Religions:

Compromissions dans l'étude scientifique sociale des "religions alternatives"

Etudes académiques partiales
Les procédés de Lobby et les "groupes servant de paravents
Problèmes académiques et légaux
Conclusion


1998 
Stephen A. Kent and Theresa Krebs

Voici deux décennies qu'Irving Louis Horowitz a soulevé le problème éthique et méthodologique lié aux engagements des scientifiques en sciences sociales lors de conférences sur l'église de l'unification (Moon).1  Nombre des objections d'Horowitz s'intéressaient déjà aux relations des scientifiques avec leurs sujets de recherche et les organisations qu'ils étudiaient. Horowitz s'inquiétait entre autres de la qualité de l'information reçue lors des conférences.2  Il abordait aussi les formes de réciprocité et d'assistance que les universitaires pourraient fournir en échange des largesses (défraiements) du Révérend Moon à leur égard.3  Le débat entamé entre Horowitz et ses critiques quant à l'objectivité et à la déontologie entre les scientifiques sociaux et les groupes qu'ils étudiaient a perduré au début des années 80, puis s'est éteint.4

Depuis qu'il a publiquement fait part de ses inquiétudes, bien des choses se sont déroulées dans le domaine des religions alternatives 5 , si bien qu'il y a longtemps que ces problèmes auraient dû être remis à jour. Il s'est en effet avéré que nombre des craintes exprimées par Horowitz à propos de l'objectivité des scientifiques étaient fondées et avaient pris de l'ampleur en raison du nombre des parties impliquées. Bien des groupes, à l'instar de l'église de l'unification, ont appris l'intérêt qu'il pouvait y avoir à courtiser les universitaires6  ce qui résulta en un appauvrissement de l'étude scientifique des nouvelles religions, ou religions alternatives.

 Ce texte présente les récents développements d'implications d'universitaires des études sociales des religions dans les mouvements recherchant à assoir leur crédibilité. Les scientifiques se sont en effet engagés consciemment ou non dans des prises de position améliorant l'image de marque d'idéologies religieuses douteuses aux dépens des procédures sociales scientifiques d'analyse objective et de dissémination de la recherche. Comme l'a souligné Marybeth Arbella voici quelques années, "la cooptation d'un chercheur peut devenir un problème capital s'il n'y prend pas garde, car il peut volontairement ou pas prendre parti dans la lutte sectaires contre anti-sectaires.7

ETUDES ACADEMIQUES PARTIALES

Deux études récentes au sujet de religions controversées dévoilent les problèmes de recherche et publication d'études effectuées sur des groupes ayant grand besoin d'articles positifs de la part des chercheurs.8   L'un concerne la mauvaise réputation d'un groupe, depuis des années, en raison de soupçons de pédophilie provenant des doctrines émises par le leader du mouvement lui-même. 9   L'organisation en question bataillait devant la justice anglaise, ce qui risquait d'aboutir à dévoiler,auprès  du grand public, les pratiques antérieures du groupe . 10  Les leaders du groupe ont alors contacté un universitaire afin "d'obtenir des conseils sur la façon de venir à bout de la contre-publicité et d'autres attaques".11  subies de par le monde. 12  La publication résultant de l'étude, co-éditée avec l'universitaire, et publiée par sa propre maison de publication, comprenait de chapitres basés sur les visites menées par d'autres chercheurs ayant visité les établissements de ce groupe et observé ses activités, interviewé des membres et examiné la littérature. L'organisation était si satisfaite de ce travail qu'elle s'en sert dans sa littérature de relations publiques et l'expédie aux médias. 13

On y trouve pourtant des problèmes méthodologiques  significatifs ayant trait à la façon dont les données ont été recueillies et mises en forme, rendant dès lors les conclusions fortement suspectes. 14  En tout premier lieu, cette organisation a créé exprès ce qu'elle nomme confidentiellement des "maisons pour médias" 15  , ces maisons pour les médias étant destinées à être visitées par les chercheurs.16   Des membres, choisis pour aller ces maisons, ont été briefés sur la façon dont ils devaient se comporter et répondre aux chercheurs ou autres enquèteurs. D'anciens membres ont ensuite expliqué comment ces établissements spécifiques opéraient, décrivant les exercices auxquels on les soumettait et le briefing subi. 17

