La Scientologie: un mal qui s'étend (Readers Digest, article de fond)

(excellentArticle paru dans Readers Digest en 1986)

PAR EUGENE H. METHVIN

Il y a dix huit mois, la branche américaine de l'Eglise de Scientologie déclenchait une vaste campagne-qui se révéla vaine- pour empêcher la publication dans le Reader's Digest d'un article intitulé "La Scientologie : anatomie d'une secte redoutable". L'Eglise a chargé une agence de détectives privés d'enquêter sur l'auteur, Eugène H. Methvin, journaliste au Reader's Digest. Les bureaux du Reader's Digest dans une demi-douzaine de pays furent harcelés au téléphone et des individus manifestèrent sous leurs fenêtres. Au Danemark, en Afrique du sud et en Australie, la secte intenta, sans succès, des poursuites afin d'empêcher la publication de l'article.

Celui-ci parut en France en juin 1986. Dans les mois qui suivirent, une quantité considérable de lecteurs, tant aux Etats-Unis que dans le reste du monde, écrivirent, nous convainquant que notre article n'avait fait qu'effleurer le problême. En fait, il y a tout lieu de croire que les activités de l'Eglise de Scientologie dans les autres pays sont au moins aussi sinistres qu'aux Etats-Unis, et elles continuent de s'étendre à une vitesse inquiètante. voici donc le deuxième volet de notre enquête qui concerne, cette fois, l'activité de la secte dans le monde entier.


A PARIS, Yves Lecerf, professeur d'université, découvre que quelqu'un, se présentant comme un fonctionnaire du ministère de la Santé, a téléphoné à ses voisins, les avisant qu'il constituait une menace pour leurs enfants. Un autre individu, se faisant passer pour son psychanalyste, a téléphoné au pasteur de sa paroisse pour l'informer que Lecerf est en train de sombrer rapidement dans la folie. Des lettres sont envoyées à ses collègues et au président de son université, prétendant qu'il a violé sa propre fille. Le patron de son frère, un Africain, reçoit un message accusant Lecerf d'avoir abusé d'une Noire.

A Brescia, en Italie, Rodolfo Zucca, propriétaire d'une station de radio, reçoit à plusieurs reprises des menaces. Sa voiture est saccagée par des vandales. Deux fois, des actes de sabotage privent son studio de courant et interrompent ses émissions.

Au Danemark, Johannes Aagaard, professeur de théologie à l'université d'Aarhus, a reçu pendant des semaines des lettres anonymes injurieuses et des accessoires érotiques relevant du sadomasochisme le plus sordide. Sa propre correspondance disparaissait mystérieusement de son bureau, à l'université. Lorsque sa fille s'est mariée, elle a trouvé parmi ses cadeaux un ensemble d'ouvrages obscènes traitant du viol des religieuses. Que l'on ait cherché à les compromettre, lui et sa fille, auprès de leurs proches, cela semble faire peu de doutes.

A Londres, Caryl Williams, qui fait partie du Deo Gloria Outreach, un groupe d'inspiration chrétienne s'interessant à la jeunesse, a remarqué que des individus stationnaient devant chez elle, des jumelles braqués sur les fenêtres de son appartement. A son bureau, toutes les semaines arrivaient des bouquets de roses rouges accompagnés de mots doux expédiés par des "amants" anonymes. Ses collègues étaient appelés au téléphone par des femmes en larmes l'accusant d'être la maitresse de leur mari et suppliant qu'on intervienne.

Toutes ces personnes ont un point commun, le fait de s'être attiré l'hostilité de l'Eglise de Scientologie. Celle-ci revendiquait en 1978 plus de 5 millions d'adhérents -nombre qui d'après elle augmentait tous les ans.

