Note du traducteur: Cette lettre a été adressée par Gerry Armstrong en 1997 à la Commission du Congrès Américain (CSCE) qu'on peut qualifier de "pro-scientologue" - et, de mon point de vue , de "vendue à la secte" . Il va de soi que la CSCE n'a jamais répondu, pas plus d'ailleurs qu'elle n'a répondu à mes demandes d'excuses pour avoir insulté le gouvernement français.

Ce texte démontre au delà de tout doute que le gouvernement américain préfère la secte criminelle condamnée par sa propre Cour Suprème, et condamnée des dizaines de fois par ailleurs, à ses propres administrés victimes de ladite secte.


Il démontre de surcroît que si le gouvernement américain continue de la sorte, nous aurons bientôt impossibilité de changer de religion, ou de critiquer une religion...

Résumé: Gerry Armstrong a signé une sorte de compromis, lui enjoignant de ne plus parler scientologie et de ne plus la critiquer.

Le résultat? Violations graves et répétées de ses droits humains par la scientologie, tentatives de meurtre sur sa personne, et impossibilité de se défendre devant la nation qui se prétend le défenseur des droits de l'homme.


Gerry Armstrong, ancien scientologue et proche de L. Ron Hubbard, fondateur de la scientologie,

à


Commission on Security and Cooperation in Europe
Sen. Alfonse D'Amato, Chairman,
Rep. Christopher H. Smith, Co-Chairman,
and all Commissioners
ford House Office Building, Room 234
Washington, DC. 20515


Intolérance religieuse en Europe : Les connexions avec la Scientologie

J'ai entendu dire que le CSCE recueillait des auditions à ce sujet, et j'espère que mes connaissances, mon expérience et mon avis ajouteront à votre réflexion.

Je sais que quelques stars scientologues et peut-être quelques apologistes de l'organisation ont été entendus par la Commission. J'ai également appris que la scientologie dit être victime de persécution religieuse en Europe, en particulier en Allemagne, cela servant à provoquer la comparution de ces célébrités à l'audition et à former une des bases de l'audition.

Pour moi, ce sont les persécussions subies par les propres membres, les ex-membres et les critiques de la Scientologie qui sont à la source des ennuis qu'elle rencontre en Europe. Je crois que l'utilisation du bouclier de la religion, dont se sert la Scientologie afin de perpétrer ses abus et ses persécutions est une vraie menace pour la liberté des religions légitimes et non-abusives. Je crois que les USA ont tourné le dos aux victimes des abus et des persécutions de la Scientologie, à ces individus-mêmes qui devraient être protégés par la garantie constitutionnelle de la liberté religieuse. Finalement, je crois que tant qu'il ne leur sera pas possible d'examiner et d'oeuvrer pour redéfinir leur propre sens de la persécution religieuse, les USA manqueront de l'honnêteté nécessaire pour prêcher au sujet des persécutions religieuses d'autres pays.


Je prie cette Commission de recommander aux USA d'être les premiers à éliminer la persécution religieuse, en examinant et en traitant le problême à l'intérieur de ses propres frontières, et alors que ces organismes américains exportent cette persécution.


Je vous écris du Canada. Au début de l'année, il a été impératif que je quitte les USA, où je réside depuis 1975, parce que je suis victime de la persécution religieuse de l'organisation de Scientologie dans votre pays. Cette persécution, en utilisant la puissance et l'autorité du système judiciaire des USA, a eu comme conséquence un ordre de tribunal m'interdisant, sous peine d'emprisonnement et d'amende, de parler de la Scientologie ou des scientologues ou de discuter de mon expérience en Scientologie.


Je crois que cet ordre de la cour est illégal et que la Scientologie l'a obtenu par des moyens illégaux. Cela m'interdit la liberté de parole, de religion, d'association et d'information qui m'est dûe. En effet l'ordre de justice a comme conséquence une forme d'esclavage légal et psychologique. Je me trouve au Canada où je suis libre de discuter de la Scientology et de mes expériences, et où je peux librement exprimer mes pensées religieuses au sujet de cette "religion."


