scientologie et infiltrations dans les entreprises - juillet 2000

Scientologie et infiltrations dans les entreprises

voir aussi: paris-match



ENTREPRISES ET CARRIERES N°534 du 20 au 26 juin 2000

(c) Entreprises et Carrières juin 2000


english below


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AVERTISSEMENT:
J'ai reçu la visite de la gendarmerie ce 26/7/2001 et suis allé donner réponse aux
questions qu'un chef m'a posées.

En effet, un individu nommé ARSAC., de la société EUROWIN CONSULTING, a porté
plainte contre moi pour violations de droits religieux et des lois de la
CNIL.

Je cite cet individu dans mon site, qui suggère aussi que signaler son appartenance à WISE ou
à la sciento, ça le diffame et ça lui fait perdre des sous.

Il est dans un article de journal ou deux ainsi que dans une courte liste
des affiliés WISE français, aux fichiers

http://www.antisectes.net/list-wise-fr.htm
et
http://home.worldnet/gonnet/paris-match.htm>
http://www.antisectes.net/lardeur-juin2000.htm



Or, mon site est déclaré (quoique peut-être incomplètement, ce que j'ignore
pour l'instant, je vérifie donc si j'ai fait une erreur quelque part) à la CNIL.

j'ajoute ceci à la place des noms des individus mécontents (Pons n'a pas
insisté, Bergeaud est allé plus loin, certes, il a fallu qu'OSA le
convainque, et enfin, ARSAC a porté plainte. C'est graduel...)

Mise à jour du 27 janvier 2003:
Importante mise à jour.

Je me suis présenté la semaine dernière au tribunal de Villefranche pour être jugé dans cette affaire où seule, restait l'inculpation pour non-déclaration de site web. Monsieur Arsac et son avocat étaient tous deux présents. Son avocat Serge Pasta si j'ai bien compris a dit avoir déjà défendu plusieurs clients scientologues. Il semble toutefois qu'on ne trouve pas de traces de cette affirmation.

Quoi qu'il en soit, Me Pasta a tenté de dévier complètement le procès qui restait à juger, à savoir, il restait à déterminer si j'étais coupable ou pas de ne pas avoir déclaré à temps mon site web à la CNIL. Je n'ai jamais dit que j'avais fait le nécessaire à temps: j'ignorais tout de cette règle sans rapport réel avec internet.

J'étais loin d'être le seul: à fin 1997, seuls 267 sites avaient été déclarés à la CNIL sur quelques 50000 sites français. Soit environ 0,5 %.
Le plaignant Philippe Arsac, pdg d'une société anonyme au capital de 250000 F, nommée Eurowin Consulting, 65 rue Martre à Clichy, a lui-même fait son site à une date indéterminée, puis a acheté son domaine en février 2000, mais ne l'a déclaré à la CNIL que 4 mois plus tard, alors que son site sert à récolter des données très personnalisées: des curriculum vitae.

Or, dans une SA, on a généralement de quoi réfléchir et payer des conseillers en droit lorsqu'on est un brillant ingénieur comme M. Arsac. Mais passons.

Il est vrai qu'on peut hélas dire que la très grande majorité des scientologues qui ont des entreprises ont de très gros ennuis, que ce soiit en France ou ailleurs. L'avocat de Me Arsac parlait d'entreprises de milliers de personnes, comme si cela existait dans le monde scientologue, en dehors du centre de profit "Scientologie USA". Il n'existe en fait que trois entreprises un peu importantes dans les entreprises ayant été entièrement affiliées ou encore affiliées à l'empire scientologue. Aucune n'a 1000 salariés.

La plus grande est Panda Software, le logiciel anti-virus, la plus grosse boutique sciento: environ 800 personnes à l'heure qu'il est. On trouve ensuite Craig Jensen et sa société de logiciels Executive Software (Hubbard ayant décrit le mental comme s'il s'agissait d'un ordinateur, pas étonnant que la démonstration inepte qu'il en a fait ait plu à bien des scientologues). Et une troisième affaire, qui s'occupe, hélas, de sécurité des données confidentielles du gouvernement USA, et qui est donc infiltrée dans l'espionnage international mené par Echelon: autre fâcheuse manie des scientologues, s'infiltrer dans l'armée (Russie, Grèce, France) ou dans la sécurité de l'état (France, Russie, Autriche, USA, Angleterre, Australie, Chypre, Maroc, Mexique, Rhodésie, Kosovo, Albanie, et j'en oublie sans aucun doute car on est loin de tout savoir).

Or, des entreprises non scientologues - même françaises comptent parfois, en quelques années, des dizaines de milliers de salariés. Où sont les Pouvoirs des Surhommes de la scientologie en entreprise, - où sont les aptitudes fantastiques acquises dans la gestion d'entreprises grâce aux inepties sans fin qu'Hubbard a alignées sur le papier (policies) pour faire marcher son escroquerie le plus longtemps possible?

De plus, l'avocat de M. Arsac évoquait une soi-disant impossibilité que M. Arsac puisse mettre fin aux messages qui contiennent son nom, au prétexte que je n'avais pas déclaré mon site à la CNIL. Raisonnement absurde, qui peut être comparé à :
"La SNCF ne peut pas porter plainte contre les gens qui voyagent sans ticket, puisqu'ils n'en ont pas composté."
Ou mieux, car plus proche des faits qu'on me reproche:
"On ne peut pas se plaindre contre l'auteur d'un livre dont le dépôt légal n'a pas été effectué à la BN."

Mais revenons à Monsieur Arsac.

A la fin du procès, puisque son avocat avait très largement déformé, amplifié et déformé les faits dans le but de me faire passer pour un monstre voulant la mort du scientologue, alors qu'il sait parfaitement et sans aucun doute possible qu'au contraire, mon site sert à empècher des victimes de se faire escroquer par la secte qu'il défend, j'ai abordé directement Philippe Arsac. Il est plutôt sympatique.

Je lui ai répété que je n'étais pas du tout oppposé à faire passer des droits de réponse, que je l'avais fait pour un de ses amis, et pour d'autres, dont Gilles V.