Elle est encore beaucoup plus que cela. Les résultats d'enquêtes officielles et les dépositions faites sous serment devant les tribunaux de 12 pays ainsi que des recherches effectuées par des particuliers ont montré que, sous les dehors d'une religion, la Scientologie est un vaste racket internationnal. Un corps d'élite de "missionnaires", opérant à partir des sièges de l'organisation de Clearwater (Floride), Los Angelès, Copenhague et Saint Hill Manor, près de Londres, assure la liaison entre les 79 églises de Scientologie et les 72 missions et "groupes d'étude" répartis dans 34 pays, de l'Argentine au Zimbabwe. Disposant de 19 volumes qui leur indiquent comment circonvenir les innocents, ils ont en quelque sorte acquis la licence d'exploiter une vaste entreprise de mystification fondée sur un dogme parfaitement abracadabrant.

En 1978, la secte affirmait disposer de 6 559 permanents dans le monde, lesquels tirent l'essentiel de leurs ressources de l'exercice de leur "ministère", c'est à dire des conseils pastoraux qu'ils dispensent. Les prix de ceux-ci sont extrêmement variables, mais les cours de perfectionnement visant à assurer le salut de ceux qui s'y laissent prendre peuvent atteindre 16100 dollars. D'après des informations émanant du gouvernement américain, la secte, rien qu'aux Etats-Unis, a encaissé plus de 150 millions de dollars par an.

Massacre dans l'espace.

Qu'est-ce donc que la Scientologie, et comment a t'elle pris l'importance qu'elle a aujourd'hui?

A l'origine, son fondateur, L.Ron Hubbard, auteur de livres de science-fiction, présentait ses théories non comme une religion, mais comme la méthode la plus avancée et la plus clairement exposée de psychothérapie et de perfectionnement de soi. En 1950, il publia un livre intitulé Dianetics :The Modern Science of Mental Health (La Dianétique, la science moderne de la santé mentale) dans lequel il présentait une espèce de panacée pour guérir les maux de l'humanité. Deux ans après paraissait Scientologie : A History of man (La scientologie, une histoire de l'homme). En 1954 Hubbard, qui avait alors 42 ans, fondait à Washington la première Eglise de Scientologie. (Pour plus de détails sur les origines de la Scientologie, voir l'article paru dans Selection de juin 1980)


Il avait, prétendait-il, établi scientifiquement que ce qu'il appelle le "Thétan", c'est-à-dire "la personne elle-même, l'être spirituel, distinct de son corps physique", est immortel et peut se séparer du corps sans inconvénient. En se servant d'un "électromètre", Hubbard affirmait pouvoir, après "audition", transformer les recrues en "Thétans actifs " capables d'effecturer de grands voyages dans et de réintégrer leurs enveloppe charnelle à volonté.

L'électromètre de Hubbard, sorte de détecteur de mensonges grossièrement fabriqué, n'est rien d'autre qu'un galvanomètre à pile muni d'un cadran à aiguille et branché sur deux cylindres métalliques. Les néophytes prennent les deux cylindres dans leurs mains et racontent leur vie sans omettre les détails les plus intimes (qui, nous ont certifié d'anciens éminents scientologues, sont enregistrés et classés en vue d'une utilisation ultérieure éventuelle à des fins de chantage). Si les paumes des mains deviennent moites, l'aiguille bouge et le sujet est alors informé qu'un "engramme" a été détecté. L'engramme est défini comme le souvenir d'une expérience pénible éprouvée soit dans la vie présente, soit dans une vie antérieure. C'est en apprenant à affronter ses engrammes, lui explique t'on qu'il deviendra "totalemùent libre" et recouvrera sa condition de sur-homme.

Au vrai croyant, on dit qu'il est un Thétan d'élite, un héros issu d'une civilisation intergalactique disparue à la suite d'un massacre perpétré par les forces mauvaises de la planète Helatrobus il y a quelques 40 000 milliards d'années. ON lui apprend qu'après leur défaite les Thétans ont été exilés sur la Terre où ils sont demeurés dans l'ignorance, jusqu'à ce que Hubbard leur enjoigne de reprendre la place qui leur revient dans la confédération galactique.