L'organisation de Scientologie est bien connue pour sa politique de "harcèlement par la loi." Elle dépense un grand nombre de millions de dollars chaque année en avocats et enquèteurs privés, pour harceler des individus qu'elle désigne comme cibles "ennemies". Elle accable ses victimes d'actions en justice agressives, tente de les ruiner financièrement, et ajoute actions illégales et menaces. Très peu de gens ont l'argent, la force ou le courage de tenir face à cette organisation et à ses tactiques antisociales. Même le gouvernement US, qui a su passer au travers des agressions militaires provenant de régimes totalitaires étrangers, a succombé aux agressions "religieuses" de cette "église" de Scientologie basée aux USA.


I was in Scientology from 1969 through 1981, spending most of those years with its founder L. Ron Hubbard in the Sea Organization, Scientology's "elite" pseudo-military corps. I was on the Sea Org ship "Apollo" with Hubbard, where I was posted as, inter alia, the ship's legal officer and intelligence officer. Hubbard patterned his intelligence apparatus on the system of Nazi spy master Reinhard Gehlen. Scientology operates as a global intelligence organization collecting overt and covert information on individuals, other organizations and governments and running covert operations against its "enemies."


J'étais en Scientologie de 1969 à 1981, passant la plupart de ces années avec son fondateur L. Ron Hubbard, dans l'Organisation Maritime ou SEA ORG (SO), corps pseudo-militaires "d'élite" de la Scientologie. J'étais sur le bateau de l'Org maritime "Apollo" avec Hubbard, où j'ai tenu entre autres le poste d'officier juridique du bateau et d'officier des renseignements. Hubbard a modelé son service de renseignements sur le système du maître-espion nazi Reinhard Gehlen. La Scientologie fonctionne comme une organisation de renseignements, rassemblant des informations publiques ou secrètes sur des individus, sur d'autres organismes et gouvernements et procède à des actions secrètes contre ses " ennemis."


Pendant mes années à la Sea Org, j'ai été deux fois affecté personnellement par Hubbard au "Projet Force de Réhabilitation" de la Scientologie (le " RPF"), d'abord en Floride, puis en Californie, pour une durée de 25 mois. Le RPF est un camp pénal créé par Hubbard pour punir quiconque est allé à l'encontre de sa volonté, ou bien qui n'est plus dans ses bonnes grâces. Les gens y sont affectés arbitrairement, pour quelque chose d'aussi insignifiant qu'un mouvement d'aiguille sur l'Eléctromètre, cet appareil désigné pour des raisons " légales"comme " un objet religieux " mais qui en réalité est un détecteur de
mensonge. J'ai été envoyé au RPF par Hubbard, la première fois pour "insubordination" et la deuxième fois parce qu'il a considéré je "plaisantais". Pendant la majeure partie de mon temps au RPF j'y étais le "Maître d'armes", le membre le plus élevé du RPF et le responsable du groupe. Je me suis intimement familiarisé avec les règles et les pratiques du RPF.

Le RPF est, et est destiné à être, une expérience dégradante pour casser la volonté de l'individu. Les membres envoyés au RPF sont isolés, doivent effectuer des travaux de force ou de laquais pour peu ou pas de salaire, sont contraints à courir au lieu de marcher quand ils se déplacent, et ne mangent que les restes des membres réguliers du personnel de Scientologie. Les membres de RPF ne peuvent téléphoner à leur famille qu'avec une permission spécifique et sont surveillés. Tout le courrier des membres du RPF est lu d'abord par le personnel de sécurité. Quiconque prend son séjour au RPF à la légère se voit infliger le "RPF des RPF", expérience encore plus dégradante. Les gens internés ne sont pas libres de partir, et celui qui veut partir est gardé prisonnier jusqu'à ce qu'il signe la liste de ses " crimes " qu'il a avoués lors de ses "séances d'auditions".

