sectes - scientologie - narconon: critique du programme sciento narconon et de la préocédure de Purification (purif) par un Professeur expert suédois

Avis d'expert fourni au Conseil National Suédois de la Santé et du Bien-être


Prof. Folke Sjoqvist

26 Novembre 1996

Traduit par Catarina Pamnell de suédois en anglais <stellaria@hotmail.com>, puis d'anglais en français par Roger Gonnet


(page 1)

961126 [26 November 1996] Socialstyrelsen [The National Board of Health and Welfare]
Halso-och sjukvardsgruppen [Health Care and Medical Services]
Allmanna enheten [General Division]
Att. Byradir [Director]
Bengt Wennermark 106 30 Stockholm


Numéro 00-10129/95, 960209



En ma capacité de conseiller scientifique du Socialstyrelsen [Conseil National de la Santé et du Bien-être], on m'a demandé de donner mon avis sur le programme de désintoxication des toxicomanes, par l'administration, entre autres, de vitamines et du sauna tels qu'ils sont pratiqués à Narconon. On m'a demandé de répondre autant que possible aux questions suivantes:

1. Cette méthode de désintoxication est-elle conforme aux normes scientifiques et rentre-t'elle dans le cadre de l'expérimentation médicale?

2. Cette méthode peut-elle être préjudiciable à la santé du patient?

3. Cette méthode peut-elle entraîner des dommages permanent

4. Ce programme devrait-il être interdit?

5. La prescription des doses de vitamines peût-elle être délivrée par des médecins; et dans quelles mesures?

Ce rapport fournit également des documents du Livsmedelsverket [Administration Nationale chargée de l'Alimentation], qui décrit le programme de traitement, en particulier le programme de vitamines, et une publication intitulée "Narconon - le programme de désintoxication pour une vie nouvelle". Dans cette publication le programme est populairement décrit et illustré par des dessins. On dit qu'il s'agit d'une combinaison de séances de sauna et de prises de vitamines qui serait succeptible de débarrasser les cellules du tissu adipeux des résidus de drogues et d'autres substances telles que les (bensodiazépines). On dit aussi que des dizaines de milliers de personnes ont terminé avec succés le programme de désintoxication.

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La publication est accompagnée de témoignages anonymes, mais manque totalement de données scientifiques. Voici un aperçu des données sans fondement scientifique à propos du programme (appendice 1):


"Le LSD peut rester piègé dans les tissus humains, et cela pendant des années, après que la personne ait arrêté d'en prendre". Il peut redevenir actif des années plus tard et provoquer des trips imprévisibles, exactement comme si on en reprenait" (pp. 12-13)


"Des recherches approfondies ont révélé que d'autres drogues - heroine, cocaine, "poudre d'ange", mescaline, marijuana, pour ne citer que celles-là - peuvent également stagner dans l'organisme" (p. 14

"Deux ou trois années après l'annonce de ma découverte, c'est-à-dire que des résidus de drogues peuvent stagner dans l'organisme, des experts de la médecine légiste ont confirmé mes résultats. (p. 20)

Cela implique que l'auteur, L Ron Hubbard, aurait fait cette découverte, ce qui est faux. Il est bien sûr absurde de croire que lors d'une autopsie, on pourrait déceler des quantités infinitésimales de résidus de drogues.

"Les drogues sont des poisons. Les résidus de drogues qui ont été stockés dans les tissus y font des dégats. Ils brûlent alors les reserves de vitamines et de minéraux et peuvent provoquer un déficit en nutriments" (p.21)

Le programme est décrit de la façon suivante:

"Un programme personnel adapté sera établi pour vous, vous devrez vous y conformer chaque jour. Il comprend: de l'exercice et du sauna (on obtient les meilleurs résultats dans l'association de courses et de sauna, à raison de cinq heures par jour, dont la plus grande partie se déroule au sauna)" (p. 40)
"Autre facteur remarquable: en raison des fortes quantités de niacine et de la température du sauna, le programme pourrait avoir comme effet l'élimination de radiations" [il n'est pas donné de numéro de page]

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"Alors que j'effectuais le programme, j'ai eu divers symptômes de maladies dûes aux radiations - vomissements, rougeurs et démangeaisons. J'ai continué le programme, tout cela a cessé et n'est pas revenu. Maintenant je me sens beaucoup plus alerte - (W.M.)" (pp. 64-65)