Les agents de Hubbard, ce génie de la propagande et de l'organisation, ne doivent révéler ces mystères que par étapes. "S'ils vous racontaient tout ce fatras d'emblée, vous ne feriez qu'en rire et vous leur tourneriez le dos, a expliqué un ancien adepte de la secte qui l'a quittée au bout de dix ans. Cela paraît tout à fait incroyable maintenant, mais à l'époque j'y ai cru."


Hubbard recrute des adeptes parmi des malheureux dont il exploite les angoisses et la solitude en employant des méthodes qui mettent en oeuvre à la fois l'intimidation, les réflexes conditionnés et une psychothérapie dénaturée. Dans des périodiques et dans des lettres "personnelles ", il présente la Scientologie comme le moyen de porter remède aux maux, du simple rhume jusqu'au cancer, et il assure même que ses " auditions " permettent d'augmenter d'un point par heure le quotient intellectuel de ceux qui s'y soumettent. Il prétend que les scientologues sont l'élite de l'élite intelligente.


A ses "ministres " , il donne comme instruction de relever dans les journaux tous les cas d'accident, de maladie ou de décès pour " se rendre aussitôt auprès de la personne en deuil ou blessée ". C'est ainsi qu'à Vancouver, dans l'Etat de Washington, Alan Wilson, qui avait eu le bassin fracturé dans un accident de voiture, a fait la rencontre d'un de ces zélateurs qui touchent une commission de 10% sur toute somme extorquée au sujet qu'ils ont recruté. Il reçut la promesse d'une cure, suivit quelques cours et se retrouva dépouillé des 7 000 dollars que la compagnie d'assurances lui avait versés en règlement de l'accident. Comme l'explique Vibeke Damman, une Danoise ayant appartenu à la secte pendant six ans : "Vous avez droit à tous les égards. On vous donne de l'importance, mais c'est seulement -vous vous en apercevez plus tard - parce que vous avez de l'argent."


A vrai dire, la méthode Hubbard fonctionne à merveille. Un adepte français a dépensé 200 000 dollars pour quelques semaines de "services " au siège de la secte en Floride. Le fils d'un ancien ambassadeur des Etats-Unis à Londres en a été pour 123 000 dollars. Il arrive que des couples versent jusqu'à 125 000 dollars pour un cours de " perfectionnement " à Copenhague.


Et tout cela pour arriver à quoi ? Une fois qu'il s'est livré, pieds et poings liés, à la Scientologie, le néophyte se trouve réduit à peiner seize heures par jour contre un salaire de misère, facilement supprimé à titre de pénalisation. Son travail consiste à obtenir des conversions et à recueillir de l'argent pour aider Ron à éliminer de notre planète la folie, le crime et le mal.


Dans le monde entier, la secte a son cortège de victimes pitoyables. En Allemagne, un jeune homme qui, depuis deux ans, cherchait à se libérer de la néfaste emprise finit par se jeter sous un train, la veille de Noël. Un autre adepte, à Paris, quitte un jour brusquement son travail et va s'ouvrir les veines chez lui. Il laisse un mot expliquant que la raison de son geste doit être demandée à l'Église de Scientologie.


"Attaquez toujours!" Hubbard dispose d'une arme particulièrement efficace, le Guardian Office, en abrégé G.O. (Office de protection). Mary Sue, sa troisième femme, et Jane Kember, une Sud-Africaine au loyalisme à toute épreuve, sont placées à la tête de cet organisme. Ne soyez jamais sur la défensive, leur est-il prescrit. Attaquez toujours. Trouvez, ou fabriquez, des arguments suffisamment menaçants pour amener chaque adversaire à capituler. Déclenchez contre lui une campagne de dénigrement et noircissez sa réputation au point qu'on le mette au ban de la société. Veillez à engager des poursuites en diffamation à la moindre occasion, afin de dissuader les divers organes de presse d'émettre la moindre critique à l'égard de la Scientologie. Le but d'un procès n'est pas tant de gagner que de harasser et décourager l'adversaire.