L'audition est un traitement psychothérapeutique de Scientologie, qui prétend donner des capacités et une conscience accrues.
Les confessions d'une personne qui est auditée sont enregistrées par un " auditeur. " Ces rapports, qui incluent les pensées les plus secrètes de la personne, les incidents embarrassants de son passé, sa vie sexuelle, les actes pour lesquels elle pourrait être légalement poursuivie, etc, sont à la disposition et utilisés par le personnel des renseignements et les chefs de l'organisation à des buts non-thérapeutiques, tels que la domination, les opérations de services secrets (renseignements), ou le chantage. La Scientologie déclare au public que les rapports faits en auditions sont confidentiels. Ils ne sont pas.


Mon dernier poste à l'intérieur de la Scientologie a consisté à rassembler des documents d'archives sur la vie d'Hubbard et de fournir mon aide pour ses recherches à l'auteur non-scientologue Omar Garrison qui avait été contacté pour écrire la biographie d'Hubbard. Au cours de mes recherches, j'ai découvert et j'ai documenté les supercheries d'Hubbard et de la Scientologie quant à son passé, ses qualifications, ses accomplissements, ses intentions et ses déclarations, et quant à l'efficacité de sa " technologie psychothérapeutique du mental. " J'ai essayé de forcer la Scientologie à corriger la fraude: on m'a alors fait passer un " contrôle de sécurité " - un interrogatoire à l'Eléctromètre.


J'ai réalisé que la confiance que j'avais placée en Hubbard et la Scientologie avait été trahie dès le début, que les chefs de l'organisation étaient mal intentionnés, et que la supercherie que j'avais découverte allait continuer. Mon épouse et moi avons eu de la chance de pouvoir nous échapper de l'organisation, parce que si nous avions annoncé notre intention de partir nous aurions été séparés et enfermés. J'avais vu beaucoup de gens emprisonnés et séquéstrés à l'intérieur, et j'avais été enfermé et gardé sous bonne garde moi-même.

Peu de temps après, la Scientologie m'a déclaré " personne suppressive", m'accusant faussement de crimes et de crimes graves comprenant la promulgation d'informations fausses sur Hubbard et la Scientologie. L'organisation déclarant quelqu'un " une personne suppressive " ou " SP ", la soumet à la " doctrine du gibier de potence - ou "Fair Game" ", doctrine condamnant lesdits "SPs" à être privés de leurs biens, blessés par tous moyens par tout scientologue... dupés, poursuivis, trompés ou détruits ". Etre " déclaré " par la Scientologie peut s'avérer une expérience terrifiante.


Pendant les premiers mois après que j'aie quitté l'organisation, j'ai appris qu'une enquête allait être faite sur moi et que j'allais être placé sous surveillance. Des scientologues m'ont également volé des photographies. Sachant que la vie de mon épouse et la mienne étaient en danger, j'ai réussi à obtenir de Omar Garrison certains documents qui pouvaient servir à nous défendre. J'ai envoyé ces derniers aux avocats qui avaient accepté de me représenter; l'un était Michael Flynn, le plus farouche homme de loi ennemi de la Scientologie. A partir du moment où j'ai quitté l'organisation, j'ai été la cible du "Fair game". Voici la liste des actes pérpétrés contre moi par des agents de la Scientologie conformément à cette règle:

- m'intenter cinq procès;
- nous filer, surveiller et nous harceler, mon épouse et moi;
- espionner par nos fenêtres et bouleverser nos voisins;
- tenter de nous faire avoir un " accident sur autoroute ";
- m'attaquer physiquement;
- me rentrer dedans en voiture;
- menacer de me tirer une balle dans la tête;
- tenter à plus de 12 reprises de me faire poursuivre sur la base de faits criminels faux, y compris par le FBI;
- vol d'un manuscrit et d'un dessin d'art dans ma voiture;
- faux rapports assermentés au sujet de mon implication dans divers litiges;
- diffusion d'information à partir de mes fichiers censément confidentiels d'audition;
- m'enregistrer illégalement en vidéo;
- essayer de m'impliquer dans la commission d'un crime;
- me menacer à plusieurs occasions si je témoignais au sujet de ce que je savais de la Scientologie;
- menacer mes amis;
- campagne internationale massive" de propagande noire " à mon encontre.


