Un spectateur explique ce qu'il a perçu du film de racolage ("introduction à la scientologie") de la secte  

English part: the introductory film to scientology
Voir aussi le "contrat" que la secte fait signer aux spectateurs de ce film

Origine: alt.religion.scientology:
Subject: Strange Valentine's Weekend at DC Church
Date: Tue, 16 Feb 1999 06:01:26 -0500
From: "ewsnead" <erik.snead@gte.net>
Organization: gte.net
Newsgroups: alt.religion.scientology
traduction: roger gonnet
 

J'aimerais vous faire partager ceci:

Le week-end dernier, mon amie, son fils et la fiancée du fils avons pris le chemin de Washington pour faire les magasins, les musées et célébrer la St Valentin. La fiancée de sa fille écrit un article pour le journal universitaire , dont le sujet est la scientologie. "Bien, lui ai-je dit! peut-être pourrions-nous aller les voir de plus près?", imaginant que l'observation en direct donnerait plus d'impact à son document. Nous étions d'accord que ce "pélerinage" pourrait améliorer l'équilibre de la composition, en ajoutant les "bons côtés" aux mauvais : ceux-ci étaient déjà connus depuis l'émission "60 minutes" et d'autres. Cela révèlerait au moins la façon dont les scientos se présentent au public.

J'ai donc informé les autres, puisque j'ai fait un bref séjour en sciento en 70-71, les encourageant à être polis, à faire semblant de s'intéresser aux nouvelles techniques, à avoir l'air curieux et naïfs, et à ne pas trop poser de questions vraiment embarrassantes,  à ne pas dévoiler que l'enquète servirait à un article dans un journal U. J'ai aussi beaucoup insisté sur les abus internes: tous les mensonges au sujet du passé d'Hubbard, les abus, le pompage de fric, l'usage qui est fait des stars pour attirer le public, l'extorsion, le chantage, la divulgation de confessions recueillies en audition, les sourires entendus et le bagoût racoleur. Je me suis rendu compte que j'avais probablement empoisonné d'avance ce qu'elle allait penser de tout ça, et que ça ne serait peut-être pas un article très impartial. Mais peut-être les scientologiues allaient-ils être charmants et capables de démontrer quelque aspect positif de l'organisation.

J'étais quand-même anxieux: je n'étais pas entré  dans une org de sciento depuis 28 ans! Les vieux démons allaient-ils reprendre vie? Les scientos seraient-ils capable de m'imposer leurs prétendus "pouvoirs OT", etreconnaître le trucage en lisant au fond de mes pensées?

Grâce au ciel, leurs pouvoirs OT ne purent percer - étaient-ils amoindris par la température hivernale de ce dimanche matin? Nous sommes entrés dans le bâtiment proche de DuPont Circle, accueillis par l'habituelle officialité qui me revenait en esprit... Quelque chose manquait pourtant, qu'était-ce? Oui... les cendriers que les scientologues ont pour coutume de faire se lever sur les chaises, rasseoir sur les chaises... et remplir des mégots de cigarettes qu'ils fument à la chaine. La scientologie avait-elle fait quelques concessions au "politiquement correct", reconnaissant quelques règles du monde extérieur?

Nous avons alors rempli des questionnaires, avecxde faux noms et adresses évidemment. Nous avons été surpris qu'un jeune scientologue nous annonce que nous n'étions pas forcés de laisser nos numéros de téléphone si nous ne voulions pas ... j'ai même cru un moment que les scientos étaient devenus assez sensibles et sensés suite à leurs échecs de relations publiques, et qu'ils faisaient désormais un véritable effort pour paraître moins aggressifs et plus calmes envers leur public. Quelles autres surprises allais-je rencontrer ensuite? Guère; guère, en fait...

Nous étions surtout entrés pour assister à la projection du film d'introduction à la scientologie; nous nous étions mis d'accord pour ne pas perdre de temps à prendre un test de personnalité, et ne pas accepter d'être séparés les uns des autres.

Une jeune femme noire, superbement habillée, nous fit descendre dans petite une cave confortablement installée pour la projection. Elle était remarqueblement polie et éduquée. Sa présentation m'a même impressionné...