"Pendant la guerre du Vietnam j'ai été exposé à des substances toxiques et des gaz mortels, en particulier "l'agent orange" et à certains types de gaz ayant des effets sur le systême nerveux. Ces poisons brouillaient mes perceptions et j'étais incapable de penser clairement et logiquement. Depuis lors, j'ai considéré mon environnement comme hostile. Pendant ce programme, je me suis sorti de cette situation et ces toxiques ont complètement disparu. Je suis en pleine forme et j'ai le contrôle de mon corps. Maintenant, je trouve que la vie vaut vraiment la peine d'être vécue. Je suis sûr qu'il existe un espoir pour les vétérans du Vietnam - W.B." (p. 71)

"Je souffrais d'une maladie de peau dûe à des champignons depuis 18 ans, elle a disparu lorsque j'ai fait le programme. Tous mes sens les plus essentiels - vue, odorat, goût, etc. - semblent s'améliorer - PG" (p. 73)

Compte-tenu de ces témoignages il est clair que l'ambition de Narconon n'est pas de se limiter au seul traitement de la toxicomanie, mais qu'il tente de s'étendre à tous les domaines. Comme ce qui suit, les citations parlent d'elles-même.

Contacts avec Narconon

Lors des premières étapes de mon enquête, j'ai été contacté par le président de Narconon Europe, Bosse Persson, de Eslov, qui m'a fait parvenir une documentation et des certificats concernant le programme de traitement de Narconon. Pendant le printemps 96, j'ai été contacté par Hakan Larsson, de Narconon, qui a tenté de pénétrer mon bureau par l'intermédiaire de ma secrétaire, afin de découvrir quelles informations importantes Socialstyrelsen m'avait fournies.

J'ai pris connaissance du matériel fourni par Narconon. Il s'agit de quatre certificats américains concernant le programme de traitement, deux certificats de médecins suèdois concernant l'absence d'effets secondaires, et finalement un dossier

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concernant des matériaux du congrés, en particulier à propos du programme qui concerne l'exposition à des toxines de l'environnement.
Les quatres certificats américains sont l'oeuvre de Shelley L Beckman, PhD, Megan Shields, MD, Forest Tennant, MD et Alfonso Poredes, MD. Shelley Beckman manque de formation médicale et l'essentiel de l'intérêt de Megan Shields se borne aux pesticides chlorés. Par ailleurs, Forest Tennant, a de vastes compétences scientifiques dans le domaine de la toxicomanie, avec 166 publications traitant de l'abus d'alcool, de cocaïne, des opiacés, des stéroïdes anabolisants, etc, et il a traité entre autres, du problême du dopage dans le sport. Cependant, parmi ces publications, aucune ne concerne l'évaluation du programme de traitement Narconon. Le point important de son certificat est: "Le programme Narconon a certainement ses défauts mais il a le mérite d'apporter un complément nutritionnel, de l'exercice physique, des séances de sauna et de simples conseils de qualité de vie à des gens souffrant d'alcoolisme ou de toxicomanie" (appendice 2). Comme Shelley Beckman il dit que les drogues sont éliminées dans la sueur, mais ce phénomène est une évidence pharmacologique et elle n'a pas d'importance quantitative. (voir ci-dessous).

Deux physiciens suèdois, les docteurs Tom Norman et Ture Alander, ont certifié à la requête de Narconon que le traitement n'avait pas présenté d'effets secondaires (appendice 2). Ils ne mentionnent cependant pas quels effets secondaires ils ont pu rechercher, ni de quelle manière ils ont procédé.

La documentation que j'ai reçu de Bo Persson est en accord avec la "Conférence Internationale sur la Désintoxication", de décembre 1995 à Los Angeles. Une grande partie du matériel concerne les toxiques dûs à la pollution (tels que ceux traités par la méthode Hubbard, les PCB, PBB et les pesticides chlorés). Narconon explique que son traitement de désintoxication est efficace aussi sur ces substances, mais il s'agit là d'un problème qui sort du mandat qui m'est demandé. Si une évaluation de cet aspect du programme de traitement est demandée, j'aimerais en référer à un département spécialiste de la médecine environnementale. Pour faire une évaluation de ce type, il serait nécessaire entre autres, d'étudier quelles méthodes d'analyses ont été employées pour ces substances.