Quand les scientologues vinrent s'installer furtivement à Clearwater, le maire de la ville, Gabriel Cazares, les accusa de "mensonges " quant à l'acquisition en sous-main d'immeubles valant des millions de dollars, et de tromperie envers certains religieux locaux. Aussitôt, de Saint Hill, Jane Kember envoya, par télex, aux agents du G.O. aux Etats-Unis l'ordre 398 visant à neutraliser l'action du maire.


Les agents assignèrent Cazares en justice, lui réclamant 1 million de dollars pour violation de la liberté du culte au détriment de leur Église. Ensuite, ils en vinrent à des machinations : faux accident dans un parc de stationnement pour faire croire qu'il avait commis un délit de fuite; au moment des élections, infiltration et sabotage du comité chargé de sa campagne. En fin de compte, un juge fédéral les débouta de leur demande qu'il qualifia de "futile, déraisonnable et non fondée" et les condamna aux dépens, soit 36 022 dollars.


Deux journaux, le
St. Louis Post-Dispatch et le Los Angeles Times, ont dû dépenser des milliers de dollars pour se justifier devant les tribunaux de leurs enquêtes sur les activités de l'Église de Scientologie. Ils ont eu finalement gain de cause. D'anciens agents du G.O. affirment que leurs collègues cambriolèrent les bureaux des conseillers juridiques du St. Petersburg Times et du Boston Globe pour se procurer des renseignements sur les actions entreprises par ces journaux contre la Scientologie.


"Ces actions ont été intentées par l'Église dans le seul but de ruiner ses adversaires et de créer une atmosphère de crainte propre à les dissuader d'exercer leurs droits fondamentaux de libre expression ", a déclaré devant la cour le procureur Ray Banoun, le magistrat qui a fait condamner 11 responsables du G. O., soit pour association de malfaiteurs, soit pour effraction et vol de documents secrets dans des locaux de l'administration fédérale. (Ces affaires sont actuellement en appel.)


Mais le G.O. ne s'occupe pas seulement des détracteurs de la Scientologie. En 1975, Hubbard, désireux de profiter des subventions que différents pays accordent au titre de la santé mentale, de l'éducation et des grandes causes d'ordre social, ordonna à ses agents de former des groupements servant de paravents et présentant les qualifications requises pour en bénéficier. A cette fin, un "bureau de coordination sociale " fut créé à Saint Hill ainsi que dans toutes les sections du G.O. en Europe et en Amérique.


A Copenhague, la secte possède deux écoles qu'elle a ouvertes pour profiter des subventions que le gouvernement danois accorde à l'enseignement privé et qui peuvent atteindre 85 % des frais de scolarité. En Amérique, 22 établissements appelés " Apple Schools " , dont la direction était secrètement acquise à la Scientologie, soumettaient les enfants au traitement intergalactique de Hubbard.


Mais la plus habile invention dans ce domaine, ce sont les "Narconons " , associations censées rééduquer les toxicomanes. A Saint Hill, les experts juridiques du G.O. préparèrent un dossier contenant une volumineuse " correspondance " et des pseudo-procès-verbaux de conseils d'administration pour faire croire que les Narconons étaient des organisations indépendantes justifiant le remboursement par le gouvernement des honoraires de "consultation". Une personnalité politique et plusieurs grands noms du spectacle, ignorant les rapports existant entre les Narconons et la Scientologie, acceptèrent d'être cités comme parrains. Les Narconons font payer 530 dollars pour leur cours de base de deux semaines, davantage pour les cours plus avancés, et affirment obtenir de 60 à 80 % de guérisons.