Le film a commencé. La pièce faisait penser à un ventre sombre. Les staffs tentaient-ils d'évoquer quelque "engramme" prénatal, ou restimuler le public grâce à des images subliminales? Le volume sonore était beaucoup trop fort: on se sentait intimidé, aggressé, il y avait là une tentative évidente de submerger; nous avons pensé que ce serait mal venu de s'en plaindre et que ça nous causerait peut-être des ennuis... Nous nous sommes donc tus.

L'acteur était du genre mannequin, manifestement habillé sur mesure, mais vraisemblablement incapable de trouver d'autres rôles, si j'en juge par sa performance. Du genre que je rejette volontiers, narcissique et fier de l'être... il y alla de son speech rhétorique, exprimant quelques misérables questions mal bâties: "Sommes-nous matière, comme disent les matérialistes, ou sommes-nous esprits?". Il parlait pour une audience invisible, sur un ton suggestif appelant d'emblée la réponse "C'est un fait, nous sommes des esprits"... et tous ceux qui pensent le contraire sont de dangereux imbéciles ne levant pas le petit doigt face à la destruction de la vie et de la planète... Hubbard avait prouvé tout cela lors de son incomparable "recherche". Il coulait de source que toute autre solution - par exemple, que nous ne soyons ni des corps, ni des esprits - ne pouvait exister, et que nul n'oserait mettre ces affirmations en doute là où nous étions.

Et voilà le présentateur fondant sur les mérites et vertus de la scientologie et d'Hubbard (le meilleur ami de l'homme!), accompagné d'un assortiment de ses toutous préférs, dont Norman Starkey [un ponte de la secte], interviewant un gars très sérieux qui démontrait avec force graphiques l'augmentation de QI suite aux "intensives d'audition", le tout grâce à de plates explications et images d'une caméra sans imagination, sans le moindre humour... L'atmosphère du film devint peu à peu plus  affectée et maniérée, au point d'être amusante - sans intention de l'être. Il m'a fallu retenir quelques sourires! Vers la fin, ça devenait  carrément prétentieux et matraquant.

Le ton du gars changeait, passant du niveau "information" à l'étape "insinuation", pendant que l'acteur assénait le fait que la scientologie était le seul espoir pour "sortir l'homme de la boue", le "sauver" etc. Il proclama que les découvertes de LRH étaient l'unique opportunité, qu'il n'y en aurait jamais d'autres, qu'on avait tout intérêt à prendre immédiatement un ticket pour le voyage, et que si nous ne sautions pas instantanément sur cette occasion inespérée, nous étions décidément et déséspérément stupides, probablement fous et peut-être même criminels. Aucun effort pour nuancer les déclarations...

Cette exhortation prise en pleine face s'accompagnait d'une intensification du volume sonore, au point d'en rendre sourds... alors que nous étions déjà cloués dans nos fauteuils par le volume précédent. Fort heureusement, c'était la fin.

La conclusion du film me fit sortir de mes gonds. J'étais effrayé. J'ai murmuré à mon amie que j'avais besoin d'air, que je ne voulais pas passer une seconde de plus dans cet endroit malsain. Elle, elle avait pris une teinte couleur cendre, n'en croyant pas ses yeux et ses oreilles. La jeune scientologue revint dans la pièce et nous demanda si nous avions des questions. J'ai répondu qu'il y avait "beaucoup à réfléchir" dans le film, et que j'avais besoin de temps... Elle a souri et accusé réception.

Nous l'avons alors suivie hors de la "salle". Mon amie ne put se contenir et annonça que le film lui paraissait offensif, qu'elle n'irait donc pas plus loin en scientologie, car elle en avait assez vu comme ça. La fille lui répondit que c'était elle qui avait un problème, pas le film... et qu'il existait bien sûr des techniques scientos propres à "soigner son problème"... Cette réponse culottée  fit faire demi-tour à mon amie, qui ressortit immédiatement de l'immeuble. J'ai signalé que je ne tenais franchement pas à être pris pour un scientologue en restant dans les parages, et nous sommes sortis pour attendre les autres, furieux, pour respirer un peu.

Quelques minutes plus tard, mon amie a décidé de rentrer pour voir ce que faisaient les autres et leur laisser un message pour qu'ils sachent où nous trouver. Ils arrivèrent peu après. L'étudiante expliqua qu'elle avait été très étonnée de constater qu'après notre protestation, la scientologue n'avait rien d'autre à ajouter, et qu'elle les avait simplement dirigés vers le présentoir à publicités, promos supposées répondre à leurs questions...