En dehors du matériel sur la toxicologie environnementale, le dossier contient un survol de la littérarure scientifique qui conforte la méthode de Ron Hubbard. (appendice 3).
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Ici on peut lire des références exactes sur le fait que les substances psychotropes, prises de façon régulière et à des doses importantes s'accumulent dans les tissus graisseux. Il y a une référence à la publication de 1957 par le Prix Nobel Julius Axelrod, qui a démontré que le LSD s'accumule dans les tissus adipeux.

Suit alors une discussion d'un point de vue théorique sur la façon d'éliminer la quantité de produit "bioaccumulé" dans le corps. Aucune mention n'est faite du fait vital que les drogues liposolubles doivent d'abord être redistribuées, des tissus au systême sanguin, puis métabolisées avant d'être expurgées, et qu'il n'existe à l'heure actuelle aucune méthode connue pour accélérer ces processus. (L'administration pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines de certains médicaments, par exemple le phénobarbital et la rifampicine qui accélèrent le métabolisme de certaines drogues, est une exception.) La fonction biologique essentielle du processus de métabolisme consiste à transformer les drogues liposolubles en composés hydrosolubles. On y parvient entre autres par une série d'oxydations, appelées hydroxylations, suivies d'une conjugaison avec des substances endogènes, par exemple "
glucaronic acid and sulphate". De cette façon, il se peut que les drogues psychoactives soient transformées en différents produits métaboliques qui pourraient éventuellement atteindre un niveau suffisant de solubilité à l'eau pour être spontanément et en forte concentration, éliminés dans les urines.

On croyait il y a une trentaine d'années, même au sein de la médecine officielle, qu'en forçant l'élimination, par exemple en renforçant la diurèse, il serait possible d'éliminer les substances, telles que les barbituriques qui affectent le systême nerveux central. Vers le milieu des années 60, des efforts considérables ont été menés pour faire disparaître cette méthode de traitement obsolète du protocole médical suédois. La seule possibilité d'accélérer de façon significative le processus d'élimination de telles drogues, au moyen de diurèse renforcée, consiste à changer le PH de l'urine, ce qui en soi peut causer des effets secondaires. Cette méthode n'est efficace que pour un certain nombre de substances, et cela ne se produit que lorsque la valeur du pKa (propriétés acide/base) de la substance est proche du PH physiologique (voir à ce sujet mon chapitre sur les interactions dans le FASS [the Swedish standard medical drug encyclopaedia]).

Ensuite le programme de désintoxication de Ron Hubbard est décrit comme un programe destiné à mobiliser et accélérer l'élimination de substances étrangères stockées dans la graisse. On affirme que le programme a ses fondements dans la littérature médicale. Il n'est cependant pas donné de références scientifiques pour l'affirmer.

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Les composants du programme sont l'exercice physique, le sauna, des compléments vitaminiques, la substitution des liquides issus de la sudation, un régime suivi, un bon sommeil, etc. Il y est expliqué que nombre d'études montrent que l'exercice, en plus d'améliorer la circulation dans les tissus, mobilise les graisses où sont piègées les toxines et donc favorise la mobilité des toxines elles-même. Des références sont données portant sur des études faites sur des animaux, mais ne concernent que le DDT ou le PCB.


En ce qui concerne le sauna, il est souligné que le fait de faire migrer des substances chimiques des tissus adipeux n'est pas souhaité à moins d'augmenter simultanément leur élimination. Le but du sauna serait d'augmenter "le mécanisme dû à la température" afin d'améliorer la circulation dans les tissus, et de renforcer l'élimination des différents composés grâce au systême de la sudation. Dans ce contexte, il est indiqué que la méthadone, les amphétamines, la morphine, etc, sont décelables dans la sueur humaine. Il s'agit cependant d'une lapalissade, puisque tous les composés présents dans le flux sanguin peuvent être également décelés dans d'autres flux corporels, y compris la sueur. La nouveauté c'est que pendant les vingt dernières années, les méthodes pour analyser les drogues sont devenues tellement sensibles qu'il est maintenant aisé de détecter des concentrations même extrêmement faibles (de l'ordre de millièmes de microgramme) de substances étrangères dans les fluides corporels tels que la sueur, la salive ainsi que dans les cheveux ou les ongles (voir par exemple P Kintz, Drug testing in addicts; Une comparaison entre urine, sueur et cheveux. Therapeutic Drug Monitoring 15, 450, 1996).