La Propagande Noire, ou " Black PR " est le terme d'Hubbard pour désigner la règle et la pratique scientologue, consistant à détruire la réputation d'une cible, sa crédibilité ou la confiance qu'on peut avoir en elle, par la fabrication et la propagation de mensonges à son sujet. Au cours des années, la Scientologie a édité et a diffusé une petite montagne de PR noir sur moi, m'accusant faussement de perversités et de crimes, y compris de crimes contre l'humanité, dans un effort continu de me diffamer.

La première affaire intentée par la Scientologie contre moi est passée devant le juge de la cour supérieure de Los Angeles, Paul G. Breckenridge, Jr, en 1984 , et je l'ai gagnée. Le juge Breckenridge a indiqué : " en plus de violer et de maltraiter les droits civiques de ses propres membres, l'organisation au cours des années avec sa "doctrine du fair game" a harcelé et malmené des personnes étrangères à l'église mais qu'elle perçoit comme ses ennemis. L'organisation est clairement schizophrène et paranoïaque, et cette combinaison bizarre semble être le fruit du cerveau de son fondateur LRH [Hubbard ]. Les preuves le démontrent sous les traits d'un menteur pathologique quant à son passé, de ses origines et ses accomplissements. Les écrits et les documents fournis en preuves, reflètent de plus son égoisme, son avarice, sa désir de puissance, sa rancune et son agressivité contre des personnes perçues par lui comme déloyales ou hostiles."

Le juge Breckenridge condamne aussi l'abus qui est fait sur les personnes qui subissent les auditions que les enregistrements psychothérapeutiques pratiqués par la Scientologie : " recueillir des informations supposées confidentielles " et les classer comme " fichiers informatiques " afin d'obtenir des informations visant à l'intimidation et/ou le harcèlement est répugnant et indigne. " (numéro C 420153 de LASC). Cette décision a été confirmée en appel, Scientology v. Armstrong (1991), 232 Ca1.App.3d 1060, 283 Eao Rptr. 917.


La Scientologie a également soumis mon avocat Michael Flynn aux attaques du Fair Game, y compris par intrusion illégale dans son cabinet, menace sur sa famille, elle a également payé des criminels notoires pour faire des faux témoignages contre lui, le poursuivant ainsi que son cabinet environ quinze fois, essayé de l'impliquer par un chèque contrefait de 2.000.000 $, et le visant avec une campagne internationale de propagande noire. (voir, par exemple, les États-Unis v. Kattar, 840 F.2d. 118). Flynn désespérait de voir les attaques et les menaces prendre fin, et finalement, à cause de cela, a négligé ses responsabilités morales envers ses clients.

En décembre 1986, Flynn et la Scientologie tentèrent d'arranger un compromis au sujet des plaintes déposées par une vingtaine de ses clients contre l'organisation, ainsi que pour faire cesser le fair Game que lui-même subissait depuis des années. Je devais règler à la fois mon affaire de plainte qui concernait les années passées à l'intérieur de la Scientologie ainsi que la plainte pour ces années de fair game. La Scientologie et Flynn m'ont vu comme une planche de salut, me montrant seulement "l'accord pour règlement", ils ont voulu que je signe dès mon arrivée à Los Angeles, au bureau de Flynn. J'ai protesté que je ne pourrais pas signer ce document, qui exigeait que je me taise à jamais à propos de mes 17 années d'expérience en Scientologie sous peine de 50.000 $ de dommages et intérêts. En réponse, Flynn a déclaré que les conditions n'avaient aucune valeur légale". Il m'a dit " vous ne pouvez abandonner vos droits constitutionnels; " ces conditions sont inapplicables. " Quand j'ai argué que le contrat de règlement me promettait de futurs problèmes avec la Scientologie, Flynn m'a dit " je serai toujours là pour vous."

