[traduction non professionnelle de Roger Gonnet; le traducteur ayant toutefois l'avantage de connaître l'affaire Padgett et le vocabulaire spécifique à la scientologie

Le traducteur, dans un souci de clarté et de rapidité, a mis en valeur certains passages en caractères gras ou en italiques]





Le 27 avril 2001

1. Je, soussigné, STEPHEN A. KENT (PhD), Professeur de Sociologie à l'Université d'Alberta, Edmonton, Alberta, Canada, T6G 2H4, présente la déclaration suivante au sujet de THOMAS CARTER PADGETT, lors du procés civil N° 92-CI-00444, impliquant Laura Vannoy Padgett contre Thomas Carter Padgett.


2. Ma spécialisation professionnelle a traît au domaine des religions alternatives. J'ai, en particulier, travaillé dans ce domaine à l'Université d'Alberta au cours des treize années passées. La Scientologie fait partie des groupes que j'ai étudiés. Je suis Maître de la Chaire de Sociologie depuis juillet 1997. Avant cela, j'ai tenu diverses postes comme assistant et professeur associé au Département de Sociologie. J'ai également un statut de professeur adjoint au Département des Littératures Comparées, des Religions, et des Etudes Film/Médias, ce qui implique que je peux co-superviser les étudiants et que certains de mes cours de sociologie servent à des étudiants en Etudes des Religions. J'enseigne à des classes de sociologie des religions, avant et après le doctorat.


3. J'ai entrepris une étude sur la Scientologie en 1986, et depuis, j'ai publié plusieurs articles sur le sujet et j'en ai fait la référence dans plusieurs autres. Ci-joint mon curriculum-vitae.
[non joint à la traduction, ndt]

4. A la lumière de mes publications professionnelles et de ma connaissance des pratiques scientologues, je suis qualifié pour parler de l'usage que fait la Scientologie du systême judiciaire à l'encontre de ce qu'elle perçoit comme ses opposants, et des méthodes de harcèlement qui constituent la politique du
'Fair Game' [ndt: parfois traduit en français par 'gibier de potence']. De plus, je peux parler de la pratique scientologue de 'déconnexion'. Mon opinion professionnelle est que Mr Thomas Padgett a été victime de l'application scientologue de la politique du 'fair game' et de la politique de 'déconnexion'.



A. USAGE DU SYSTEME JUDICIAIRE PAR LES SCIENTOLOGUES EN TANT QU'UNE PART DE LA METHODE DE HARCELEMENT 'FAIR GAME' CONTRE SES SUPPOSES OPPOSANTS.



5. Un document crucial à la compréhension de la stratégie de harcèlement judiciaire se trouve dans la Lettre de Règlement du Hubbard Communications Office [HCOPL] (du 23 décembre 1965),
"les Actes suppressifs, Suppression de la Scientologie et des Scientologues, la Loi du Fair Game." Ce document se trouve pages 552-557 du cours L. Ron Hubbard de Cadres en Organisation, HCO Division 1, Copenhague - Organisation des Publications de la Scientologie, 1970. Cet ouvrage fait partie de la série de huit volumes (plus index) qui constituent les "anciens volumes OEC" ou "anciens volumes verts" à cause de la couleur de la couverture et du fait que la nouvelle série OEC a été publiée en 1991. Nombre de scientologues possèdent l'ancienne série complète, et toutes les organisations de Scientologie en ont des copies, du fait que les membres doivent souvent s'y référer, afin de déterminer la procédure convenable.


6. Durant 1991, les nouveaux volumes OEC ("les nouveaux volumes verts") apparurent. L'HCOPL du 23 décembre 1965 RB y apparaît, mais il a été révisé le 8 janvier 1991. La version révisée contient une grande partie du document original, mais a été remaniée à certains endroits, et on y a éffacé la référence au "Fair Game". Je reviendrai au cours du débat sur le rôle que l'ancienne doctrine du "Fair game" a joué en Scientologie après 1991. Je conclus sur le fait que la persistance de cette stratégie judiciaire au sein de la Scientologie rend probable le fait que Mr Thomas Padgett ait été une victime du 'Fair game'.


7. Cette Lettre de Règlements spécifique concerne l'identification et la réaction que les scientologues se doivent d'avoir face aux personnes ou aux organisations, considérées comme nuisibles ou comme une entrave aux activités et aux pratiques de la Scientologie. Hubbard a étiqueté les opposants graves comme des "personnes suppressives" (souvent abrégé par "SPs").


