LE SECTICIDE
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Critique de l'argumentaire pro-sectaire de certaines associations

Les extraits de ce texte en caractères droits, provenant d'OMNIUM des LIBERTES INDIVIDUELLES ET DES VALEURS ASSOCIATIVES, 40, rue de Paradis à Grand-Couronne, e-mail: omnium@mygale.org, association pro-sectaire, sont ici critiqués pour démonstration des argumentaires biaisés utilisés chez ces associations.

Les petites affiches : 7 février 1996
 
 

LE RAPPORT GUYARD ET LES PRINCIPES D'ÉGALITÉ

ET DE LÉGALITÉ EN MATIÈRE DE SECTES
 
 
 

L'actualité récente a fait une fois de plus resurgir, ce qui peut apparaître souvent comme un Joker pour les médias en recherche d'audience et en panne d'inspirationů le monstre du Loch Ness médiatique que sont les sectes ! Mais si parfois le discours est creux, et n'a d'autre but que de faire monter l'audimat, l'affaire du Temple solaire, on peut en convenir, mérite que l'on se penche encore sur le problème du danger potentiel que représentent certaines sectes et sur le délicat problème des solutions préventives que l'on peut y apporter. [on est dans le vif du sujet immédiatement: certaines associations du même type , CESNUR par exemple, présentent leurs arguments de manière plus subtile et moins brutale; ici, le ton est évident dès les premières lignes: "le monstre du Loch-Ness médiatique..."]

Réflexion d'autant plus utile que la Commission d'enquête parlementaire sur les sectes, dont la création a été décidée le 29 juin 1995 à l'unanimité des députés sur proposition de Jacques Guyard, a rendu son rapport le 11 janvier 1996.

Ce rapport apparaît assez complet dans les questions qu'il aborde : description du phénomène, description de l'évolution du phénomène (en particulier depuis le rapport Vivien qui l'a précédé en 1982), classification des mouvements par familles de pensée, critères de dangerosité, et solutions juridiques proposées par rapport au droit positif.

Néanmoins, un certain nombre de critiques peuvent lui être adressées, tant d'un point de vue théorique (sur la méthode, les définitions, les classifications) que d'un point de vue pratique sur les solutions proposées, juridiques ou non.

En effet, un défaut de méthode ou de rigueur dans l'approche théorique peut aboutir à amalgame entre secte dangereuse ou mouvement spirituel authentique voire à la discrimination de mouvements spirituels « nouveaux » par rapport à des mouvements « installés ».[Nous ne trouverons dans le présent article aucun exemple démontrant une absence de rigueur]

D'un autre côté, l'absence de solutions juridiques précises qui peut en découler, a de fortes chances d'aboutir à une discrimination de facto inconcevable dans un État de droit, laïc de surcroît ! [supposition gratuite et fausse: aussi bien l'état que les associations anti-sectaires établissent des différences très évidentes entre les différens groupes; certains sont beaucoup plus surveillés que d'autres... et bien plus médiatisés: à qui la faute?]

En effet dans une société comme la nôtre, qui aspire et tend vers plus de démocratie et de connaissance scientifique, ne pas respecter l'idée de critique minoritaire ou ne pas respecter le consensus dans l'action apparaît comme parfaitement antinomique.[l'auteur oublierait-il que la démocratie est aussi basée sur les majorités, et qu'une  majorité de français est opposée au sectarisme coercitif, même en matière politique?]

Les deux notions, celle de démocratie et de démarche scientifique, sont intimement liées car pour qu'une loi soit juste (scientifiquement et démocratiquement), il faut qu'elle respecte le consensus au moins majoritaire, mais aussi la critique possible provenant des opinions minoritaires : cette loi doit pouvoir être remise en question à tout moment ! [contradiction! si elle respecte le consensus, l'assemblée aura tôt fait, par exemple,  de voter des lois pour la suppression de toute taxation... suite à des actions de la part de groupes de pressions; les "agents RATP" aimeraient certes voir leurs impôts diminués; les "Jéhovas", leurs 303 millions de dettes à l'état supprimées, et quant à moi, j'aimerais autant ne jamais payer d'impôts; mais n'allons pas trop loin]

[.....]

1. L'amalgame et la discrimination

La discrimination qui consiste à traiter les citoyens différemment selon des critères particuliers est une atteinte au principe d'égalité devant la loi, premier principe apparaissant dans la Déclaration des droits de l'homme de 1789 (art. 1).