Il a dit qu'il y réfléchirait. J'imagine que son avocat lui a conseillé le contraire, espérant sans doute tirer un profit quelconque de la situation. J'ai repris contact avec M. Arsac par téléphone le lendemain soit à son bureau, et insisté sur ma proposition, demandant seulement qu'il me confirme par écrit qu'il n'était plus affilié WISE et qu'il n'utilisait pas le test personnalité faussé de la scientologie ou un de ses dérivés. J'ai renvoyé d'autres documents depuis. M. Arsac n'a rien fait, rien décidé, et rien répondu. Je lui ai aussi fait cadeau d'un de mes "La Secte" afin qu'il comprenne mieux ... la secte.

Or, Monsieur Arsac ou son avocat qui a conseillé ensuite M. Arsac, a pris des contacts OSA. Et OSA se fiche des scientologues, mais pas de la scientologie. Et OSA a déclenché immédiatement une série d'opérations supplémentaire dont je connais certaines, dans le but de trouver de quoi faire face. Bien sûr, OSA n'a pas informé Arsac. Je pense par contre que son avocat sait au moins une partie des oparations déclenchées.

J'aurais tendance à déduire de la non-réponse de M. Arsac qu'il poursuivrait un but sans rapport avec sa propre situation ou celle de son entreprise et/ou que son avocat et lui sont manipulés par OSA scientologie, non pas pour que M. Arsac y gagne, mais pour que la secte criminelle y gagne.

C'est entièrement dans les habitudes de ce que le ministre de l'intérieur disait récemment: "Certaines sectes agissent de façon maffieuse".
Quant à Chirac, il parlait de "criminels" à propos d'un allié (relatif) de la scientologie, Raël.







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je passe en anglais sur ars:

Yes, the gendarmerie (french armed police, contrary to civil police) came
to-morrow to my home, wishing to get some questions answered.

I went there to the Chief Off who indicated me that a guy named Arsac., from
EUROWIN CONSULTING, Paris, had complained against me before the Courts for
violation of the nominative rules of computer files et - just to simplify,
because my sitedoes show some files with his name.

That's true, he's in two articles if what has been shown to me is right.
Those articles must be there:

http://www.antisectes.net/list-wise-fr.htm
and
http://www.antisectes.net/paris-match.htm
http://www.antisectes.net/lardeur-juin2000.htm



But he was evidently trying to get also something like "you know, that bad
criminal Gonnet here; he's making me to lose money and reputation, and my
religious human rights, and blah blah".

You know, the same sort of sing they are singing before a californian court
to make Keith in.

Interesting to know, the file shown for WISE list is not the same at all
than mine. Mine just says that WISE fraence is constituted of name + name of
company.

That's otherwise the same sort of blahblah as it was in the Bailiff
presentation. "Violation of religious blah blah".

We'll see if the "doctor of Dininity" has to change something. For the
moment, i'll just indicate this in the site's pertinent files.

I'd like to make also observe that the palintiff looks to be the Arzac
scientologist, but in fact, unless he is extremely able, his presentation
denounces the hand of -most proably- their usual attorney of scieno france,
that is, Metzner. This is the second suit where I've Metzner before me (the
other one is where scientology as an entity and the president of scn ile de
france are incriminated for attempt of fraud and violation of computers
files rules.

Metzner is a tough one, the sort like of good attorney like Moxon could be,
but he is, contrarily to Moxon who is a criminal and an idiot, not an idiot
at all, and not a criminal scieno either. This is a top french attorney. So am i a top french critic of the criminal cult.
Ready to face.

Sectes
L'entreprise, une cible privilégiée


Prestations de conseil, coaching, formation... les sectes ne manquent pas d'imagination pour infiltrer les entreprises. La psychose que créent les phénomènes sectaires a incité le secrétariat d'Etat à la Formation professionnelle à distribuer, au début de ce mois, une circulaire aux services de contrôle de la formation professionnelle les invitant à être particulièrement vigilants, notamment sur les stages de développement personnel. Par ailleurs, le 22 juin, la proposition de loi du sénateur About, visant à interdire les sectes les plus dangereuses, sera à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale.

>DÉVELOPPEMENT PERSONNEL
Une formation professionnelle ou personnelle?

Depuis vingt ans, un certain nombre de sectes se sont positionnées sur le marché de la formation professionnelle. Leur créneau? Le développelnent personnel. Formation Professionnelle ou formation personnelle? La question est aujourd'hui à l'ordre du jour.


Février dernier, Françoise, au chômage depuis six mois, se rend à l'ANPE de la Roche-sur- Yon (85) en quête d'un stage. Elle y feuillette le répertoire des organismes de formation 1999 édité par le Carif Pays de la Loire et arrête son choix sur un organisme installé à Nantes, l'Institut privé de sciences humaines. Elle leur écrit pour obtenir une documentation qu'elle reçoit trois semaines plus tard.

Questionnaire suspect. "Elle m'a paru d'emblée bizarre, précise-t-elle. Ainsi, le centre proposait une formation longue en "nouvelle psychologie", visant à "reconnaître pleinement à l'âme humaine sa dimension sacrée et divine". La responsable, Aruna Le Gouguec, se présentait comme initiée "aux plus importantes sciences spirituelles de la tradition orientale" par des maîtres. A cela s'ajoutait un questionnaire à remplir, étiqueté "confidentiel", qui relevait plus de la vie privée que professionnelle, avec des questions comme: "Dans quels termes êtes-vous avec vos parents?" "Avez-vous déjà fait dans votre vie une ou des tentatives de suicide?" "Croyez-vous en la réincarnation ?". Bref, tout cela ressemblait plutôt pour moi à une secte. Je suis donc retournée à l'ANPE avec cette documentation pour leur faire part de mon trouble. Là, pour seule réponse, il m'a été rétorqué que si la formation ne me plaisait pas, je n'avais qu'à en changer! Rien ne les choquait. Mais j'ai voulu en avoir le coeur net. C'est pourquoi je me suis adressée à l'ADFI (Association de défense des familles et de l'individu) à Nantes, qui m'a appris que ce centre figurait bien dans la liste des sectes du rapport de la commission d'enquête parlementaire de 1996."

L'image et la réalité.