Nous avons tous été de l'avis que l'expérience ne serait pas oubliée de sitôt - dans le genre surréaliste!



cendriers: Allusion à un exercice des scientos consistant à hurler des ordres à un cendrier, pour apprendre à placer son intention dans des objets.
engramme: une des deux explications avancées par Hubbard pour les "aberrations" de l'homme.
- sortir de la boue, sauver etc: allusions au fait prétend que tous les hommes souffrentd'une "ruine" intérieure qu'elle serait seule capable de "manier"
criminels :allusion directe aux textes ou Hubabrd déclare que tous ceux qui ne sont pas en accord avec la sciento sont... criminels.
elle: la secte affirme systématiquement qu'elle est exacte à 100 %, et donc, tente de faire avaler que tous ceux qui ne suivent pas sont soit fous, soit idiots, soit criminels.


English text:
Subject: Strange Valentine's Weekend at DC Church
Date: Tue, 16 Feb 1999 06:01:26 -0500
From: "ewsnead" <erik.snead@gte.net>
Organization: gte.net
Newsgroups: alt.religion.scientology

I have something to share with this newsgroup...

This past weekend my girlfriend, her son, his fiancee and I drove to
Washington, DC from VA for a bit of sightseeing, good eats, museum-going and
shopping to celebrate Valentine's Day. Her son's fiancee is writing a long
paper for an undergraduate English composition class, and a week prior she
had informed me that it was on the subject of Scientology. "Great," I said.
"maybe you would like to meet these people up close," thinking that any
first hand impression would enliven the paper and motivate its coming
together. We all agreed that this pilgrimage might be interesting and could
help her write a more balanced approach to the topic, including the "good"
as well as the relentlessly "bad" publicity she had been exposed to up to
this point ("60 Minutes" and other telestories). At least the Scientologists
could reveal themselves as they typically presented themselves to the
public.

No stranger to Scientology (I was very briefly involved 1970-71) I coached
this tiny entourage to be very polite, act as if open to new things, appear
naive, curious, not to ask any potentially embarrassing questions and above
all not mention that Scientology was the object of a college paper. At the
same time I was pretty thorough in disseminating the facts about this
organization: the internal abuses, shameless money mongering, OT III and the
space parasites, LRH's  fabricated background, the use of celebrities as
shills, extortion, blackmail, divulgence of personal confessionals gathered
during auditing, all thinly disguised by a glossy exterior, frozen smiles
and a pervasive glibness. I realized that after recounting the facts that
perhaps I had poisoned this young woman's mind so much that writing a
balanced paper might be a bit of a feat. Perhaps the Scientologists could
acquit themselves, be charming, look concerned and somehow enable her to say
something "positive" regarding the organization.

I was a bit anxious, to say the least. I had not been inside a Scientology
ORG for 28 years. Would ghosts be resurrected? Would they use their fabled
OT powers, read my thoughts and recognize my treachery?

Happily, their OT powers were not up to snuff this cold, blustery Saturday.
We entered the building near DuPont Circle and were greeted with a familiar
officiousness that brought back memories of more than half a lifetime ago.
But something was missing...what was it? Yes, the ubiquitous ashtrays and
staff members chain-smoking. Had Scientology made some concession to
political correctness, at least recognizing the existence of an outside
world?

We all filled out short questionnaires with fake names and addresses. A
young male staff member assigned to greeting the public mentioned that if we
did not have to leave phone numbers if we didn't feel comfortable doing so.
This mention quite frankly surprised me, thinking momentarily that
Scientology perhaps was becoming sufficiently sensitive to the failures of
their public relations effort and now making a genuine effort to be less
aggressive, more tactful with the public. What other surprises might be in
store? As it turned out...very few.

We had come primarily to see the orientation film and had agreed beforehand
not to bother to take any personality test and not to allow them to separate
us for individual interviews.

A young attractive black woman, nattily dressed with a seamless professional
demeanor situated the four of us in a small esophagus shaped basement room
with comfortable chairs for the viewing of the film. She was polite and
extremely well-rehearsed. I was momentarily impressed by the sheen of her
composure and felt a bit sheepish about my lingering nervousness.