L'un de ces anciens membres y ayant vécu décrivait ces maisons comme "une maison vraiment très nette, aussi propre que possible" 18  Un autre expliquait la "méga-préparation" précédant toute visite de gens de l'extérieur, consistant par exemple faire sortir les enfants surnuméraires, ôter des lits des chambres surpeuplées, et à envoyer les mères célibataires ailleurs. 19   Apparamment, ces "maisons pour médias" ne recelaient "que les gens les mieux préparés aux relations publiques et les troupes utiles pour chanter le bon air, ceux qui avaient été préparés à parler, qui savaient comment le faire, et qui - vous savez - ne risquaient pas de s'égarer ou de glisser..." 20   L'organisation fournissait des brochures anticipant les questions, les porte-paroles apprenant comment répondre aux questions de manière appropriée."21

 Ce briefing des porte-paroles incluait les réponses toute prètes à servir, les dressant à ne pas dévoiler les secrets sensibles du groupe. 22   Nous savons aussi que l'organisation a entrepris de détruire des publications douteuses lorsqu'elle s'est rendu compte que sa propre littérature amenait de l'eau au moulin des critiques, quant aux pratiques controversées su groupe.23  C'est donc, en bref, à partir d'informations fournies par le groupe  que les chercheurs ont publié précisément ce que le groupe voulait qu'on dise de lui.

 La critique de cette étude souleva l'important sujet méthodologique de "gestion de l'impression" par ce groupe ou d'autres dont les membres se savent étudiés et examinés. [ndt: les scientologues utilisent aussi cette méthode, faisant disparaître les traces de leurs illégalités avant les visites dont ils sont souvent prévenus24  En citant le concept de gestion de l'impression émis par Erving Goffman, 25  l'auteur de la critique rappelle au lecteur la façon dont les groupes travaillent de concert pour éviter de dévoiler des informations génantes aux gens de l'extérieur, y compris probablement aux chercheurs. 26  Des problèmes similaires se présentent dans une autre étude que nous avons entreprise, après avoir cette fois organisé une équipe de chercheurs de diverses disciplines académiques.

A la mi-1993, plusieurs des contributeurs à ce premier Volume ont participé à l'étude d'un établissement nord-ouest américain appartenant à un autre groupe. Cette organisation souffrait également de publicité négative et de mauvaises relations publiques; elle désirait améliorer son image de marque dans les médias, ce qui pourrait expliquer pourquoi elle accepta l'offre d'universitaires indépendants désirant l'étudier.27  Leur inquiétude était grande du fait d'allégations à propos d'un important arsenal préparé par cette organisation pour un Armaggedon, cet armaggedon étant prédit par les leaders du groupe.28  Bien que l'organisation ait nié cette accumulation d'armes, le mari du leader avait été arrèté en 1987 pour tentative d'achats illégaux d'armes.29  L'inquiétude liée aux armements des religions controversées était très présent dans l'esprit du public depuis le désastre de Waco; une partie du public prédisant que toute intervention gouvernementale contre le   groupe pourrait provoquer un autre Waco. Simultanément, l'IRS (fisc américain) avait retiré le statut non-lucratif du groupe, ce qui risquait de lui coûter de grosses sommes. 30

 "La plupart des chercheurs ne purent rester que quelques jours"  dans les locaux de l'organisation, qui tenait alors son festival annuel de conférences entre le 25 juin et le 4 juillet 93.31  Comme dans l'exemple précédent, l'universitaire central supervisant ce projet publia un ensemble d'essais dans un ouvrage tiré par sa propre maison d'éditions. Le groupe étudié fut si heureux des résultats qu'il interviewa certains des participants à cette recherche dans les colonnes des publications du groupe.32   Comme pour le précédent, cette étude servit au groupe dans sa documentation de relations publiques.

 Nous avons pas mal de matériel sur les dynamiques internes de cette seconde étude, car deux membres de l'équipe de recherche ont travaillé à "mener une étude sur l'étude elle-même". Ces deux savants du domaine social critiquaient les questions posées lors de la recherche, le plan de  recherche et la méthodologie - et conclurent que les faiblesses empèchèrent les chercheurs de découvrir ce qui se passait en arrière-plan. 33   On ne pourra donc s'étonner que cette étude n'ait pas élucidé les doutes quant à un commercialisme excessif, à l'usage des fonds du groupe pour payer les frais d'un procès civil à l'encontre du leader, et  aux violations des règles sur l'armement.34  Ironie du sort, neuf jours après l'achèvement des travaux des chercheurs, un avocat de l'organisation écrivait au Ministère de la Justice "que l'église acceptait sa responsabilité quant aux armements".35

Bien que certains des essais présentés par les chercheurs semblent convenables, l'estimation de l'ensemble démontre qu'ils n'ont pas réellement examiné les aspects cruciaux des organisations ciblées.36   Ces études rappellent les craintes d'Horowitz, qui annonçait que l'église de l'unification pourrait se servir des éléments positifs provenant d'une enquète douteuse pour acquérir une légitimité. 37  L'étude des religions a donc souffert sur plusieurs fronts en conséquence de ces méthodes.