Cette histoire est symptomatique du monde qui sépare une plaquette de présentation d'un organisme de la réalité. Comment savoir, en effet, qu'Aruna est une ancienne disciple de feu le messie cosmoplanétaire du Mandarom? Comment deviner que le diplôme de "conseiller en relations humaines" proposé par ce centre n'est reconnu que par ses seuls responsables? Comment penser que cet institut (1) prépare ses stagiaires au "grand mystère", avec au menu une "purification du corps physique, astral et mental". Une vingtaine de sectes (Landmark Education, système du corps miroir, méthode Silva...) sont bien présentes sur le marché de la formation professionnelle, sans qu'on n'en connaisse le nombre exact. Il s'agit, dans la plupart des cas, de petits organismes de formation proposant des stages de développement personnel (DP) (2). Il ne faut pas cependant se méprendre. Les sectes ne sont pas interdites et leur existence n'est pas en soi remise en cause. En revanche, leur positionnement sur un marché important, celui du DP qui forme chaque année entre 300000 et 400000 personnes, soulève de multiples interrogations: marché opaque, difficulté de se repérer entre les différents intitulés de stages, les objectifs ou encore les méthodes, dérives... Sans oublier que l'on peut aussi s'interroger sur la pertinence du financement par des entreprises de stages qui relèvent d'une démarche volontaire et qui touchent à la personnalité des individus. Ce constat est connu depuis de nombreuses années sans que rien ne change. Comme si le statut politiquement correct valait mieux que les décisions qui fâchent. Jusqu'à l'intrusion des sectes dans ce secteur qui, par la psychose qu'elles créent, ont montré à tous la nécessité d'un changement.

Sensibilisation.

A commencer par l'État. Une circulaire de sensibilisation "relative aux pratiques sectaires dans le domaine de la formation professionnelle", mise au point par les services de Nicole Péry, secrétaire d'État aux Droits des femmes et à la Formation professionnelle, est ainsi distribuée, depuis début juin. aux services de contrôle de la formation professionnelle (voir p.12). Après avoir dressé le constat que "l'entreprise constitue une cible privilégiée des mouvements sectaires, notament sous l'angle de la formation professionnelle", elle leur enjoint notamment de "rechercher tous comportements et modes de gestion susceptibles de constituer des indices de pratiques illégales et à être particulièrement vigilant sur les stages de DP".

Grand ménage.

L'heure du grand ménage a sonné. En fait, il a déjà commencé, mais dans la discrétion. Un exemple? L'organisme bordelais Otium, représentant en France de lasecte Star's Edge International et dispensateur des stages Avatar, a ainsi fait l'objet en 1996 d'un contrôle, qui a conclu que ses prestations ne relevaient pas de la "typologie des actions de formation professionnelle". Et qu'à ce titre, Otium devait reverser au Trésor les sommes perçues entre 1992 et 1994. Contestant cette décision devant le Tribunal administratif de Bordeaux, l'organisme a vu sa demande rejetée le 28 décembre dernier. Et le juge de préciser que les "actions en cause ont pour finalité de fournir aux participants des méthodes d'exploration et de modification de leur fonctionnement psychique, de leurs représentations du monde et d'eux-mêmes, et de leur faire découvrir leurs motivations personnelles", et qu'à ce titre, elles ne peuvent relever directement de la formation professionnelle. L'association Otium a fait appel de cette décision. Pour l'anecdote, Cela n'avait pas empêché, voilà quelques années, de grandes sociétés comme Thomson, la RATP ou encore EDF (lire Entreprise & Carrières n°387) d'y envoyer des salariés pour qu'ils puissent retrouver leurs" énergies créatrices internes".

Obligation de remboursement.

Conséquence directe de ce jugement: les entreprises ne peuvent plus prendre en charge les stages Avatar sur leur budget formation, au risque de devoir à leur tour rembourser les sommes correspondantes. Quant aux salariés, ils trouvent là un argument de poids pour refuser de suivre ce type de stage. Reste une interrogation: pour définir si les stages de DP relèvent de la formation professionnelle, cela suppose que les services de contrôle effectuent un contrôle sur place des milliers d'organismes de formation qui en proposent. Et donc qu'ils en aient les moyens. Or, ce n'est pas le cas aujourd'hui. Depuis la fusion entre les corps d'inspection du travail et de formation professionnelle, on dénombre seulement... 70 inspecteurs pour contrôler les entreprises, les organismes de formation, les collecteurs, sans oublier la gestion des fichiers, le conseil, l'animation... Alors qu'il en faudrait, selon certaines sources, au moins 120. Une dernière remarque pour finir. Il ne faut pas non plus tout attendre de l'État. C'est à l'ensemble des acteurs d'être responsables. Certains tentent d'agir, comme IBM qui, après son expérience malheureuse avec Landmark Education, a décidé de centraliser les décisions en matière de formation professionnelle et d'internaliser les prestations réalisées dans ce domaine. Ou encore EDF qui a choisi d'interdire dès juillet 1996 "toutes les formations qui touchent ou concernent les valeurs personnelles, la vie personnelle intime et les approches psychanalytiques". Dans le même registre, on peut aussi citer des collecteurs comme Promofaf ou encore Uniformation qui ont décidé de mettre en place des grilles de vigilance, susceptibles de repérer les organismes douteux.

(1) Le préfet de la région des Pays de la Loire a décidé le 30 juillet 1998, à la suite d'un contrôle de l'Institut, que la "psychologie holistique" était une formation personnelle, et qu'elle n'entrait donc pas dans le champ de la formation professionnelle continue. Une décision confirmée par le tribunal administratif de Nantes le 18 février dernier. Jean-Pierre Le Gouguec a fait appel de cette décision.
(2) "L'ensemble des processus psychologiques qui entrent en jeu pour permettre de satisfaire le besoin d' accomplissement de l'être humain". Source: Les formations au développement personnel, Centre Inffo, n° 148, mai-juin 1997.


