LE SECTICIDE
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 Un tribunal américain rejette la plainte d'un employé d'une église à propos d'une émission "Sectes" à la télévision

 sectes: église internationale du Christ


Fulton County Daily Report
31.7.2000

R. Robin McDonald

La nouvelle avait été invitée dans la chambre du chef local de la secte de l'Eglise du Christ sur le Campus de la Georgia State University, pour "confession et étude de repentance".

Une fois sur place, Pippa Mc Cue, qui expliqua qu'elle arrivait d'Atlanta pour retrouver son petit ami et pensait s'inscrire à l'université, fut mandée par le "ministre" Esmeralda M. Lucas pour "confesser dans le détail" sa vie sexuelle, d'après ce que disent les dossiers du tribunal d'Atlanta.

Mais "Mc Cue" n'était pas ce qu'elle avait déclaré. C'était en fait Pippa Bark, reporter de télévision du FOX NEWS Network de New York. Elle travaillait sous couverture pour exposer les activités de l'Eglise Internationale du Christ dans le campus.

Et elle trimballait une caméra de télévision dans son sac.

La vidéo qui en résulta, passée le 21 janvier 1999 par Fox dans une émission "Sectes sur les Campus", amena Lucas et son mari à porter plainte contre la Fox et sa journaliste. Ils prétendaient à une invasion de leur vie privée.

PLAINTE REJETEE

Le 27 juin, dans le procès Lucas v. Fox News Network, No. 1:99-cv-2638 (N.D. Ga. June 27, 2000), le juge supérieur de district Charles A Moye Jr démettait la plainte des Lucas, expliquant que le prosélytisme de Lucas était une activité publique. "L'enregistrement caché et la projection d'une séance d'étude de la bible, disait le juge, ne peuvent se résumer à une invaison des intérêts privés des plaignants".

La Cour estimait que selon la règle de "consentement unilatéral" de Georgie, il n'y avait pas invasion de la privauté lorsqu'une personne participait à un enregistrement et à la projection de cette conversation", a dit Robert L. Rothman, avocat du cabinet Arnall Golden & Gregory d'Atlanta qui défendait la Fox.

Rothman dit: "Dans ce procès, le tribunal a pensé que du fait qu'il s'agissait des activités sur le campus d'un ministre responsable, c'était du domaine public et ne pouvait tomber sous le coup des règles sur la vie privée."

Le Procès Food Lion


L'usage d'une caméra cachée était aussi au coeur du procès Food Lion contre ABC, et Moye s'y est référé dans son jugement.

Dans l'affaire en question, les reporters d'ABC travaillèrent comme employés d'épicerie et prirent leurs caméras pour démontrer l'absence de conditions sanitaires quand au maniement des la nourriture dans la chaîne de supermarchés. Food Lion ne contesta pas l'exactitude des observations, mais accusa les reporters de violation de domicile et de tromperie.

Un jury de tribunal inférieur fut de l'avis de Food Lion, mais Moye fit observer dans son jugement que la cour d'appel du 4e Circuit n'avait pas suivi la plainte pour tromperie. Elle estima que ABC était quand-même responsable du fait que ses reporters, en travaillant comme employés de Food Lion, violaient leur engagement de loyauté envers Food Lion en prenant les images.

Dans les deux cas, les plaignants s'attaquaient à la conduite des journalistes plutôt qu'à l'exactitude de leur reportage. Dans Food Lion, il y avait soi-disant tromperie. Dans Fox, Lucas ne prétendit pas tromperie, mais accusa la journaliste d'invasion de la vie privée.

Les Lucas font appel par l'intermédiaire de leur avocat de Savannah, Mark A. Tate, partenaire chez Middleton, Mathis, Adams & Tate

Tate dit "ce cas démontre la conduite outrageuse des médias; nous pensons que la loi georgienne n'autorise pas à pénétrer le domicile privé d'un citoyen, et à prendre images et sons de conversations supposées privées. Nous croyons qu'il s'agit d'une invasion de ce que nos clients peuvent attendre de la privauté."

"Nous croyons que la décision du Juge Moye devrait être revue dans le 11e Circuit. Nous méritons que les Lucas soient entendus devant un jury.

EMPLOYE PAR L'EGLISE


Fin 1998, Lucas était l'épouse du chef du ministère de l'église internationale du Christ à GSU Atlanta, disent les dossiers. Elle était et demeure une employée de l'église engagée dans la division interne de l'église sur le campus, dit Tate.

"Je ne pense pas qu'il y ait de restrictions à ce qu'ils soient sur le campus," dit-il.

Lucas n'était pas étudiante et n'avait pas de statut officiel sur le campus.

Fox a démarré ce projet sur l'église internationale du Christ, fondée en 1979, branche sectarisée de l'église du Christ; il lui a été interdit de recruter sur certains campus du pays, parmi lesquels la Boston University et l'université Vanderbilt.

On a critiqué les techniques pressurantes de recrutement de l'église. Certains rapports démontrent qu'elle encourage les étudiants à abandonner leurs études, qu'elle leur fait couper les relations familiales, et payer d'énormes sommes à l'organisation.