8. D'après la règle scientologue, Mr Padgett représente une "personne suppressive". La définition donnée par une Lettre de Règlement scientologue est : "UNE PERSONNE OU UN GROUPE SUPPRESSIF cherche à détruire ou à nuire à la Scientologie ou aux Scientologues par des moyens suppressifs" (old OEC 1: p. 552; new OEC 1: p. 873).

9. "LES ACTES SUPPRESSIFS sont des actes calculés pour inhiber ou détruire la Scientologie ou un Scientologue et en voici la liste complète dans cette Lettre de Règlements" (ancien livre OEC n° 1: p. 552; nouvel OEC 1: p. 873).


10. Nombre des actes que Hubbard a spécifiés comme suppressifs font apparaître Mr Padgett comme une personne suppressive ayant commis des actes suppressifs. Cela comprend :

11. "Faire un rapport ou menacer de faire un rapport sur la Scientologie ou sur un Scientologue aux autorités civiles afin de détruire la Scientologie ou un Scientologue et d'empêcher la pratique de la Scientologie standard" (ancien OEC 1:p. 553; nouvel OEC 1: p. 876); et

12. "répandre des rumeurs malignes afin de détruire l'autorité ou la réputation des supérieurs ou des principaux responsables de la Scientologie..." (ancien OEC 1: p. 553; nouvel OEC 1: 876); et

13. "livrer un Scientologue à la justice sans le défendre ou protester contre les exigences du code civil ou criminel". (ancien OEC 1: p. 553; nouvel OEC 1: p. 876).

14. Les déclarations de Mr Padgett aux médias à propos de la Scientologie (voir son article "lutter contre les prétentions scientologues" Cap Cod Times, 19 Mars 1999: A10), ses présentations et/ou ses dires à propos de la Scientologie lors de conférences, ses tentatives pour obtenir que certains comportements induits par la Scientologie soient mentionnés dans les procédures civiles ou criminelles, tout cela fait que celui-ci peut être qualifié de Personne Suppressive d'après les règles de la Scientologie. L'ancienne version de cette règle spécifie en particulier "[une] personne suppressive ou un groupe devient 'Fair game' (ancien OEC 1: p. 552).

15. La lettre de règlement qui suit dans le Volume 1 de l'ancien OEC (daté du 17 mars 1965) traîte de la 'loi du Fair game'. Dans ce contexte, la loi dit :

16. "ainsi, en Scientologie, quiconque rejette la Scientologie, rejette aussi, consciemment ou pas, la protection et les bénéfices de la Scientologie et la compagnie des scientologues. Que la personne ait été ou pas membre du groupe par le passé ne change rien au résultat" (ancien OEC 1: p. 558).


17. Mr Padget ayant été scientologue, il est bien sûr concerné par cette lettre de règlement.


18. On trouve également dans l'ancien volume OEC 1 la définition de "crimes capitaux -
High Crimes". Ces crimes consistent à "s'écarter publiquement de la Scientologie ou commettre des actes suppressifs. S'ensuit l'annulation des certificats, des classifications et récompenses, et devenir Fair Game fait partie des sanctions que l'on encourt pour ce type d'offense..." (HCOPL dy 7 Mars 1965, "Offenses & Penalties," dans l'ancien OEC 1: p. 551).


19. Par conséquent, Mr Padgett est une "personne suppressive" et donc aussi une cible du "Fair game". En effet, dans une déclaration du 28 octobre 1999 déposée par Mr Padgett au procès du Commonwealth du Kentucky contre Thomas C. Padgett (Criminal Action No. 98-CR-067), il déclarait qu'il avait appris (probablement en 1993) qu'au Centre de Scientologie de Nashville, Tennessee, l'organisation l'avait déclaré suppressif.

20. Dans l'HCOPL du 18 octobre 1967, Hubbard a défini ce qui devait arriver à toute personne appartenant à une organisation scientologue ou à "l'élite maritime" qui serait déclarée un "ennemi"."
Un ennemi de la Scientologie devra recevoir son ordre de SP. Il sera "fair game". Il pourra être dépouillé de ses biens ou blessé par tous moyens et par n'importe quel scientologue sans que celui-ci ne soit puni. On peut lui mentir, tricher ou le détruire."

