Histoire de la scientologie

(Los Angeles Times)

par Joel Sappell and Robert W. Welkos (c)1990
Traduction: Roger Gonnet (c) 1998

A propos de cette série  

"J'ai fort espoir d'imprimer si violemment mon nom  dans l'histoire qu'il en deviendra légendaire. Ce but est le mien."
 (L.Ron Hubbard, dans un courrier à la première de ses trois épouses en 1938, plus de dix ans avant qu'il crée la scientologie.)
              (Dimanche 24 Juin 1990, page A36:3)

 

Le Times entame ajourd'hui une série de six articles sur l'église de scientologie, la religion controversée fondée par feu l'auteur L. Ron Hubbard

Depuis sa création voici quatre décennies, la scientologie s'est transformée en un mouvement mondial qui, ces derniers mois, a dépensé des millions de dollars à promouvoir son fondateur et son manuel "aide-toi toi-même", la Dianétique, Puissance de l'esprit sur le corps (anciennement nommé "Science moderne de la santé mentale " en France.

Au cours des cinq années écoulées, plus de 20 ouvrages de fiction ou autres d'Hubbard ont atteint les listes nationales de best-sellers, la plupart après la mort de l'auteur, en Janvier1986.

Les cadres scientologues estiment qu'il y aurait plus de 6,5 millions d'adeptes, mais d'anciens membres croient que le nombre est très inférieur.

Le plus gros centre scientologue est à Hollywood; c'est le centre nerveux de direction de l'oganisation. L'église possède aussi un vaste ensemble à Clearwater, Floride, où des scientologues du monde entier viennent s'entraîner.

Aucune autre religion contemporaine n'a subi un passé aussi troublé, ou des attaques aussi répétées que la scientologie. Elle a enduré des crises suffisantes pour  naufrager plus d'un mouvement moins solide. Ceci prouve sa détermination à survivre.
 
Onze de ses chefs - dont la femme d'Hubbard - ont été envoyés en prison pour cambriolage du Ministère de la Justice et d'autres agences fédérales vers la fin des années 70. Il y eut ensuite des purges internes et des défections. Certains membres ont porté plainte, accusant l'église d'intimider ses critiques, de rompre les familles et d'user de techniques de vente à la dure afin d'obtenir de grosses sommes des adeptes.

En 1986, la scientologie paya un montant estimé à 30 millions de francs, à titre de compromis hors tribunaux, lors d'une vingtaine de procès, sans pour autant admettre avoir eu tort. Les plaignants ont accepté en échange de ne plus critiquer la Scientologie ou Hubbard, et de faire sceller les plaintes afin que le public ne puisse plus y accéder.

L'église a persévéré et traversé tout ceci, qualifiant ceux qui la  critiquent au sein des gouvernements, de la psychiatrie ou des médias de "criminels" et de "démagogues anti-religieux conspirant pour abattre la scientologie".


 
Aujourd'hui, le mouvement sciento écrit un nouveau chapitre de son histoire, laquelle lui apporta son lot de supporters ou de détracteurs. Le mouvement pénètre la société américaine pour y acquérir une légitimité et de nouveaux adeptes, par le biais de programmes officiels de l'église et de groupes conduits par des adeptes.

L'intention apparente serait de positionner Hubbard en une sorte d'homme de la renaissance du 20e siècle, pour renforcer la crédibilité des enseignements scientologiques.

Les membres de l'église disséminent entre autres ses écrits dans les écoles aux US, aidés par des groupes qui n'affichent que rarement leurs liaisons avec la secte.

Les adeptes ont mis au point divers cabinets de consultants vendant du management à la Hubbard à des professionnels de la santé et des hommes d'affaires. Beaucoup sont aspirés dans l'église au cours de ce processus.

Et les scientologues sont les fils conducteurs de deux organisations actives au sein de la communauté scientifique. Ces organisations ont largement tenté de vendre aux agences gouvernemenales et au public une sorte de traitement détoxifiant élaboré par Hubbard.

Il reste une petite question : bien que le gourou Hubbard sait disparu, la scientologie est là pour y rester, et fait de son mieux pour atteindre ce qu'on attend d'elle. "Ce monde est le nôtre", écrivit-il a ses adhérents: "Possédons-le." 