Dans une lettre ouverte sur Internet répondant à l'émission de la Fox, le porte-parole de l'église Al Baird suggérait que l'église était persécutée: "alors que Dieu bénissait leurs efforts renouvelés sur les campus".

Il dit: "Plusieurs des affirmations de la Fox sont des mensonges, dit-il, en particulier celle qui prétend qu'on demande aux étudiants d'abandonner leurs études ou qu'on divise les familles."

REFERENCE SECTAIRE REFUSEE


Tate dit que l'église n'est pas une secte. "C'est un des groupes religieux les plus diversifiés sur le plan racial dans ce pays, dit-il; les croyances se basent sur une lecture littérale de la Bible. Ils y croient, et en raison de ces positions dévotes, ils sont parfois persécutés."

Le reportage de Bark ne nommait jamais Lucas, mais la faisait voir pendant qu'elle parlait d'une pratique sexuelle qu'elle condamnait.

"Au plus, ce que révèle ce reportage à son sujet, c'est qu'elle est membre de l'église et qu'en raison de ce rôle, elle s'enquiert des pratiques sexuelles à propos de membres potentiels", expliquait n plaidoyer de la Fox au tribunal.

Mais Lucas et son mari déposèrent d'abord plainte devant le tribunal d'état de Fulton pour calomnie, diffamation et invasion de la vie privée. Puis ils laissèrent tomber ces charges pour attaquer en Cour de District.

La plainte fédérale ajoutait à l'invasion de vie privée que Lucas avait jeté un éclairage public faussé sur Lucas et avait exposé des faits privés quant à ses croyances religieuses. Le mari de Lucas se plaignait aussi de perte de membres à la suite de l'émission.

Tate ajoute "C'est à mon sens inquiétant qu'une loi georgienne permette qu'on puisse pénétrer sous de faux prétextes une maison, puis enregistrer sur vidéo et publier ce qui se passe".

Bark a filmé une confession de péchés dans la chambre de Lucas; Tate dit que c'est une des étapes à entreprendre pour devenir membre de l'église.

C'EST PRIVE


"Il doit s'agir d'une purification intensément personnelle par la confession, dit-il. C'est privé. La seule façon pour Bark d'avoir accès, c'est de prétendre vouloir devenir membre de l'église, ce qui n'était pas vrai."

Mais Moye a rejeté la demande portant sur l''invasion de privauté faite par Lucas.

Il a écrit en démettant le procès: "le sujet et l'accent du reportage se focalisent sur les activités de Lucas en tant que membre de l'église tentant d'obtenir le patronage de membres de la communauté, ici, des étudiants du campus d'une université d'état."

"Les faits révélés sur Lucas dans cette émission sont les suivants: qu'elle est membre de l'église, que dans son rôle, elle questionne les étudiants de l'université susceptibles de s'engager sur leurs pratiques sexuelles: ce sont sans nul doute des activités publiques, non pas des affaires privées. Les plaignants ne suggèrent pas que le reportage ait dévoilé des activités individuelles ou maritales associées au lit."

Moye indique d'autre part que la loi georgienne sur la vie privée n'est pas absolue. "On abandonne implicitement ses droits à la vie privée en se livrant au jugement public", écrivit-il.

Le juge disait que Lucas sollicitait ouvertement les gens à entrer dans son église: "il ne peut donc y avoir invasion de la vie privée".

Moye affirmait aussi qu'étant journaliste explorant dans l'intérêt du public, Bark avait le droit à l'image de Lucas, avec ou sans son consentement. "La publication des goûts de la personne en ce cas lors d'un sujet d'intérêt légitime du public ne revient pas à violer la vie privée."

Il rejeta aussi l'argument de Lucas comparant cette séance dans une chambre à une séance de confession catholique et qu'en fait c'était plus éloigné du domaine public que la confession catholique elle-même."

"Même si Lucas admettait que les pratiques de prosélytisme sur un campus d'université pourraient se comparer à la relation prètre-pénitent catholique, écrivit Moye, "la restriction de dévoiler les communications s'applique au clergé et non au pénitent qui se confesse, qui reste libre de dévoiler ce qu'il veut à qui il le désire."

Moye a aussi rejeté les demandes ciblant l'aspect caché du reportage et son usage d'une caméra cachée. Citant la décision du 4th circuit d'appel rejetant les plaintes pour tromperie de Food Lion v. Capital Cities/ABC, Inc., Moye dit: "la fausse représentation du but ou le fait de cacher qu'on a l'intention d'enregistrer une conversation ne constitue pas une tromperie suffisante pour nier le consentement."


Le fait que l'enregistrement secret de la séance de Bible se soit produit dans la chambre de Lucas, et que le reporter ait promis de garder ces discussions sur la Bible pour lui "ne fournissent pas de base suffisante à prétendre à une privauté légitime, ... d'autant qu'aucun fait de la vie privée de Lucas n'était ici révélé, écrivit Moye.

"Bark avait été conviée à une séance d'étude de la Bible. Le choix de l'endroit dépendait de Lucas", dit-il.

"La loi ne laisse pas place ici à une invasion de la vie privée."

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