21. L'HCOPL du 21 octobre 1968, qui s'intitule "Annulation du Fair Game", parait également dans l'ancien OEC Volume 1 (p. 489). L'énoncé de quatre phrases, révèle cependant qu'Hubbard a donné l'ordre aux scientologues de cesser d'utiliser le
terme de "fair game", à cause de la mauvaise image que cela pouvait donner au public. Cependant, les comportements que l'on devait avoir à l'égard des personnes suppressives restaient inchangés. Le règlement explique : "la pratique de déclarer des gens FAIR GAME devra cesser. Le terme FAIR GAME ne doit plus apparaître dans aucun Ordre d'Ethique. Il entraîne de mauvaises relations publiques. Cette P/L [Lettre de Règlements] n'annule aucune règle en ce qui concerne le traîtement ou le maniement d'une SP [personne suppressive]." (p. 489).


22. Il est clair que les nouveaux volumes OEC ont été purgés du terme "Fair game". Tout montre par contre clairement que l'organisation n'a jamais cessé ses comportements agressifs qui correspondent aux termes "traîtement ou maniement d'un SP" tel que Mr Padgett.

23. Il est évident que les comportements agressifs ont continué après la publication des nouveaux volumes de 1991, pour preuve, l'examen d'une publication confidentielle scientologue "Département des Affaires Spéciales, Feuille de Contrôle du Cours d'Officier des Investigations" datée de 1991.


24. A la page 5, on demande que la personne fasse une démonstration de l'énoncé que voici: "La seule manière de défendre quelque chose c'est l'attaque". Cette attitude s'applique tout à fait aux critiques tels que Mr Padgett, quelle que soit l'exactitude de leurs commentaires.

25. Toujours dans le même document, une personne du cours doit lire (en p. 26 #25) " l'HCO du 27 septembre 1965 "Amprinistics." Cette Lettre Executive parle d'un nombre de gens et de "groupes dissidents" qui sont supposés avoir emporté avec eux du matériel de Dianétique et de Scientologie. A la première ligne de la page 3 de ce document on lit "Traîtement : Ils sont fair game, on peut les poursuivre ou les harceler". Je réalise que l'Eglise de Scientologie Internationale a republié une version révisée de cette lette exécutive le 24 septembre 1983, et que cette révision omet la mention de "Fair game" et la mention de poursuites et harcèlements qui l'accompagnent. Cependant, la "Feuille de Contrôle" complète n'a pas parlé de cette révision (alors qu'elle fait part des autres éléments) lorsqu'elle précise le fait qu'il faut lire ce document, mais elle se sert en pratique de l'ancienne version.

26. Un article de L. Ron Hubbard intitulé "Manuel de Dissémination du Matériel", apparaît en pages 151-171 du L. Ron Hubbard, The Technical Bulletins of Dianetics and Scientology, Volume 2 (1954-1956), Copenhagen and Los Angeles : Scientology Publications, 1976. Ceci apparaît d'abord vers la mi-mars 1955 dans le magazine n°1 de Scientology's Ability Major. Cet ouvrage fait partie d'une série de douze connus actuellement sous le nom de (anciens) volumes rouges à cause de leur couleur. Les scientologues sérieux possèdent tous ces volumes et toutes les organisations de Scientologie en ont des copies du fait que les membres doivent souvent s'y référer, afin de déterminer la procédure d'audition convenable, (l'audition étant une méthode de conseil scientologue). En effet, on le demande dans le cours d'Officier des Investigations du Département des Affaires Spéciales, lequel a remplacé en partie l'ancien Office du Gardien qui fut célèbre pour l'usage qu'il a fait des poursuites en justice afin d'essayer de faire taire les critiques.
[le traducteur de la présente a accès à ces documents]

27. Le paragraphe instruisant les scientologues à se défendre uniquement par l'attaque, même devant un tribunal, souligne le comportement qui je crois, explique une bonne partie des situations légales et sociales que supporte actuellement Mr Padgett. Ceci indique :

28. "SE DEFENDRE de quoi que ce soit est UNE POSITION IMPOSSIBLE A TENIR. La seule méthode pour se défendre est d'ATTAQUER, et si jamais vous l'oubliez, vous perdrez toutes les batailles dans lesquelles vous êtes engagés, que ce soit en termes de conversation personnelle, de débat public, ou devant un tribunal. NE TENEZ AUCUN COMPTE DES ACCUSATIONS. Vous-même, ACCUSEZ DAVANTAGE, et vous GAGNEREZ. Ne les laissez jamais supposer que la Scientologie n'atteint pas ses objectifs. (p. 157).

