Le comité scolaire de San Francisco rejette le programme Narconon de la scientologie (octobre 2004)

                                                 


SAN FRANCISCO

Le programme scientologue rate les tests à San Francisco

Un jury d'experts explique que les conférences de Narconon sont dépassées et inexactes

Nanette Asimov, reporter au Chronicle
Samedi 2 ocotobre 2004

original anglais:

http://www.sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?f=/c/a/2004/10/02/BAGN292LAC1.DTL

Un programme antidrogues gratuit qui enseigne des concepts issus de l'église de scientologie a mérité l'expulsion. Les administrateurs scolaires de San Francisco avaient demandé à des officiels de la santé publique d'en faire une évaluation.

Ce programme intitulé Narconon, prévention de la drogue et éducation, se sert souvent de données dépassées, sans fondement, et parfois, d'une approche inexacte dans les faits, et n'a pas été vraiment utile aux édudiants depuis des décennies, a expliqué Steve Heilig, directeur de la santé et de l'éducation pour la Société Médicale de San Francisco.

Dans le courrier qu'il adresse à Trish Bascom, directeur des programmes de santé du district scolaire unifié de San Francisco, Heilig explique que cinq experts indépendants du domaine de la toxicomanie l'ont assisté pour l'évaluation du curriculum de
Narconon [Rebaptisé fréquement "Non à la Drogue, Oui à la Vie", ndt]. Heilig n'a pas tenu à donner le nom des experts, mais a indiqué que quatre d'entre eux étaient diplômés en toxicomanie.

Dans l'article, le journal The Chronicle avait indiqué que les conférences de Narconon enseignaient souvent aux étudiants des données largement réfutées par les experts en médecine. Cela inclut des données sur les drogues, dont ectasy, marijuana, et LSD: le programme dit que celles-ci s'accumuleraient indéfiniment dans les tissus adipeux, ce qui causerait des retours de "trips" et des envies de reprendre de la drogue parfois des années après que l'usager ait cessé d'en prendre; le programme dit aussi que la vitamine niacine (acide nicotinique) ferait sortir les drogues des tissus, et que le sauna les ferait expulser du corps, des sueurs colorées pouvant être observées quand la drogue ressortirait...

Bascom et Arlene Ackerman, directrices des écoles, ont demandé à Heilig d'évaluer Narconon après que le Chronicle ait publié des articles en juin et juillet, démontrant que les instructions antidrogues en question reposaient sur des bases généralement rejetées par les experts médicaux, mais que la scientologie utilise.

Les experts médecins n'ont pas mâché leurs termes dans leur dure évaluation de Narconon. Un scientologue local qui donne les conférences a présenté Narconon à des enfants de tous âges à SF depuis 1991. Au moins 34 écoles ont reçu ce conférencier depuis l'an 2000.

"L'un de nos critiques a estimé que (le curriculum) ressemblait à un papier scientifique (mal fait) récolté ici et là sur internet", a écrit Heilig à Bascom. Un autre dit: "Mes commentaires seront très courts, car cette proposition mérite à peine une analyse." Un autre a dit: "Si j'étais parent, je ne voudrais pas que mes enfants particpent à ce genre "d'éducation".

L'équipe de Heilig a évalué Narconon en corrélation avec une étude récente de Rodney Skager, professeur émérite de l'UCLA en matière d'Etude et Information, qui décrit ce qu'un bon programme anti-drogue devrait offrir aux étudiants.

"Nous en avons conclu que... les matières de Narconon se focalisaient sur des sujets d'importance limitée, à excluant des connaissances et pratiques supérieures.", écrit Heilig, ajoutant que le curriculum contenait des erreurs factuelles à propos de concepts fondamentaux tels que les effets physiques et mentaux des drogues, de la toxicomanie et même, des fautes d'orthographe.

Clark Carr, président de Narconon International, a combattu les conclusions et mis l'accent sur le fait que le programme Narconon s'opposait aux drogues de toute sorte, y compris celles qu'on utilise pour traiter les toxicomanes. Il a accusé la société médicale de préférer des programmes se fiant sur des "solutions médicales basées sur les drogues".

Il a dit "Nous avons des résultats, on ne peut avoir confiance en la critique effectuée par des sources ayant des préjugés, des gens qui avalisent l'usage soi-disant contrôlé de drogues* ne peuvent réviser un programme recommandant une vie sans drogues ni médicaments. Nous continuerons à aider les enfants de San Francisco à apprendre des faits et vérités importants au sujet des drogues."

[* la scientologie appelle drogues tout toxique et tout médicament, ndt]

L. Ron Hubbard, fondateur de l'église de scientologie, a co-fondé Narconon dès 1966. Il y a ajouté la niacine et le sauna vers la fin des années 70. Les églises scientologues vantent généralement le sauna, car la "religion" enseigne que les drogues et autres toxines s'accumulent dans les graisses et entravent le développement spirituel. Ce "régime pour nettoyer les tissus" s'intitule "Procédure de Purification".

La porte-parole de l'église Linda Simmons a répondu au Chronicle que la version laïque de ce procédé était Narconon.

Actuellement, il existe des centres de réhabilitation des drogués et des programmes d'éducation anti-drogue dans plusieurs pays ou états, dont la Californie. Au moins 39 districts ont reçu Narconon dans leurs écoles.

Après la parution des articles du Chronicle, le superintendant d'état Jack O'Connell a demandé à une agence publique bien connue pour la rigueur de ses études de réviser le programme Narconon. En juillet, le "centre pour des enfants en bonne santé" a accepté de vérifier Narconon pendant trois mois. Sa driectrice exécutive Deborah Woods a indiqué que l'agence n'avait pas encore commencé, car elle attendait que Narconon expédie son curriculum.


Le Superintendant Ackerman a interdit le programme Narconon dans les écoles après la publication du rapport Heilig.

Elle-même et Bascom ont annoncé qu'elles ne commenteraient pas la nouvelle étude avant d'avoir lue entièrement le matériau d'Heilig, dont le rapport intitulé "Exposé et recommandations pour une éducation plus efficace des enfants et de la jeunesse: respect et assistance si nécessaire".

E-mail Nanette Asimov à
nasimov@sfchronicle.com.






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