Les universitaires ne connaissant pas les controverses entourant ces études peuvent tenter d'adapter leurs résultats à un ensemble plus large de théories, construisant dès lors leurs études sur ce qui s'avère n'être que du sable.  Les membres actuels qui se poseraient des questions quant aux méthodes et idéologies d'un groupe peuvent s'imaginer qu'ils se trompent eux-mêmes à cause de ces "opinions d'experts". Les membres ayant quitté ces groupes risquent aussi d'être davantage contraints au silence ou à la confusion par les affirmations péremptoires de chercheurs refusant catégoriquement les témoignages d'anciens membres ayant une expérience du groupe. Les Tribunaux, les médias, et les services sociaux peuvent être mal orientés du fait de ces recherches et les leaders de ces groupes dédouanés de leurs actions douteuses ou dangereuses. En fait, la respectabilité académique diminue, surtout lorsque les médias ou d'autres enquèteurs découvrent l'information que de soi-disant experts ont manquée ou délaissée. 38  La recherche superficielle risque donc d'entraîner des effets tout à fait réels et néfastes.


LOBBY ET GROUPES PARAVENTS

On ne peut pas non plus passer sous silence le fait que ces deux volumes d'études furent menés sous les auspices d'équipes présumées universitaires d'une équipe opérant en réalité hors de contrôle académique et universitaire. L'un des chercheurs semble même avoir fait partie d'un des groupements étudiés. 39  Il n'est par ailleurs pas possible d'imposer réellement, à une entité de recherche indépendante, les obligations académiques, telles la critique des études, ou les pressions afin de publier ___________________ [pressures to publish in peer review publications,??] ______________, ni la confidentialité des identités et des sources. L'indépendance salariale qu'assure normalement l'université implique aussi que les études indépendantes rendraient les chercheurs plus sensibles aux pressions financières des groupes qu'ils examinent.

L'étude universitaire peut donc subir les pressions financières et sociales immédiates et les universitaires se trouver alors engagés dans des opérations ressemblant à du lobbying payé. Des documents secrets d'un groupe ont ainsi révélé qu'il faisait fonctionner une opération  de "groupe de façade" ou "groupe paravent" , dans les années 70. Cette association incluait d'importantes figures  dont les opinions bénéficiaient à la religion alternative étudiée, ces personnalités bénéficiant en retour des largesses de sponsoring du groupe "critiqué" en question. 40


PROBLEMES ACADEMIQUES ET LEGAUX

Parmi les nombreuses  raisons importantes que pourraient avoir les universitaires à se comporter selon une méthodologie et une éthique  rigoureuses, il y a  le fait qu'ils risquent d'être appelés par les tribunaux comme  témoins experts dans des procès concernant les groupes qu'ils auraient étudiés.41  Il est fréquent que des membres déçus portent plainte contre leurs anciens maîtres à penser, pour diverses raisons, dont certaines sont de nature particulièrement grave.42  Ce sont cependant surtout ces groupes controversés qui en appellent désormais à la justice contre divers ennemis - ou contre des individus perçus comme ennemis.43  Les universitaires peuvent donc directement influer sur le cours de la justice dans leurs dépositions d'expert, pour ou contre ces groupes. Du fait de la valeur accordée aux témoignages des scientifiques, ceux-ci risquent de servir de caution.44  ainsi qu'on l'a constaté lors d'une récente affaire très connue45.46.

Le procès en question était une tentative élaborée par groupe pour faire taire la critique d'une mouvement anti-sectaire au moyen d'une décision de justice.47  L'un des experts cités pour le compte du plaignant, l'un des plus respectés du domaine de la sociologie des religions - a fourni témoignages et conclusions sur l'organisation anti-sectaire. 48   Une grande partie du procès tournait autour des activités d'une personne que la Cour considérait être un "contact" de cette organisation anti-sectaire.  Il se trouve qu'apparamment, cette personne faisait partie d'une autre organisation appartenant à la "Clinique de Crise Hotline", laquelle avait transmis son téléphone à quelqu'un qui cherchait à obtenir des informations pour faire sortir un de ses parents d'une "secte".   49  Bien que l'expert n'ait interviewé personne au sein de cette organisation anti-sectaire depuis 1979 et qu'il n'ait pas travaillé pour le mouvement anti-sectaire depuis au moins six ans avant ce témoignage, il a témoigné être convaincu que l'organisation se servait de méthodes de déprogrammation illégales. 50  His testimony probably was a factor that led to a negative decision against the countercult organization, and the organization's subsequent bankruptcy.Son témoignage fur vraisemblablement l'un des facteurs ayant mené le Tribunal a prendre une décision défavorable envers l'organisation anti-sectaire, et à la faillite qui en a découlé. [voir ce document exterieur à la page pour complément d'information, ndt]