> WISE: WORLD INSTITUTE OF SCIENTOLOGY ENTERPRISES,
Un réseau de près de 2 500 entreprises dans le monde

Etablies dans une quarantaine de pays, organisées en réseau et travaillant parfois les unes avec les autres, les "entreprises scientologues oeuvrent à faire "émerger une nouvelle civilisation".Présentation.
Crée en 1979, le World Institute of Scientologie Enterprises, plus connu sous le sigle Wise, se présente comme une organisation de membres dont l'objectif est de faire en sorte que la technologie administrative de L. Ron Hubbard -Tech LRH - soit largement diffusée et que le niveau d'éthique et d'intégrité soit maintenu parmi les entreprises en insufflant les principes, codes et doctrines d'éthique de la religion de Scientologie dans le monde des affaires". Bref, Wise est la branche de la maison scientologie chargée d'"assainir la scène économique" grâce à la tech LRH, la "seule [...] de la planète qui a fait ses preuves et qui
fonctionne".
Ses membres appartiennent à six catégories, du simple adhérent qui emploie ces principes de gestion dans le cadre de son travail ou de sa profession, au consultant qui délivre la tech LRH sous forme de cours ou de consulting (1). Unis, ils "traitent des affaires ensemble, se
recommandent les uns aux autres", et bénéficient de certains avantages comme des circulaires d'information, des annuaires d'adhérents, des séminaires, des colloques et arbitrages en cas de litiges. Ils sont aussi tenus de respecter un "code" pour lequel ils doivent notamment "promettre d'endosser la responsabilité de faire émerger une nouvelle civilisation" et "d'améliorer et d'augmenter les adhésions à Wise".

Réseau structuré.

A l'évidence, Wise n'est pas, comme on tente de nous le faire croire, qu'un simple groupe de personnes qui utilisent la tech LRH. C'est avant tout un réseau structuré et autonome, dont les objectifs principaux sont de répandre le plus possible la tech LRH dans tous les milieux, et ensuite d'orienter de nouveaux adeptes vers la secte. Non seulement cela est écrit, puisque les membres de Wise doivent s' efforcer de "diriger leurs clients vers des services de Scientologie, qui à leur tour changent leur vie de façon spectaculaire [...]", mais en plus, cela s'est déjà produit. C'est ainsi, par exemple, que Guy C, alors qu'il dirigeait l'organisme de formation Diace Conseil, a été condamné en 1998 par la cour d'appel de Versailles à rembourser à une société la totalité des sommes qu'il avait perçues à la suite d'une formation à la vente. A cette occasion, la cour d'appel avait relevé que Guy C avait "effectué du prosélytisme pour l'église de Scientologie" pendant la session de formation et qu'il n'avait pas "exécuté sa mission avec loyauté et bonne foi".

2427 entreprises dans le monde.

Reste à connaître l'importance de ce réseau. La lecture de 1'annuaire intemational des entreprises scientologues de 1999 (2) est éloquente. On recense 2427 entreprises scientologues présentes sur tous les continents, avec une prédominance aux États-Unis et en Europe (voir tableau ci-contre).
En France, on dénombre 34 sociétés, contre 13 en 1991. Une progression remarquable au vu des déboires rencontrés ces dernières années par la secte (condamnation de responsables régionaux de la secte, à Lyon en 1995 et à Marseille en 1999 (3), deux rapports parlementaires de 1995 et 1999 très critiques à l'égard de l'Eglise de Scientologie). Ces sociétés oeuvrent dans tous les secteurs d'activité, services administratifs, éducation, informatique, automobile, communication, bâtiment... Une majorité toutefois est positionnée dans le conseil, la formation, le recrutement, le coaching, l'informatique... Bref, autant de domaines sensibles qui ne sont pas sans poser certains problèmes de financement, de sécurité et de confidentialité aux entreprises, pour un mouvement ayant ses bases aux États- Unis, et posant, selon la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (Mils), des "problèmes d'une particulière gravité" (4). Linquiétude est légitime, et cela d'autant plus que ces entreprises scientologues ne mentionnent jamais leur lien avec Wise, sauf parfois une référence à Ron Hubbard. Comme l'entreprise Valgo France qui, dans un document intitulé Recrutech-vente, précise que la technologie d'évaluation utilisée par le service technique repose sur les travaux de M. Hubbard, "reconnu pour ses travaux multiples dans le domaine du comportement humain". De la Scientologie, nulle mention.
Pour Danièle Gounord, porte-parole de l'Eglise de Scientologie, ce culte du secret se justifie "parce que, dès qu'elles sont connues, elles deviennent la cible de pressions et d'enquêtes policières". Paranoïa ou réalité, difficile de savoir. Dans tous les cas, cette attitude a une conséquence directe, celle de ne pas informer les entreprises des liens de ces organismes avec la Scientologie.

Fantômes.

Que peuvent dès lors faire les entreprises qui veulent éviter de travailler avec des entreprises scientologues? En fait, pas grand chose, car il est difficile de faire face à des fantômes. Elles peuvent néanmoins s'adresser aux associations capables de leur apporter des informations concrètes, ou, tout du moins, des conseils utiles. Et se préparer à réagir dans l'urgence au cas par cas!
Les grandes entreprises, elles, peuvent nouer un partenariat avec la Mission interministérielle de lutte contre les sectes. "Face aux sectes, la meilleure défense est la prévention, note Alain Vivien, président de la Mils. C'est pourquoi nous proposons aux entreprises qui le souhaitent des accords de partenariat. Ils visent à mettre en place une sorte de veille, mais aussi à permettre à une entreprise de solliciter les services de la mission en termes de recherche, d'investigation, de documentation, lorsqu'elle a un doute. Certains partenariats ont déjà été signés, d'autres s'annoncent, dont certains sur le plan international."

(1) Pour exercer, ces consultants doivent acheter une licence, en échange de laquelle ils s'engagent à reverser à Wise des royalties (de 6 % à 9 %) prises sur leur chiffie d'affaires.
(2) Voir l'article Scientologie, infiltration mode d'emploi, Paris Match, 17 février 2000.
(3) Une des parties civiles a fait appel de la décision.
(4) Rapport de janvier 2000.

Nombre d'entreprises membres de Wise par pays en 1999

ETATS UNIS..........1118
ITALIE....................228
ALLEMAGNE.........169
ROYAUME UNI......134
HONGRIE.................129
RUSSIE......................125
AFRIQUE DU SUD....86
AUSTRALIE...............74
MEXIQUE...................73
SUISSE........................56
FRANCE......................34
PAYS BAS...................19
AUTRICHE...................18
DANEMARK................18
GRECE.........................16
ESPAGNE....................14
SUEDE..........................14
TAIWAN.......................14
VENEZUELA................12
JAPON............................11

> PROSÉLYTISME

la place des adeptes-relais dans l'entreprise

Les sectes se servent souvent de leurs adeptes comme relais pour infiltrer tous les secteurs d'activité. Ce qui ne va pas sans poser de problèmes lorsque ces adeptes occupent des postes à responsabilité dans les entreprises.