PREMIERE PARTIE: LA FABRICATION DE L. Ron HUBBARD

 

Chapitre Un: L'homme derrière la religion.

 

D'une vie hantée par les ennuis émotionnels et financiers, Hubbard tira la scientologie. Il atteignit un statut quasi divin pour ses adeptes, et sa mort n'a pas coupé l'élan de l'église qui veut pénétrer  plus profondément au sein de la société.

     (Sunday, 24 June 1990, page A1:1)
 

Ce fut un triomphe aux proportions galactiques: l'écrivain de science-fiction L. Ron Hubbard avait quitté le crops qui le reliait à l'univers physique et entamait la phase suivante de son exploration spirituelle "sur une planète à une galaxie d'ici".

"Hip, hip, hip hourrah! tonnèrent des milliers de scientologues au  Palladium hollywoodien, après avoir entendu cette remarquable bonne nouvelle.
 
"Hip, hip, hip hourrah! Hip, hip, hip hourrah! Hip, hip, hip hourrah! continuèrent-ils à crier, les regards fixés sur un grande photographie d'Hubbard, créateur de leur religion et auteur du best-seller "Dianétique, puissance de l'esprit sur le corps".

L'église de scientologie leur avait ordonné dans la matinée de se présenter à Los Angeles pour y assister à un "grand évènement très excitant". On ne leur en avait pas dit davantage.

Le soir tombé, ils débarquèrent par milliers, la plupart en uniformes pseudo-navals - symboliques de la structure para-militaire de l'organisation.

La foule excitée allait apprendre que leur leader bien aimé, celui qui s'était titré "le Commodore"
était mort. Pourtant, "mort" ne fut jamais prononcé.

On leur dit qu'Hubbard ayant achevé sa recherche spirituelle sur cette planète et mis au point un passage précis pour atteindre l'immortalité. Il entreprenait de plus grandes luttes encore, par-delà les étoiles.

Son corps était devenu "une entrave pour la tâche qui lui restait à accomplir hors de nos frontières", apprit la foule frappée de stupeur. "Le fait qu'il ait... volontairement quitté le corps alors que celui-ci ne lui était plus d'aucun secours signifiait une ultime victoire: la conquète de la vie entamée près d'un demi-siècle auparavant."

Le certificat de décès indiquait qu'Hubbard, Lafayette Ronald, qu'on n'avait plus vu en public depuis six ans, était mort le 24 Janvier 1986 à 74 ans, d'un infarctus, dans son ranch isolé de San Luis Obispo, Californie.

Mais pour les scientologues, l'homme qu'ils appelaient affectueusement "Ron" était monté là-haut.

Ce n'était pas étonnant qu'ils glorifient Hubbard au cours des frimas de Janvier. En quelques décennies, il avait réussi à se faire passer d'un maigre statut d'écrivain de science-fiction de gare à celui d'auteur "de textes sacrés". Et avait fait fortune au cours de sa tentative. Et obtenu la gloire dont il rèvait.

"J'ai fort espoir d'imprimer si violemment mon nom  dans l'histoire qu'il en deviendra légendaire. Ce but est le mien," écrivait-il à la première de ses trois épouses en 1938, plus de dix ans avant de créer la scientologie.

"Ce but est le mien, vraiment le mien" ajoutait-il.

Il bâtit un empire international en partant de zéro. Cela commença par un série de centres de thérapie pour devenir l'une des religions les plus secrétes et controversées au monde.
.
On peut attribuer à Hubbard l'intensité, la combativité et les méthodes de vente distinguant la scientologie des autres religions. Car, même dans la mort, l'homme et sa création demeurent inséparables.

Il écrivit des millions de mots dans des tas de livres pour tout apprendre à ses adeptes, depuis le marketing de la scientologie jusqu'à la guerre contre les critiques. Ses discours prolifiques et parfois incohérents sont l'évangile de la scientologie, sa structure et son âme. Les déviations sont punies.

Hubbard renforça son organisation sectaire dans ses écrits, usant d'une intolérance violente envers la critique et d'une pulsion considérable à endurer et prospérer. Il écrivit un Code de l'Honneur enjoignant ses adeptes "à ne jamais déserter d'un groupe auquel on doit son soutien" et "à ne jamais craindre de blesser autrui pour une juste cause".

