Un ex- Numéro Trois mondial en Scientologie témoigne... Jesse Prince

 Note: les gens ne connaissant pas les démélés de la secte scientologie avec les affaires de "droits d'auteur seront plutôt intéressés par les parties en BLEU. Jesse Prince fut l'un des dix principaux personnages de la secte.

      AFFIDAVIT DE JESSE PRINCE



 
 
 
 
 
 

Je soussigné, Jesse Prince, déclare ce qui suit

     1. J'ai plus de dix-huit ans et j'habite actuellement dans le Minnesota, Comté de Hennepin. Cette déclaration est faite en vertu de mon savoir personnel et si l'on me demande de témoigner sur les faits ci-après, je le pourrai et serai en mesure de le faire avec compétence.

     Je suis tout à fait familiarisé avec l'organisation, le mouvement et les croyances scientologiques du fait que j'y suis resté durant seize ans (1976-1992) et que j'y ai servi aux  postes les plus importants, y compris second du RTC - Centre de Technologie Religieuse [direction globale de la secte, ndt]. J'étais alors "Député Inspecteur Général Externe", ce qui veut dire que j'avais la responsabilité de toutes les activités hors du corps scientologue proprement dit. Cela comprend tout litige de la part ou contre toute organisation scientologique, le renseignement (espionnage, opérations cachées) contre tout "ennemi" perçu ou imaginaire (ce qui va des critiques aux médias et aux tribunaux), les enregistrements des droits d'auteur, le fait de licencier ces droits et marques à d'autres organisations scientologiques - ce qui constituait la manière de contrôler au plus près toutes les entités légales scientologiques tout en créant une fausse impression d'intégrité des divers corps.

     3. Il incombe à tout tribunal ainsi qu'aux autorités de bien réaliser la masse de tromperie, chicanerie, mensonge, manipulation et criminalité pure et simple qu'emploiera la scientologie pour cacher les faits mêmes de ses crimes. Ils y dépenseront autant d'argent qu'il le faudra: je le sais pour en avoir fait partie des années durant. J'ai reçu des ordres de violer la loi. J'ai donné des ordres qu'on viole la loi. J'ai fait violer les lois à d'autres, puis je les ai aidés à camoufler ces activités criminelles exactement de la façon dont ils le font.

     4. Cette tactique est en réalité l'une des plus coercitives utilisées par la hiérarchie scientologique: impliquer ses membres dans des actes criminels pour lesquels ils peuvent être poursuivis, ce qui les empèche dès lors de parler. Même lorsque l'adepte réussit à fuir, il craindra de parler en justice ou aux officiels, ayant lui-même participé à ces crimes. En outre, l'organisation use de tactiques maffieuses pour menacer tout ancien membre, au cas où la hiérarchie craint son témoignage. Si l'ex-membre parle, l'organisation prétendra ne rien savoir et accusera l'individu, le qualifiant de criminel alors que cette personne n'a rien fait d'autre que suivre les ordres en raison de la pression exercée.

     5. Les membres de la scientologie sont poussés à confesser des actes qui, même s'ils ne sont pas carrément criminels, sont génants et pourraient détruire son emploi, son mariage ou sa profession. Exemples: vol dans les magasins, adultère, masturbation, usage de drogue. On exige que l'adepte écrive ces faits de sa main, sous prétexte de "confession religieuse", soi-disant pour le "bien" de cette personne. Ces "confessions" sont conservées aux fins de chantage et extorsion, au cas où le membre parlerait. On le force aussi à signer des documents l'impliquant personnellement tout en protégeant l'organisation, au cas où l'adepte s'en irait et oserait parler. Je le sais pour l'avoir vu faire à d'autres, pour l'avoir moi-même demandé à d'autres, et pour l'avoir fait moi-même. C'est pourquoi je demande respectueusement à ce tribunal de reconnaître les tactiques scientologues et de les traîter pour ce qu'elles sont: tromperie criminelle afin de leurrer le tribunal à n'importe quel prix.