Flynn a dit qu'il était fatigué par cette guerre, par les menaces contre lui et sa famille et qu'il voulait s'écarter; la Scientologie avait ruiné son mariage, la santé de son épouse et sa vie. Il m'a révélé que l'accord de règlement contenait une clause qui lui interdisait à l'avenir pour lui et tous ses co-avocats-conseils de s'impliquer dans un litige avec l'organisation. Il a exprimé ses profondes inquiétudes quant au fait que les tribunaux de ce pays avaient le plus grand mal à traîter avec les avocats défendant les affaires de la Scientologie, laquelle méprisait le système de justice. Il m'a dit que si je ne signais pas, je pouvais m'attendre à encore plus d'années de harcèlement et de misère.


Flynn m'a alors expliqué que la forme générale de l'accord était destinée, en éliminant la menace qu'il représentait lui et ses clients pour la secte, à donner à la Scientologie la possibilité d'abandonner son comportement agressif. Il a dit que la Scientologie avait promis d'arrêter le Fair game et que lui et ses clients dépendaient de ma signature qui mettrait fin au fair game exercée contre eeux. Du fait des explications de Flynn qui jugeaient que les conditions offensantes ne valaient pas le papier pour les imprimer et qu'il fallait faire cesser le Fair game exercé sur Flynn, sa famille, ses clients et sur moi-même, j'ai signé le document.


Bien que j'aie cherché à faire la paix et n'aie rien fait pour irriter la Scientologie, l'organisation n'avait en fait aucunement l'intention d'en finir avec les attaques de Fair game envers moi-même ou envers quiconque. Immédiatement après la signature de l'accord, la Scientologie a expédié des documents de propagande noire contre moi au Times de Los Angeles. Pendant les trois années suivantes, et avant que j'aie commencé à réagir, les attaques de la Scientologie comprirent:

- envoi de propagande noire à différents médias;
- publication de fausses descriptions diffamatoires de mon expérience en Scientologie;
- dissémination et publication d'une version illégale et diffamatoire de l'enregistrement vidéo que la scientologie possédait de moi;
- dissémination de documents personnels du procés placés sous scellés;
- déclaration dans un procès en Angleterre disant que j'avais violé des ordres de tribunaux et que j'étais un agent provocateur du gouvernement américain;
- menaces de poursuites si je faisais des déclarations à des avocats au sujet de leurs propres fausses déclarations;
- menaces de divulgation de courrier privé si je n'aidais pas la Scientologie à empêcher une tierce partie d'avoir accès au dossier de tribunal à la Cour Supérieure de Los Angeles;
- menaces de poursuites si j'apportais un témoignage quelconque.


Fin 89, après avoir accédé à la déposition dans l'affaire Bent Corydon contre la Scientologie, j'ai reçu une série d'appels téléphoniques émanant de l'avocat de la Scientologie, Lawrence Heller, lesquels étaient menaçants et perturbants. Heller menaçait de me poursuivre si je témoignais de mes expériences, même à la demande d'un tribunal, et m'ordonnait de refuser de répondre aux questions, lors de dépositions.


Les menaces de Heller et de la Scientologie après avoir signé l'accord, m'ont fait aparaître clairement que le règlement lui-même de l'accord et les efforts déployés par la Scientologie pour le consolider constituaient en fait une obstruction à la justice, et que si je me pliais aux intimidations je serai en fait complice de cette obstruction à la justice. J'en ai conclu que je ne pouvais plus éviter une confrontation avec la Scientologie et que par conséquent, il fallait que je me défende moi-même et que je tente de rectifier les injustices créées par le règlement de cet accord et le mauvais usage qui en avait été fait.


A partir de ce moment et jusqu'à aujourd'hui, nombre de gens qui se considèrent victimes de la Scientologie m'ont contacté et m'ont demandé mon aide dans leurs efforts pour obtenir réparation ou pour se défendre. J'en suis venu à croire que tout le monde possède un droit divin d'aider son prochain, droit qui ne peut être oté par aucun "contrat" humain. J'en suis venu également à considérer que le droit d'une personne à participer à une controverse publique, et à plus forte raison lorsqu'elle est elle-même impliquée, ne peut en aucun cas lui être oté par aucun "contrat".