Il transmit à ses partisans une vision très critique du monde -- un monde peuplé, croyait-il - de fous désirant uniquement détruire la scientologie.

Son tempérament flamboyant et sa virulence endurcissante sont largement ancrés dans l'église et perceptibles dans le comportement des adeptes lorsqu'ils hurlent contre leurs adversaires, voire entre eux. Un des anciens dirigeants résumait cela ainsi: "Il a fait des jurons une douce habitude".

Les partisans disent que ses enseignements ont aidé des milliers de gens à sortir de l'enfer des drogues et permis à des milliers d'autres de vivre plus pleinement, grâce à des cours améliorant la communication, la confiance en soi et l'aptitude individuelle à prendre le contrôle de son existence.

Ils disent que c'était "le plus grand des humanistes de toute l'humanité."

Mais cet homme intelligent et imaginatif avait d'autres facettes. Aussi vaut-il mieux commencer par comprendre Hubbard pour comprendre la Scientologie.

 



 
Vers la fin des années 40, Hubbard était en faillite. Ecrivain de fantastique et de science-fiction, il avait été forcé de revendre sa machine à écrire pour 28,5 dollars.

"Je peux revoir Hubbard montant les escaliers quatre à quatre en 49 pour m'emprunter 30 dollars afin de quitter la ville, car sa femme le cherchait pour se faire règler la pension alimentaire," raconte Forrest Ackermann, son agent littéraire de l'époque.

Une fois, Hubbard en fut réduit à quémander qu'on ne lui retienne pas un trop-perçu de 51 dollars au Ministère des anciens combattants.  "Je suis presque sans le sou", écrivait cet ex-lieutenant de la Navy.

Il souffrait aussi de troubles mentaux. Fin 47, il écrivait au Ministère des anciens combattants afin qu'on lui accorde un traîtement psychiatrique: "Vers la fin de mon service armé, écrivit-il, j'ai évité par fierté d'être examiné mentalement, espérant que le temps aurait raison  de mes ennuis mentaux, que j'avais de bonnes raisons d'estimer graves."

"Je ne peux espérer remonter la pente après ces périodes de morosité et de tendances suicidaires; je me suis dernièrement rendu compte qu'il fallait que je sorte de tout ceci avant de pouvoir espérer me réhabiliter."

Son jardin secret, noté dans de petits carnets qu'on retrouvera 40 ans plus tard au Tribunal Supérieur de Los Angeles, faisait état d'observations étranges sur lui-même.

"Tous les hommes sont mes esclaves", écrivit-il dans l'un de ces carnets.

"Tu peux être sans pitié si jamais on t'empèche de faire ce que tu veux, et tu as le droit de l'être,"
lit-on dans un autre.

Durant ces années peu connues, Hubbard était malade, en mouvement perpétuel et errant. Mais il ne perdit jamais sa confiance en soi comme écrivain. Il avait réussi à vivre de sa prose avant la guerre; il pouvait donc recommencer.

Avant d'en arriver à ces temps  financièrement et émotionnellement difficiles, Hubbard avait réussi à vivoter de ses contes publiés dans divers magazines de gare; il s'était spécialisé dans le genre "tuez-les-tous", les westerns, le mystère, les récits guerriers et la science-fiction.

Sa puissance de feu - peut-être pas son écriture - était remarquable. Sous des pseudonymes comme Winchester Remington Colt et Rene Lafayette, il arrivait qu'il remplisse presque entièrement une publication. Sa vie ressemblait fort à l'une de ses historiettes d'aventure. Orpailleur à Porto-Rico, maître marin, pilote de voltige, ou explorateur de l'Alaska, avec un penchant notable pour les histoires glorifiantes.
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Bien que la santé et la carrière d'Hubbard aient décliné après la guerre, il lui restait quantité d'idées en tête. La plus formidable d'entre elles n'allait plus tarder.


Hubbard avait été fasciné depuis longtemps par les problèmes du mental et les mystères de l'existence.

Il était expert hypnotiseur. Lors d'une réunion d'auteurs de sci-fi à Los Angeles en 48, il hypnotisa plusieurs des spectateurs, en convainquant un qu'il n'était qu'un minuscule kangourou au creux de sa main.

Il parlait parfois de ses visions.

