LE SECTICIDE
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 Et s'il fallait vraiment critiquer une religion?


 article paru sous le titre "What if a religion should be vilified?"

By JAMES GUEST (ex-député australien, ndt)
Tuesday 24 April 2001


Tous ceux qui admirent l'activité des juifs pour résister aux abrutis au cours des cinquante dernières années seront surpris par les arguments bas-de-gamme déployés par Danny Ben-Moshe, directeur exécutif de la commission anti-diffamation de la B'nai brith, arguments destinés à supporter la proposition de loi anti-raciste et anti-discriminatoire par rapport aux religions.

Ben Moshe laisse insouciamment de côté le problème qui a déjà fait capoter le projet voici une dizaine d'années. Il annonce que "la diffamation raciale inclut le fait de s'en prendre à quelqu'un simplement à cause de sa race ou de sa religion".

Race et religion, c'est vraiment pareil?

Vous pourriez penser qu'il s'agit d'un abus de langage, oui. Mais Moshe essaie peut-être de démontrer à quel point ses lecteurs seraient idiots? .../...

On ne peut laisser dévaloriser l'importance du racisme. Les gens ne choisissent pas leur race, et celle-ci n'a aucun rapport avec leurs croyances, leur moralité, qu'elles soient bonnes, mauvaises, ou tout à fait stupides.

Il est vrai que s'en prendre à la religion des gens a mauvaise répuitation aussi. Mais il y a une fameuse différence ici: certaines "religions" méritent bien qu'on les critique.

La proposition de loi ne définit pas la religion. Tout peut s'y retrouver. Lors du procès scientologie/impôts de 1983, la Cour Suprème a fait savoir qu'elle n'allait pas fournir une définition restrictive de "religion" alors que le Parlement y avait échoué.

C'est ainsi que la fameuse et Tout-Américaine et bien sûr télévisuelle 'Eglise des Fornicateurs et Autres Exemptés d'Impôts, Inc' peut vous attirer pas mal d'enquiquinements et vous mener à la faillite si vous dites ce que vous pensez d'elle.

La législation proposée vous empècherait en fait d'appeler "tas d'escrocs" une bande d'escrocs.

Un minimum d'attention portée sur le passé récent aurait pu être utile. Vers le milieu des années 60, M. Justice Anderson a fait une enquète en profondeur sur la profitable entreprise de Monsieur L. Ron Hubbard, qui s'était intitulée dianétique, puis scientologie, une entreprise que le Parlement du Victoria avait estimée si nuisible qu'il avait fait alors passer une loi sur la Pratique Psychologique pour la contrer. L'entreprise est ensuite devenue église de scientologie, ou église de la nouvelle foi, et a obtenu son exemption d'impôts.

Peut-être s'est -elle métamorphosée comme les Témoins de Jéhovahs et les Mormons en quelque chose de bénin et de spirituel. Ou peut-être pas.

Et que dire des Wacos, ou de la secte du Guyana avec ses centaines d'empoisonnés?

Pendant qu'on attend du gouvernement la prochaine édition du projet de loi, il nous reste à nous fier à l'intention annoncée "que la législation rendra illégalle le fait de s'impliquer dans une conduite qui pourrait offenser une personne ou un groupe de personnes en raison de sa religion... ce qui inclurait de ridiculiser fortement ou mépriser une personne ou un groupe... sur la base de sa religion".

Le test serait "objectif", c'est à dire que pour déterminer s'il y a délit, il faudrait qu'une personne ait pouvoir de décider ce que penserait un "observateur raisonnable" de l'offense incriminée. Ce qui fait un large tableau en raison du fossé des générations et des ethnies au sein de notre société multiculturelle.

Des parents mécontents que leur fils ait été attiré au sein d'une secte religieuse ne trouveront guère de réconfort dans le fait qu'on leur fichera la paix si leurs déclarations offensantes ont été "faites par pur intérêt de servir le public".

Une dernière bizarrerie à soulever: Si je dis qu'Alan Bond est un escroc et qu'il me poursuive devant les tribunaux, je peux au moins plaider la réalité de l'escroquerie pour me défendre. Mais dans le projet de loi "tolérance", il n'existe pas ce type de défense pour l'infirmière qui voit un gosse de Témoins de Jéhovah mourir faute de transfusion, et qui qualifierait alors leur église de bande d'assassins.

Intempérance de langage? Certes. Mais "bande d'assassins", c'est bien ce qui vient à l'esprit ou sous la plume des anti-avortements quand ils qualifient les médecins pratiquant l'avortement. C'est tout aussi inexact et offensant. Mais commettent-ils vraiment un crime? Vous êtes sûrs?

Mon ancètre injustement déridé l'a dit ainsi: "Race et Religion, ce n'est pas la même chose, et c'est ce qui ne colle pas, dès le départ."

James Guest was a state Liberal MP from 1976 to 1996.
E-mail:
jvcguest@vicnet.net.au

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