Toutefois, un des importants médias américains examina ce cas deux ans plus tard et découvrit que le signataire de l'un des témoignages les plus graves qu'avait subi ce mouvement anti-sectaire avait renié son témoignage antérieur.51   Il découvrit aussi aussi qu'un enquèteur privé avait signalé n'avoir pu trouver la moindre preuve d'activités illégalles de déprogrammation prétendues de la part du mouvement anti-sectaire. 52  Le procès intenté au mouvement anti-sectaire était donc faiblard, en dépit du jugement d'appel confirmant sa condamnation. 53  Il est donc possible que l'organisation controversée se soit servie de l'universitaire pour pousser son point de vue, consistant à détruire l'opposant.54

 L'une des plus surprenantes interventions des universitaires eut lieu lorsqu'une douzaine d'entre eux aidèrent une organisation controversée à conserver ses documents internes au secrets.55  Partant d'exemples multiples au sujet d'organisations religieuses ou séculières, ces savants insistèrent sur le fait que le secret avait été un aspect crucial des religions depuis fort longtemps, si bien qu'il fallait que les tribunaux respectent ce secret. Cette position a pourtant affaibli les universitaires en leur refusant l'accès à des documents d'étude. Les universitaires devraient prendre conscience du fait que ces organisations utilisent souvent le secret pour cacher des manipulations et des abus, toutes choses que les chercheurs seraient bien inspirés de découvrir et de réaliser. Je pense utile de répéter la position d'Horowitz voici 20 ans:

"L'analyse sociologique révèle beaucoup sur le caractère [?Sociological analysis is highly revelatory in character.]. La recherche sociale s'ouvre sur le jugement public et la critique des secrets centraux d'organisations religieuses.  C'est le fondement sur quoi l'analyse sociologique et l'analyse religieuse doivent différer.... par conséquent, les critères impliqués dans la poursuite de chacun de ces buts sont différents."56

Le fait que certains scientifiques proéminents supportent les efforts destinés à empècher leurs collègues d'accéder à des documents importants, révèle l'étendue de la subversion auxquels certains académiques se plient pour pervertir les zônes de recherche légitimes , et permettre à ces groupes religieux de garder le pouvoir du secret.57 C'est ainsi que les groupes religieux acquièrent un niveau de contrôle sans précédent sur l'information des scientifiques qui voudraient les scruter.

CONCLUSION


 


Les religions alternatives ont appris l'intérêt qu'il y avait à se faire endosser  ou aider par les scientifiques et autres chercheurs. Avals et assistance peuvent les aider à améliorer leur image publique, et les opinions d'académie  permettent  aux religions controversées de parvenir à leurs buts organisationnels (y compris la destruction de leurs ennemis). Hélas, les sciences sociales souffrent des retombées du processus, les relations publiques et les prises de position ayant remplacé la recherche et la publication des résultats.

Du fait de l'objectivité affaiblie de quelques scientifiques sociaux, leurs collègues reçoivent des conclusions à l'exactitude douteuse, les tribunaux entendent et lisent des opinions n'ayant pas toujours la rigueur universitaire, et les publications qui ne flattent pas le sujet religieux peuvent être supprimées. Les universitaires compromettant l'objectivité ou l'intégrité académiques menacent la réputation des sciences sociales au sein de l'académie et parmi les membres les moins bien informés du public.
C'est ainsi qu'on peut trouver un commentaire acide et sous-évalué, écrit en latin, émanant de  l'analyste en médias Mark Silk, lequel signalait que notre réputation a déjà diminué aux yeux de certains. Après avoir mentionné que les universitaires peuvent dépendre des organisations qu'ils étudient et qui les paient et leur permette d'accéder aussi bien aux membres qu'aux documents, Silk fait allusion au titre d'un ouvrage de Henry Newman (1801-1890) lorsqu'il conclut "on peut pardonner aux  reporters de laisser de côté le conventionnel apologia pro culta sua [sic: une défense venant de la propre secte des universitaires des mouvements religieux]58