Ackerman, son ancien agent littéraire, dit qu'Hubbard lui a raconté être mort sur une table d'opération. Et qu'ensuite, il lui a raconté :

"Je me suis élevé sous forme d'esprit et j'ai regardé mon coprs, inhabité; j'ai vu un portail orné au loin, qui s'est ouvert tout seul. Et là, il y avait une sorte de sandwich intellectuel de toutes les réponses à toutes les questions que se pose l'homme; j'ai tout absorbé de cette extraordinaire monceau, puis j'ai senti comme une corde me ramenant dehors, et entendu une voix  disant "non, pas maintenant".

Ackerman raconte qu'Hubbard est revenu à la vie et a écrit tous ces souvenirs; il dit qu'il aurait ensuite essayé de vendre le manuscrit, mais n'y aurait pas réussi, car, disait-il ,"qui le lisait devenait fou et se suicidait".

La curiosité d'Hubbard quant aux pouvoirs du mental mena ses pas vers 1946 chez John Whiteside Parsons, expert en combustible de fusées; Parsons était adepte d'Aleister Crowley et chef d'un groupe de magie noire copié sur l'infâme loge occulte anglaise de Crowley.

Hubbard admirait aussi Crowley, qu'il appelle "mon très grand ami" dans une conférence de 1952.

Parsons et Hubbard vivaient dans une grande maison ancienne de Pasadena, sur South Orange Grove Avenue. On y rencontrait des artistes bohème, des savants, écrivains ou occultistes. Il y avait un temple composé d'un dôme sur six colonnes au fond du jardin.

Hubbard y rencontra Sara Nortrup qui elle était la maîtresse de Parsons, ce qui ne l'empècha pas de la courtiser et de l'épouser alors qu'il n'était pas encore divorcé de sa première femme.

Bien avant la mode de contre-culture des années 60, certains de ceux qu'on trouvait là fumaient la marijuana et avaient des pratiques sexuellles rituelles en promiscuité.

"Les voisins commencèrent à protester quand les rites exigèrent qu'une jeune femme enceinte et nue saute neuf fois d'affilée dans le feu allumé dans le jardin," se souvient L. Sprague de Camp, autre auteur de sci-fi lié à Hubbard et Parsons.

Les biographes de Crowley ont écrit qu'Hubbard et Parsons pratiquaient la "magie sexuelle": d'après eux, Hubbard, vétu d'une robe, assistait  aux étreintes entre Parsons et sa future épouse Cameron en chantant des invocations, l'acte sexuel étant supposé produire un enfant aux facultés intellectuelles et aux pouvoirs supra-normaux; on raconte que la cérémonie dura onze nuit d'affilée.

Hubbard et Parsons finirent pas se disputer à propos d'une affaire de vente de bateaux qui s'acheva en justice.

Plus tard, Hubbard tenta de se dédouaner de cette embarrassante association avec Parsons, l'un des fondateurs d'un projet de fusées institués à l'Institut Technologique Californien, projet qui devint le célèbre Laboratoire de Propulsion de Fusées. Parsons mourut en 1952, dans l'explosion du garage de son laboratoire.

Hubbard prétendit avoir été envoyé chez lui comme espion chargé par les services navals d'en finir avec la magie noire aux Etats Unis et d'enquèter sur les liens possibles entre scientifiques connus et occultistes de la maison de Parsons. Il ajoutait que sa mission fut un tel succès que la maison fut rasée et la groupe de magie noire dispersé.

Mais Cameron Parsons, la veuve, contredit la récit d'Hubbard lors d'un entretien dans le Times. Elle dit que les deux hommes "s'aimaient beaucoup et croyaient inaugurer ensemble une force qui changerait les choses".

 


Début 1950, Hubbard publiait un article intrigant dans un magazine a cent sous, "Astounding Science-Fiction". Il prétendait avoir découvert la source des problèmes humains.

L'article devint un livre, écrit d'un trait en un mois: "La Dianétique, Science Moderne de la Santé Mentale". Ce sera le tournant de toute l'histoire d'écrivain d'Hubbard.

L'introduction déclarait qu'il avait "inventé une nouvelle science du mental", une chose "peut-être plus importante que l'invention de la roue, le contrôle du feu ou le développement des mathématiques."