Ces concentrations sont cependant très faibles comparées au taux total de drogues dans le corps. Pour la majorité des psychotropes, la quantité présente dans le volume sanguin est négligeable ou très faible en comparaison à la quantité totale présente dans le corps. La relation entre la concentration dans le reste du corps et la concentration dans le plasma est donnée par ce qu'on appelle le
volume de distribution. Ceci est valable pour la plupart des drogues psychoactives et des substances toxiques, à des grandeurs de plusieurs litres par kilo, ce qui signifie que la concentration moyenne dans les tissus est égale à plusieurs fois celle du sang. Par conséquent, il est impossible d'éliminer des substances du corps en tentant d'influer sur la portion contenue dans le sang, par exemple en utilisant la dialyse et en renforçant la diurèse. La migration des substances des tissus vers le sang constitue le facteur de vitesse limitant. Dans certains cas extrêmes, tels que la chloroquine utilisée pour la malaria, le volume de distribution est de 100L/Kg, ce qui signifie que la concentration dans les tissus est 100 fois plus élevée que celle dans le sang. La chloroquine dans les tissus migre lentement vers le sang, et peût être dosée par des méthodes ultra-sensibles dans les urines jusqu'à plus d'un an après la fin du traitement.

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Mais, les concentrations dans le sang sont de grandeur "homéopathique", elles sont tellement faibles qu'elles n'ont pas de véritables valeur au sens pharmacologique.

Cette partie de la documentation de Narconon ne contient aucune mention quantitative quant aux diversités des drogues succeptibles d'être excrétées dans la sueur. Pour faire de telles investigations, il faudrait effectuer des études considérables sur le métabolisme de chaque drogue, les étudier séparément, car leurs propriétés pharmacocinétiques telles que le volume de distribution, la demi-vie, le métabolisme, etc, varient. Il est donc impossible de généraliser.

En ce qui concerne le traitement vitaminique, il est expliqué que la niacine dans un premier temps réduit la mobilité des acides gras, puis l'augmente. Il est dit que cette mobilisation des acides gras libres est accompagnée simultanément d'une mobilisation des produits chimiques enmagasinés dans la graisse. On trouve à nouveau des références à des études faites sur des animaux et concernant des toxines de l'environnement. A propos de ces compléments vitaminiques, il est expliqué que cette partie du programme a pour but, entre autres, de compenser la perte en vitamines pendant la sudation (aucune donnée quantitative). Un autre but serait de compenser les déficits vitaminiques provoqués par la prise de drogues. Un autre but de la prévention dans les déficits vitaminiques serait de retarder le métabolisme des drogues. C'est également une affirmation gratuite au regard de la pharmacologie humaine, autant que le fait de prétendre que le complément vitaminique peut améliorer le métabolisme de diverses substances chimiques.

Dans la partie traitant des résultats du programme, on dit que cela entraîne une baisse du taux de divers substances chimiques dans les tissus adipeux. Il est encore mentionné des références à des travaux faits sur des vétérans du Vietnam, concernant des toxines de l'environnement, mais aucune référence concernant les stupéfiants.

Il y a également un article non publié de Megan Shields, Shelley Beckman, Forest Tennant et Michael Wistner: "Reduction of Drug Residues: Applications in drug rehabilitation", qui a été présenté lors du 23ème congrés annuel de l'Association Américaine pour la Santé Publique (appendice 4). On a demandé à 249 volontaires souffrant de problêmes de toxicomanies de recenser leurs propres symptômes avant et après le traitement de Hubbard, et on a mesuré les concentrations de stupéfiants dans les urines et la sueur de 8 volontaires, avant et après traitement.
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On peut négliger la première partie de l'étude, car elle n'a pas du tout été vérifiée et est truffée de préjugés. Les observations sur les 8 toxicomanes concernent les métabolites des drogues. Il n'est pas précisé quelle est la méthode d'analyse utilisée. Il y est fait mention à la fois de "titrage immunofluorescent" et de "titrage immunofluorescent polarisé". Probablement on fait référence au titrage immunofluorescent polarisé (FPIA), une méthode de titrage Abbot utilisée en Suède. Il s'agit d'une méthode semi-quantitative et non spécifique, c'est à dire qu'elle determine la quantité totale de substances actives et de métabolites inactifs. Quatre des toxicomanes avaient pris de la cocaïne, trois avaient pris fréquemment des amphétamines et du diazépam, et un toxicomane avait pris de la cocaïne et de l'héroïne. On a détecté des métabolites de drogues dans les urines et la sueur chez 7 des 8 volontaires.