Stephen A. Kent
Pofesseur, Université de Calgary
trad: roger gonnet


1    Irving Louis Horowitz, "Science, Sin, and Sponsorship," in Science Sin, and Scholarship: The Politics of Reverend Moon and the Unification Church, ed. Irving Louis Horowitz (Cambridge, MA: MIT Press, 1978), 261-82. Back

2 Horowitz, "Science, Sin, and Sponsorship," 270. Back

3 Horowitz, "Science, Sin, and Sponsorship," 261-71, 280. Back

4 In 1983, for example, a journal for the social scientific study of religion, Sociological Analysis, devoted a major part of the Fall issue to a symposium on scholarship and sponsorship. Back

5 See, for example, James T. Richardson, "Reflexivity and Objectivity in the Study of Controversial New Religions," Religion 21 (1991): 305-18; Thomas Robbins and Roland Robertson, "Studying Religion Today: Controversiality and 'Objectivity' in the Sociology of Religion," Religion 21 (1991): 319-37. Back

6 Stephen A. Kent, "Deviance Labeling and Normative Strategies in the Canadian 'New Religion/Countercult Debate,'" Canadian Journal of Sociology 15, no. 4 (1990): 393-416. Back

7 Marybeth Ayella, "'They Must Be Crazy': Some of the Difficulties in Researching 'Cults,'" in Researching Sensitive Topics, eds. Claire M. Renzetti and Raymond M. Lee (London: Sage, 1993), 121. Back

8 James R. Lewis and J. Gordon Melton, eds., Church Universal and Triumphant in Scholarly Perspective (Stanford, CA: Center for Academic Publication, 1 994); James R. Lewis and J. Cordon Melton, eds., Sex, Slander, and Salvation: Investigating the Family/Children of God (Stanford, CA Center for Academic Publication, 1994). Back

9 For some background regarding a dispute between this scholar and one of the authors (Kent), see Albert Mobilio, "Children of a Lusty God,"Lingua Franca (July/August, 1994): 16-19; Stephen A. Kent, Editor's Introduction to Lustful Prophet: A Psychosexual Historical Study of the Children of God's Leader, David Berg,"Cultic Studies Journal 11, no. 2 (1994): 135-88. Back

10 The case began on 18 February 1992, when the court made a child (whose mother was a Family member) a ward of the court. Alan Ward, W 42 1992Judgenent in the British High Court of Justice: Family Division (19 October 1995): 4. After reviewing extensive court end expert evidence, the judge in the British case did in fact conclude, "[t]here is, therefore, overwhelming evidence that the high leadership within [this group] has been guilty of child sexual abuse" (Ward, Judgement in the British High Court of Justice, 120). Back

11 Lewis and Melton, eds., Sex, Slander, and Salvation, vi. Back

12 During the early 1990s, for example, police in Argentina ("Officials Study Cult Evidence," Edmonton Journal, September 5, 1993, A6; "Argentine Court Releases Cult Members Charged With Sexual Abuse," December 14, 1993, A6), Australia (Luke Morfesse, "Sect Children in Custody," The West Australian, May 16, 1992, 3), France ("Police in France Raid Sect Which Advocates Free Love," Edmonton Journal, June 11, 1993, A5; "Children of French Sect Taken into Care," Times [London], June 12, 1993, 15), and the United Kingdom (Maurice Chittenden and Maria Laura Avignolo, "The Day the 'Martians' Woke Up," Sunday Times [London], September 5, 1993, 12) raided several of the organization's homes from which they removed the children to custodial facilities. Allegations against adult members included child sexual abuse, enslavement, and kidnapping. Following the collapse of the cases for lack of evidence, state authorities eventually returned the children to their homes. The organization issued a special news release containing excerpts from several official judgments which stated that in all cases the charges were unsubstantiated ("'The Family' Vindicated in Every Case!" World Services [Zurich, Switzerland: World Services, (n.d.) 1994], 2). Back

13 The organization also includes a video among its public relations material. The video Contains interviews with what the organization calls "leading authorities in the fields of sociology, psychology, education and religion" (The Family, Insight [Video], 1994: coverleaf). Comments that some of the experts made suggest that they based at least part of their evaluations on observations made in the group's media homes. Back

14 Robert Balch, Review of Sex, Slander, and Salvation: Investigating the Family/Children of God, Journal for the Scientific Study of Religion 35 (March 1996): 72. Back

15 Stephen Kent, Interview with Cheryl [pseudonym], February 12, 1996. Place not given to protect anonymity of informant. Back

