DEFINITION DU MOT "CULT" (Secte est utilisé en français)
english: The word "CULT" defined (AFF Text)
voir aussi: Texte de Max Bouderlique, Dr en philosophie

Texte du Dr Jean-Marie ABGRALL, expert psychiatre auprès les tribunaux (french)

Texte de Richard Abanes, expert américain


Ceci fait partie de la dernière lettre de AFF, la "fondation familiale américaine", équivalent à l'ADFI en France (lutte anti-sectes).

Usage du mot "sectes"

Herbert L. Rosedale, Esq. (Président de l'AFF)
Michael D. Langone, Ph.D. (Directeur de l'Exécutif de l'AFF)
Roger Gonnet, pour les adaptations françaises et la traduction
 

Bien qu'ayant étudié les sectes et informé les gens à ce sujet depuis plus de 20 ans, aucun d'entre nous ne se sent véritablement à l'aise quant à ce mot "sectes". Il n'existe hélas pas d'autre terme pour parler plus clairement du sujet auquel l'AFF [association anti-secte américaine comparable à l'ADFI ou à FECRIS, au CCMM, etc] s'intéresse. Voici certaines clarifications que nous pensons utiles pour le débat ouvert à ce propos.
 

DEFINITIONS
 

D'après l'édition compacte de Oxford English Dictionary (1971), le mot "cult" provient de "adoration", hommage rendu à un ou à des êtres divins... forme particulière d'adoration, se référant surtout aux rites externes et aux cérémonies utilisées... dévotion ou hommage rendu à une personne ou une chose." Plus récemment, se sont ajoutées à ce terme des connotations supplémentaires: "3. Une religion estimée peu orthodoxe ou falsifiée... 4. Un système de soins basé sur des dogmes établis par son promulgateur.. 5a. Une forte dévotion envers une personne, une idée, un objet, un mouvement ou une oeuvre... 5b. un groupe généralement restreint, qui se consacre à une telle dévotion." (Merriam Webster's Collegiate Dictionary, 10e édition 1994)

En français, le mot secte, dont l'origine est très différente, est ainsi défini:
Dans le grand Larousse Universel:

Secte: (latin secta, de sequi, suivre). 1. Ensemble de personnes professant une même doctrine (philosophique, religieuse, etc) : la secte des Pythagoriciens. 2. groupement religieux, clos sur lui-même, et créé en opposition à des idées et pratiques religieuses dominantes. 3. Clan constitué par des personnes ayant la mêm idéologie; coterie (langue soutenue): ce petit groupe constituait une secte à l'intérieur du parti.

L'Encyclopédie Universalis établit une autre distinction intéressante: selon ses auteurs, une secte est une scission ou un nouveau groupe considéré péjorativement par les EGLISES, tandis que la secte elle-même considérera les églises établies comme étant elles-mêmes des sectes si ces églises différent de ses propres opinions.

L'étude de Robbins (1988) sur les contributions sociologiques dans le domaine des sectes identifie quatre perspectives quant aux défintions:
 

o  les sectes en tant que groupes dangereux et autoritaires

o  les sectes en tant que groupes innnovateurs ou transculturels

o  les sectes, en tant que protoreligions vaguement structurées

o   La sous-typologie de Stark et Brainbridge distingue
les "groupes d'audience" (les membres cherchent à recevoir des informations, par exemple lors de cycle de conférences ou au moyen d'enregistrements),
les "sectes à clients" (dont les membres recherchent des bénéfices spécifiques, par exemple de la psychothérapie, des conseils spirituels) et
les "mouvements sectaires", (organisations exigenat un fort engagement de leurs membres). Cette typologie de Stark et Brainbridge note le fait que l'adhésion sectaire augmente pendant que l'adhésion aux églises diminue.