     6. J'ai fui la scientologie depuis cinq ans, je me suis tu, car je voulais me recréer une existence différente, loin de leur contrôle obsessionnel, et il m'a fallu rassembler beaucoup de force pour y parvenir. Il y a une quinzaine, j'ai voulu savoir ce qu'il advenait du monde scientologue et me suis servi d'Internet pour enquèter. J'ai été très surpris d'y découvrir d'anciens amis ayant également quitté la secte, et les conflits en cours devant les tribunaux. J'ai contacté l'une de ces amies (Stacy Young) qui fut très proche dans la secte des années durant; elle m'a raconté ce qui se passait, en particulier tous les anciens membres dévoués à faire connaître les abus et la criminalité.

     7. Ayant été au coeur des affaires, elle m'a mis en contact avec l'avocat Dan Liepold de Santa Ana, Californie; je lui ai rendu visite. Après avoir parlé à Me Leipold et à d'autres, je me suis rendu compte que ce niveau de tromperie criminelle ne pouvait se perpétuer sans rencontrer d'opposition. Je ne pouvais plus me taire, quel que soit le terrorisme exercé. J'ai offert au Tribunal de démontrer comment la scientologie fonctionne vis à vis des marques , des droits d'auteur et des tribunaux. J'encours donc le risque d'une campagne de haine de la part que cette pseudo-religion lancera contre moi, comme elle le fit à l'encontre d'autres gens, y compris des juges.

     8.  Commençons par quelques informations sur mon passé de scientologue. J'ai rencontré la scientologie en septembre 1976 à San Francisco. Fin 76, je me suis engagé dans le coprs para-militaire d'élite connus sous le nom de 'Sea Org' (organisation maritime). La Sea Org est le coeur même de l'empire scientologue. Le personnel Sea Org a plein pouvoir pour prendre le coçntrôle de toute organisation scientologique et d'en démettre du personnel, d'en modifier les comptes bancaires, et de  faire fonctionner cette organisation comme si les employés Sea Org s'y trouvaient employés ou en étaient fondés de pouvoir, alors qu'ils ne le sont pas.

Cela se produit lorsque l'organisation fait partie de "L'Eglise de Scientologie", ou qu'il s'agit d'une zone séculière (laïque) telle que Bridge Publications. Ceci n'est possible qu'en raison du fait que le seul personnel admis à encadrer ces organisations se compose de ceux qui sont pleinement d'accord sur le fait que la Sea Org est l'organisation de commandement suprème. Ce procédé d'élimination garantit qu'il n'y aura pas de cadres résistant ou protégeant l'intégrité de leur affaire. C'est ainsi que la Sea Org peut impunément opérer et continuer à se déclarer "organisation confraternelle" - à la manière de la Cosa Nostra.

     9. Avant mon recrutement au RTC (Centre de Technologie religieuse) en 1982, j'ai surtout exercé au moyen des techniques scientologiques, techniques codifiées qui sont utilisées dans l'organisation. Ceci m'a considérablement familiarisé avec le matériau, dont l'essentiel est l'oeuvre du fondateur de la scientologie, L. Ron Hubbard. C'est cette expertise qui m'a fait choisir pour tenir un poste au sein du RTC.

     10. On m'a transféré alors aux "Golden Era Studios", près de Hemet, Californie, où j'ai alors habité et travaillé. C'est aussi appelé "Gold" ou "La Base". La présence de RTC est tout à fait connue à Gold, mais tout y est caché aux gens qui n'en font pas partie, afin que Gold semble n'être qu'un studio de production, alors qu'il ne s'agit que d'une façade destinée à protéger et cacher la structure véritable de pouvoir de la scientologie, pour qu'on ne puisse lui délivrer d'assignations à comparaître. (Le système de sécurité convient tout à fait à une organisation militaire ultra-secrète, avec des détecteurs de mouvement, des senseurs enterrés, des caméras haute vitesse, des caméras avec vision de nuit, des gardes à moto, des barbelés qui détectent tout mouvement, etc).

      RTC était à l'époque l'organisation la plus puissante, la plus élevée dans la hiérarchie et la plus influente des organisations scientologues. Tous ses membres étaient membres de la Sea Org. De ce fait, nous étions l'élite de la Base.

     11. En Mars 1983, je devins Député Inspecteur Général Extérieur, membre du Conseil d'Administration de RTC et Trésorier. (Uniques autres membres : Warren Mc Shane, secrétaire, Vicky Aznaran, Présidente à l'époque). Lorsque l'on m'a nommé membre de RTC, j'ai dû signer une lettre de démission non datée. C'est une pratique normale pour tous les membres de Conseils scientologues, constituant un autre moyen destiné à contrôler les corporations scientologiques tout en  leur laissant une apparence d'intégrité légale.