29. De plus, l'avant-dernier paragraphe de la même page contient deux phrases clé pour la bonne compréhension de l'attitude scientologue devant les tribunaux :

30. "On peut facilement utiliser la loi pour harceler, et [quand il y a ] assez de harcèlement exercé sur une personne qui est de toute façon fragilisée car elle sait qu'elle n'a pas le droit [de faire ce qu'elle fait], cela sufit pour provoquer son échec professionnel. Si possible, ruinez-la intégralement." (page 157)

31. Je note en p 5 de l'ED d'OSA de 1991 (Executive Directive Office of Special Affairs International) qu'on enseigne aux Officiers d'enquête, d'étudier la lettre de règlements de Hubbard du 15 août 1960 intitulée "Département des Affaires Gouvernementales". Cette lettre de règlement ordonne aux scientologues de:

32. "Si vous êtes attaqués par quiconque ou par n'importe quelle organisation sur un point vulnérable, trouvez ou fabriquez toujours suffisamment de menaces contre eux jusqu'à ce qu'ils demandent la paix. On obtient la paix en échange d'un avantage, alors prenez l'avantage et signez la paix. Ne vous défendez jamais. Attaquez sans relâche. Ne restez jamais sans rien faire. Les attaques inattendues portées aux lignes arrières de l'ennemi sont les plus efficaces. (p. 484 in old OEC 7).



B. UTILISATION DU SYSTEME JUDICIAIRE EN TANT QUE PARTIE INTEGRANTE DU SYSTEME FAIR GAME DE HARCELEMENT SUR L'OPPOSANT THOMAS PADGETT.


33. Une bonne partie du harcèlement enduré par Mr Padgett alors qu'il était engagé dans ses actions légales contre son ex-femme Laura Vannoy Padgett, a été perpétré par des inconnus. Par conséquent, je ne peux donner avec certitude l'identité de ces individus. Cependant, un incident indique assez nettement que les auteurs étaient des scientologues. Dans le rapport de police déposé à la suite de la découverte par Mr Padgett d'actes de vandalisme commis dans son garage, l'officier de police indique "sur les mots
'SHUT THE FUCK UP', d'un morceau de journal, les lettres SP étaient soulignées. Ces deux lettres 'SP' sont l'abréviation de 'suppressive personne', qui est un terme incontestablement scientologue.

34. Un évènement par ailleurs, démontre que la Scientologie est impliquée dans l'action qui vise à ruiner la réputation de Mr Padgett. Le 8 septembre 2000, Mr. Frank Ofman, Directeur des Affaires Publiques de l'église de Scientologie, a publié une lettre à l'éditeur dans le
Times de Cap Cod (p. A10). Sa première phrase concerne Mr Padgett, qu'il appelle "Tom Padgett, un papa crève la faim". Cette lettre rapporte faussement qu'il "a été officiellement condamné à cinq ans de prison". (Mr Padgett a été au contraire libéré au bout de quelques semaines lorsque le tribunal a appris qu'il avait été emprisonné à cause d'une erreur administrative dans le maniement des chèques expédiés pour la pension alimentaire de ses enfants). La lettre poursuit en demandant au journal si le fait de ne pas rapporter qu'il avait été emprisonné venait du fait que Mr Padgett estimait qu'il n'avait pas à payer ses pensions alimentaires ou bien Mr Padgett se moquait-il de la loi et de l'ordre? et du crime? La lettre s'achevait avec la mention d'un chiffre de (8 millions) de membres en Scientologie, ce qui est certainement plus que largement exagéré, et indiquait que "les scientologues continueront à appliquer les préceptes de L. Ron Hubbard afin de créer un monde sans crime." Cependant, le contenu de la lettre indiquait qu'il pouvait y avoir là une autre application de la pratique du Fair game par Ofman

35. Un autre professionnel en est venu à la conclusion que Mr Padgett avait gravement fait l'objet de harcèlement. Le
Médiateur en Fonction G. Preston Doom indiquait (le 24 mars 2001) "nul ne peut ignorer, au regard des éléments qui constituent la documentation sur la vie de Mr Padgett depuis 1992, qu'il a été englué par son ex-femme dans des litiges et des charges criminelles à seule fin de lui nuire. Obtenir que Mr Padgett soit déclaré malfaiteur permettait de voir s'envoler pour lui tout espoir de trouver un emploi décent. "Les actions à seule fin de lui nuire et le dessein de lui coller une étiquette de malfaiteur sont des actions qui font partie des pratiques du 'Fair game' scientologue.