16 See, for example, Gustav Niebuhr, "'The Family' and Final Harvest," The Washington Post, June 2, 1993, Al; downloaded from (March 26, 1998); Susan J. Palmer, "Heaven's Children: The Children of God's Second Generation," in Sex, Slander, and Salvation, eds. Lewis and Melton (Stanford, CA. Center for academic Publication, 1994), 1-26. Back

17 Beyond identifying some informants as former members, we do not label them either as "apostates" or anything else. Back

18 Stephen Kent, Interview with Cheryl [pseudonym], February 9, 1996. Back

19 Stephen Kent, Interview with Lorna [pseudonym], January 16,1996. Place not given to protect anonymity of informant. Back

20 Ibid. Back

21 Family Services, "Heavenly Security-Part 1" (Zurich, Switzerland: Family Services, DO [Disciples Only], January 1989): 1-36; Contending for the Faith: How to Handle Accusations, Controversies and Concerns!" (Zurich, Switzerland: Family Services, DO [Disciples Only], July 1992): 1-48; "Wise Witnessing Replies," (Zurich, Switzerland: Family Services, July 1992). Back

22 Stephen Kent, Interview with Cheryl [pseudonym], February 9, 1996. Back

23 World Services, "The Pubs [Publications] Purgel: An Urgent Advisory to All Family Homes" (Zurich, Switzerland: World Services, June 1991): 2. Back
23B "Nous avions des visites de routine de la part des Officiels de Tampa (la ville où est installée le QG de la secte) s'occupant de la Sécurité incendie et de la Santé. D'une manière ou d'une autre, le GO (service secret) savait quand cela allait arriver, et nous étions prévenus. Quand ils arrivaient, nous empilions les matelas, boites et toutes sortes de machins qui servaient dans ce " dortoir " pour que ça ait l'air dêtre un entrepôt. Les officiels ne soupçonnèrent apparemment jamais que des gens habitaient là. Si un officiel débarquait sans prévenir, quelqu'un du GO le déroutait vers des zônes du Fort Harrison qu'il pouvait visiter, pendant que nous retransformions ça en entrepôt. Les staffs du Fort Harrison n'étaient pas mieux lotis : nombre d'entre eux dormaient dans de toute petites chambres à 6 ou 8. Lorsque des officiels arrivaient, on mettait un panneau " Confession en cours " afin que personne n'entrât, et le GO ne faisait voir que les quelques chambres à deux ou trois lits" (Annie Rosenblum, voir témoignage complet). BACK

24 Balch, Review of Sex, Slander; and Salvation, 72. Back

25 Erving Goffman, The Presentation of Self in Everyday Life (New York: Doubleday/Anchor, 1959). Back

26 Balch, Review of Sex, Slander, and Salvation, 72. Back

27 Lewis and Melton, eds., Church Universal and Triumphant, viii-xi. Back

28 "Papers Detail CUT Arms Deals," Billings Gazette, 1 July 1993, IA, 13A. See also Karin Ronnow, "IRS Responds to CUT Appeal," Livingston enterprise, 30 March 1993,1; Ronnow, "Feds Track CUT Weapons Activity," Livingston Enterprise, 30 June 1993, 1; Ronnow, "Papers Give Details of 'Survival' Club,- Livingston Enterprise, I July 1993, 3. Back

29 Scott McMillion, "Critics Say Arsenal Belonged to Church," Bozeman Daily Chronicle, 14 March 1995, 1, 10. Back

30 United States of America [USA] and Bruce M. Philipson, Internal Revenue Agent vs. Church Universal and Triumphant [CUT], Inc. and Edward L. Francis, its Vice President, "Second Declaration of Petitioner Bruce M.Philipson," Civil No.MCV-91-l8-BLG-JDS (United States District Court: District of Montana, [July] 1991), 2. In 1994, the IRS restored CUT's tax exemption except for the period between 1 May 1988 and 30 April 1990, and "the church agreed not to own or store weapons and to dispose of any existing weapons. . ." ( "Survivalists Swap Guns for Tax Status," The Washington Post, 4 June 1994, A4). Back

31 Robert W. Balch and Stephan Langdon, "How the Problem of Malfeasance Gets Overlooked in Studies of New Religions: An Examination of the AWARE Study of the Church Universal and Triumphant," in Wolves Within the Fold, ed. Anson Shupe (New Brunswick, NJ: Rutgers University Press, 1998): 196-97, see 195. Back

32 "Study Debunks Anti-Church Myths," Royal Teton Ranch News, April 1994, 1, 11. Back

