LE SECTICIDE
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Le Film "Le Profit" - parodie d'Hubbard et de la scientologie 



© St. Petersburg Times,
23 août 2001

Pas d'amour perdu

"Profit" (128 min). La longue histoire - contentieuse - de l'église de scientologie donnera tôt ou tard un documentaire fascinant. En attendant, on a le film guindé dont Peter D. Alexander déclare qu'il n'est pas basé sur la vie du fondateur de la scientologie.

Mais toute personne connaissant un tant soit peu le passé de l'église y verra des parallèles évidents.

Le film d'Alexander discute d'un artiste ès escroqueries fictif du nom de L. Conrad Powers, patron de l'Eglise du Spiritualisme Scientifique, dont les croyances sont issues des ouvrages de science-fiction de ce Powers. Les adeptes, porteurs d'uniformes para-militaires, sont aux ordres de Powers, se servent de "Mesureurs de Mental" - "des Mind Meters" afin de lire dans les personnalités et contrôler les comportements. L'IRS et le FBI lui font des misères, une star genre Tom Cruise lui accorde son support, et Powers devient ensuite un démagogue en fuite.

Alexander fut scientologue 20 années durant, jusqu'à ce qu'il quitte l'église, emmenant manifestement quelques comptes à régler. En dépit de la déclaration étrange de l'auteur, le Profit est le discours d'Alexander à l'encontre des pratiques d'Hubbard; il pourrait être plus efficace s'il n'y avait ces clichés qui font perdre de la puissance à un matériau aussi fertile. Des membres de sectes peuvent être capables de commettre les actes décrits par Profit, mais l'histoire est trop tirée par les cheveux, ce qui lui fait perdre de la conviction.

Le problème vient en partie de Rath, qui en fait trop, transformant Powers en un charlatan du genre à se lisser la moustache, s'il en avait une. Alexander le cadre comme quelqu'un à ne pas prendre trop au sérieux, usant de choix musicaux en forme de clignement d'yeux ou d'hypnose de foire pour expliquer comment Powers prend l'ascendant sur ses victimes peu conscientes. Tous succombent, mais les dynamiques sous-jacentes ne sont pas assez explorées. Alexander est furieux, et ne nous en dira pas davantage.

Le Profit fut tourné l'an passé à Tampa Bay en couleurs pulpeuses par Mark Wood, avec d'admirables costumes et ornements façon Citizen Kane d'il y a cinquante ans. Le jeu de Rath donne ce supplément de vivacité qui flatte les caractères en dévoilant les trucs d'acteur qu'on peut y voir en arrière-plan.

Le film d'Alexander prèche pour le Choeur des critiques de la scientologie. Ceux qui ne se sont pas encore fait une opinion à son sujety y trouvent un genre de distraction du Style Paris-Match (dysfonction sexuelle! Adoration du démon!), et pas grand-chose à en retenir ensuite.

Premières séances vendredi au cinéma Café de Clearwater à l'angle de la N 19
et de Sunset Point Road à Clearwater.

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