LE SECTICIDE
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les sectes infiltrent les entreprises

Economique et social


Elles noyautent la formation, phagocytent l'informatique ou le recrutement.
Elles sont partout, les sectes. Dans les entreprises aussi. La mission ad hoc du gouvernement s'en alarme. Alerte aux envahisseurs qui passent par la formation et l'informatique pour s'infiltrer.

Cela se passe dans une ville du Grand-Ouest, il y a quelques mois. Une petite entreprise spécialisée dans la recherche agroalimentaire est en déconfiture. Trois repreneurs se présentent : deux sociétés du cru et un groupe franco-américain, sis en Floride, l'un des bastions d'une secte répertoriée dans le rapport parlementaire. Alertée par les salariés et les collectivités locales sur le flou de ce candidat, la mission interministérielle de lutte contre les sectes découvre le pot aux roses. Il s'agit bien d'un faux nez de la secte. Démasqué, le repreneur se dissoudra dans la nature.

Les entreprises infiltrées par les sectes, ce n'est pas de la science fiction. C'est une réalité qui inquiète de plus en plus le gouvernement. Selon un expert de Matignon, il y aurait « plusieurs dizaines d'associations » à caractère sectaire sur le marché de l'infiltration d'entreprise. « On ne peut pas être très précis. C'est très mobile, mais c'est entre 15 et 40 ».

Les trois « portes »

Et le cactus, c'est qu'il y a peu de prise sur des associations qui ont leur siège social aux États-Unis. Qui sont souvent « de gigantesques multinationales qui fonctionnent en réseaux, des États non territoriaux », selon l'expression d'Alain Vivien, le président de la mission interministérielle. Des groupes capables de s'organiser en puissant lobby. Il existe par exemple « un syndicat européen contre la discrimination dans le travail » identifié par la mission comme pro-sectaire.

Comment s'opère l'infiltration ? Les sectes et associations voisines privilégient trois portes d'entrée. Primo : la formation. EDF a été l'un des premiers groupes visés, dans les centrales nucléaires. Aujourd'hui, comme n'importe qui (ou presque) peut créer sa boîte de formation, les sectes disposent d'un support tout trouvé. Et d'autant plus dangereux que les entreprises ont tendance à sous-traiter la formation sans être trop regardantes sur le contenu. « Et ça peut être très insidieux, précise un expert de la mission. Les deux premiers modules de formation peuvent s'avérer remarquables, et c'est au troisième que commence à s'instiller le venin. »

Secundo : le recrutement. Récemment, un grand groupe de distribution spécialisé, désireux de s'implanter massivement en Chine, a eu un doute sur le personnel recruté par un cabinet, pour des postes stratégiques. Bien lui en a pris. Deux dirigeants du cabinet étaient d'obédience sectaire.

Tertio : l'informatique. La nouvelle voie royale. Les sectes sécrètent des sociétés informatiques difficiles à repérer car elles n'ont aucun lien apparent avec elles. Une fois entrées dans la place, elles ont deux stratégies. Soit prendre carrément le pouvoir dans l'entreprise, soit, et c'est le cas le plus fréquent, pomper au fur et à mesure les informations vitales. Qui sont immédiatement transférées et stockées à Los Angeles, pour l'association sectaire la plus en vue du moment.
[ndw: on aura deviné!!]



Retourner un dirigeant

En fait, explique-t-on à la mission interministérielle, les risques passent par les personnes (on les instrumentalise), les procédures (on les détourne), les fonctions (on phagocyte un secteur précis dans l'entreprise). Le risque «personne » est le plus voyant du moment. La secte repère un dirigeant et le fait basculer de son côté, en lien direct. C'est la méthode anglo-saxonne. Actuellement, un groupe de distribution surtout implanté dans le Sud-Ouest et dirigé par un homme identifié comme représentant d'une secte, tente de s'implanter en Bretagne.

Comment repérer les envahisseurs ? Pas facile. En tout cas, il faut se méfier du jargon des prestataires extérieurs, surtout quand il s'appuie sur les citations d'un gourou. Les formations qui veulent un peu trop « la libération du moi » visent souvent l'effet inverse. Se méfier, aussi, des propositions de vente de matériels annexes.

Le diable est dans le détail. Dans l'ordinateur portable qui disparaît de temps en temps du bureau, sans raison évidente. Dans le téléphone, curieusement utilisé sur des lignes sans lien avec l'activité de l'entreprise... Dans la rumeur aussi. Pendant longtemps, une chaîne de magasins a été considérée comme l'exemple type de l'entreprise proche d'un mouvement sectaire. « Totalement à tort », dit Alain Vivien.


Paul BUREL.

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