Pour 5 d'entre-eux on a observé une augmentation quantitativement négligeable du taux de métabolites dans la sueur et l'urine après le début du programme de désintoxication. Les graphiques proposés dans ces travaux non publiés se retrouvent dans le magazine "Narconon-Nytt" [Narconon News] numéro 3, de 1995, mais avec des échelles complètement erronées (appendice 5). Ici la concentration de drogues est donnée en microgramme/millilitre, alors que la publication originale la donne en nanogramme/millilitre, ce qui est 1000 fois moins. L'article de Narconon ne tient évidemment pas debout, car cela signifierait que si l'un des patients urinait un litre/jour, il éliminerait 1 gramme d'opiacées/jour pendant plus d'une semaine!

Les graphiques corrects (appendice 4), montrent en fait que pour les métabolites de cocaïne et de bensodiazépine, les concentrations dans la sueur sont identiques ou inférieures aux concentrations dans les urines.


A partir de ces graphiques, il est possible de calculer l'excrétion de drogues provenant des urines et de la sueur, et pour simplifier, nous considérerons qu'il y a 1 litre de sueur et 1 litre d'urine par jour.

Le patient 1 expurge un total de 3,7 mg de métabolites de cocaïne, probablement il s'agit de [bensoylekgonin??] durant les jours 7 à 47. Selon Martindale une "dose habituelle" de cocaïne est de 8 à 16 mg/24 heures.
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Le patient 2 a eu une concentration de 1000 ng/ml dans l'urine et la sueur au jour 2. Au cours des jours 11 à 14 on a relevé un taux de métabolites de cocaïne expurgés d'environ 0,06 mg.

Le patient 8 ayant pris des benzodiazépines rend le dosage plus difficile, d'autant plus qu'on ne sait de quelles benzodiazépines il s'agit. Le resultat est donné en considérant qu'il s'agit de nordiazepam, mais tous les métabolites des benzodiazépines ont une [faible activité conjuguée??] [?] [lower cross reactivity en anglais, traduction non trouvée, voir note]. La personne a sécrété l'équivalent de 3,4 mg de nordiazepam pendant les jours 1 à 13. Cependant, toutes les observations tombent en dessous du niveau préconisé par Abbott de 200 ng/ml. Cette limite peut convenir dans les abus d'oxazepam et de diazepam, qui sont les plus utilisés aux US.

Le patient 9 expurge l'équivalent de 1,3 mg de nordiazepam dans les urines seulement pendant les jours 1 à 7 et 2,3 mg à la fois dans la sueur et dans l'urine pendant les jours 7 à 16.

A partir de ces calculs, il est évident qu'il est impossible d'influer notablement sur les concentrations des substances toxiques dans le corps en renforçant la sudation (sauna). Les étapes limitant la vitesse d'élimination de ces substances sont la vitesse de migration de ces substances des tissus vers le sang, et le métabolisme du foie qui rend les métabolites inactifs. Accélérer l'excrétion de métabolites inactifs, par exemple pour la cocaïne et le diazepam n'a aucune valeur pharmacologique, puisque cela n'a aucun effet sur le corps.

Les composés vitaminiques et minéraux dans le programme de traitement.

Le problême secondaire des composés vitaminiques et minéraux du programme de traitement tombe dans le domaine des compétences du Livsmedelsverket [l'Administration Nationale de l'Alimentation]. Par conséquent je leur ai demandé leur avis sur les doses de vitamines et de minéraux utilisées. Une réponse m'a été donnée le 25 juin 1996 par Ulla Beckman Sundh et Helena Hallstromle du oxikologiska enheten [le Departement de Toxicologie] voir (appendice 6). On y voit clairement que des effets secondaires peuvent être causés par plusieurs de ces composés, si les doses indiquées dans le programme sont administrées.

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Je pense qu'il est hors de question que les vitamines et les minéraux aient le moindre effet pharmacologique sur le stockage et l'élimination des stupéfiants. Les vitamines sont distribuées, gardées et éliminées par le corps par des voies totalement différentes de celles empruntées par les drogues. Les interactions entre les deux ne sont pas connues. Il est probable que la partie vitamines du programme est bâtie à partir d'analogies, par exemple à l'alcoolisme, où certaines déficiences vitaminiques peuvent survenir.