Le professeur Benjamin Zablocki des universités de Rutgers et Haïfa dit que les sociologues font souvent une distinction entre les mots "cultes", "sectes" , "églises" et "dénominations". Les sectes (cults) sont des groupes innovateurs et fervents. S'ils parviennent à être acceptés parmi les cultes plus répandus, il pense qu'ils perdent de leur ferveur, s'organisent davantage et s'intègrent à la communauté: ils deviennent alors des églises. Quand les adeptes des églises ne sont plus satisfaits et partent en dissidence, ces groupes nouveaux sont appelés "sectes" (sects). Quand ces sectes se "calment" et intègrent la communauté, elles deviennent des "dénominations". Zablocki définit une secte (cult) comme "une organisation idéologique structurée par des relations charismatiques et exigeant un engagement total". Selon lui, les sectes risquent beaucoup d'abuser de leurs membres, en particulier du fait que la vénération du leader charismatique par les membres contribue à  corrompre ces chefs, puisqu'ils cherchent le pouvoir et qu'on le leur accorde.

Les définitions proposées par des sociétaires de l'AFF en diverses occasions vont souvent dans le sens de la manifestation induite par la définition de Zablocki. Ces définitions ont tendance à mettre l'accent sur l'aspect de structure autoritaire et de la manipulation, ainsi que sur le fait que ces groupes peuvent être psychothérapeutiques, politiques ou commerciaux, ainsi que religieux. L'une des définitions de "sectes" les plus fréquemment citées fut élaborée lors de la conférence sur le sectarisme en 1985, AAF/UCLA.
 

Secte (type totalitaire): Un groupe ou mouvement démontrant un dévouement  fort ou excessif  envers une personne, une idée ou une chose, et utilisant des techniques de manipulation et persuasion contraires à l'éthique (par exemple, rupture d'avec les anciens amis et la famille, débilitation, usage de méthodes detinées à renforcer la suggestibilité ou l'obéissance, pressions importantes de la part du groupe, information de gestion, suspension de l'individualité ou du jugement critique, promotion pour une dépendance complète envers le groupe, crainte de le quitter, etc), le tout afin de renforcer les buts du leader - au détriment réel ou potentiel des membres, de leurs familles et de la communauté. (West & Langone, 1986, p. 119-120)

Du fait que cela et les définitions liées impliquent de fort degrés de manipulation psychologique, nombre de chercheurs de ce domaine ont associé les sectes au concept de "réforme de la pensée" (Lifton 1961, Ofshe et Singer, 1986; Singer et Ofshe, 1990). Bien qu'il existe nombre de similitudes entre ces concepts, une secte ne se caractérise pas nécessairement par la réforme de la pensée, et un programme de réforme de la pensée n'est pas obligatoirement une secte. Toutefois, les deux semblent si fréquemment aller de pair que bien des gens se trompent en les croyant obligatoirement liés.

Les définitions avancées par les sociétaires de l'AFF impliquent que le mot "secte" fasse référence à une continuum, au sein duquel de larges zônes grisées séparent "secte" de "non-secte", ou ajoutent des qualificatifs au terme secte, par exemple "destructrice" ou "de type totalitaire". Ces définitions suggèrent qu'il existerait un débat quant à la correction du terme secte s'il est appliqué à un groupe spécifique, en particulier quand ce groupe se trouve dans une zone grisée ou proche d'une zone grisée. Ce débat devient plus aigü encore lorsqe le groupe diffère selon ses implantations, qu'il existe différents niveaux hiérarchiques parmi ses membres impliquant des niveaux d'engagement différents, ou que le temps a modifié ses caractéristiques dans le sens de "plus ou moins sectaire", ou encore, que le groupe est habile en matière de relations publiques.

Du fait que les définitions avancées par les sociétaires de l'AFF tendent à être focalisées sur certaines pratiques ou certains comportements, elles sont implicitement interactives. Comme tout modèle à fondement psychologique, elles présupposent que différents individus réagiront différemment à un même environnement. Les sectes sont toutes différentes. Leurs membres ne sont pas tous affectés de la même manière, même au sein d'un seul groupe. Nous avons cependant quantité de preuves cliniques à l'AFF du fait que certains groupes font parfois du tort à certains membres, et que certains mouvements présentent plus de risques pour leurs membres que d'autres.
 

USAGE DU TERME: CONSIDERATIONS
 

Le concept de "secte", comme pour d'autres concepts tels "de droite" ou "de gauche" est un concept théorique au moyen duquel on juge le groupe du mieux que l'on peut , grâce aux informations dont on dispose. Ce concept théorique doit servir d'aune, et non de structure permettant seulement de choisir les observations qui permettraient de confirmer un stéréotype. Il est indispensable d'évaluer chaque cas individuellement en observant l'environnement du groupe et son interactivité avec les gens qui en sont proches ou qui sont à l'intérieur.