36. Antérieurement, dans un rapport de Médiateur, Mr Doom a relevé dans un paragraphe quelque chose qui correspond à ce que j'appelle les pratiques de 'fair game' à l'encontre de Mr Padgett :

"Il semblerait qu'il y ait eu certaines interférences tout au long de sa carrière. Au vu des conversations avec Mr Padgett et d'une révision minutieuse des documents authentiques, on peut conclure que l'entité hostile et non-traditionnelle rencontrée à de nombreux endroits s'avère être de caractère sectaire. Malheureusement cette influence néfaste ne prendra sans doute fin que lorsqu'une autorité informée prendra les mesures necessaires. (p. 2). Plus probablement, cette "entité hostile et non-traditionnelle" est la Scientologie et ses pratiques du 'Fair game'.

C. REGLE DE DECONNEXION SCIENTOLOGUE ET SES IMPLICATIONS EN CE QUI CONCERNE MR PADGETT ET SES EFFORTS POUR OBTENIR UN DROIT DE VISITE SANS RESTRICTION DE SES ENFANTS .


37. La désignation de Mr Padgett comme personne suppressive a d'importantes implications quant à la façon dont les scientologues voient ses contacts avec ses enfants. Encore une fois, si l'on s'en tient aux définitions scientologues, ces enfants deviendraient des "sources potentielles de trouble" à cause du simple contact avec leur père (Mr. Padgett). La Scientologie définit le terme de "Source Potentielle de Troubles" (dont l'abréviation est PTS) comme "une personne qui est d'une manière ou d'une autre liée ou affectée par une personne suppressive. On l'appelle source potentielle de troubles parce qu'elle peut être source d'ennuis aussi bien pour elle-même que pour les autres" (tiré de la compilation de The Scientology Handbook, Los Angeles: Bridge Publications, 1994: p. 426).

38. Plus spécialement, un "PTS de type I' est "quelqu'un d'associé ou de lié à une personne suppressive dans l'environnement du temps présent. Par 'lié' on entend 'dans le voisinage de', ou 'en relation d'une manière ou d'une autre avec', qu'il s'agisse de façon sociale, familiale, ou professionnelle" (Church of Scientology International [compilateur], The Scientology Handbook, p. 428).

39. D'après la doctrine scientologue, les scientologues peuvent voir leurs capacités à progresser en audition endommagées par le simple fait qu'ils sont en contact avec une source potentielle de troubles. Par conséquent, une des stratégies préconisées par la Scientologie est que la personne PTS doit cesser d'être en contact avec la personne suppressive (on appelle cela 'déconnecter' en scientologie). Comme l'indique une publication scientologue, (après avoir discuté du pourquoi de l'annulation de la pratique de déconnection par l'organisation dans le passé), "l'outil de déconnexion est à nouveau utilisé, aux mains de gens qui sont entièrement formés à la technologie standard de maniement des personnes suppressives et sources potentielles de troubles" (Church of Scientology International [compilateur], Scientology Handbook, p. 440).

40. Par conséquent, Mr Padgett a toutes les raisons de croire que son ex-femme a essaiyé de restreindre si pas d'empêcher les contacts qu'il est en droit d'avoir avec ses enfants. En substance, les enfants pourraient devenir des "sources potentielles de troubles" en raison de ce contact, et que cela entraînerait des problêmes pour leur mère dans ses activités scientologues. En effet, l'actuelle situation en ce qui concerne ces enfants - situation dans laquelle seule la mère à la garde des enfants, Mr Padgett n'ayant qu'un droit de visite restreint - correspond au dessein de le "déconnecter" (pour utiliser le terme scientologue) de ses enfants (compte tenu de la grande distance qui sépare Mr Padgett de ses enfants). De plus, Mr Padgett a de bonnes raisons de craindre que son ex-femme ne fasse tout pour monter ses enfants contre lui.

