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 " Dérives sectaires " dans l'Église catholique


 

Le Monde 22.02.01

L'hebdomadaire " la Vie " consacre un important dossier à cinq communautés religieuses soupçonnées d'abus de pouvoir et de maltraitances à l'égard de leurs membres. Une enquête menée au nom de l'Évangile, c'est-à-dire de la défense des plus faibles



C'EST SANS DOUTE le prochain dossier brûlant sur lequel l'église catholique de France devra mener une " opération vérité " , comme elle vient de le faire courageusement à propos de la pédophilie. -L'hebdomadaire catholique Vie lance un pavé dans la mare posant nettement la question, dans son édition du 15 février : y aurait-il " des gourous dans les couvents " ? Au terme d'une enquête minutieuse, cinq communautés religieuses, de création récente, sont directement mises en cause pour leurs " dérives sectaires " , passées ou présentes. Apparitions et messages de la Vierge inventés de toutes pièces pour retenir au monastère une religieuse en proie au doute; soupçons de pédophilie dans une communauté qui accueille des enfants trisomiques; emprise psychologique de la fondatrice sur les membres d'une " communauté de guérison "... Les faits relatés sont graves, même si - souligne le directeur de La Vie, Jean-Claude Petit - ils ne doivent "en aucun cas être généralisés ni jeter la suspicion sur l'immense majorité des communautés ".
Les Soeurs mariales d'Israël et de Saint-Jean sont une nouvelle fois montrées du doigt (Le Monde daté 28-29 janvier). Cette communauté religieuse, fondée en 1982 dans le diocèse d'Autun, est maintenant implantée près de Roanne, dans le diocèse de Lyon. En 1986, les parents de six religieuses dénoncent, dans une lettre à l'évêque d'Autun, les graves dérives imputables à la fondatrice, Tûnde Szentes, qui a pris le nom de Mère Myriam : " Immédiateté de l'entrée dans la communauté et de la prise d'habit, la plupart du temps à l'insu des familles; rupture brutale des relations avec l'entourage; vexations, humiliations, sévices corporels; alimentation carencée; pression psychologique de la supérieure, entraînant une dépendance des soeurs à son égard, dans un climat de peur et d'angoisse "...

"VICTIME PRÉFÉRÉE "
Un an plus tard, un jugement du tribunal ecclésiastique de Lyon conclut à "l'étroite dépendance des soeurs " envers Mère Myriam. Ce qui n'empêche pas la communauté d'être reconnue, en 1994, comme association privée de fidèles par l'archevêque de Lyon. En 1995, elle est admise comme une " nouvelle branche " des Frères et Soeurs de Saint-Jean, une "famille " religieuse dont le fondateur, le dominicain Marie-Dominique Philippe, joue un rôle de " conseiller " auprès de Mère Myriam. Un conseiller qui revient un jour du couvent des soeurs "avec des bleus au visage et les lunettes cassées", rapporte La Vie !
La " victime préférée " de Mère Myriam, Soeur Marie-Madeleine, est morte le 19 janvier dernier, après avoir été hospitalisée d'urgence. " Elle était souvent frappée au point d'avoir la tête comme un "compteur à gaz" ", assurent plusieurs témoignages. Les parents de la religieuse n'ont été prévenus que deux jours après le décès. Sa mère a ces mots terribles : " Cette femme [Mère Myriam] nous aura volé notre fille jusque dans la mort. "
Face à ces lourdes accusations, la réaction des évêques paraît encore bien prudente. " Attention à ne pas tomber dans une chasse aux sorcières. (...) Certains faits sont délictueux ou criminels, il faut absolument les condamner. Pour le reste, il faut vraiment faire oeuvre de discernement " , explique Jean-Charles Thomas, ancien évêque de Versailles. Quant à l'évêque d'Autun, Mgr Raymond Séguy, il se défend en accusant les journalistes d'être une " mafia " acharnée à "détruire l'Église".
Xavier Ternisien

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