     12. A ce poste, j'ai voyagé aux USA et à l'étranger pour le compte du RTC. Je suis allé en Allemagne, Italie, Australie, Royaume-Uni, Danemark, Mexique et Canada, parfois à plusieurs reprises. Ces voyages avaient pour but de créer des infrastructures servant d'interface avec le RTC en matière de marques commerciales. Je suis donc familiarisé avec la loi dans chacune de ces pays, où je me suis entretenu avec des cabinets d'avocats dont j'approuvais les documents, et j'y ai placé du personnel en mesure de faire les rapports au RTC, personnel servant de représentant sur place dans les affaires légales etc.

     13. Lorsqu'Hubbard mourut en 1986, il y eut un lutte de pouvoir au sein de la scientologie durant quelques 18 mois, ayant pour effet l'expulsion de l'assistant d'Hubbard le plus puissant alors, Pat Broeker. Le pouvoir fut pris par David Miscavige qui purgea alors l'organisation de tous ceux qui étaient amis de Pat Broeker. A mi-87, on m'ôta de mon psote et on m'emprisonna à "Happy Valley", propriété de l'organisation située quelques kms à l'Ouest de Gold, largement dans l'enclave de la Réserve Indienne de Soboba. Je suppose que la résignation que j'avais écrite lors de ma nomination au Conseil d'Administration fut alors utilisée pour faire croire que j'avais démissionné, alors que ce n'était pas le cas. Quelques mois plus tard, il était décidé que je m'enfuirais, on me donna diverses tâches à Gold, mais sous bonne garde. Je touchais la paye ordinaire de la Sea Org, 140 F par seminae (24$).

     14. Il me faut clairifier pourquoi j'ai (ou d'autres ont) toléré un tel traitement aussi longtemps. L'aptitude à supporter des conditions et un traîtement aussi abusif fait partie d'une des exigences les plus nettes dans la Sea Org et du RTC. Nous étions sélectionnés et promus en raison de notre loyauté et tolérance démontrées jour après jour. C'est l'aptitude d'un membre de la Sea Org à recevoir les ordres, les éxécuter, tolérer des conditions dégradantes pour l'être qui donne de la valeur vis à vis des supérieurs et du système. C'est pourquoi on m'a promu aussi haut, pourquoi j'en ai toléré davantage encore. Si je revois ceci, je ne peux croire que j'ai réellement supporté un tel avilissement , une tel abus, et à quel point je me suis trompé sur ce qui était bon pour moi et pour les autres.

     15.  Fin 1991, ma femme Monika tomba enceinte. Malgré notre exaltation à cette idée, on lui ordonna de se faire avorter: en effet, on n'autorise pas les membres de la Sea Org à avoir des enfants. cet ordre nous désespéra tous deux. Notre dévouement à la Sea Org était en complète contradiction avec notre désir d'avoir un enfant. En dépit de notre cauchemar et de ma résistance à cet ordre, cela fut fait. Monika fut totalement abattue par le contrecoup de ce qu'elle subissait, et c'est alors qu'elle m'annonça son désir de partir. Nous fuîmes, avec l'organisation à nos trousses cherchant à nous récupérer. Ils y parvinrent et nous convainquirent de revenir afin que nous "partions convenablement".

     16. Dès que nous fûmes à nouveau derrière les barbelés et les gardes, c'est sous la menace de ne plus revoir son père et sa soeur (également membres de la Sea Org) que Monika dût signer certains documents.

     17. Voilà donc une autre méthode de pression que cache l'organisation. Tout comme dans les états policiers, elle peut ordonner et imposer à ses membres de ne plus avoir de relations familiales, voire, de se retourner contre la famille. Monika et moi savions que si elle le dsirait, l'organisation pourrait la tenir à l'écart de son père et de sa soeur (grâce aux contrôle exercé sur eux), si bien qu'elle ne pourrait plus les voir ni leur rendre visite. Ceci s'appelle "déconnection" en scientologie Nous avons accepté de signer les papiers et avons pu partir.