En dépit du fait que bien des gens aimeraient disposer d'un test scientifique pour juger de l'appartenance au terme "secte" pour tel ou tel groupe, un tel test incontournable n'existe pas pour déterminer si les groupes sont ou pas des sectes. Cependant, bien que l'échelle d'abus psychologique établie par l'AFF (Chambers, Langone, Dole & Grice, 1994) représente un outil intéressant pour l'estimation scientifique des groupes, cet outil de mesure nécessite d'autres développements psychométriques et devrait recevoir d'autres mesures d'observation, qui restent à élaborer. A ce stade, la recherche sur les cultes/sectes peut être comparée aux premières recherches entreprises sur les outils objectifs de mesure de la dépression mentale et émotionnelle. L'absence de mesures objectives n'efface pas l'utilité des définitions à notre disposition dans le domaine de la dépression, mais le développement des mesures objectives améliorera la compréhension de la définition et la fiabilité de la classification. Nous pensons développer des outils similaires pour l'assessement des sectes au cours des années qui viennent.

Du fait de l'ambiguïté actuelle entourant le mot "secte", l'AFF ne produit pas de liste officielle des "sectes", bien que nombre de personnes méprennent certaines listes sur des groupes pour lesquels nous possédons des informations comme des listes de "sectes". Une telle liste serait de peu d'utilité du fait qu'il existe des milliers de groupes à propos desquels des personnes ont exprimé des inquiétudes, mais des recherches scientifiques n'ont été menées que sur quelques-uns d'entre eux. Une liste serait également inopportune, car les gens pourraient penser que tout groupe qui s'y trouve classé aurait nécessairement tous les attributs hypothétiques des "sectes", même si ce groupe n'en a que quelques uns. Si bien que lorsque certaines personnes nous demandent "ce groupe est-il une secte?", notre tendance est de répondre "Etudiez notre information à propos de la manipulation psychologique et des groupes sectaires, puis appliquez-la à ce que vous savez de ce groupe ou aux phénomènes que vous pourriez rassembler à son sujet". Notre but est d'aider ceux qui cherchent à parvenir à des opinions et jugements plus précis, pas à leur dicter ces opinions et décisions.

Nous tentons de diriger  les chercheurs vers les pratiques potentiellement néfastes, plutôt qu'à étiqueter les groupes. Nous disons surtout: "Ces pratiques ont été associées à des effets néfastes chez certaines personnes. A quel degré point ce groupe s'en sert-il? Comment vous-même ou vos proches peuvent-ils en être affectés? " . L'un d'entre nous, Langone, cherche à focaliser l'attention sur la famille : "Supposez, ne serait-ce que pour l'argumentaire, que l'un des vôtres soit dans une secte. Que se passerait-il si son comportement créait des problèmes?" Une fois identifés les comportement gènants, la famille peut déterminer en quoi ces comportements pourraient être liés à l'environnement du groupe. L'étiquetage n'est plus utile à ce niveau d'analyse.

Nous conseillons par conséquent une approche nuancée, basée sur des preuves, avant d'entreprendre l'étape de définition et de classification. Nous ne laissons pas de côté les faits indiquant que certains groupes s'approcheraient du type théorique "sectes". Nous ne refusons pas non plus d'avoir recours à des jugements experts quant aux torts que tel ou tel groupe pourrait avoir fait subir à une personne ou à des personnes: cette estimation peut impliquer des cliniciens du domaine de la santé mentale et d'autres professionnels pour parvenir à connaître les contextes thérapeutiques ou légaux. Nous recommandons néanmoins que ces sortes de jugements soient fondés sur l'analyse soignée des structures et comportements dans un contexte spécifique, plutôt que sur une classification à la va-vite.