Dans le procés Scientologie contre Armstrong, en Cours Supérieure de Marin, affaire n° 157680, l'organisation a obtenu un jugement sommaire de 300 000 dollars de dommages et 320 000 dollars de frais ainsi qu'une injonction permanente de discuter de Scientologie ou de scientologues ou bien d'assister en aucune manière des victimes de la Scientologie ni des cibles du Fair game de la secte. Ce jugement est douteux, du fait qu'entre autres, le juge a totalement refusé de tenir compte des questions de droit religieux du Premier Amendement et du droit de se défendre.


Le juge a décidé que la Scientologie pouvait dire absolument tout ce qu'elle voulait à mon sujet même si c'était faux, néfaste ou diffamatoire et que je n'avais pas le droit de répondre ou de me défendre. Pour arriver à cette conclusion, le juge a également ignoré et refusé de considérer une déclaration sous serment soumise par l'avocat Heller concernant le fait que l'organisation avait publié des fausses déclarations à mon sujet après "l'accord". Heller avait déposé cette déclaration lors du procès Corydon afin de m'empêcher de déposer en justice.


Je n'ai jamais eu l'intention de devenir le punching ball passif de la Scientologie. Je crois qu'un jugement dans un tribunal américain, qui ordonne que quelqu'un devienne un punching ball, en particulier celui d'une organisation aussi dangereuse et abusive que la Scientologie, ne peut être qu'un tribunal abusif, dangereux et illégal. Je crois que l'usage par la Scientologie des tribunaux américains afin d'obtenir de tels ordres montre clairement son dédain pour la justice et pour les droits fondamentaux.


La pratique scientologue d'attaquer et de compromettre des juges impliqués dans des affaires mettant en cause la secte est bien connue. (Voir l'article de l'American Lawyer en décembre 1980, "La guerre scientologue contre les juges"). Cet article, qui fait état du procés de 11 membres des renseignements scientologues et qui expose comment ils ont cambriolé différents offices fédéraux américains et volé des documents du gouvernement, indique que "la stratégie consiste à mener une guerre à tout crin contre les juges de district de Washington D.C, une guerre bien plus sophistiquée et beaucoup mieux financée et réussie que certaines tactiques étranges, parfois utilisées contre leurs adversaires au tribunal, telles que dans l'affaire Synanon où on avait tenté de tuer un avocat de l'opposition en mettant un serpent à sonnette dans sa boîte aux lettres."

Cette guerre continue aujourd'hui et rend suspecte toute décision légale obtenue par la scientologie, y compris l'exemption d'impôt qu'elle a obtenu par le fisc américain en 1993.


Après que la Scientologie aie continué ses poursuites malgré l'accord, j'ai appris que Michael Flynn avait signé un "contrat" avec la Scientologie lui interdisant de m'assister dans ma défense. Sa promesse de toujours être là pour moi n'était donc qu'un leurre destiné à obtenir ma signature afin de faire cesser les attaques contre lui. Pendant les litiges après cette signature, l'avocat Flynn, alors qu'il avait admis que son contrat avec la Scientologie était illégal et qu'il était impossible de l'imposer, a refusé de m'aider en m'exprimant ses craintes qu'il y ait à nouveau une reprise du Fair game et que sa vie en soit ruinée. Cela exprime également les buts et les abus des droits humains dont fait preuve l'organisation.


Cette année, on m'a demandé de fournir des documents à la justice lors du procés Grady Ward contre la Scientologie, au District Nord USDC Californie. Ward est accusé d'avoir posté sur internet certains "écrits secrets" de la Scientologie. Après avoir reçu la requête de justice, j'ai reçu une lettre d'un avocat de la Scientologie me menaçant au cas où je produirais les documents en question. J'ai alors fait part de cette menace au juge présidant cette affaire. La Scientologie a réussi alors à obtenir un commandement pour outrage au tribunal contre moi, puisque j'avais communiqué avec le juge fédéral, ce commandement m'envoyait en prison et m'infligeait une amende.