     18. Le 26 juillet 1998, l'un des avocats de la secte expédia un long fax à Dan Liepold, pour m'obliger au silence; ce n'était pas leur première menace voilée à mon encontre. L'avocat de la scientologie avait inclus les documents qu'ils m'avaient fait signer, que j'avais accepté de signer sous les conditions ci-dessus. J'inclus cette lettre et les documents que j'ai été forcé à signer sous contrainte comme première preuve de ce que pratique la secte pour faire taire ceux qui voudraient parler. (pièce jointe n°1). Cela ne me surprend pas, puisqu'il s'agit d'une tactique courante de créer ou faire signer un document mettant la personne en cause, document qu'on utilisera en cas de besoin.

     19. J'ai aussi assisté à la destruction et à l'altération de documents pour la protection du groupe. Vers Avril 83, j'étais présent lors d'une réunion à Los Angeles, Californie, au bureau scientologique d'A.S.I. (Société de Services à l'Auteur). ASI se présentait comme "agent littéraire" pour Hubbard, mais c'était en réalité la tête de l'empire hubbardien à cette époque. Toute la scientologie était dirigée depuis ASI. C'est à ASI que diverses entités scientologues venaient prendre leurs ordres.

     20. David Miscavige était présent lors de cette réunion - il  était alors patron d'ASI, ainsi que Vicky Aznaran, qui tenait le poste de Député Inspecteur Général du RTC et Lymon Spurlock, "Directeur des affaires de Clientèle" pour ASI. M. Miscavige s'est inquiété lors de ce rassemblement de la possibilité d'une descente du FBI sur la scientologie. Aucune des églises n'avait encore reçu le statut d'exemption d'impôt aux USA.

     21. Une des causes de principe ayant empèché cet accord d'exemption par l'IRS venait du fait que le fondateur de la scientologie, Hubbard, était en fait agent dirigeant de l'organisation , en complète contradiction avec les statuts légaux. Nous  savions pertinemment que cela violait les règles de l'IRS et qu'il fallait le cacher.

     22. On s'inquiétait du fait que l'IRS puisse obtenir des centaines d'ordres quotidiens, hebdomadaires et mensuels écrits par Hubbard et distribués dans toute la scientologie. Ces ordres étaient en général appelés des "conseils" afin d'éviter qu'ils ne fassent apparaître le commandement scientologique exercé par Hubbard. C'était le fait que ces ordres et "conseils" puissent servir pour démontrer le commandement exercé qui constituait le coeur du problème.

     23.Comme on craignait déjà qu'un "avis" de LRH ne puisse tomber en de mauvaises mains, ses ordres étaient écrits de façon à pouvoir nier qu'ils émanaient de lui. Son nom n'y apparaissait pas. Il n'était jamais cité, sauf à la troisième personne. Il n'y avait pas de signature et les réponses qu'on faisait ne portaient qu'un "Dear Sir" - Cher Monsieur. L'envoi ne comportait qu'un simple "*" astérisque pour le routage. Néanmoins, si quelqu'un mettait son nez là-dedans, il serait fort peu resté de doutes quant au fait que nous étions en communication avec Hubbard via ASI., et qu'il nous disait , à nous et à toutes les entités, comment faire plus d'argent pour son compte.

     24. David Miscavige déclara précisément qu'ASI "s'occupait déjà du problème" en se débarrassant de tous les documents impliquant le commandement exercé par Hubbard sur la scientologie.  Il annonça qu'il avait ordonné que les "conseils" et ordres de LRH soient rassemblés et expédiés par camion dans une usine de recyclage du Comté de Riverside, où les documents seraient mis en pâte, méthode paraît-il meilleure que le simple déchiquetage.  Je reçus des instructions afin de débarrasser les autres organisations scientologues des ordres de LRH. Ceci incluait la CSC (église de scientologie de Californie), la CSI (église de scientologie, Internationale) et le RTC.

     25. Plusieurs semaines après, je fus convié à une seconde réunion au sujet de la poursuite de la destruction de la documentation concernant l'organigramme légal des entités. Etaient présents: David Miscavige, Lymon Spurlock, Vicky Aznaran, Norman Starkey et Marty Rathbun. Nous apprîmes de Miscavige qu'un tribunal avait ordonné pour la première fois de produire des documents concernant un ancien membre de la scientologie nommé Lawrence Wollersheim, qui était en procès contre l'église de scientologie de Californie (CSC). La Cour avait ordonné la production du dossier de "préclair" complet de M. Wollersheim.