Certaines analyses parviennent parfois à la conclusion que certains groupes aux effets néfastes ne sont pas nécessairement des sectes. Un groupe New Age n'est ni manipulateur ni autoritaire, mais pourrit causer des dégâts du fait qu'il recommanderait des pratiques diététiques ou psychologiques risquées. Une église pourrait faire du tort parce qu'un de ses pasteurs serait de type dominateur et excessif. Un psychotéhrapeute pourrait nuire à certains patients du fait qu'il ne préviendrait pas assez sa clientèle du fonctionnement de la mémoire, si bien qu'avec les meilleures intentions du monde, certains souffriraient du syndrome de "faux souvenirs". Tous ces exmples ressortissent à des torts créés par inter-relation personnelle. Ils pourraient conduire l'AFF et ses membres à agir. Mais il ne s'agit pas pour autant de situations de "sectes", bien que certains aient des points communs avec les phénomènes sectaires.

Par ailleurs, du fait que l'on peut être trompé par les apparences, en particulier dans les sectes, d'autres investigations déclenchées dans des cas de ce genre pourraient amerner à soupçonner la présence de dynamiques sectaires. L'important reste de rester conscient : les décisions de claissification se font sur la base des meilleures preuves accessibles, et devraient toujours pouvoir être réévaluées.

Bien que le mot secte soit d'utilité limitée, il est si accepté dans la culture populaire que ceux d'entre nous désirant aider les gens ayant eu à souffrir d'engagements dans des groupes ne peuvent éviter de l'utiliser. Quelles que soient les limites du terme, il est orienté. Aucun autre vocable utilisé en matière de manipulation psychologique n'a réussi à s'imposer dans le public (par exemple, influence socio-psychologique, persuasion psychologique, influence indue, manipulation exploiteuse). En restant réalistes, nous ne pouvons cesser d'user de ce terme, aussi tâchons de le faire en connaissance de cause.

References

Chambers, W., Langone, M., Dole, A., & Grice, J. (1994). The Group
Psychological Abuse Scale: A measure of the varieties of cultic abuse.
CSJ, 11(1), 88-117.

Lifton, R. J. (1961). Thought reform and the psychology of totalism. New
York: Norton.

Merriam-Webster's collegiate dictionary, tenth edition. (1994).
Springfield, MA: Merriam-Webster, Incorporated.

Ofshe, R., & Singer, M. T. (1986). Attacks on peripheral versus central
elements of self and the impact of thought reforming techniques. CSJ,
3(1), 3-24.

Robbins, T. (1988). Cults, converts, and charisma. London: Sage.

Singer, M. T., & Ofshe, R. (1990). Thought reform programs and the
production of psychiatric casualties. Psychiatric Annals, 20, 188-193.

Stark, R., & Bainbridge, W. (1985). The future of religion:
Secularization, revival and cult formation. Berkeley: University of
California (cited in Robbins, 1988).

The compact edition of the Oxford English dictionary. (1980). Oxford:
Oxford University Press.

West, L. J., & Langone, M. D. (1986). Cultism: A conference for scholars
and policy makers. Cultic Studies Journal, 3, 117-134.

Zablocki, B. (1997). Paper presented to a conference, "Cults: Theory and
Treatment Issues," May 31, 1997 in Philadelphia, Pennsylvania.

Copyright ©1998 American Family Foundation, Inc., a secular, nonprofit,
tax-exempt research center and educational corporation AFF P.O. Box 2265,
Bonita Springs, Florida 34133, Tel. (941) 514-3081, Fax: (941) 514-3451.


This is in the latest AFF Newsletter, and I'm assuming it's a new essay. I
think it has relevance here, as the word "cult" has been discussed back
and forth a few times. AFF's web site is http://www.csj.org
Ceci fait partie de la dernière lettre de AFF, la "fondation familiale américaine", équivalent à l'ADFI en France (lutte anti-sectes).

On Using the Term "Cult"

Herbert L. Rosedale, Esq.
Michael D. Langone, Ph.D.

Even though we have each studied cults and educated people about this
subject for more than 20 years, neither of us has ever felt completely
comfortable with the term "cult."  No other term, however, serves more
effectively the linked educational and research aims of AFF (American
Family Foundation), the organization that we serve as president (Rosedale)
and executive director (Langone). In order to help others who have asked
questions about the term "cult," we here offer some thoughts on the
definition and use of this term.