33 Balch and Langdon, "How the Problem of Malfeasance Gets Overlooked in Studies of New Religions," 192. Back

34 Ibid., 198-199; see Scott McMillion, "Guru Ma's Pleadings Answered-CUT Members Come Through with $720,000," Bozeman Daily Chronicle (January 25, 1994): 1. Back

35 Quoted in the "Weapons Timeline" for 1993 in McMillion, "Critics Say Arsenal Belonged to Church," 10. Despite this acceptance of responsibility by the organization, the editors published a study in which the researcher offered that he "found no illegal weapons nor any indication of illegal conversions of weapons, above nor below ground" (Moorman Oliver,Jr., "Church Universal and Triumphant: A Law Enforcement Perspective," in Church Universal and Triumphant eds. Lewis and Melton, 144). The issues concerning the IRS, however, involved organization members using false names and addresses when purchasing weapons, along with tax-exempt organizational money contributing to the purchases. The issue of organizational money related to one of the gun purchaser's use of a corporate credit card to cover expenses while on his gun-buying trip (Scott McMillion, "Showdown: CUT vs IRS," Bozeman Daily Chronicle, 30 May 1991, 8). Back

36 Balch, Review of Sex, Slander, and Salvation; Balch and Langdon, How the Problem of Malfeasance Gets Overlooked in Studies of New Religions." For, however, a positive review of the AWARE study of CUT, see Derek H. Davis, Review of Church Universal and Triumphant in Scholarly Perspective, Journal of Church and State 37 (1995): 157-58. Back

37 Horowitz, Science, Sin, and Scholarship, 271-278; see also Marlene Mackie and Merlin B. Brinkerhoff, "Moonie Conferences: Dialog or Duplicity7" Update 7, no. 3 (September 1983): 22-37. Back

38 See, for example, Ian Reader, "Aum Affair Intensifies Japan's Religious Crisis: An Analysis," Religion Watch 19, no. 9 July/August 1995): 1-2; T. R. Reid, "U.S. Visitors Boost Cause of Japanese Cult," The Washington Post, 9 May 1995, A8; Teresa Watanabe, "Alleged Persecution of Cult Investigated," Los Angeles Times, 6 May, 1995, A5. Back

39 AWARE (Association of World Academic for Religious Education), "Important Press Conference," [Fax], (Los Angeles, CA: AWARE, 9 November 1992). Back

40 APRL [Americans Preserving Religious Liberty] Newsletter, "New Name, Same Organization," (Oakland, CA: APRL, January 1982); Federal Bureau of Investigation, "Cedars, L. A. Inventories, Evidence #10042: PR General Categories of Data Needing Coding," [Documents obtained during FBI search of Cindy Raymond's office, from black metal four drawer file cabinet designated as 2M], 8 July 1977, 97, 104; Clinton MacSherry, "Divine Intervention," City Paper [Baltimore, Maryland], 15 May 1992,16. Back

41 See, for example, "Giving Cults a Good Name," Esquire, June 1997, 20; Larry D. Shinn "Cult Conversions and the Courts: Some Ethical Issues in Academic Expert Testimony, Sociological Analysis 53, no. 3 (Fall 1992): 273-85. Back

42 See, for example, Church Universal and Triumphant [CUT], Inc. vs. Gregory Mull, "Cross Complaint for Damages," No. C 358191 (Superior Court of the State of California: Los Angeles County, 11May 1981): 1-12; [CUT] and Elizabeth Clare Prophet vs. Linda Witt, "Appeal from a Judgment of the Los Angeles County Superior Court, Alfred L. Margolis, Judge, No. C 358191 (Court of Appeal of the State of California: Second Appellate District, Division Five: Superior Court, 10 April 1989):1-32. Back

43 Tom Blame, "Judgement May KO Anti-Cult Croup, Deprogrammer," Chicago Tribune, l5 October 1995, 1; Claude Josso, "Plans for Cult-Buster Trial Hotly Debated," The Daily World, 28 December 1993, 1; Raymond L. M. Lee and Susan E. Ackerman, "Farewell to Ethnography? Global Embourgeoisement and the Disprivileging of the Narrative," Critique of Anthropology 14, no. 4 (1994): 339-54. Back

44 Shinn, "Cult Conversions and the Courts." Back

45 See, for example, Church of Scientology International, The Cult Awareness Network Anatomy of a Hate Group," Freedom Magazine: Public Service, n.d. [1994/1995?]; Church of Scientology International, "Cult Awareness Network: The Serpent of Hatred, Intolerance, Violence and Death," A Special Report from Freedom Magazine, 27, no. 2 (1995): 2-35. Back

46 See, Laurie Goodstein, "Anti-Cult Group Dismembered as Former Foes Buy Its Assets," The Washington Post, December 1, 1996, A1, A22. Back

