Escroqueries et Scientologie aux Pays-Bas :

[le traducteur en français ne peut garantir la traduction, sachant qu'il a traduit le résultat d'une traduction faite de hollandais en anglais]


Les tonnes d'argent amassées par le discret Thomas G.

BART MIDDELBURG,
Det Parool,

original néerlandais:

http://www.parool.nl/artikelen/NIE/1067581517625.html


Non seulement l'église hollandaise de scientologie a perdu une fameuse part de ses membres, mais pire, les adeptes de la secte ne se gènent pas pour s'escroquer entre eux au moyen de toute sorte de sociétés. "L'église" penche fortement vers la fraude mutualisée... il leur est en effet interdit de se poursuivre en justice devant les tribunaux civils. C'est le cas pour Thomas G.


En dehors du fait qu'il possède une Mercédès excessivement chère, Thomas G. n'a pas franchement l'air de l'escroc inné. "Au contraire", explique un homme d'affaires qui s'est fait avoir de quelques centaines de milliers d'euros. Ils n'ont carrément pas l'air de criminels de base. Ils vous parlent d'église, et ont tout l'air fort respectables. Ils flottent d'ailleurs dix centimètres au-dessus du sol... pas moyen d'avoir une conversation sensée avec eux. Mais pendant ce temps-là, vous vous faites refaire - yeux grand ouverts."

A la fin des années 90, Thomas G. a fondé Source Business Administration GmbH, à Baar, en Suisse. En dehors du fait que Thomas G. bénéficie des deux nationalités hollandaise et suisse, ses frères et soeurs et d'autres scientologues travaillaient dans la même affaire. Les documents expliquent que Source Business Administration travaille dans "le management et les relations publiques". Les camarades adeptes précisent: "en réalité, G. pratiquait un business très différent, consistant à développer des plans en apparence sérieux et profitables, en extrayant autant d'argent que possible de toute sorte de provenances, mais, une fois muni de l'argent, il disparut complètement.

On avait assisté à une véritable cascade de SARL hollandaises; Source Business avait une filiale à 100 %, Survive Group bv à Den Bosch; Survive Bv avait une filiale Eurotrade Bv à Roermond, Eurotrade une filiale Orangeclub Beheer Bv à Oss, et Orangeclub Beheer avait sa filiale KeepShape Bv à Oss... La direction de toutes ces sociétés était entre les mains d'amis et de la famille de G, généralement scientologues.

Le scientologue hollandais Johan (mieux vaut éviter de mentionner son nom) fut engagé pour tenir le rôle de "OES" ce qui signifie [dans le jargon scientologue, ndt] Secrétaire Exécutif d'Organisation - pour l'affaire "Source". Thomas G. et Johan firent connaissance au Centre des Célébrités de Rhénanie - autre centre d'entraînement scientologue exactement aussi coûteux que celui de Düsseldorf. "A l'époque, je croyais vraiment qu'il s'agissait d'une organisation de bonne foi, surtout en raison du fait que lui et sa famille étaient aussi des scientologues," explique Johan.

Principal actionnaire

En 2000, Thomas G, agissant en tant que principal actionnaire de Source Business Administration, élabora un plan destiné à créer une chaîne de centres de remise en forme, sous l'égide de Survive Group Pays-Bas. Il nomma l'employé de Den Bosch, Jan van Mastricht (qui n'est pas scientologue) comme directeur de Survive, et, en coopération avec PriceWaterhouseCoopers, élabora un plan destiné à attirer des investisseurs (le traducteur de hollandais à anglais signale ici que cela aurait rapporté quelques 400 millions d'euros).

OrangeClub Keep Shape était supposé représenter le premier maillon de cette chaine de remise en forme. Ils louèrent un espace coûteux, après que la famille Van der Goor l'ait rebâti et transformé en centre sportif. Ils recrutèrent cinq employés, firent beaucoup de publicité, et le nombre de clients s'accrut rapidement. Le groupe OrangeClub recruta par exemple comme clients tout le personnel de l'organisation AKZO à Oss.

Toutefois, d'après les gens impliqués, OrangeClub Bv ne paya jamais ses loyers, G. recueillant chaque semaine l'argent des cotisations, pour finalement laisser le groupe imploser, poursuivi par des tas de créditeurs.

"J'attendais sans cesse mon loyer, si bien que j'ai fini par les jeter à la porte", explique Harry Van de Goor. Tout ça faisait très cinéma; Thomas G parquait sa grosse Mercédès devant ma porte, puis ils s'amenaient tous pour déboucher une bouteille de champagne sous nos yeux. Tout le monde riait, ce gars-là n'avait pas du tout l'air de cacher quoi que ce soit. Il a fait son esbrouffe, a piqué l'argent, et a disparu. Officiellement, c'est le frère de G. qui dirigeait, mais il n'avait pas grand'chose à dire: c'est Thomas G. qui tirait les ficelles.