Review of Definitions

According to the Compact Edition of the Oxford English Dictionary (1971)
the term, "cult," originally referred to "worship; reverential homage
rendered to a divine being or beings...a particular form or system of
religious worship; especially in reference to its external rites and
ceremonies ...devotion or homage to a particular person or thing." More
recently, the term has taken on additional connotations: "3 : A religion
regarded as unorthodox or spurious...4 : A system for the cure of disease
based on dogma set forth by its promulgator...5 a. great devotion to a
person, idea, object, movement, or work...b. a usually small group of
people characterized by such devotion." (Merriam-Webster's Collegiate
Dictionary, Tenth Edition, 1994)

Robbins's (1988) review of recent sociological contributions to the study
of cults identifies four definitional perspectives:

o  cults as dangerous, authoritarian groups;

o  cults as culturally innovative or transcultural groups;

o  cults as loosely structured protoreligions;

o  Stark and BainbridgeÕs (1985) subtypology that distinguishes among
   "audience cults" (members seek to receive information, e.g., through a
   lecture or tape series) "client cults" (members seek some specific
   benefit, e.g., psychotherapy, spiritual guidance), and "cult movements"
   (organizations that demand a high level of commitment from members).
   The Stark and Bainbridge typology relates to their finding that cult
   membership increases as church membership decreases.

Rutgers University professor Benjamin Zablocki (1997) says that
sociologists often distinguish "cult" from "church," "sect," and
"denomination." Cults are innovative, fervent groups. If they become
accepted into the mainstream, cults, in his view, lose their fervor and
become more organized and integrated into the community; they become
churches. When people within churches become dissatisfied and break off
into fervent splinter groups, the new groups are called sects. As sects
become more stolid and integrated into the community, they become
denominations. Zablocki defines a cult as "an ideological organization
held together by charismatic relationships and demanding total
commitment."  According to Zablocki, cults are at high risk of becoming
abusive to members, in part because members' adulation of charismatic
leaders contributes to their becoming corrupted by the power they seek and
are accorded.

Definitions proposed at various times by associates of AFF tend to presume
the manifestation of what is potential in Zablocki's definition. These
definitions tend to emphasize elements of authoritarian structure,
deception, and manipulation and the fact that groups may be
psychotherapeutic, political, or commercial, as well as religious. One of
the more commonly quoted definitions of "cult" was articulated at an
AFF/UCLA Wingspread Conference on Cultism in 1985:

Cult (totalist type): A group or movement exhibiting a great or excessive
devotion or dedication to some person, idea, or thing and employing
unethically manipulative techniques of persuasion and control (e.g.,
isolation from former friends and family, debilitation, use of special
methods to heighten suggestibility and subservience, powerful group
pressures, information management, suspension of individuality or critical
judgment, promotion of total dependency on the group and fear of leaving
it, etc.), designed to advance the goals of the group's leaders, to the
actual or possible detriment of members, their families, or the community.
(West & Langone, 1986, pp. 119-120)

Because this and related definitions imply high levels of psychological
manipulation, many students of the field have associated cults with the
concept of thought reform (Lifton, 1961; Ofshe & Singer, 1986;  Singer &
Ofshe, 1990). Although there are many similarities between these concepts,
a cult does not necessarily have to be characterized by thought reform,
nor does a thought reform program necessarily have to be a cult.
Nevertheless, the two seem to go together often enough that many people
mistakenly see them as necessarily linked.

Definitions advanced by AFF associates imply that the term "cult" refers
to a continuum, in which a large gray area separates "cult" from
"noncult," or add qualifiers to the term "cult," such as "destructive" or
"totalist type." These definitions suggest that there may be some debate
about the appropriateness of the term as applied to a specific group,
especially when available evidence indicates that the group is in or near
the gray area of the continuum. This debate can become more acute when the
group in question is one that varies among its geographic locations, has
different levels of membership with correspondingly different levels of
commitment, has changed over time in the direction of greater or less
"cultishness," or is skilled at public relations.

Because they tend to focus on certain practices and behaviors, the
definitions advanced by AFF associates are implicitly interactionist. Like
all psychologically based models, they presume that different people will
respond differently to the same group environment, much as twins can
respond differently to the same family environment. Cults are not all
alike. Nor are all cult members affected in the same way, even within the
same group. Nevertheless, a huge body of clinical evidence leads AFF
associates to contend that some groups harm some members sometimes, and
that some groups may be more likely to harm members than other groups.