Les adeptes sont, comme tout un chacun, des gens qui travaillent. Sauf qu'à la différence des gens ordinaires, ils sont convaincus de connaître la vérité, la voie, l'idéal. Dès lors, on ne peut écarter l'idée qu'ils soient aussi prosélytes dans le cadre de leur travail, qui plus est lorsqu'ils occupent des postes à responsabilité. C'est ainsi que le scientologue Guy Bergeaud. alors qu'il était directeur de la division des ventes de VAG France au début des années 80, avait envoyé 120 collaborateurs de sa société suivre les stages d'Obnose, un
spédaliste de la tech LRH.
A la même époque, à Shiseido France, alors que le scientologue Joël Berger occupait le poste de directeur commercial, c'est un autre scientologue, Guy Cassan, qui assurait les stages de force de vente. Plus récemment, en 1998, le scientologue Gabriel Von Rompay, alors Pdg de la société Sogetram, à recouru à de multiples consultants externes, tous membres notoires de l'église de Scientologie.
Autre secte, autre exemple: lors du stage Forum proposé par Landmark Education, les stagiaires sont invités avec insistance à faire venir certains de leurs proches (famille, col-
lègues...) à la soirée de clôture et, si possible, recueillir leur inscription. C'est de cette manière que cette secte a réussi à approcher certaines entreprises comme IBM ou EDF. Il est vraisemblable que cela perdure. Et d'autant plus que, pour la première fois, des Français convaincus ont accepté publiquement de prendre fait et cause pour ce mouvement via le site Internet des "diplômés" du Landmark Forum. Parmi ceux-ci, on peut lire le témoignage signé "Jean-Marie Le Patezour, général de l'Armée de l'air à la retraite" qui écrit: "Je m'efforcerai de faire connaître Landmark Education à ceux en charge aujourd'hui de [la] formation de jeunes, tant pour le ministère de la Défense que dans mon entreprise."

Entre crainte et respect

Ces quelques exemples, que l'on pourrait multiplier à l'envi, posent indéniablement un problème aux entreprises, coincées enttre leur crainte d'être confrontées à des organismes liés à des mouvements sectaires et le respect des croyances de leurs salariés. On en a eu un parfait exemple en 1998 lorsqu'un salarié d'EDF, scientologue affirmé et non-prosélyte, a été écarté d'un poste de chef d'exploitation d'une centrale qui lui était pourtant destiné.
Le sujet est sensible. Dans son rapport de janvier dernier, le président de la Mils, Alain Vivien, l'aborde indirectement à propos des enseignants-adeptes. Et soulève l'idée du "principe de précaution" qui pourrait, comme l'envisagent certains parents, aller jusqu'à l'éloignement de l'enseignant.
Une règle du jeu est, à l'évidence, nécessaire. Reste à la définir.

> LISTES NOIRES
Attention aux rumeurs!

Face au phénomène sectaire, les entreprises semblent dépassées. La rencontre du monde de l'irrationnel s'avère explosif, sur fond de rumeurs, psychoses et listes noires.

Les réactions suscitées par les phénomènes sectaires sont souvent excessives. Il en est ainsi des rumeurs ravageuses qui circulent sur telle personne qui serait scientologue ou sur telle entreprise qui serait affiliée à telle secte. De même, l'utilisation de termes comme bioénergie, sciences cognitives, programmation neurolinguistique évoquent la secte, sans aucune raison. Les associations de lutte contre les sectes se retrouvent ainsi surchargées de demandes d'information sur quantité d'organismes qui n'ont aucun lien avec les sectes. Comme si les entreprises se dédouanaient de leur responsabilité en s'adressant à ces structures plutôt que de se poser elles-mêmes les vraies questions: d'où vient la méthode?
Quels sont les compétences des formateurs?

Amère expèrience.

Plus grave, depuis quelques années circulent entre les mains des DRH des "listes noires". Responsable d'une société informatique d'une centaine de salariés, François en a fait l'amère expérience. "Tout a commencé en 1997, précise-t-il, lorsque je me suis aperçu que des grandes entreprises, clientes de longue date, mettaient un terme à notre collaboration, sans raison apparente. J'ai essayé d'en savoir davantage mais personne ne voulait me répondre... Le mystère s'épaississait jusqu'au jour où l'un de mes clients m'informa que j'étais affilié à la Scientologie! Jai alors tenté d'en comprendre la raison. Et c'est ainsi que j'ai appris que le nom de ma société figurait sur une liste noire qui circulait sous le manteau. La situation devenait de plus en plus compliquée. D'un côté, nous perdions des clients et de l'autre nous n'en trouvions plus de nouveaux. L'un de mes commerciaux s'est même vu entendre dire "alors comment ça va la sciento?" J'ai commencé à être très inquiet pour l'avenir. C'est alors que j'ai compris pourquoi mon nom figurait sur la liste. Seulement parce que l'un des intervenants de ma société -nous en avons plus de cent- était scientologue! J'ai dû m'en séparer pour sauver la société. J'ai en parallèle pu obtenir des lettres selon lesquelles nous ne faisions pas partie de la Scientologie. Puis, j'ai repris contact avec les sociétés qui nous avaient écartés pour leur expliquer l'origine de l'affaire. Cela a pris du temps et j'ai pu renouer des relations avec certaines d'entre elles." Et François n' est pas le seul à s'être retrouvé dans cette meme tourmente. Une autre entreprise, également d'informatique, a été listée début 1999, tout simplement parce que deux de ses salariés étaient les homonymes de personnes connues pour faire partie d'une secte!

Cas judiciaires.