C'est un principe de base car il fonde la notion même de citoyenneté, d'appartenance au groupe social. En effet, traiter les citoyens différemment c'est faire une ségrégation entre eux, c'est-à-dire finalement considérer qu'ils ne sont pas citoyens à part entière. Cette discrimination est donc incompatible avec un système démocratique, quelle que soit son origine sociale ou raciale, idéologique ou encore, religieuse. Même si ces caractéristiques sont minoritaires (dès lors qu'elles ne sont pas illégales !). [encore un argumentaire sans valeur, une forme de sophisme courante chez les pro-sectaires: c'est justement parce qu'il n'y a pas de discrimination que les sectes sont attaquées lorsqu'elles commettent des délits, crimes, abus de droit, abus de confiance, homicides, qu'elles ne déclarent pas leurs revenus commerciaux, . On n'a jamais vu par exemple les couvents catholiques producteurs se faire attaquer par le fisc, car ils paient leurs taxes commerciales sur la part de leurs activités de fabrication et vente, comme toute organisation commerciale non liée ou liée à un "mouvement"]

D'un autre côté, si l'on considère une notion comme un danger social, et que l'on veuille la sanctionner, encore faut-il apporter la preuve de la commission d'actes illégaux.[les tribunaux en ont en effet jugé à maintes reprises, et parfois le conseil d'état: où va-t'on? L'auteur oublie!]

Ainsi par exemple pour la notion de secte, si on la considère comme une somme d'agissements illégaux, encore faut-il que :

  • pour qualifier un mouvement de secte, il y ait une définition du terme et des infractions correspondantes, mais aussi, [justement, il existe une définition page 11 du rapport, l'aurait-il oublié? Il est néanmoins exact que les sectes présentant des formes multiples, l'assemblée a signalé que le mot recouvrait donc de multiples aspects - voir page 10 du rapport]
  • pour démontrer que tel mouvement est une secte, qu'il a commis les infractions incriminées, si l'on veut envisager qu'une sanction lui sera appliquée, sinon il y a amalgame et donc discrimination.[l'état ne fait rien d'autre! le rapport classe des mouvements parmi les sectes: cela ne signifie pas pour autant que ces sectes sont punies autrement... ni même surveillées de près; il y a même eu reconnaissance d'une erreur dans ce rapport; "l'arbre du milieu" n'est pas une secte, et du fait de cette classification erronée, cette association a reçu une publicité télévisée qu'elle n'aurait pas obtenue si cette erreur n'avait été commise et rectifiée)]


    [
    .....].


Ainsi pour le mot secte, c'est une démarche qui consiste à définir a priori la notion, en partant par exemple de l'étymologie (méthode la plus simple, la plus efficace, et la plus juste historiquement).

Pour la notion de secte à partir du mot latin médiéval secta, deux étymologies sont possibles qui font apparaître une certaine dualité dans la notion :

sequi, signifiant suivre (une doctrine ou un maître),

secare, signifiant couper (doctrine qui se coupe d'une autre).

Cette apparente dualité d'ailleurs n'est en fait d'une complémentarité entre les deux idées : en suivant une doctrine, on se coupe d'une autre [ raisonnement utilisé depuis des lustres par les sectes pour tenter à la fois de se faire passer pour religion - je l'ai utilisé des centaines de fois en scientologie,  pour faire croire que "secte' n'est pas péjoratif dans LEUR CAS à eux.]

 Ceux qui seraient intéressés à découvrir par eux-mêmes la suite des raisonnements truqués - dans une seule direction bien sûr - peuvent aller lire le texte original complet. Les contradictions abondent entre les divers développements: l'auteur ne s'en rend même pas compte. Ainsi, le Rapport Guyard de l'assemblée nationale a-t'il défini dix critères de dangerosité des groupes: il est bien évident que ces critères servent à estimer les diverses sectes, et non à les amalgamer comme le prétend l'auteur. On lit à nouveau qu'il n'y aurait pas de définition... voici pourtant celle de la page 11 du rapport:

"Groupes visant par des manoeuvres de déstabilisation psychologique à obtenir de leurs adeptes une allégeance inconditionnelle, une diminution de l'esprit critique, une rupture avec les références communément admises (éthiques, scientifiques, civiques, éducatives), et entraînant des dangers pour les libertés individuelles, la santé, l'éducation, les institutions démocratiques. Ces groupes utilisent des masques philosophiques, religieux ou thérapeutiques pour dissimuler des objectifs de pouvoir, d'emprise et d'exploitation des adeptes." [caractères accentués dans l'original]
 
 
 
 

Il est à noter que l'auteur OMNIUM cite... les mêmes références que l'assemblée nationale, sans dire d'où elles viennent, en tentant de les interpréter différemment! C'est un comble, d'autant que les références citées se trouvent justement dans la section "DEFINITION" de 'sectes' du rapport, dont il prétend qu'elle n'existe pas.

Roger Gonnet

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