Attestation en justice de la fondatrice de la scientologie à Genève : la scientologie ne rembourse pas vraiment ses clients mécontents

Résumé:

La fondatrice du premier centre de profit de la scientologie à Genève témoigne ici sous serment. Elle témoigne entre autres que la secte peut exiger la rupture d'un scientologue avec sa famille ou des relations; qu'il est soumis à de fortes pressions si par hasard il tente de se faire rembourser; que le prix des livres et services augmentait de 5 à 10 % chaque mois et qu'il s'agissait d'un argument de vente; et enfin, que le groupe exerce des pressions pour faire signer aux employés des contrats de cinq ans et plus et ne supporte pas qu'ils refusent.

De plus, M. Barbier (le plaignant en escroquerie et extorsion) signale à la fin que quand il a demandé ce que devenait madame B qu'il n'apercevait plus à scientologie Genève, on lui a dit qu'elle avait volé 15000 Francs suisses (70000 F) dans la caisse, ce qui était évidemment diffamatoire de la part de Letty G, la scientologue qui le lui a raconté.


REPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE


Procès-verbal d'audience du 16 février 1995 dès 15 heures 20, page 5.

POUVOIR JUDICIAIRE
CABINET DU JUGE D'INSTRUCTION

PP No P/9568/1991




Sur citation se présente: Madame Cécile B
. [NDW: Cécile B. n'est pas apparentée à Monsieur Christian B, qui lui, est toujours OT 8 et patron scientologue en 2003]
née en 1947, mère de famille, domiciliée: XXXX à XXXX,
témoin, assermentée, laquelle déclare:


Je suis entrée dans l'église de Scientologie en 1974, je l'ai quittée en 1979 -sauf erreur: J'ai été directrice administrative à Genève de 1975 à 1979. C'est moi qui ai ouvert la mission de Scientologie à Genève. J'entretenais les contacts avec les organisations supérieures de l'église. J'avais aussi des contacts avec les personnes qui travaillaient pour l'église à Genève, avec les membres, les étudiants. Il y avait des membres d'organisations plus avancées qui venaient faire des conférences. La mission était plus indépendante à l'époque que les organisations plus grandes où il y avait une hiérarchie plus marquée.
Je n'ai pas le souvenir d'avoir été là en tant que membre du personnel lorsque M. BARBIER est entré en Scientologie. Je l'ai vu passer dans les locaux de la rue des Usines. Je n'ai pas entendu parler de M. BARBIER aux staffmeeting auxquels j'ai participé.
Pour devenir une organisation de niveau 4, il faut un certain nombre d'étudiants, un certain nombre de vente de livres, de cours et d'auditions. Il faut aussi des membres du personnel qui soient entraînés au niveau requis, voire même il faut des personnes qui aient été auditées jusqu'à un certain niveau dont je ne me souviens plus.
Lors de mon départ en 1979, les conditions me paraissaient éloignées pour que la mission de Genève atteigne le niveau 4.
Les livres étaient exposés dans les locaux pour que les gens puissent les voir et les toucher. Lors de conférences, il y avait un stand. Pour les membres du personnel qui se destinaient à avoir un contact avec le public, il y avait un apprentissage, une technique qui était enseignée par des "lettres de statut". Les personnes lisaient ces règlements et étaient sensé savoir les appliquer. Les personnes attestaient de la fin de leur cours en disant si elles étaient contentes,




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Procès-verbal d'audience du 16 février 1995 dès 15 heures 20, page 6.

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PP No P/9568/1991


elles étaient ensuite dirigées vers la personne qui pouvait leur conseiller le cours suivant ou de l'audition ou de l'achat de livres. Si on sentait qu'une personne était un peu hésitante, on pouvait l'inciter à suivre tel ou tel cours, mais si la personne ne voulait pas, on ne l'incitait pas à suivre un cours. On esseyait éventuellement de le diriger vers un autre cours qui pouvait l'intéresser.
Dans l'apprentissage de la Scientologie, il y a un ordre de cours à respecter. Je ne me souviens pas de modifications notables de cet ordre pendant la période où j'étais à l'église.
Je ne suis pas au courant de l'existence de fichier de personnes suppressives. En principe, une personne suppressive est externe à l'église. Il s'agit d'une personne qui cause du trouble à un scientologue et qui l'empêcherait de progresser. Il existe une pression sur le scientologue qui connait une personne suppressive pour qu'il essaie d'assainir la situation du point de vue scientologue, ça peut aller jusqu'à lui demander de ne pas -avoir de contact avec la personne suppressive. Cela ne sera pas nécessaire si les 2 personnes arrivent à un arrangement, par exemple dans lequel les 2 personnes tolèrent les activités ou les croyances de chacun.
Je me souviens que la liste des prix des livres, des cours et des auditions augmentaient de 5 ou 10 % mensuellement. Il pouvait s'agir d'un argument de vente.
Le cours haut/bas est un cours conseillé aux personnes qui seraient en contact avec une personne supposée suppressive. Il s'agissait de "manier" la personne dite suppressive. Ce terme de "manier" a pour moi la conotation de manipuler, depuis que j'ai quitté la Scientologie. Lorsque j'étais scientologue, "manier" voulait dire rétablir une communication qui permette aux scientologues de continuer la Scientologie tranquillement.
On ne pouvait pas se faire auditer si on avait pris certains médicaments comme des calmants, anti-douleurs, par exemple. Si la Scientologie considère qu'elle peut aider un individu à s'améliorer, elle considère qu'elle peut aussi aider à améliorer l'état de santé. Si quelqu'un est malade, elle peut se soigner avec des médicaments, mais peut aussi améliorer son état de santé par son évolution personnelle en augmentant son niveau de conscience, cela n'est pas propre à la Scientologie.
Il a avait une proposition de base très claire lors d'inscription à des cours, à de l'audition, selon laquelle la personne


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Procès-verbal d'audience du 16 février 1995 dès 15 heures 20, page 7.

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peut être remboursée si elle le demande. Cependant au moment du remboursement, cela devient un vrai parcours du combattant. Les personnes désirant se faire rembourser doivent passer successivement devant différentes personnes. Suivant l'état de vulnérabilité de la personne qui réclame le remboursement, elle peut réellement ressentir des pressions ou même une forme de culpabilité.


A 16 h 10, Me HORNUNG arrive à l'audience.


Mme B.
J'ai quitté l'église de Scientologie à l'époque où j'aurais dû partir à FLAG aux Etats-Unis pour y suivre de l'audition. Je ne voulais cependant plus signer un nouveau contrat comme membre du personnel m'engageant pour 5 années supplémentaires ce que j'étais sensée faire pour pouvoir partir. Je n'ai pas voulu signer, j'avais déjà mon billet dans la poche, on m'a dit que je ne partais pas. Cela a été pour moi une indication que quelque chose ne tournait pas rond. J'ai été refusée par le groupe et j'ai quitté la Scientologie.

M. BARBIER

Je tiens à signaler que ne voyant plus Mme B., j'ai demandé à Mme Letty G. ce qu'il était advenu, elle m'a répondu que la mari de Mme B. était suppressif et qu'elle était PTS, soit personne de source potentielle de trouble. Elle m'a aussi dit que Mme B. avait pris CHF 15'000.- dans la caisse.


Après lecture, persistent et signent à 16 heures 15.





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