 Hubbard y racontait avoir découvert la source et le remède à presque tous les ennuis humains. La Dianétique pouvait, disait-il, réparer les membres, ressouder les os, effacer les ravages de la vieillesse et énormément augmenter l'intelligence.

Les professionnels du domaine de la santé mentale n'en furent pas plus impressionnés.

Le célèbre psychanalyste Rollo May nota dans le New York Times ce que beaucoup en pensaient: "des ouvrages de ce type font grand tort en raison de leurs promesses grandioses faites à des gens à problèmes, car ils sur-simplifient les problèmes psychologiques humains".

Mais la Dianétique passa immédiatement dans les listes de best-sellers, ce qui rendit Hubbard célèbre du jour au lendemain; Arthur Ceppos, qui publia l'ouvrage, dit qu'Hubbard acheta aussitôt une Lincoln.

 Hubbard avait observé la fascination qu'exerçait la psychothérapie sur le public - mais seuls les gens aisés y avaient alors accès. La Dianétique fut très vite étiquetée comme la "psychothérapie du pauvre": elle pouvait se pratiquer gratuitement entre amis.

Hubbard écrit avoir découvert un "mental réactif" inconnu jusque là, sorte de réceptacle d'évènements désagréables de l'existence. Ces expériences traumatisantes, nommées "engrammes", provoqueraient diverses maladies psychosomatiques, dont les migraines, ulcères, allergies, arthrite, problèmes de vue, et même le rhume.

Le but de la Dianétique, disait-il, était d'effacer ces expériences douloureuses et de créer un "Clair" - quelqu'un capable de réaliser son potentiel.
 
Catapulté des tréfonds, Hubbard décidait de prouver de grande manière la valeur de sa "nouvelle science" dès l'été 50.

Il apparut devant des milliersde personnes au Shrine Auditorium de Los Angeles pour y dévoiler la première "Claire", supposée avoir recouvré une parfaite mémoire. Les journalistes de nombre d'organes l'y attendaient.

Il dévoila Sonya Bianca, jeune diplômée de physique de Boston. Mais quand Hubbard deamnda à la foule de vérifier par question, le résultat fut miteux.

On lui demanda par exemple de dire la couleur de la cravate d'Hubbard pendant qu'il tournait le dos. Elle ne put. Le premier clair avait un trou de mémoire.

"Hubbard et ses amis passèrent alors un sale quart d'heure," se souvient Arthur Jean Cox, amateur de science fiction présent ce jour-là.

 



 

D'autres ennuis attendaient au détour du chemin ce type qui promettait monts et merveilles, mais dont l'existence s'écoulerait de crise en crise jusqu'à la mort.

Il subit par exemple un sale divorce, avec bagarre pour la garde de l'enfant, ce qui souleva quelques doutes quant à son équilibre mental.

Sa seconde épouse, Sara Northrup Hubbard, l'accusa de lui avoir fait subir des expériences de "torture scientifique", et de souffrir de "schizophrénie paranoïde" - affirmations qu'elle  retirera ensuite mais qui trouveront bonne place dans les dossiers du gouvernement et continueront à hanter Hubbard.

Elle dit qu'Hubbard la privait de sommeil, la battait, lui suggérait de se suicider, car; disait-il "le divorce ruinerait sa réputation".

Durant le procès, Sara remit une lettre de la première épouse d'Hubbard au tribunal.

"Ron n'est pas normal, disait-elle; j'espérais pouvoir le calmer. Peut-être que vos accusations semblent fantastiques pour des gens normaux, mais je suis passée par là, il me frappait, il était sadique - j'y ai eu droit pendant douze ans."

Lors de la dispute avec Sara, Hubbard kidnappa sa fille Alexis, âgée d'un an, pour l'emmener à Cuba. Il écrivit alors à Sara:

"J'ai été mis à l'hopital militaire de Cuba, on me transfère aux Etats-Unis sous protection, du fait que je suis un scientifique. J'ai le côté droit paralysé, et ça ne s'arrange pas. J'espère que le coeur va tenir; il se peut que je ne survive pas. Mais la Dianétique durera des milliers d'années: elle est désormais en possession de l'armée et de la Navy."

Hubbard, qui avait déjà accusé sa femme d'infidélité et prétendu qu'elle avait eu le cerveau esquinté, terminait sa lettre en menaçant de déshériter sa fille.

