1998

cil. Liboson 12

1820 Territet-Veytaux

Conseil D'Etat Château cantonal pl. du Château 4 1005 Lausanne

Txxxx, le 28 mai 1993

Messieurs,

Par la présente, je voudrais vous faire part de mon indignation concernant l'Eglise de Scientologie et de mon étonnement devant la tolérance dont bénéficie un groupe qui détruit les familles.

Comme exemple à l'appui, je vous citerai ce qui m'est arrivé :

Mon fils étant toxicomane, je l'avais placé à Narconon (Plans-sur-Bex). Satisfaite des premiers résultats, car il paraissait sorti de la drogue, je me suis laissé convaincre de suivre des cours de Scientologie, Mais je me suis assez rapidement rendu compte de la pression autoritaire que ce groupe exerce sur ses membres, de sorte que je l'ai quitté au bout de quelques mois. Après quoi, mon fils, qui était devenu scientologue suite à son passage à Narconon, m'a dit, en présence de témoins (je peux citer leurs noms), qu'il se voyait dans l'obligation de rompre avec moi sa mère. Du seul fait que je ne voulais plus faire partie du groupe" j'étais supposée ennemie et il était interdit à mon fils de me fréquenter (il existe des directives très précises à ce propos). Par la suite" toujours à l'instigation de la Scientologie, mon fils m'a confirmé sa décision par une lettre, écrite en anglais, dont je vous remets en annexe la traduction française.

Depuis, je n'ai plus la possibilité de voir mon fils ni mon petit-fils, de deux ans et demi.

Je me demande comment une telle chose est possible en Suisse et vous prie de prendre les mesures qui s'imposent.

Veuillez croire, Messieurs, à l'assurance de ma parfaite considération.

Anne B.

Annexe ; lettre de mon fils