Recherche internationale de documentation sur le programme de traitement.

Avec l'aide de la lakemedelsinformationscentralen [Centrale d'Information Pharmaceutique] de l'hôpital de Huddinge, j'ai effectué des recherches dans la littérature internationale afin de trouver de la documentation sur le programme de traitement. La recherche a été effectuée sur les 30 dernières années et sur les experts cités par Narconon (voir p. 4). On n'a trouvé aucune documentation autre que celle fournie par Narconon.

J'ai également consulté l'Institut National de Toxicomanie du Maryland, aux USA (le Dr Peter J. Delany) par téléphone, et obtenu la réponse suivante: "En réponse à votre demande au sujet du programme Narconon. Nous ne connaissons aucune littérature scientifique soutenue par des pairs au sujet de ce programme".

En résumé

Comme le montre clairement cette compilation, il n'existe aucune documentation montrant que la méthode de désintoxication Hubbard soit conforme aux normes scientifiques et à l'expérimentation médicale. On contraire, on peut largement douter d'un point de vue pharmacologique, que l'idée de renforcer la sudation puisse aider à éliminer les drogues accumulées dans le corps. Les risques et les effets secondaires du traitement n'ont pas été évalués de façon sérieuse. Les méthodes n'ont pas été évaluées et/ou reposent sur des théories incorrectes et ne devraient pas être utilisées dans le cadre de la médecine suédoise. Les médecins sont tenus de prescrire les vitamines à des doses recommandées par le Livsmedelsverket [l'Administration Nationale de l'Alimentation], et seulement pour des indications approuvées par cette administration et indiquées dans la FASS.

[signé]

Folke Sjoqvist,

Professeur,

Conseiller scientifique de pharmacologie clinique


Notes de bas de page

(non incluses dans le rapport, ajoutées par le traducteur pour plus de clarté, le traducteur n'étant pas médecin; ces notes proviennent de l'Encyclopédie Universalis).


Dans chaque compartiment, le devenir du médicament est caractérisé par son volume de distribution et sa demi-vie. Le premier est un volume apparent, théorique, sans correspondance anatomique ou physiologique. Il indique simplement le volume dans lequel la masse de médicament serait dissoute en l’absence de toute fixation: il permet d’avoir une idée de l’importance de la diffusion et de la fixation du médicament.

La demi-vie correspondante indique le temps au bout duquel la concentration est devenue la moitié de la concentration initiale. Dans le cas d’un modèle à plusieurs compartiments, il est possible de calculer les constantes de transfert qui caractérisent l’intensité des flux de médicament entrant et sortant d’un compartiment donné. Un des cas les plus fréquemment rencontrés est celui d’un modèle ouvert à deux compartiments. Le compartiment central est celui où le médicament est injecté et d’où il est éliminé. Le compartiment périphérique (ou profond) représente les localisations tissulaires du médicament; son volume est plus grand, ses échanges avec le premier compartiment sont lents. Lorsque le médicament n’est pas administré par voie intraveineuse mais sous une forme qui doit être résorbée, on peut mesurer la constante de résorption correspondante. Celle-ci a l’intérêt de permettre l’appréciation de la durée de la résorption de la dose administrée. Lorsque celle-ci est lente, un effet retardé et prolongé est vraisemblable. En cas de résorption digestive, une vitesse trop lente peut cependant entraîner une résorption partielle (cf. infra , Biodisponibilité des formes pharmaceutiques ). Des différentes données pharmacocinétiques caractérisant un médicament, il est possible de tirer des renseignements importants concernant son utilisation chez l’homme. La notion d’un compartiment périphérique de grand volume est intéressante lorsqu’il s’agit par exemple de sélectionner un antibiotique destiné à traiter une localisation infectieuse profonde. Au contraire, la recherche d’un effet vasculaire orientera le choix du thérapeute vers des médicaments de faible volume de distribution.


Les métabolites sont glycuro-conjugués puis éliminés dans les urines. Le N-déméthyl-diazépam et l’oxazépam sont deux métabolites actifs, plaque tournante du métabolisme d’un grand nombre de benzodiazépines


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