"Alexis aura une fortune sauf si tu la gardes, auquel cas elle n'aura rien."
 

Il écrivit par ailleurs au FBI, en pleine terreur anti-communiste, accusant Sara de communisme latent : elle aurait inflitré la dianétique avec d'autres...

Après avoir rencontré Hubard, le FBI laissa courir, le cataloguant comme "malade mental".

Dans une lettre de 7 pages au Ministère de la Justice, en 51, il accusait Sara de  l'avoir attaqué physiquement, disant avoir été frappé à deux reprises au cours de son sommeil par des assaillants non identifiés; ensuite, il y eut cette troisième attaque:

"J'étais dans mon appartement le 23 Février, quelqu'un y pénétra vers 2 ou 3 heures du matin, on m'assoma, on m'enfonça une aiguille dans le coeur pour injecter de l'air afin de provoquer une embolie gazeuse, puis on m'électrocuta au 110 volts. Tout cela est très vague. Je n'ai pas de témoin. Mais une seule personne avait la clé de mon appartement; Sara."

Au bout de longs mois de baggarre et d'un contre-divorce au cours duquel Hubbard accusa Sara de "graves négligence et cruauté extrème", le couple rompit son mariage tempétueux, Sara ayant obtenu la garde de l'enfant. Plus tard, Hubbard ne lui laissera pas un trâitre sou, comme il l'avait promis.

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Non seulement la vie de couple d'Hubbard était une misère en 51, mais le mouvement lui-même commençait à crouler, l'intérêt du public pour les théories s'affaiblissant.

Les Fondations qu' Hubbard avait établies pour enseigner la Dianétique étaient ruinées, et son livre avait disparu des listes de best-sellers du New York Times.

Mais cet auto-publiciste acharné  n'avait pas dit son dernier mot: il débarqua avec sa nouveauté, la "Scientologie": la métamorphose du thérapeute populaire en chef religieux démarrait.

L'arrivée de la scientologie donna surtout une nouvelle tournure à la notion dianétique d'expérience douloureuse logées dans le "mental réactif": en scientologie, Hubbard annonçait que les expériences en question pouvaient avoir affecté l'âme au cours des vies passées.

Pour bien des premiers hubbardiens, la scientologie n'était pas crédible, et ils rompirent. Mais d'autres troupes remplacèrent les défecteurs,  conférant une presque sainteté à Hubbard.

Le renom et la prospérité d'Hubbard grimpant au cours des années 60, les questions entourant ses méthodes et financements suivirent. Divers gouvernements l'accusèrent, y compris aux Etats-Unis, d'escroquerie, de lavage de cerveau, ou d'extorsion des fonds obtenues par les techniques de vente à la dure auprès de gens crédules.
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En 1967, Hubbard prit la mer avec plusieurs centaines de ses adeptes pour fuir l'hostilité grandissante. Ils ne trouvèrent aucun port désireux de les accueillir bien longtemps à l'abri de ce qu'ils qualifiaient de conspiration internationale pour les persécuter.

Les trois bateaux , guidés par un ancien cargo de bétail reconverti , l'Apollo, furent renvoyés successivement des divers ports méditérannéens ou Caraïbes qui  soupçonnaient fort ces jeunes gens bien coiffés d'être des agents de la CIA.

Ancrés sur l'île portugaise de Madeire, les habitants munis de torches leurs jettèrent des pierres en criant des slogans anti-CIA.

"Ils jetaient des cocktails Molotov sur le bateau, mais ils n'explosèrent pas", se souvient un ancien staff - heureusement que ce n'était pas une foule ayant de l'expérience."

Ces années en mer  marquèrent une frontière pour Hubbard et la scientologie. Il institua un style de commandement marin toujours visible de nos jours dans les uniformes et les claquements de talons des staffs. Hubbard se nomma "Commodore" et ses subordonnés obéirent aux ordres tout comme les marines à Annapolis.

Hana Eltingham Whitfield, ancien officier du navire, le dit ainsi: "Les scientologues pensaient dans l'ensemble qu'Hubbard était comme un Dieu, qu'il pouvait commander aux vagues de faire ce qu'il désirait, qu'il était complètement au contrôle de sa vie et des conséquences de ses propres actions." 


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