Using the Term: Considerations

The concept "cult," as with other concepts (e.g., "right wing," "left
wing"), is a theoretical type against which actual groups are compared as
best as one can with the information at one's disposal. The theoretical
type should serve as a benchmark, not as an organizing structure that
selects only those observations that confirm a stereotype. It is vital
that each case be evaluated individually with regard to the group
environment and the person(s) interacting within and with that
environment.

Much as people may wish that it were so, the fact is that, at least at
present, no scientific "test"  incontrovertibly establishes whether or not
a group is indeed a "cult."  Although AFF's Group Psychological Abuse
Scale (Chambers, Langone, Dole, & Grice, 1994) is a useful and promising
tool for assessing groups scientifically, this self-report measure needs
further psychometric development and should be supplemented by
observational measures yet to be devised. Cult research is in a stage
similar to that of depression research when the first objective measures
of depression as a mental and emotional state were being developed. The
lack of objective measures didnÕt nullify the utility of definitions of
depression then in use, but the development of such measures enhanced
definitional understanding and classification reliability. In the years
ahead, we hope to see similar progress in cultic studies.

Because of the current ambiguity surrounding the term "cult," AFF does not
produce an official list of "cults," even though some people mistakenly
interpret any list (e.g., a list of groups on which we have information)
as a list of "cults." Such a list would have little utility because there
are thousands of groups about which people have expressed concern, yet
scientific research has been conducted on few groups.  A list could even
be misleading because some people might mistakenly think that the label
"cult" implies that the group in question has all the significant
attributes of the hypothetical type "cult," when in fact it has only some
of those attributes. Conversely, some people may mistakenly assume that
because a group is not on the list, they need not be concerned. Thus, when
inquirers ask us, "Is such and such a cult?" we tend to say, "Study our
information on psychological manipulation and cultic groups, then apply
this information to what you know and can find out about the group that
concerns you." Our goal is to help inquirers make more informed judgments
and decisions, not to dictate those judgments and decisions.

We try to direct inquirersÕ attention to potentially harmful practices,
rather than to a label. In essence, we say: "These are practices that have
been associated with harmful effects in some people. To what, if any
extent, are these practices found in the group in question? And how might
you or your loved one be affected by these practices?" One of us (Langone)
tries to focus a familyÕs concerns by saying: "Assume, even if only for
the sake of argument, that your loved one were not in a Ôcult.Õ What if
anything about his or her behavior would trouble you?" After the troubling
behaviors are identified, then the family can try to determine how, if at
all, these behaviors are related to the group environment. A label tends
to be superfluous at this point in the analysis.

Thus, we advocate a nuanced, evidence-based approach to definition and
classification. We do not ignore or disparage evidence indicating that
some groups may closely approach the theoretical type, "cult." Nor do we
deny the necessity to make expert judgments about whether or not a
particular set of group processes harmed a specific person or persons, a
judgment that mental health clinicians and other professionals sometimes
have to make in therapeutic or forensic contexts. We do, however, advocate
that these kinds of judgments should rest on careful analyses of structure
and behavior within a specific context, rather than a superficial
classification decision.

Such analyses sometimes result in the conclusion that some groups that
harm some people are not necessarily cults. A new age group that is
neither manipulative nor authoritarian might harm some people because it
advocates a medically dangerous diet or psychologically harmful practices.
A church may harm some believers because its pastor is domineering and
abusive. A psychotherapist may harm some patients because she or he
doesn't adequately understand how memory works and may, with the best of
intentions, induce false memories in clients. These are all examples of
individual harm related to interpersonal influence. They are all examples
of situations that might understandably arouse the concern of the harmed
person's family and of AFF. But these situations are not necessarily
"cult"  situations, even though they may have a family resemblance to the
concept "cult." On the other hand, because appearances can deceive,
especially in cults, further investigation of such cases may reveal the
presence of cultic dynamics. The important point to keep in mind is that
classification decisions should be based on the best available evidence
and should always be subject to reevaluation.

Even though the term "cult" has limited utility, it is so embedded in
popular culture that those of us concerned about helping people harmed by
group involvements or preventing people from being so harmed cannot avoid
using it. Whatever the term's limitations, it points us in a meaningful
direction. And no other term relevant to group psychological manipulation
(e.g., sociopsychological influence, coercive persuasion, undue influence,
exploitive manipulation) has ever been able to capture and sustain public
interest, which is the sine qua non of public education. If, however, we
cannot realistically avoid the term, let us at least strive to use it
judiciously.