Taux...

M. Van de Goor tenta de nouveau de récupérer son argent. "J'ai finalement renoncé; pas moyen de mettre la pression où que ce soit, ce sont donc 350000 euros qui disparurent. J'ai même cherché chez son revendeur Mercédès en Allemagne, et la même chanson revint : il avait payé la première traite - et avait disparu.

Des employés font aussi partie des créditeurs: ils ne furent pas payés durant une longue période; le fisc n'encaissa pas non plus les taxes et impôts, et le directeur Jan van Masstricht ne toucha pas ses primes... ni ses salaires.

Fin 2002, Orangeclub Keep Shape fut mis en faillite, et de suite après, ce fut le tour de la société de holding "Eurotrade".

Essayant encore d'obtenir son argent, Van Maastricht attaqua Source Business au tribunal civil , sans plus de succès. Le tribunal condamna l'entreprise faillie à règler 20000 euros de salaires... "Mais je n'eus jamais rien", explique Van Maastricht. "J'essaie de retrouver ce Thomas G., mais il va de soi qu'il se cache bien."

Le curateur de la faillite, Maître A. van Zandvoort de Oss, explique "qu'il ne restait rien à partager." La faillite dépassait les centaines de milliers d'euros, et je n'obtins pas un sou. Je fus passablement surpris en tant que curateur que certaines personnes - c'est le mot qu'il faut ici - puissent être aussi naïves.

Le scientologue Johan, ancien Officier Secrétaire d'Organisation de Source Business, exigé aussi des centaines de milliers d'euros, en salaires impayés et en sommes directement versées ... à la secte. Puisque G. ne lui avait pas payé des mois de salaires, Johan ne pouvait remboursr ses emprunts, ce qui amena l'huissier à sa porte pour saisisr ses biens - puis il fut mis dehors de chez lui.

Le problème ici, c'est qu'un scientologue n'a pas le droit de porter plainte au tribunal contre un autre scientologue: cela permet à "l'église" de ne pas exposer son linge sale. Pour les actes criminels ( y compris le viol de mineurs - ou les disputes judiciaires) les adeptes hubbardites ont leurs propres tribunaux, par exemple des "Cours d'Ethique", tribunal pour Cadres" et les "Comités d'Evidence".

C'est ainsi que Johan continue à estimer la scientologie en partie responsable de ne pas avoir combattu les pratiques d'escroquerie de Thomas G. "L'éthique scientologue créée une situation empèchant d'aller devant les tribunaux pour obtenir son dû, c'est pourquoi j'estime qu'ils doivent payer les pots cassés."

L'aide apportée...

C'est une chose. Mais par ailleurs, la scientologie aide et défend l'escroc: ils connaissent en détail toutes ses pratiques, mais ne firent pourtant rien, tant qu'il ramenait l'argent... Il acheta par exemple 10 électromètres (le détecteur de mensonge qu'utilise la secte) à 20000 dollars pièce. Il paya de l'entraînement pour lui et sa famille à la scientologie Floride [le QG "technique" mondial de la secte], ainsi que sur le navire d'entraînement scientologue "Freewinds" qui navigue aux Caraïbes. Lui et sa famille sont en outre des "donateurs" à la scientologie; les gens de Source Business étaient scientologues; et tout le staff d'Orange Club devait passer en entraînement au Centre des Célébrités scientologue de Düsseldorf, et ainsi de suite."

Johan exigea , dans plusieurs courriers et mails, que la secte lui paie les dommages encourus - ce qui finit par porter ses fruits, la scientologie lui règlant alors plusieurs dizaines de milliers d'euros.

[Note du traducteur français: je pense que la sciento n'a fait que rembourser les sommes versées par ce scientologue. Je doute que la secte paie quoi que ce soit d'autre. Elle a même fait des pieds et des mains aux Etats-Unis dans une autre affaire similaire d'escroquerie à l'investissement, pour que les scientologues ayant profité volontairement ou pas de cette escroquerie, gardent l'argent encaissé... ]

En dehors du sentiment de responsabilité vis-à-vis des problèmes que rencontrèrent Johan et d'autres, la peur joua aussi un rôle important: une peur que le ministère de la justice et les autorités fiscales ne considèrent tôt ou tard les méthodes d'escroc de "G." et la secte comme une seule et même chose, et que ces autorités débarquent dans l'Org scientologue, le QG de la secte à situé Nieuwezijds Voorburgwal , à Amsterdam...

 

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