Autre phénomène troublant, cette fois-ci sur le plan judiciaire. En janvier 1992, Claude, chauffeur-ramasseur de la société Unicoolait (Moselle) est licencié pour faute grave pour avoir parlé au cours d'une de ses tournées de ramassage de lait des liens unissant l'organisme de formation qui oeuvrait dans sa société avec la scientologie. Il saisit le Conseil des Prud'hommes de Sarrebourg qui, par jugement du 10 septembre 1992, estime le licenciement dénué de cause réelle et sérieuse. L'entreprise est condamnée à lui verser diverses sommes pour un montant de 140000 francs et, plus inhabituel, à afficher le jugement dans ses locaux.
Autre histoire: le 20 novembre 1996, Jean, cadre de direction, est licencié pour faute grave, sans indemnités et avec expulsion immédiate. Son tort? "D'avoir dénoncé les activités particulières du responsable informatique et d'avoir constitué un dossier dans l'intention de nuire" à sa hiérarchie. Une version qu'il conteste. Pour lui, c'est après avoir découvert que l'un de ses collègues était un membre actif et actionnaire de la FAR, et que ce mouvement était catalogué comme secte évangélique dans le rapport parlementaire sur les sectes de 1996, qu'il a décidé de prévenir le vice-Pdg de ses soupçons. Sans réaction de sa part, il a alors pris l'initiative d'adresser une note d'information confidentielle, "simple mise en garde", à la direction des relations extérieures de sa maison-mère, Intertechnique. Et c'est ensuite que le vice- Pdg, sommé de régler ce problème, a choisi de se séparer de ses deux salariés. Le Conseil des Prud'hommes de Longjumeau donne finalement raison à Jean par une décision du 3 juillet 1998 en estimant le licenciement dénué de cause réelle et sérieuse.
Le jugement est confirmé par la Cour d'appel de Paris, le 15 juin 1999, qui condamne en outre la société à payer à Jean une somme de 860000 francs au titre de dommages-intérêts, relevant expressément qu'il avait "accompli avec un courage méritoire ce qui était son devoir". La société s'est pourvue en cassation. Une publicité inhabituelle pour une entreprise habilitée "secret-défense" et qui travaille pour la Défense nationale. On lui doit notamment la fabrication des stations d'écoute satellite de la DST, les moyens de stockage et d'analyse des tirs nucléaires du Pacifique ou encore les moyens de télémesure et les moyens de télé-destruction des lanceurs Ariane !

Cas par cas.

L'inquiétude des entreprises d'être infiltrées est légitime, comme celle des salariés d'être embrigadés. Pour autant, se protéger, s'informer, prendre en compte la mesure du phénomène sectaire ne signifie pas faire tout et n'importe quoi. Comme le rappelle Jean-Pierre Bousquet, directeur des études thématiques sectes et entreprises au CCMM (Centre de documentation, d'éducation et d'action contre les manipulations mentales), "chaque affaire de secte doit être considérée au cas par cas. Il n'y a, en tout état de cause, jamais lieu de dramatiser car la peur ne pourrait qu'être mauvaise conseillère et entraîner des réactions irréfléchies".

> CONSEIL ET FORMATION
la liste des organismes français de l 'annuaire Wise

34 entreprises françaises apparaissent dans l'annuaire 1999 du World Institute of Scientology Enterprises, l'Institut mondial des entreprises scientologues, sous leur nom commercial ou sous la désignation d'une personne physique. La plupart oeuvre dans le champ du conseil aux entreprises et de la formation.

> Business Dynamic

-Date de création: 1992
-Implantation: Boulogne-Billancourt (92). Une filiale à un moment donné en Suisse.
-Fondateurs: trois scientologues, Guy Bergeaud, Philippe Sarrazin, Joël Berger.
-Objet: formation sur mesure et coaching principalement. Mais aussi conseil, management, communication, marketing, gestion des ressources humaines.
-Références: BNP; BMW, Lyonnaise des Eaux, Péchiney, RATP, Rhône-Poulenc, Roussel Uclaf, Société Générale, Shell, Vivagel, Icare...
-Commentaires: brillante carrière que celle de Guy Bergeaud: directeur du marketing chez Ford, directeur des ventes de Volkswagen, directeur général de la filiale anglaise de Renault, directeur commercial de Renault, Pdg de Rover France, avant de créer Business Dynamic. Guy Bergeaud ne cache pas son appartenance à la secte depuis 1982, mais précise que "Business Dynamic n'a jamais été et n'est pas rattaché à la Scientologie" (1) et encore que "Business Dynamic est une entreprise à part entière, libre de tous liens juridiques, financiers ou autres avec quelques groupes religieux, philosophiques ou politiques, dont la seule intention est de délivrer des services de la plus grande qualité possible à ses clients et de prospérer honnêtement". Joël Berger, cofondateur de Business Dynamic, est, par ailleurs, administrateur de la société Eurowin Consulting Group.

> Eurowin Consulting Group

-Date de création: 1990
-Implantation: Paris.
-Fondateurs: sept scientologues, Philippe A., Annick A., Joël Berger, Daniel Jung, Xavier Lepetit dit Deluc, Christophe Rossi et Christian Gounord.
-Objet: conseil en recrutement, conseils de direction, coaching, informatique, organisation, multimédia...
-Références: Air liquide, Banque Bruxelles Lambert, groupe Bouygues, groupe Pinault-Printemps-Redoute, Hachette, Primagaz, Schlumberger, Usinor-Sacilor, Prisunic...
-Commentaires: Philippe A., ex-directeur du département projets européens du groupe Thomson, ex-secrétaire général de SSII; Joël Berger, ex-DGA de Shiseido France, ex-directeur France du groupe Revlon; Daniel Jung, ingénieur Insa de Lyon, ex-directeur qualité Gec Alstom, ex-directeur informatique et directeur qualité de P7I Consulting, une société d'informatique, aujourd'hui disparue, dirigée, à l'époque, par trois scientologues, Patrick Morin, Armand Ricard, Patrice Wellhoff; Patrick Moreau, ingénieur Insa de Lyon, ex-chef de projet Aérospatiale; Christophe Rossi, polytechnicien, ex-manager Arthur Andersen, Xavier Deluc, comédien, ancien président de l'association "Non à la drogue, oui à la vie" chargée notamment de promouvoir les "programmes de recherche de LRH sur la prévention et l'élimination de l'effet des drogues"; Christian Gounord, ancien formateur de U-Man Académie, spécialiste de la tech LRH.
Philippe A., président d'Eurowin Consulting Group, a réagi à notre demande d'interview en nous faisant savoir par écrit que "l'entreprise à laquelle [il] appartient est constituée de personnes de confessions diverses et que la liberté de conscience est un droit constitutionnel".