Impressionnés par ces résultats, les responsables de deux organisations scolaires de l'Idaho engagèrent les "experts " d'un Narconon pour parler aux écoliers des méfaits de la drogue. Un service de l'administration fédérale du Michigan versa à un Narconon plus de 100 000 dollars pour dispenser ses soins à des détenus. (Par la suite, une étude menée par ce service sur 29 toxicomanes étant passés par un Narconon a montré qu'ils s'en étaient tirés plus mal que d'autres prisonniers libérés sur parole, qui furent contrôlés six mois après leur réinsertion sociale). A Berlin-Ouest, les autorités municipales déboursèrent 1,5 million de marks au bénéfice de l'entreprise Narconon avant que la presse et la télévision n'en parlent. Une enquête parlementaire a démontré que le taux des réussites ne dépassait pas 10%


Conseil et assistance. Hubbard vit, dit-on, en reclus dans un ranch de la Californie du Sud. Par l'intermédiaire de ceux qui l'entourent, nous a dit l'un de ses anciens séides, il achète et vend de l'or, de l'argent et autres matières précieuses, utilisant pour ses opérations les millions de dollars collectés, à travers le monde, par ses "missions ". Parallèlement, il entretient une armée d'avocats chargés de multiplier les recours pour éviter la prison à ses 11 adjoints qui sont condamnés, et faire traîner les procès qui lui sont intentés soit par des organismes officiels, soit par des particuliers. En décembre dernier, dans sa traditionnelle "directive " de Noël, il déclarait : "Je me porte aussi bien qu'il est possible quand on est âgé de plusieurs milliers de milliards d'années... L'avenir nous appartient."


Mais l'avenir appartient peut-être aux victimes de la secte et à leurs familles. En Europe et en Amérique, elles se sont unies pour apporter une assistance juridique et morale à ceux qui n'ont pas encore réussi à se dégager du piège et pour porter le combat devant la justice et les Parlements. A Paris, c'est grâce à l'Association pour la défense de la famille et de l'individu (A.D.F.I.*) que l'une des victimes de la secte a engagé des poursuites qui ont entraîné la condamnation pour escroquerie de Hubbard, de celui qui était à l'époque à la tête de l'Église française de Scientologie et d'un ancien dirigeant de cette même Église. Jugés par défaut, Hubbard et ses deux acolytes ont été condamnés à des peines d'emprisonnement - quatre ans dans le cas du fondateur de la Scientologie - et à des amendes; de plus, un mandat d'arrêt international a été lancé contre Hubbard.


Agé de vingt et un ans seulement, un autre dirigeant, qui s'était présenté au juge, est parvenu à obtenir sa relaxe en appel. Mais le président de la cour a précisé, après avoir rendu son arrêt, que celui-ci concernait uniquement le jeune homme et n'altérait aucunement les autres condamnations.


Lorna Levett, de Calgary au Canada, qui a fondé une mission de l'Église de Scientologie et l'a dirigée pendant six ans, a déclaré qu'elle a fini par comprendre que l'organisation à laquelle elle appartenait la faisait participer à une vaste conspiration internationale. En 1974, elle la quitta, entraînant avec elle 43 membres qui, malgré les calomnies, les tracasseries et un procès où on leur réclame 100 000 dollars, ont résisté à toutes les tentatives de la secte pour les réduire au silence. Parlant au nom des victimes, Mme Levett déclare :


" Tout comme la maladie, la contrainte psychologique exercée par des sectes dangereuses sous couvert de religion ne peut avoir d'effet que si l'on n'est pas immunisé. En l'occurrence, l'immunité, c'est la liberté d'expression. Si ces organisations qui violent les droits de l'homme en se servant de revenus exonérés d'impôts ont les mains libres, c'est que la vérité demeure occultée. "


*4, rue Fléchier, 75009 Paris. Téléphone : 285.15.52.
L'association regroupe des familles et des personnes ayant appartenu à des sectes.

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