     26. Un "dossier de préclair" n'est que l'un des dossiers conservés au sujet des membres. Le dossier de pc contient les enregistrements écrits de toutes les "confessions" faites par l'adepte. Cela signifie qu'il contient non seulement les choses les plus génantes, mais qu'il indique aussi les problèmes qu'une personne peut avoir avec l'organisation, y compris ses réclamations. Ce dossier de préclair grossit au fur et à mesure de l'avancée en scientologie.

     27. Le dossier de M. Wollersheim contenait plusieurs milliers de pages, et faisait 1,80 d'épaisseur. Au début de cette réunion, il fut décidé que ce dossier serait rédigé et arrangé afin  de faire disparaître toute preuve ou document pouvant assister M. Wollersheim lors de son procès contre la CSC. On s'inquiétait aussi du fait que des matériaux confidentiels des niveaux Clair, OT 1, OT2, OT 3 et 'NED pour OTs" seraient accessibles pour inspection publique au cas où l'on produirait bel et bien les dossiers. On enseigne aux scientologues qu'on peut mourir de pneumonie si l'on apprend, sans une très longue préparation, ce que contiennent ces niveaux secrets. En définitive, nous produisîmes une cinquantaine de pages au tribunal. Le dossier de M. Wollersheim fut purgé sur ordre expresse de David Miscavige.

     28. On m'informa par la suite qu'un second ordre du tribunal exigeait de produire tout le dossier de M. Wollersheim. Face à cette menace, David Miscavige donna ordre de réduire tout le dossier à l'état de pâte à papier.

     29. Toujours sur ordre de David Miscavige, j'ai ordonné à Ricky Aznaran de prendre les dossiers de M. Wollersheim et de les amener à l'usine de recyclage de Riverside pour qu'ils soient ainsi détruits. Quelques heures plus tard, M. Aznaran revint et confirma que les dossiers avaient été mis en pâte et me montra même une petite bouteille en disant "voilà ce qu'il en reste".

     30.  Le matériel dont David Miscavige avait ordonné la destruction et que Ricky Aznaran avait fait réduire en pâte était celui que le tribunal avait ordonné de produire dans le procès Wollersheim contre CSC à Los Angeles.

     31. Début 1983, j'ai assisté à une réunions au bureau scientologue d'ASI de Los Angeles. S'ytrouvaient: David Miscavige, Lymon Spurlock, Vicky Aznaran, Patricia Brice et Edith Buchele. Il avait trait aux droits d'auteur (copyrights) de la scientologie. David Miscavige indiqua entre autres que le scientologie avait des "problèmes" à propos du statut des droits d'auteur de nombreux matériaux publiés par Hubbard en train de devenir "matériaux publics" du fait qu'ils n'avaient pas été enregistrés durant des années au bureau des Copyrights des USA.
David Miscavige indiqua que la scientologie avait omis de faire enregistrer les copyrights de milliers de pages de matériaux scientologiques écrits par Hubbard. Ceci comprenait nombre de Lettres de Règlements et Bulletins publiés par LRH. Hubbard écrivait différents documents, dont les "Policy Letters, ou Lettres de Règlements" - imprimées en vert sur blanc; des 'LRH EDs' ou Directives de l'Exécutif de LRH, utilisées pour diverses causes (imprimées en bleu sur blanc) et des "Bulletins Techniques ou HCOBs" au sujet des aspects techniques de la scientologie, des technologies d'audition, des règlements et d'éthique.

     32. A cette même réunion, David Miscavige ordonna spécifiquement à Patricia Brice (qui était alors secrétaire personnelle d'Hubbard et employée par l'ASI) de commencer à procéder à l'enregistrement en masse de toutes les oeuvres d'Hubbard. Ceci fut ordonné en dépit du fait que M. Miscavige savait déjà que nombre de ces matériaux faisaient déjà partie du domaine public. Je sais donc personnellement qu'au début 1983, la scientologie entama un vaste programme destiné à enregistrer l'oeuvre de M. Hubbard au Bureau des Enregistrements des Copyrights pour les USA.