Au début de cette année, j'ai également découvert que lors de la présentation du formulaire 1023 du fisc américain de 1991, grâce auquel la scientologie avait obtenu son exemption d'impôt, la secte avait fourni quelques 4 pages à mon sujet, contenant la même propagande noire sur mon compte, propagande qu'elle avait expédiée aux médias. Ce que la Scientologie publiait à mon sujet, à propos des réponses de l'IRS me concernant et concernant le litige qui m'oppose à la Scientologie, était totalement faux. La Scientologie a fourni ces faux à l'IRS alors qu'elle croyait m'avoir réduit au silence en me faisant signer le fameux "contrat bidon", et que j'étais donc incapable de contredire leurs mensonges. J'ai demandé à la Scientologie qu'elle rectifie les mensonges soumis à l'IRS et elle a refusé.


L'exemption d'imposition de la Scientologie accordée par l'IRS est basée sur des mensonges, pas seulement en ce qui me concerne mais également au sujet d'autres personnes, ainsi qu'au sujet des pratiques et des intentions de l'organisation. Le Fisc américain a négligé ses devoirs lorsqu'il a enquêté sur la véracité des dépositions de la scientologie. Les Etats-Unis ont négligé leurs devoirs en accordant un statut d'exemption d'impôts à la Scientologie, en la protègeant et en l'aidant à propager ses buts de conquète globale. En s'alignant aux idées de la Scientologie, les US ont tourné le dos à leurs propres citoyens qui ont été victimes de cette organisation et qui sont ceux-là même que le pays devrait protéger et aider. Lorsque j'ai réalisé que les chefs de la Scientologie voyaient dans mon silence le gage de leurs milliards d'exemption d'impôt, et que les tribunaux et que le gouvernement américain avaient formé une alliance damnée avec cette organisation, j'ai quitté le pays pour m'installer au Canada.


La Scientologie prétend être une religion, et prétend obtenir tous les bénéfices extraordinaires qui sont conférés par la Constitution aux religions. Elle prétend qu'elle n'est organisée que dans un but religieux et que ses règlements et ses bulletins, même ses instructions en ce qui concerne ses services secrets et sa politique du fair game sont des écritures sacrées. Elle prétend que les individus et les pays qui s'opposent à ces buts anti-sociaux et à ces pratiques anti-sociales et à ces abus envers les droits civils, pratiquent la "persécution religieuse".


Il est évident ici, on peut dire axiomatique, qu'il n'y a pas de liberté dans une religion lorsqu'il n'est pas possible de critiquer, de s'opposer ou de réformer une religion. Les US ont été essentiellement fondés par des gens qui essayaient de fuir une persécussion religieuse, pour avoir critiqué ou essayé de réformer une religion, religion qui avait l'aval de l'état pour les poursuivre et les persécuter. Les US ont reconnu le besoin que leurs citoyens soient libérés de toute persécution religieuse et soient libres de leur expression religieuse, comme le dit le Premier Amendement.


L'interdiction d'ingérance de l'état dans les affaires de religion a été traditionnellement interprétée comme signifiant que le gouvernement ne doit pas favoriser une religion et qu'il ne doit lui fournir aucune aide. Le Christianisme et les chrétiens, le Bouddhisme et les bouddhistes, la Scientologie et les scientologues sont traîtés de façon égale par le gouvernement. De la même façon les anti-chrétiens, anti-bouddhistes et anti-scientologues sont traîtés de façon équivalente.


