les églises à l'assemblée des Lords est la peur. Peur de quoi? l'idée qu'il puisse y avoir litige, dirent certains des orateurs,  même si ce litige s'avérait à leur avantage. Mais les procès sont un des éléments auxquels tous les corps constitués se doivent de faire face.

L'amendement des Lords, loin de protéger les églises des procès, va ironiquement encourager ces litiges: en particulier ceux intentés par des sectes aux motifs douteux. L'amendement que les Lords ont ajouté immunisera les groupes d'avoir à appliquer les Droits de l'Homme "lors de la manifestation ou de l'enseignement de croyances religieuses en relation à (nimporte laquelle) des principales traditions religieuses historiques représentées au Royaume-Uni".

Cela fournira-t'il un moyen de défense aux scientologues lorsqu'ils appliquent leur doctrine de "gibier de potence"**, ou aux Moonistes pratiquant  leur lavage de cerveau, ou au droit de vivre de Salman Rushdie lorsqu'il est menacé par une mosquée?

Pour pouvoir confirmer leur contribution historique aux droits de l'Homme, les églises se doivent de retirer leurs demandes d'exemption face aux textes sur les Droits de l'Homme.
Aucune autre société civilisée ne donne autant d'exemptions fiscales aux églises, ni un tel rôle (sans recourir au vote) dans la législation : il y a 26 évèques anglicans au sein de la Chambre des Lords. S'ils insistent pour disposer de pouvoirs spéciaux afin d'agir inhumainement, leurs autres exigences pour obtenir des privilièges deviendront alors carrément impossibles à soutenir.

[note: le gouvernement a promis d'annuler l'amendement des Lords lorsque le texte reviendra en seconde lecture à la Chambre Basse - les Commons - et donc, avant que la loi ne soit en vigueur. Si vous voulez vous assurer que ce texte soit réellement annulé, veuillez s'il vous plaît écrire à votre député.]

** Doctrine du Gibier de Potence (Fair Game): il s'agit d'une règle scientologique de base qui autorise les scientologues à blesser, mentir, tromper etc... les ennemis de la scientologie. Hubbard a même condamné plusieurs d'entre eux à mort. (voir texte) 



LE CENTRE AMERICAIN POUR LA LOI ET LA JUSTICE
Washington Times - Fin Février

Le "Centre américain pour la loi et la justice" (ACLJ) est en passe devenir international.

Ce groupe pour les libertés religieuses, fondé voici 8 ans par Pat Robertson, homme de radio religieux, fut considéré comme une réaction conservative à l'Union Civile Américaine pour les Libertés.

L'ACLJ ouvre des antennes à Londres et Strasbourg. Strasbourg est le siège de l'Union Européenne des Droits de l'Homme, qui décide des procès entre membres de la CE.

"On ne peut ignorer les besoins outre-mer", dit le conseiller principal de l'ACLJ, Jay Sekulow, en parlant d'un certain nombre de cas de libertés religieuses en attente de procès.

Ces antennes, renommées "Centre Européen pour la Loi et la Justice" d'après l'ACLJ, ont déjà gagné un procès: "Larissis, Mandalaridis et Sarandis" contre l'état Grec. Une décision a été annoncée dans cette affaire mardi, qui implique trois officiers grecs qui, étant évangélistes, faisaient partager leur foi à des civils.

La loi grecque interdit tout prosélytisme hors la religion d'état, l'Orthodoxie. Plusieurs groupes religieux , en particulier les témoins de jéhovah et les protestants évangélistes ont été mis en prison lors d'efforts pour tenter de convertir d'autres grecs.

"La Grèce est un exemple classique de religion d'état", a dit M. Sekulow. Au fur et à mesure que ces cas se montreront, nous aurons plus à faire. Même l'église catholique romaine n'a pas reçu de reconnaissance complète en Grèce et doit faire face aux tribunaux pour se protéger."

L'ACLJ travaille sur un autre cas: celui d'une anglaise attaquée en justice par la scientologie, pour l'avoir soi-disant diffamée. L'ECLJ peut aussi s'en prendre à des procès en Russie afin de combattre la récente loi anti-évangéliste votée par le gouvernement russe.

L'ECLJ compte s'étendre aussi en Israël prochainement, où M. Sekulow affirme que les juifs chrétiens appellent à l'aide, en raison d'une loi anti-évangéliste que la Knesset a maintes fois tenté de faire passer. Il dit que les Israéliens sont protégés par une "loi de liberté de conscience".

Les filiales outre-mer de l'ACLJ sont supervisées par John Warwick Montgomery, avocat anglais, apologiste chrétien et expert international des Droits de l'Homme; c'est lui qui a plaidé l'affaire Larissis devant la Tribunal européen.

Le projet a été approuvé par M. Robertson fin 97, en même temps que la décision d'engager 3 avocats, dont M. Montgomery, pour oeuvrer à plein temps sur le projet. L'ECLJ a budgété l'affaire pour 7 millions de F, soit 10 % de son budget global, qui paie déjà 31 avocats. M. Sekulow a dit que les fonds, déjà encaissés, provenaient de sources privées.

Sekulow a affirmé que les cas anglais de liberté religieuse ne devraient pas être trop pointus, car les systèmes anglais et américains seraient tous deux basés sur les lois communes anglaises.

Les lois diffèrent d'un pays à l'autre en Europe, mais tous les membres de la CE ont ratifié l'accord dit "Convention Européenne des Droits de l'Homme" qui contient des textes sur la liberté de religion.

Ces textes disent : "Toute personne a le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit comprend la liberté de changer de religion ou de croyance, soit seul, soit en communauté avec d'autres, et de manifester sa religion ou sa croyance en public ou en privé, par adoration, enseignement, pratique et observation."

C'est la même base que notre Premier Amendement [USA] a dit M. Sekulow, qui a déjà gagné sept cas de liberté religieuse en Cour Suprème.



 

back

Retour index général

Retour index