References

Chambers, W., Langone, M., Dole, A., & Grice, J. (1994). The Group
Psychological Abuse Scale: A measure of the varieties of cultic abuse.
CSJ, 11(1), 88-117.

Lifton, R. J. (1961). Thought reform and the psychology of totalism. New
York: Norton.

Merriam-Webster's collegiate dictionary, tenth edition. (1994).
Springfield, MA: Merriam-Webster, Incorporated.

Ofshe, R., & Singer, M. T. (1986). Attacks on peripheral versus central
elements of self and the impact of thought reforming techniques. CSJ,
3(1), 3-24.

Robbins, T. (1988). Cults, converts, and charisma. London: Sage.

Singer, M. T., & Ofshe, R. (1990). Thought reform programs and the
production of psychiatric casualties. Psychiatric Annals, 20, 188-193.

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Secularization, revival and cult formation. Berkeley: University of
California (cited in Robbins, 1988).

The compact edition of the Oxford English dictionary. (1980). Oxford:
Oxford University Press.

West, L. J., & Langone, M. D. (1986). Cultism: A conference for scholars
and policy makers. Cultic Studies Journal, 3, 117-134.

Zablocki, B. (1997). Paper presented to a conference, "Cults: Theory and
Treatment Issues," May 31, 1997 in Philadelphia, Pennsylvania.

Copyright ©1998 American Family Foundation, Inc., a secular, nonprofit,
tax-exempt research center and educational corporation AFF P.O. Box 2265,
Bonita Springs, Florida 34133, Tel. (941) 514-3081, Fax: (941) 514-3451.


Texte de Jean-Marie ABGRALL, cité parLuca et Lenoir dans "Sectes, Mensonges et Idéaux":

"L'histoire montre que les sectes sont définies depuis l'antiquité. Certaines d'entre elles sont effectivement devenues des religions. Le protestantisme était effectivement à l'origine une secte en rupture avec la religion dominante du catholicisme, puis elle a évolué en religion. Mais la notion de secte telle qu'on l'approche aujourd'hui n'est plus attachée à l'idée d'une idéologie religieuse minoritaire par rapport à une idéologie religieuse dominante. Elle est désormais liée à la notion de groupe fermé, à visée criminelle, ou à visée d'intérêt personnel. Elle ne se situe plus dans une thématique religieuse. Certes, les sectes actuelles ont intérêt à entretenir la confusion entre la secte telle qu'elle était conçue aux siècles derniers et la secte telle qu'elle est présentée aujourd'hui. Mais les pensées religieuses minoritaires ont le droit de cité dans la société. Les sectes combattues le sont uniquement pour leur visée criminelle."


Richard Abanes at 12:13pm ET

On définit une secte selon trois angles de vue. Sociologiquement parlant d'abord: les sectes seront les groupes dont les pratiques et croyances diffèrent de la norme sociale, par exemple, ceux qui se retirent de la société et n'ont plus de contacts avec elle; c'est là un de caractères les plus évidents de secte vu du point de vue sociologique.

On peut aussi le voir du point de vue psychologique: les groupes emploient une forme de manipulation mentale généralement basée sur la tromperie, le secret sur leurs buts réels, les mensonges sur leur passé, tout ceci dans le but de cacher ce qui se passe aux membres et aux convertis potentiels. Psychologiquement parlant, les chefs de ces groupes peuvent aussi utiliser des tactiques destinées à endormir les sens, afin affaiblir l'apitude critique et l'intelligence de leurs adeptes, lesquels ne pourront dès lors prendre les bonnes décisions. Cela comprend nourriture insuffisante, sommeil insuffisant et études excessives de la Bible...

En troisième lieu, un groupe peut être défini comme secte pour raisons théologiques. Toute religion a ses scissions (sectes, le mot originel). Les Hare Krishnas sont une secte Hindouiste. La Nation de l'Islam est une secte islamiste. Les chrétiens ont aussi les leurs, ... par exemple les Témoins de Jéhovah.


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