> Action Académy

-Date de création: 1992
-Implantation: Paris
-Fondateurs: plusieurs scientologues, Eric Ianna, Christian Fatoux, Louis Sanguinetti, Marie-Antoinette Dorée...
-Objet: conseil et formation.
-Références: essentiellement des PME-PMI, Thermofrima, Jean Couturier International, Wilson Color.
-Commentaires: cette société est référencée dans l'annuaire Wise 1999 comme consultant dans la tech LRH. Son gérant, Eric Ianna, était auparavant l'un des formateurs de U-Man académie et gérant de Ciborg, deux sociétés spécialistes de la tech LRH, aujourd'hui disparues, et Marie-Antoinette Dorée, ancienne cogérante de U-Man International. Christian Fatoux a vendu ses parts sociales en 1995 et abandonné le poste de gérant.
En 1998, le groupement interentreprises du Val-d'Oise a fait juger qu'Eric Ianna avait tenu des listes informatiques de ses clients ou des personnes à démarcher, sans déclaration préalable à la Cnil.

> Valgo France

-Date de création: 1997
-Implantation: Tremblay-en-France(93)
-Fondateur: Patrick Valtin
-Objet: conseil en management, formation.
-Références: France Telecom EGT, EDF/GDF Services, Orly Restauration, groupe Rentokil, ITT Cannon, Sadec-Schneider, Naf-Nadf, Kookaï, Fougerolle...
-Commentaires: référencé dans l'annuaire Wise 1999 comme consultant dans la tech LRH, cette société de droit étranger a pour gérant Patrick Valtin, scientologue notoire, ancien "patron" (2) de l'Association internationale des scientologues et ancien gérant de deux autres sociétés spécialistes de la tech LRH aujourd'hui disparues, U-Man France et Capacitas. On trouve également parmi les consultants formateurs ayant travaillé ou travaillant pour Valgo, plusieurs scientologues comme Guy Cassan, ancien gérant de Diace Conseil, Jean Chevrot qui avait crée en 1994, avec deux autres scientologues, Baruch Sigler et Jean-Philippe Labreze, et ancien l' association "Collège Hubbard d'Administration de Marseille", dissoute en septembre 1995, et André Tocqueville.

> Planète Formation Conseil

-Date de création: 1988
-Implantation: Eaubonne (95)
-Fondateurs: plusieurs scientologues, Jean-Luc Gobbé, Maryvonne Legoux, Albert Limonta, Olivier Champion...
-Objet: formation et conseil en direction des entreprises, des artistes et des particuliers.
-Commentaires: ingénieur de formation, Jean-Luc Gobbé est déclaré dans l'annuaire Wise 1999 comme consultant dans la tech de management LRH. Un spécialiste confirmé puisqu'on le retrouve comme associé de 8C-Obnose en 1984 et de Leaders en 1989, deux sociétés, aujourd'hui disparues, diffuseurs des méthodes LRH. Planète Formation Conseil a animé, le 30 mars dernier, une conférence sur les "avantages de la planification pour les PME-PMI" au Conseil général du Val d'Oise dans le cadre des "apéritifs contacts". Organisée par le Comité d'expansion économique du Val d'Oise, cette manifestation sert surtout à mettre en relation les acteurs économiques du départentent

> André Toqueville

-Date de création: 1985
-Implantation: Angers
-Fondateur: André Tocqueville
-Objet: conseil et formation.
-Références: Cointreau, École supérieure d'agriculture, Ecco travail temporaire...
-Commentaires: André Tocqueville est déclaré sous son nom dans l'annuaire Wise 1999. Il est depuis 1985 l'un des associés de Management Distribution, une société qui proposait des stages mis au point par LRH comme le "stage aux émotions", ainsi que des cours de rattrapage scolaire. André Tocqueville est également consultant-formateur pour Valgo France et ancien porte-parole d'Applied Scholastic (3), l'organisme qui gère les découvertes de Ron Hubbard pour "transformer nos écoles en des institutions d'une qualité d'enseignement sans précédent"! Enfin, la lecture des statuts de la société Management Distribution fait apparaître comme associé-fondateur aux côtés d'André Tocqueville, Danièle Gounord, porte-parole de l'église de Scientologie et directrice de publication du journal Éthique & Liberté, le "journal des Droits de l'Homme de l'Église de Scientologie".

> Victor Tryfos

VictorTryfos fait partie des adeptes sûrs. Il est ainsi l'un des 15000 scientologues dans le monde à avoir accepté d'avoir son site Internet personnel, dans lequel il explique ses succès en scientologie, reproduit sa citation favorite de Ron Hubbard. Il y dit notamment comment, toxicomane, il s'est vu offrir la chance de rejoindre le "programme Narconon", programme de désintoxication fondé sur les travaux de Ron Hubbard. Il oeuvre depuis quelques années à faire connaître la tech LRH aux entreprises, comme consultant. Il travaille pour le cabinet Power Management Systems qui s' affirme membre de Wise, devenu Cabinet Bernard Gestion en 1997, et dont le titulaire du n° Siret est Valérie Bernard, scientologue, dont le nom, cependant, n'apparait plus dans l'annuaire Wise 1999.

>Pierre Lefevre/Computer Case

Pierre Lefevre est un scientologue de longue date. Au début des années 80, il travaillait au Bureau des affaires sociales (Soco) (4), la structure qui se chargeait de "faire utiliser la tech LRH dans les divers secteurs laïques de la société". Il est également cité à plusieurs reprises comme "patron" (2) de l'Association internationale des scientologues. Avec sa femme, Eva, il a créé ensuite une société de traitement informatique et de traduction, dénommée Cabinet Pierre Lefevre. Il exerce aujourd'hui sous la forme libérale dans le domaine du conseil en systèmes informatiques. La société Computer Case, mentionnée dans l'annuaire Wise, est une société spécialisée dans le conseil en informatique créée en 1989 par son père, Denis Lefevre, et radiée en 1996.

> Jean-Victor Costa

Il exerce en tant que profession libérale comme conseil pour les affaires et la gestion à Versailles (78) sous l'enseigne "marketing et communication". Il fait partie des multiples consultants scientologues qui ont travaillé pour la Sogetram en 1997 lorsqu'elle était dirigée par le scientologue belge, Gabriel Van Rampay. Jusqu 'à ce que les salariés de l'entreprise décident de faire grève avec occupation d'usine pour obtenir le départ de ce dernier en mai 1998.