D. COMPREHENSION DES PRATIQUES JUDICIAIRES DE FAIR GAME AU SEIN DE LA COMMUNAUTE AMERICAINE DES HOMMES DE LOI.

41. En adoptant un large point de vue des problèmes que soulève ce procès, les universitaires américains peuvent prendre conscience du type de harcèlement dont Mr Padgett a fait l'objet. Un article de J. P. Kumar intitulé "Fair game : Leveling the Playing Field in Scientology Litigation" est paru dans la revue The Review of Litigation 16 No. 3 (1997): 747-772. Kumar y rélève justement que "l'église de scientologie se plaint beaucoup que ses opposants citent fréquemment son fondateur L. Ron Hubbard et la 'doctrine du fair game', c'est très révélateur pour expliquer le goût acharné pour l'action en justice de cette organisation" (p. 748). Plus loin, il ajoute, "quelle que soit la politique officielle de l'église à l'égard de ses supposés ennemis ou de ses opposants avérés, on ne doute pas un instant que l'église ait pratiqué une stratégie d'affrontement en action de justice, politique qui a contrarié aussi bien les juges que ses détracteurs." (p. 748). Dans le contexte du procès actuel qui concerne Mr Padgett, lui seul est à même d'évaluer l'importance de ses frustrations.

42.ab Dans une partie de l'article intitulé "Tactiques d'action en justice", Kumar identifie l'"Action en justice sans relâche". Il écrit à propos de cette stratégie, "peut-être, l'outil le plus évident utilisé dans le systême judiciaire, est l'énorme volume d'actions en justice qui sert de support à l'enseignement en Scientologie, aussi bien dans les situations offensives que défensives." (p. 749). Par conséquent, l'insistance de Mr Padgett sur le fait qu'il a fait l'objet d'actions en justice à seul fin de lui nuire, colle à ce que les praticiens du droit ont déjà identifié dans d'autres circonstances.

43. Plus loin, dans la même partie, Kumar identifie une autre tactique qui est l' "Attaque de la crédibilité". Il conclut :
"Finalement, l'un des outils les plus controversés de l'action en justice scientologue consiste en des attaques véhémentes sur la crédibilité et la personnalité des avocats, ou même des juges. Selon nombre de critiques de la Scientologie, ces attaques ont envahi tout le terrain dans le domaine du légal, sous forme d'affirmations formelles ou de suspicions de mauvaise conduite ou d'accusations contre les parties ou les témoins, d'activités extra-légales contre des opposants, telles que manifestations, publicités, filatures. Une tactique courante consiste à accuser les adversaires d'activités criminelles. (p. 755).
Il semble que Mr Padgett ait subi les attaques prévisibles de la Scientologie, dont les fondements sont déjà bien connus de la communauté des praticiens du droit.

44. Comme l'a réalisé Kumar, l'usage du 'Fair game' par la Scientologie pose de difficiles problêmes aux tribunaux. Son avis, toutefois, pourrait avoir quelque influence sur ce procès. Les juges ont le pouvoir de maintenir le contrôle sur leurs tribunaux, de policer fermement l'exigence de bonne foi, et de sauvegarder l'intégrité des processus légaux. Dans le cas de conduite répréhensible, ils ont le devoir d'exercer ce pouvoir sans hésitation ni crainte de voir un retournement de situation. Plutôt que de tenter de tout réformer, les plaignants, le systême légal et le public doivent avoir confiance dans les juges afin de préserver la justice, l'équité et l'ordre dans leur domaine. (p. 772).
D'après mon opinion professionnelle, ce tribunal a le pouvoir de mettre fin au harcèlement dont est victime Mr Padgett, et en même temps d'obtenir une solution juste et équitable pour que le bien-être de ces enfants soit une priorité essentielle.

45. J'ai rencontré Mr Padgett en personne, alors que nous assistions tous deux à une conférence en mars 1999. En plus des différentes conversations que j'ai eues avec Mr Padgett pendant cette conférence, lui et moi avons conversé (pendant peut-être plus de 6 heures) après la conférence. Une bonne partie de cette conversation concernait les actions en justice dont il a fait l'objet. J'ai cependant essayé d'étayer mes commentaires sur l'unique base de documents.

46. Je n'ai reçu aucune rénumération ou paiement en contrepartie de cette déclaration.



Je certifie, sous pénalité de parjure et d'après les lois des Etats Unis de la véracité et de l'exactitude de ce qui précède.

Etabli en ce jour, [27 avril 2001] à [Edmonton, Alberta, Canada]
_________________________

Stephen A. Kent (PhD)
Professor


Stephen A. Kent (Ph.D.)
Department of Sociology
University of Alberta
Edmonton, Alberta
Canada T6G 2H4