La Scientologie, avec ses attaques de Fair game, sa propagande noire, ses contrats bidons, ses procés agressifs, tente de supprimer la critique, l'opposition et les efforts de réforme. L'imposition par les tribunaux américains de contrats bidons avec la Scientologie implique nécessairement l'Etat dans la défense d'une "religion" et dans l'élimination de ses critiques. Le fait d'imposer ces procés en justice va participer aussi à la promotion et à l'établissement de la Scientologie puisqu'on élimine toute opposition. Donc, à moins que le gouvernement ne tienne à s'impliquer de la même manière dans le support de toute autre élimination de liberté religieuse ou de critique religieuse, son assistance de la Scientologie dans cette campagne constitue un favoritisme et ne devrait pas être permis. Le fait que les US favorisent la pire et la plus abusive de ces "religions" est une tragédie pour tous.


On ne peut concevoir un tribunal US, qui poursuivrait quiconque ayant signé un contrat dans les mêmes circonstances, exigeant qu'il ne puisse plus discuter de Dieu, de Jésus Christ de la Sainte Bible ou de son expérience dans la religion chrétienne; ou bien qu'il ne puisse plus discuter d'Allah, de l'Islam de Mohamed, du Coran, de Véda ou de Krishna. Par conséquent, l'état et les tribunaux américains ne peuvent accepter de faire ça pour la Scientologie. Il est inconcevable qu'une église chrétienne aux US fasse ce que la Scientologie a fait pour faire taire ses critiques. Mais on ne peut donner les moyens à la scientologie d'y parvenir, même si la Chrétienté ne le fait pas. Par conséquent les efforts de la Scientologie pour réduire ses critiques au silence et empêcher toute discussion sur son propre contenu ne peuvent en aucun cas obtenir l'aide de la justice.


Mon cas n'est pas unique. Ils sont des centaines, sinon des milliers de scientologues et d'anciens scientologues aux US, forcés au silence par les fameux "contrats" de cette organisation. On ne peut donc croire, ne serait-ce que pour cette raison, aucune déclaration des porte-parole de la Scientologie. Ceux qui pourraient dire la vérité ont été forcés de se taire par "contrat" et menacés. Je ne suis que l'un de ceux qui ont choisi, en dépit des menaces et des attaques appuyées par les tribunaux américains, de parler quand-même. Je suis un exemple pour tous ceux que la Scientologie a fait taire. Ce que font les USA dans mon cas fera parvenir à la liberté ou fera continuer la persécution de tous ceux qui ne peuvent parler.


Aux US, "liberté de religion garantie par la Constitution", ça en est venu à signifier que les chefs d'une corporation religieuse ont le droit de persécuter les pratiquants ainsi que les critiques de cette religion. C'est bien évidemment une perversion de la liberté qui a été élaborée par des avocats véreux payés par ces persécuteurs. Cela doit changer, on doit réinstaurer une véritable liberté de religion. Les Etats-Unis sont le seul pays occidental dans lequel des personnes peuvent être emprisonnés parce qu'ils ont mentionné une religion - la Scientologie. Il est certain que l'Allemagne ne met pas en prison pour avoir mentionné une religion, même la Scientologie.


Avant d'accorder le bénéfice du statut de religion et avant que les US n'acceptent de défendre la Scientologie ou tout autre religion, il faudrait au moins considérer ceci:

1. Tout membre de toute religion doit être libre de la quitter, quand il le veut, sans être persécuté pour son choix, et ne pourra jamais être retenu contre son gré;

2. Tout membre de toute religion doit être libre de parler ou écrire librement de son expérience au sein de cette religion, et ne peut être persécuté pour cela;

3. La Scientologie doit entreprendre des étapes, qui démontreront de façon certaine, que la pratique d'utiliser l'information qui a été divulguée par les personnes durant leur association avec l'organisation, ne pourra jamais être utilisée contre eux et qu'elle est définitivement annulée;

4. La Scientologie doit réformer ou abolir les statuts de ses droits civils et ses goulags.


Merci pour l'occasion qui m'a été donnée.


Je prie pour que ce que nous fairons soit juste.


Gerry Armstrong

46/09 Princess Ave

Chilliwack, B.C.

V2p2A6Canada

604-195-5852

armstrong@dowco.com


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