> Jean-François Dodier

Il exerce aujourd'hui son activité de conseil pour les affaires et la gestion aux entreprises en tant que profession libérale à Versailles (78). Il était l'un des actionnaires de la société Baticom, créée en 1988 et radiée en 1996. Cette entreprise, spécialisée dans l'étude, le conseil et la réalisation de tous projets d'urbanisme et d'architecture, était membre de Wise en 1991.

> Jean-Paul Pruniaux

Cet ancien "patron" de l'Association Intemationale des Scientologues (2) exerce aujourd'hui son activité de conseil pour les affaires et la gestion aux entreprises comme travailleur indépendant à Paris.

> Didier Roy

Cet informaticien, ancien "patron" de l'Association Internationale des Scientologues (2), exerce aujourd'hui en tant que travailleur indépendant à Paris et se charge de la réalisation de logiciels. Depuis 1996, il est membre de l'Association "Église de Scientologie d'lle-de- France".

> Michel Lollichon

NOTA: j'ai effacé le 13 septembre 200 le passage consacré à Lollichon et Jean-Pierre PONS, étant donné que j'ai reçu ce document et y ai répondu comme suit:

----- Original Message -----
From: Jean-Pierre PONS <jean-pierre.pons@talent-view.com>
To: <secticide@worldnet.fr>
Sent: Thursday, September 14, 2000 10:55 AM
Subject: URL http://myweb.worldnet.net/~gonnet/lardeur-juin2000.htm


> Monsieur,
>
> Vous reportez sur l'URL indiquée ci-dessus, un article paru dans
> ENTREPRISES ET CARRIERES N°534 du 20 au 26 juin 2000. Compte tenu du
> caractère mensonger, calomnieux et diffamatoire de cet article, je vous
> indique que je me réserve de saisir le Parquet de plaintes en
> diffamation et en dénonciation calomnieuse à l'encontre de toute
> personne physique ou morale ayant participé à la création et à la
> propagation de ces rumeurs qui n'avaient pour but et ont eu pour
> résultat que de nuire gravement à la société que je dirige, à ses
> actionnaires et à son personnel.
>
> Je suis outré que dans un pays qui se veut démocratique de telles
> rumeurs malveillantes puissent avoir le moindre écho, sans qu'elles
> aient été vérifiées et se soient avérées vraies.
>
> Jean-Pierre PONS, Gérant.
>

Cher Monsieur,

Je prends acte et efface du fichier en question la partie de l'article qui
concerne Jean-Pierre Pons et son entreprise, n'ayant aucune solution pour
juger par moi-même de la réalité des faits rapportés par un journaliste
aussi sérieux et écrivain que peut l'être M. Lardeur, ni du fait qu'il y
aurait une erreur dans son article paru dans un magazine non moins sérieux,
Entreprise et Carrières.

Je reviendrai le cas échéant sur ma décision après plus ample information et
consultation auprès de ce magazine et de l'auteur, sur cette affaire.

Salutations,

Roger Gonnet

> Henri Rozenbaum

Ce scientologue est un spécialiste de longue date de la tech LRH. Il était, à la fin des années 80, directeur des services techniques de U-Man France, une société aujourd'hui radiée, qui commercialisait le U-test, en fait le test de personnalité cher aux scientologues. Avant de devenir gérant de la société Quest Consulting, également spécialiste de la tech LRH. Seul changement: le U-test s'était transformé en Pape-test. Aujourd'hui, Henri Rozenbaum est le gérant du "Groupe Censa France", une société de conseil et de formation située à Paris, dont le précédent gérant était Laurence Hervy scientologue. Sa spécialité: l'utilisation d'un test de personnalité, le "Censa Personnel assessment test", comme outil de recrutement et d'évaluation interne. Si ce test n'est pas celui de la Scientologie, il comporte nombre de points communs. Ce test est, en outre, également proposé par une autre société membre de Wise, Lightec. Henri Rozenbaum nous a précisé: "Ma société et moi-même n'avons aucun lien avec Wise." Dont acte. Censa Groupe France ne figure pas dans l'annuaire Wise 1999 où, en revanche, Henri Rozenbaum est nommément cité.

> Jean-Pierre Andry/Lightec

Ce consultant en management exerce son activité de conseil aux entreprises comme travailleur indépendant à Paris. Sous le sigle "3A Manager Consultant", puis "Lightec" (5), il s'est signalé en proposant un "entraînement intensif à l'efficacité des dirigeants". Un service haut de gamme qui se paie au prix fort, et des références prestigieuses comme Bouygues, Bull, EDF-GDF, Coca-Cola, Nestlé, Wall Street Institute... Interrogée par nos soins, la société Bull a reconnu avoir travaillé avec Jean-Pierre Andry, mais en relativisant: Andry n'y a fait qu'une seule formation, d'une journée. Autre client: Sony Music. Interrogée, cette société nous a précisé que trois de ses salariés avaient bien suivi une formation avec Andry, avant d'arrêter, après qu'un des stagiaires ait refusé de travailler à partir des méthodes LRH. Lightec figure dans l'annuaire Wise en France, et également en Suisse.

> Autres membres de Wise en 1999

D'autres membres de Wise 1999 proposent leurs services aux entreprises dans d'autres domaines que celui de la formation. Ainsi, Cathy Steinberg dirige Transylvanie, une entreprise de création publicitaire et de conseil en communication. Elle s'était fait remarquer en passant un contrat avec le ministère de la Défense pour concevoir la maquette de l'encyclopédie de l'Armée de Terre.
Michel Machard est le gérant d'Affluence, une société de vente de services, notamment dans la publicité et le marketing.
Anne Cacaud exerçait comme travailleur indépendant dans le domaine du marketing; elle a aussi créé un site web où elle affirme son appartenance à la Scientologie: "Mon nom est Anne Cacaud, je suis scientologue..."

(1) Entreprises & Carrières n° 492, droits de réponse, 31 août 1999.
(2) Ceux qui versent des dons de 40000 dollars (environ 240000 francs).
(3) Remplacée aujourd'hui par l' Association pour une vie et une éducation meilleure.
(4) Par le biais de l' association Éducation France, dans laquelle il occupe le poste de trésorier.
(5) Lightec-France est une filiale de lightec, une société dirigée par Jean-Luc Guignard. Elle figure dans l'aunuaire Wise 1 999.


(c) Entreprises et Carrières et Thomas Lardeur Juin 2000


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