     33. Compte tenu des nombreuses années passées à lire les directives scientologiques, dont le temps passé comme "Superviseur de la Co-audition" [audition d'étudiants en tandem, ndt] et comme "Inspecteur Général Officier de Repèchage", je connais très bien le contenu, la forme, la distribution et la publication des oeuvres et des directives scientologiques, y compris celles de Ron Hubbard. En tant qu'officier de Repèchage, ma tâche consistait à m'assurer que ceux qui utilisaient la "technologie" scientologue collent parfaitement aux directives officielles de la scientologie.

     34. Le conseiller de M. Wollersheim m'a demandé de revoir les pièces BPI (émission au grand public, ndt)  jointes  aux fins de la révision de la demande de jugement sommaire. Elles occupaient plus de 20 cartons.
En parcourant ces boites de pièces, j'ai choisi des documents au hasard pour les inspecter. Le tableau ci-après explique le résultat de cet examen de certaines pièces. Lors de l'examen des pièces du plaingnant M. Wollersheim, j'ai comparé les originaux supposés de LRH à certaines éditions antérieures dans une compilation contenant ces mêmes documents. J'ai utilisé une
"Edition n° 1" de l'OEC, le "Cours d'Organisation pour Cadres" de la scientologie pour comparaison avec ce que "BPI " dit être des originaux de LRH.

     35. J'ai joint ici des copies des diverses pièces de matériaux de LRH qui furent publiées par la scientologie au début des années 70, prouvant de façon évidente que les notices de copyright sur les documents supposés "originaux" n'étaient pas présentes, mais avaient été ajoutées comme "originaux"  postérieurement.

VOIR ICI LE TABLEAU (FRAME) en ANGLAIS (Non traduit pour cause de frames trop complexes, facile à comprendre néanmoins)
 

36. Ce tableau documente les observations que j'ai pu faire à l'examen des documents choisis au hasard. A ce propos, je pense que le Tribunal  devrait noter ce qui suit:

     1. Les pièces B-1289; 1290; 1291; 1292 and 1293 contiennent une notice de copyright de  1953 . Les enregistrements ont pourtant été exécutés pour une publication de compilation datant de 1955.

     2. Les pièces  B4; B-94 and B-215 ont des notices des années 50, 60 et 70 parlant de la CSI. La CSI est l'église de scientologie internationale, née en 1981. Par conséquent, ces "originaux" n'en sont pas, ou bien les notices ont été placées sur les documents longtemps après leur publication. (voir pièces 2,3,4 jointes).

     3. Les pièces B-59; B-369; and B-371 ont des notices de copyright de 1958. Pourtant, ces originaux comparés à ceux de la première édition des compilations des années 70 n'ont pas ces notices de copyright, ce qui indique qu'elles ont été ajoutées dans les "originaux" après la compilation en question. (Pièces 5 à 7)

     4.  La pièce B-2 est nettement différente de celle publiée dans le cours OEC d'origine, dans le volume 2, 1ère édition de 70 (Pièce jointe n°8)

     5.La pièce fournie à Factnet B-1827 ne ressemble pratiquement pas à l'original BPI.

     6. Pièces  B-1288; B-214; and C-3. Les originaux BPI ne contiennent pas de notice de copyright.

     7. La pièce B-1 montre qu'il s'agit non pas d'un original, mais d'une "publication II"

     8. Les pièces B-248, B-249 et B-157 indiquent au début qu'elles ont été publiées ailleurs avant la publication "originale".

     37. En vertu de mes connaissances en tant que membre du staff scientologue, comprenant ma fonction "d'Officier de Repèchage en Chef", et d'après l'examen des pièces soumises par BPI pour supporter leur demande renouvelée de jugement sommaire, il apparaît que nombre des "originaux" soumis par BPI ne sont pas du tout des originaux et que les notices de copyright ont été ajoutées aux documents bien après la publication, en faussant cette date de copyright;

Le déclarant n'a rien d'autre à ajouter pour l'instant.

    Je déclare, sous peine de pénalité de parjure, en vertu des lois des Etats-Unis d'Amérique et de celles de l'tat de Californie, que ce qui précède est vrai et correct.

Exécuté ce jour 27 juillet 1998, à Santa Ana, Californie.

                             JESSE PRINCE




 
 
 
 
 
 
 




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