LE SECTICIDE
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Rael devant le Congrès des USA 

les apprentis cloneurs invités au Congrès americain

Libération 30.03.01


La Chambre des représentants a consulté le gourou de la secte Raël pour réfléchir sur le copiage genétique.



Washington de notre correspondant
" On a parlé de monstres [...]. Mais les risques d'anormalité génétique (1) existent aussi lorsqu'on fait un enfant par des moyens naturels. Faut-il interdire la reproduction sexuelle? ", lance Raël, visiblement content de son astuce. Il rayonne. Il y a de quoi, il est entendu par le Congrès américain! Du sérieux, le Congrès! Quelle reconnaissance! Raël, né Claude Vorilhon, à Vichy, gourou de la secte des raéliens, participait hier comme témoin aux auditions sur le clonage humain, menées par la commission de l'énergie et du commerce de la Chambre des représentants. Le Congrès, qui songe à interdire le clonage humain aux Etats-Unis, comme l'ont déjà fait 26 autres pays, a entendu des scientifiques, des responsables d'associations et des représentants d'agences gouvernementales, et donc les raéliens français.
Raël porte sa plus belle tenue blanche, de style samourai des années 70. C'est celle des elohims, ces êtres venus d'un autre monde qui l'ont enlevé dans leur soucoupe volante, en 1975, pour lui expliquer comment ils avaient créé l'humanité en laboratoire. " C'est formidable cette commission. Cela ne se passerait pas comme ça, en France, hein? ", nous glisse le grand maître pendant une pause, avec un accent de titi peu assorti à sa tenue. Si cette très sérieuse commission se réunit ce jeudi c'est, en partie, à cause de lui. Le mouvement raélien a annoncé au début de l'année qu'il travaillait activement au premier clone humain.

Troupes nécessaires.
La technologie du clonage, en elle-même, n'est pas si compliquée. Simplement, il faut faire des centaines d'essais pour arriver à un clone viable. Or, à la différence de la plupart des savants fous isolés, les raéliens ont les troupes nécessaires pour la phase d'incubation : 50 adeptes sons prêtes à jouer les mères porteuses, et à recevoir un oeuf reproduit 50 fois à l'identique. Les raéliens croient pouvoir "dupliquer" un enfant mort, à l'âge de 10 mois, au cours dune opération chirurgicale, et que ses parents espèrent pouvoir "ressusciter". Lorsque les raéliens ont annoncé qu'ils commençaient leurs travaux au début de l'année, les magazines : Wired, New York Times Magazine ou Time leur ont consacré la une. Et le Congrès a fini par se saisir de la question. Dans la matinée, la raélienne Brigitte Boisselier, 44 ans, "directrice scientifique" de Clonaid - l'une des branches de Raël -, une femme aux longs cheveux noirs et aux bottines à hauts talons, n'a pas voulu révéler le lieu où se trouve le laboratoire : " Dans un Etat des Etats-Unis qui n'a pas interdit le clonage humain" (ce qui n'élimine que la Californie, le Michigan, la Louisiane et Rhode Island).
Elle n'a pas non plus rendu publique l'identité des cinq scientifiques de son équipe. Actuellement, dit-elle, ceux-ci travaillent sur "l'énucléation d'oeufs de vache", et devraient s'attaquer "très bientôt" à des ovocytes humains. Le clonage, selon Brigitte Boisselier, sera destiné à aider " les couples homosexuels, infertiles, ou les parents ayant perdu un enfant". Il devrait aussi aider les finances du mouvement raélien. Le tarif affiché sur le site Internet de Clonaid pour une reproduction par clonage est de 200 000 dollars (226475 euros). "Nous ajusterons le tarif lorsque nous saurons quel a été le coût du premier clonage", a précisé, hier, Brigitte Boisselier. Les raéliens ont reçu mercredi une lettre de la Food and Drug Administration qui commence enfin à s'affoler. La FDA leur interdit de poursuivre les expériences sans son accord : "La FDA estime qu'il existe de nombreuses questions de sûreté non encore résolues et qu'elle n'autorisera donc pas de telles recherches." Boisselier a refusé de dire si elle se plierait à l'injonction: "Mon avocat est en train d'examiner la lettre."
Un autre "cloneur" a été entendu par les représentants : le professeur Panayiotis Zavos, spécialiste de physiologie reproductive à l'Université du Kentucky. Il est beaucoup plus crédible que la demi-douzaine de scientifiques anonymes que revendique Raël. Et donc, pour les parlementaires américains, il peut être bien plus dangereux. En tout cas, il se désolidarise ostensiblement des raéliens : "L'intérêt de tous est que ce soient des gens sérieux qui travaillent sur le clonage humain", a-t-il déclaré.

Renommée internationale.
Zavos, qui porte un pin's en forme de spermatozoïde, travaille avec d'autres chercheurs étrangers, comme l'Italien Severino Antinori qui s'était fait une renommée en aidant, il y a quelques années, une femme de 62 ans à être enceinte. Zavos pense que son groupe sera en mesure de réussir un clonage humain d'ici deux ans. Où? "A l'étranger, mais je ne peux pas révéler le pays. " Quel est le but? "Reculer les limites de la science."
Les scientifiques présents l'ont traité d'"irresponsable". Certains, comme le Dr Rudolf Jaenishch, du MIT (Massachusetts Institute of Technology), ont souligné qu'à l'heure actuelle, "tous les mammifères clonés présentaient des anomalies" . Souris obèses, vaches aux poumons atrophiés... Visiblement, des mutations ont lieu pendant le processus. Même la doyenne des clones, la brebis Dolly, souffre d'une "surcharge pondérale". "Il y a toujours des gens pour s'alarmer des avancées scientifiques, a répondu Zavos avec mépris, c'était le cas lorsqu'on a envoyé Neil Armstrong sur la Lune, lorsque Christophe Colomb est parti pour l'Amérique!" (En fait, il partait pour les Indes, ndlr).

Traitements.
Au terme de cette journée, la plupart des représentants présents avaient fait part de leur dégoût pour les expériences en cours et souhaité l'interdiction de " la production d'humains manufacturés" aux Etats-Unis. Le républicain Brian Kerns (Indiana) a déjà déposé une proposition de loi allant dans ce sens. Dans la journée, la Maison Blanche a fait savoir qu'elle appuierait une telle interdiction. Des scientifiques ont mis en garde contre le risque de freiner, par une telle législation, la recherche sur le clonage d'embryons en vue d'améliorer des traitements. Mais personne, après le cauchemar dessiné par les Zavos et autre Raël, n'a semblé les écouter.
Raël est reparti heureux de Washington: " Cette interdiction, je la souhaite presque, dit-il. Car l'étape d'après ce sera la Cour suprême, et elle, elle ne pourra faire autrement que de reconnaître le droit à la reproduction de son choix."

PASCAL RICHÉ
(1) Lire Libération d'hier sur le " père de Dolly " qui mettait en garde contre les dangers du clonage dans Science.

PS du webmaster: c'était également assez hallucinant de voir Rael/Vorilhon témoigner devant le Congrès. Vorilhon est un écrivain supposé, relativement jeune encore. Pourquoi donc doit-il suivre les lignes de son texte avec son doigt, quand il lit?

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