The room darkened as the film began. Where we were situated now assumed the
aspect of an inky womb. Were the staff members attempting to evoke (or
perhaps implant) some pre-natal engrams or maybe dredge up some dianetic
memories amongst the unsuspecting public? The volume accompanying the
screening was loud, too loud. I felt intimidated, that a deliberate attempt
to overwhelm whoever saw this orientation comprised part of the game plan,
but felt that to complain would be in bad taste and perhaps cause problems
for us. So we watched, unable to hear our own thoughts.

The host, for lack of better word, was a mannequin-like individual dressed
in ostentatiously tailored clothes who, based on this performance, probably
would never find employment as an actor elsewhere. He strode stiffly and
with feigned briskness, taking this stab at acting a bit too seriously. He
came across as a sort of individual I had always disliked, the shameless and
outspoken narcissist. He rambled  rhetorically and tossed out a series of
poorly phrased philosophical questions. ("Are we matter, as the materialists
claim, or are we spirit?") He spoke to his unseen audience in a tone
suggesting that anyone not connecting  with the "fact" that man was SPIRIT
was a dangerous idiot aiding and abetting the demise of human life on this
"planet." After all, LRH had proved it through his uncollaborated
"research." The possibility that we might be neither, matter or spirit as
traditionally conceived, that these might represent false choices, seemed a
good point to make but this guy on the screen clearly was not going to
consider this option. Nor would anyone else in this building.

Our host droned on about the virtues of Scientology and LRH ("the best
friend mankind ever had!"), spoke with assorted cats and dogs (I recognized
Norman Starkey), interviewed one unsmiling individual who revealed graphs
indicating the boost to IQ that came in the wake of completing auditing
"intensives," swapping platitudes with whomever else found themselves in
front of an unimaginative cameraman's lens, but interestingly made no effort
at light humor, not even of the lame variety and no effort to connect with
whatever audience might be in attendance. As the film progressed the
atmosphere became more campy, unintentionally funny (I had to stifle a
couple of laughs) and then, more portentous, even ominous. The well-dressed-
man's light, pseudo-upbeat and  "informative" tone changed, became ugly and
insinuating as he began to declaim that Scientology was an individual's only
hope to raise himself out of the "mud," to be "saved," as it were. He
proclaimed LRH's discoveries a "window of opportunity," that had never been
before and would never be again. We had better get on this bus immediately
because it was the only one. Then, unbelievably, he claimed that anyone who
did not leap to this occasion was hopelessly stupid, probably insane and
perhaps even criminal. There was no effort at understatement. This
in-your-face exhortation was accompanied by the already deafening soundtrack
becoming louder almost pinning me to my chair. Mercifully, it was then over.

After seeing the movie's conclusion I felt enraged and frightened. I
whispered to my girlfriend that I needed air, wanted to get the hell out of
there and fast. She was almost ashen, not believing what she had just
viewed. The young women reentered the room and asked us if we had any
questions. I mentioned that the film contained "a lot" and I needed time to
digest the experience. She smiled and said that was all right.

We followed her outside the screening area. My girlfriend could no longer
contain herself and implied nervously that the film was offensive and that
she had no further interest in Scientology, that she had learned what she
came to learn and needed to go outside. Then, the woman said to her that if
she had a problem with the film that the problem was with her and that
Scientology techniques could in effect "cure" her of this "problem." At that
effrontery my friend spun around and we both walked rapidly up the stairs,
through the lobby and out the front door into the cold February air. I
mentioned as we got outside that I did not wish to linger immediately in
front of the Scientology building while we waited for the others. I cited
the
possibility of social embarrassment being identified by pedestrians or
passing motorists as a "Scientologist" simply by dint of our proximity. So
we strolled to a nearby corner and waited, smoking cigarettes and venting
outrage.

After a few minutes she decided to go back inside to leave her son and his
fiancee a message that we would  wait for them in a coffeehouse on the
corner. It did not take long for them to locate us. The young college
student explained that strangely, after we left the woman with whom we had
spoken had nothing further to say to them either and had simply directed
them to a stack of pamphlets that would answer any further questions. So we
had coffee and talked...

Everyone agreed that this was an experience that would remain in memory a
long time, surreal as it seemed.

 

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