47 Jennifer Bjorhus, "Man Wins $5 Million in Deprogramming Suit," The Seattle Times, 30 September 1995, A6; Susan Hansen, "Did Scientology Strike Back?" The American Lawyer, June 1997, 62-70. Back

  48 Scott vs. Ross, et al, "Deposition of Anson David Shupe, Jr.," No. C94-0079 (United States District Court: Western District of Washington at Seattle, 19July 1995): 1-172; Scott vs. Ross, et al, "Transcript of Proceedings: Testimony of Anson David Shupe, Jr.," No. C94-79C (United States District Court: Western District of Washington at Seattle, 26 September 1995) Vol. 4: 18-79. Back

49 The recent appeals court decision affirming the judgment against the countercult organization made a factual error when it stated that the mother of the young man who eventually underwent an "unsuccessful deprogramming" "contacted Shirley Landa after a referral from the Seattle Community Service hotline. Landa was involved in various 'anti-cult' activities and worked as CAN's Washington state 'contact.' A 'contact' is 'an unpaid volunteer who is available in given areas to speak to members of the public on behalf of CAN'" (Scott vs. Ross, et al, "Opinion by Judge Beezer," No. CV-94-00079-JCC [U.S. Court of Appeals for the Ninth Circuit: Western District of Washington at Seattle], 8 April 1998: 3209). In fact, no organization existed by the name of Seattle Community Service. The organization that did make the referral to Landa is named the Crisis Clinic, which (now) shares its database with Crisis Line and Community Information Line. Apparently the Crisis Clinic database did not have her listed as a CAN representative. As far as we can determine (from speaking with several staff members of the Crisis Clinic) Landa's current listing with the Seattle organization as a cult resource person has no changed for years. Her only organizational affiliation on the current data base is with a group called "Parents Awareness/Citizens Freedom Foundation," which has no affiliation with CAN. Even though the name would imply that Landa's local group was connected with the Citizens Freedom Foundation (CAN's immediate predecessor), CAN did not have a Seattle affiliate. Landa was a CAN contact person only when the national CAN office referred a caller to her (probably to save on the caller's telephone bills), but in this case the initial call for help by a relative of the (eventually "unsuccessfully deprogrammed ") young man went straight to the Crisis Clinic. At no time was the national CAN office involved. Back

  50 Scott vs. Ross, et al, "Deposition of Anson David Shupe, Jr.," 83-85, 86-87; see also, Scott vs. Ross, et al, "CAN's Reply Brief in Support of Motion to Exclude Expert," No. C94-79C (United Sates District Court: Western District of Washington at Seattle, 7 September l995): 1-6. Back

51 CBS News, "CAN: The Cult Awareness Network," 60 Minutes 30, no. 15; 28 December 1997, 19-20. Back

52 Ibid Back

53 Scott vs. Ross, et al, "Opinion by Judge Beezer." Back

54 Hansen, "Did Scientology Strike Back?"; see also William W. Horne, "The Two Faces of Scientology," The American Lawyer July/August 1992): 74-82. Back

55  Church of Scientology International vs. Steven Fishman and Uwe Geertz, "Declaration of J. Gordon Melton in Support of Brief of Amicus Curiae on Remand Issue of Confidentiality of Religious Scriptures," No. 91-6426 HLH [Tx] (United States District Court: Central District of California, November 28, 1994): 4 pp. Back

56 Irving Louis Horowitz, "Universal Standards, Not Uniform Beliefs," Sociological Analysis 44 (Fall, 1983): 181. Back

57 Georg Simmel, "Secrecy," in The Sociology of Georg Simmel, trans. and ed. Kurt H. Wolff, (London: The Free Press of Glencoe, 1950), 330-44. Back

58 Mark Silk, "Journalists' Attitudes Toward New Religious Movements," Review of Religious Research 39, no. 2 (December 1997): 141. The allusion is to Newman's Apologia pro vita sua [A Defense of His Own Life (1864) ], in which he defended his quest for trail that led him to convert to Catholicism from Anglicanism. When Silk replaced Newman's word, vita, with culta, gender problems in the grammar occurred that make literal translation impossible. Silk informed one of the authors that he meant "argument on behalf of their cult" or "justification of their cult" (Mark Silk email to Stephen A. Kent, 10 March 1998). Our translation is a variant on what Silk proposed. We express gratitude to Massimo Introvigne for pointing out problems in Silk's Latin phrase, and to Kelly McFarlane for helping clarify various grammatical issues and translation options.