Texte original par Introvigne, Massimo:, sur son site du CESNUR (www.cesnur.org) - L'essentiel du texte paraît largement consacré à tenter de faire croire que l'idée même de lavage de cerveau est inepte, bien qu'il paraisse aussi s'occuper des raisons (qu'il justifie) de la violence dans les sectes.



"There Is no Place for Us to Go but Up": New Religious Movements and Violence
by Massimo Introvigne

EXTRAIT TRADUIT PAR LE WEBMASTER ET COMMENTAIRES



Je pense qu'il faut davantage de recherches dans ce domaine, à la fois en termes de coopération fructueuse entre les universitaires du champs des NMR et les agences chargées d'appliquer la loi, et aussi afin de stimuler un dialogue parfait entre ces mêmes universitaires et les éléments les plus modérés de la communauté des "critiques de sectes" (à ne pas confondre avec la frange extrémiste engagée dans les insultes, les attaques ad-hominem et le support explicite de mesures de persécution gouvernementale des minorités religieuses en France, Russie et en Chine). Selon moi, une bonne étape d'un tel dialogue consisterait à revoir la littérature académique originale sur la réforme de la pensée et l'influence totalitaire. Durant les première et seconde guerres mondiales, des auteurs comme Robert Jay Lifton et Edgar H. Schein ont été cités comme supportant une rhétorique de pur lavage de cerveau. Ainsi que Dick Anthony (1996) l'a prouvé conclusivement, bien qu'à l'occasion Lifton comme Schein puissent n'avoir pas trouvé les sectes à leur goût, et avoir apporté de l'aide aux entreprises qui s'attaquaient à elles, les arguments de lavage de cerveau (construits autour de l'idée que les conversions à des sectes étaient involontaires, et qu'elles résultaient de puissantes techniques extrinsèques) et les arguments d'influence totalitaire à la Lifton et Schein ne sont certes pas identiques. En fait, Lifton a averti de "ne pas utiliser le mot lavage de cerveau, car il n'a pas de signification précise et il est associé à de la confusion" (Lifton 1987, 211) et Schein (1961, 254) ridiculisa les théories brutes de lavage de cerveau comme réprésentantes de "démonologie" déguisée. Il existe des modèles bien plus compliqués, construits à partir de la prémisse selon laquelle les conversions à des idéologies totalitaires - religieuses ou pas - résultent de l'interaction entre des techniques d'influence, quantitativement mais pas qualitativement différentes de celles qu'on voit à l'oeuvre dans d'autres conditions sociales, de facteurs individuels prédisposant (la plupart étant interprétés selon le modèle psychanalytique de Erik H. Erikson [1902-1994] et à sa référence aux problèmes d'enfance, ainsi qu'aux prédispositions philosophiques, c'est à dire "à un pur intérêt envers de telles idéologies" (Antony 1996, 125, voir Lifton 1989 et Schein 1961). Schein (1961, 285) concluait son livre seminal [seminal en anglais = séminal, ou embryonnaire? Schein n'a pas écrit cet ouvrage, que nous sachions] que lorsque nous, occidentaux, désapprouvons la "persuasion coercitive" telle qu'on la pratique en Chine Communiste, ce que nous désapprouvons en fait, c'est le contenu d'une influence qui ne diffère pas intrinsèquement de procédés similaires ayant lieu en Occident. "En mettant l'emphase sur le contenu de l'influence, écrit Schein, nous avons souvent tendance à négliger les similitudes sur la nature des processus d'influence. Il y a un monde de différences dans le contenu transmis dans les ordres religieux, les prisons, les institutions éducatives, les hopitaux psychiatriques, et les Centres de réforme de la pensée (chinois). Mais il existe des similitudes frappantes dans la façon dont s'opère l'influence, ce qui constitue un fait qui devrait nous mettre fortement en garde contre la coloration que nos impressions morales et politiques peut amener dans notre approche de l'influence chinoise".



Commentaires du Webmaster:

Ayant été traité de terroriste et d'imbécile par Introvigne, je passerai en souriant largement sur la soi-disant "frange des extrémistes engagés dans les insultes" etc). Il est intéressant de constater qu'il ne m'a jamais traité de menteur, alors que je ne me gène pas pour le faire, particulièrement depuis que j'ai découvert que le mensonge et la déformation grossière faisaient partie de ses tactiques de "chercheur".

N'ayant pas de bibliothèque universitaire à ma disposition, il m'est impossible de vérifier par exemple, les assertions d'Introvigne au sujet de Schein ou de Lifton... mais je reste méfiant, car il lui est arrivé de faire dire à des personnages aussi importants que le Pape Jean-Paul II, le contraire de ce qu'il avait dit - dans le but, bien entendu, de faire avancer ses arguments ou de contrer les miens. (voir ici http://www.antisectes.net/jean-paul2.htm)

Par contre, qu'Introvigne mette dans le même panier la France, la Russie et la Chine pour leur traitement des religions est extrèmement significatif de son obéissance grandissante à la secte scientologue, qui fut la première à hurler - avec les quelques personnalités à qui elle a réussi à faire avaler ça - que "la France = la Roumanie sous Ceaucescu, la Chine, etc.", ou que "l'Allemagne actuelle = le Troisième Reich".

Par ailleurs, il est tout aussi significatif et intéressant de constater qu'Introvigne admet fondamentalement l'idée de lavage de cerveau, bien qu'il cherche à la gommer pour arranger ses amis sectaires.

Il serait simple de poser la question suivante, pourtant, à tous les gens qui ont commis des crimes pour le compte du gourou. "Monsieur de chez Aum Shinrikyo, qui avez répandu le sarin dans le métro, l'auriez-vous fait si vous n'aviez pas subi l'influence de votre gourou?." Ou de demander aux gens qui quittent une secte et découvrent tous les mensonges qu'on leur a formulés "Dites-nous, maintenant que vous savez la vérité des faits sur votre mouvement, accepteriez-vous d'y retourner, et pourriez-vous à nouveau croire ce quon vous y a raconté? Mais les solutions simples n'arrangent ni les universitaires, ni les sectes. "Trop facile" devient parfois pour eux synonyme de "populaire, inéduqué, incompétent".

Il est excessivement regrettable que les gens qui s'opposent aux théories de "lavage de cerveau", contrôle mental etc, ne reconnaissent pas le pouvoir extraordinaire du mensonge sur les victimes de ces mouvements. C'est le même principe évident que dans l'escroquerie ordinaire: on vend quelque chose dont les qualités n'existent pas, pour en tirer un profit illicite.

Enfin, sur le plan purement formel, je vois mal ce que la démonologie vient faire dans sa phrase. Il semblerait qu'il y ait eu confusion d'Introvigne entre démonologie et démonisation.


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